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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’alouette hausse-col de la sous-espèce strigata au Canada

COSEPAC Résumé

Alouette hausse-col de la sous-espèce strigata
Eremophila alpestris strigata

Information sur l’espèce

L’Alouette hausse-col de la sous-espèce strigata (Eremophila alpestris strigata) est la sous-espèce la plus rare au Canada. C’est un petit oiseau de couleur brune, jaune et blanche. On le distingue grâce à ses marques faciales noires et à son bandeau noir qui, chez le mâle, se prolonge en touffes de plumes minces appelées aigrettes.

Répartition

L’Eremophila alpestris strigata n’est présent que dans les plaines côtières du sud-ouest de la Colombie-Britannique et des États du Washington et de l’Oregon. En Colombie-Britannique, son aire de répartition se limite à la vallée du bas Fraser, de l’embouchure du fleuve vers l’est jusqu’à Chilliwack, et au sud-est de l’île de Vancouver.

Habitat

L’Eremophila alpestris strigata vit dans des habitats d’herbes courtes et dans des zones au sol dénudé. En Colombie-Britannique, les habitats peuvent être situés dans des régions naturelles comme les flèches littorales, les estuaires, les dunes et les écosystèmes à chênes de Garry et dans des endroits modifiés par les humains tels que les pâturages, les aéroports, les terrains de jeux et les bords de routes.

Biologie

L’Alouette hausse-col de la sous-espèce strigata niche à terre à proximité d’une touffe de plantes ou d’un petit objet et pond de trois à cinq œufs. En Colombie-Britannique, la saison de reproduction s’étend du début d’avril à la fin d’août. En dehors de cette saison, l’oiseau se nourrit surtout de graines; au printemps et en été, il mange aussi des invertébrés et en donne aux oisillons. L’automne, il peut migrer vers le sud jusque dans les États du Washington et de l’Oregon mais certaines années, quelques individus passent l’hiver en Colombie-Britannique. L’Alouette hausse-col a tendance à nicher loin des paysages urbains et tolère les pâturages et l’utilisation irrégulière de machines; cependant, les nids peuvent être détruits au moment du fauchage ou écrasés par d’autres véhicules.

Taille et tendances de la population

Au Canada, on estime que la population est de un à cinq oiseaux. Durant des relevés effectués dans des prairies en 2002, un seul individu a été signalé, et on considérait avant cette date que la sous-espèce avait disparu dans l’île de Vancouver et qu’elle était extrêmement rare dans la vallée du bas Fraser. L’Eremophila alpestris strigata n’a jamais été abondant en Colombie-Britannique. Les populations semblent avoir atteint un niveau record durant les années 1920 et 1930 et avoir baissé au cours des années 1980 au point de disparaître. On estime que de 300 à 500 oiseaux vivent dans les États de Washington et de l’Oregon. Les populations ont tendance à diminuer dans les deux pays.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitatif pour la sous-espèce est le manque et la perte d’habitats de reproduction. Ceux-ci ont été aménagés pour des activités humaines comme la construction de maisons, les loisirs, l’agriculture et l’industrie légère. La plupart des habitats qui restent disparaîtront en raison de l’intensification continue du développement. De petites zones d’habitats naturels subissent de plus en plus de pression de la part des humains qui veulent les utiliser, ce qui est incompatible avec les oiseaux qui nichent au sol comme l’Alouette hausse-col.

La construction d’ouvrages de régulation des niveaux d’eau dans le delta du Fraser a réduit la superficie des berges sablonneuses à végétation clairsemée le long du fleuve. Des plantes exotiques envahissantes se sont établies dans les champs qui restent et dans les écosystèmes à chênes de Garry et à dunes. Il est probable que le recours de plus en plus fréquent aux pesticides chimiques, l’augmentation de la prédation par les chats domestiques et les animaux sauvages qui vivent dans des régions urbaines et l’utilisation accrue des espaces ouverts à des fins de loisirs réduisent le nombre d’habitats propices.

De plus, les populations sont en déclin dans les États de Washington et de l’Oregon. Par conséquent, il y a peu de chances que des oiseaux provenant d’une population source se dispersent et rétablissent les populations en Colombie-Britannique.

Importance de l’espèce 

Au Canada, l’Eremophila alpestris strigata n’est présent que dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, où il fait partie d’un petit groupe de vertébrés associés aux rares écosystèmes à chênes de Garry. Compte tenu de la forte tendance à la baisse des populations dans tous les pays, la sous-espèce semble vouée à disparaître. 

Protection ou autre statut 

L’Eremophila alpestris strigata est protégé contre la persécution aux termes de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs et de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Quelques anciens lieux de reproduction sont protégés à l’intérieur de parcs régionaux.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)*
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)**
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)***
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)****
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)*****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au
Secrétariat du COSEPAC.