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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’alouette hausse-col de la sous-espèce strigata au Canada

Résumé du rapport de situation

L’Alouette hausse-col de la sous-espèce strigata a presque disparu de la Colombie-Britannique et du Canada. Depuis 1978, aucune mention de reproduction n’est confirmée. Les populations du delta du Fraser, qui étaient faciles à repérer dans certaines zones durant les années 1960, semblent disparues. Depuis les années 1990, les observations, même d’un seul individu, sont très rares. C’est pourquoi la mention de l’arrivée d’un individu de la sous-espèce dans l’île de Vancouver en 2002 a étonné toutes les personnes bien informées.

Aux États-Unis (États de Washington et de l’Oregon), les effectifs ont baissé grandement, et l’aire de répartition a diminué beaucoup. On pense qu’il ne reste qu’environ 300 à 500 oiseaux dans ces États et que la population se limite aux seuls membres restants de la sous-espèce.

Les habitats favorables à la sous-espèce, comme les dunes, les flèches littorales et les prairies à végétation clairsemée sont extrêmement limitées. Sur la côte de la Colombie-Britannique, ces habitats naturels sont largement utilisés à des fins agricoles et résidentielles et pour y créer des industries légères. D’autres habitats propices à herbes courtes comme les pâturages, les terres agricoles, les déblais miniers et d’autres terrains dénudés sont disponibles mais en déclin; de plus, ils subissent de plus en plus l’impact des perturbations humaines. Même si les terrains des aéroports peuvent constituer certains des derniers habitats propices, ils présentent des défis exceptionnels en ce qui concerne la gestion des habitats; en effet, le directeur de l’aéroport a comme principale responsabilité de fournir un endroit sécuritaire pour les avions, et cela implique habituellement le fauchage de la végétation, qui ne favorise pas la reproduction des oiseaux nichant à terre (Beauchesne, 2002). Quelques petites zones jadis utilisées par la sous-espèce pour nicher sont maintenant protégées à l’intérieur de parcs régionaux dans les îles Sea et Iona; cependant, elles ne sont pas aménagées comme des habitats de reproduction de l’Alouette hausse-col.

La rareté des habitats, la disparition d’anciens habitats, l’augmentation des perturbations humaines dans ceux qui restent, l’augmentation de la pression des prédateurs liée à l’urbanisation, les plantes exotiques envahissantes, l’utilisation accrue de pesticides et l’important déclin d’une population source servant à l’immigration font partie des facteurs limitatifs pour la sous-espèce.

Dans quelques régions protégées, on peut aménager des habitats pour l’Alouette hausse-col; il faut cependant tenir compte des plantes et d’autres espèces sauvages rares. Étant donné la forte demande relative à l’utilisation d’espaces ouverts à des fins récréatives dans l’aire de répartition de la sous-espèce strigata, il peut être compliqué de réduire les perturbations humaines dans des habitats potentiels. Pour rétablir la population, il faut intervenir à l’échelle mondiale pour conserver et améliorer les habitats actuels, en aménager de nouveaux et augmenter la productivité des populations qui restent.