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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’alouette hausse-col de la sous-espèce strigata au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

Le manque d’habitats de reproduction est le principal facteur limitatif pour la sous-espèce strigata. Même si les habitats n’ont jamais occupé beaucoup d’espace, leur superficie a diminué durant les quelques dernières décennies.

L’aire de répartition de la sous-espèce chevauche des régions et des habitats de plus en plus développés pour des activités humaines comme la construction de maisons et la création d’industries légères et les aménagements récréatifs. Ces développements ont fragmenté ou détruit la plupart des habitats favorables à la sous-espèce (Campbell et al., 1997). Dans l’avenir, les projets de développement exerceront une pression continuelle sur le milieu et détruiront sans doute la plupart des habitats qui restent. Aucun de ces endroits n’est aménagé en fonction des oiseaux qui nichent à terre comme l’Alouette hausse-col.

L’intensification des activités agricoles a altéré les conditions de certaines terres cultivées que l’oiseau utilisait auparavant pour nicher. Dans le delta du Fraser, la construction d’ouvrages de régulation des niveaux d’eau a réduit la superficie des berges sablonneuses à végétation clairsemée le long du fleuve Fraser. De plus, les pratiques agricoles industrielles utilisent de plus en plus de produits chimiques, dont on ne connaît pas les effets sur la plupart des espèces d’oiseaux (Gard et al., 1993).

Les plantes exotiques envahissantes comme le genêt à balais (Cytisus scoparius), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus), la ronce discolore (Rubus discolor) et de hautes herbes non indigènes se sont établies dans la plupart des champs qui restent et dans les habitats à chênes de Garry et de dunes (Fraser et al., 1999).

Par ailleurs, dans les paysages de plus en plus urbanisés, les prédateurs peuvent limiter les conditions d’existence de cet oiseau. La pression supplémentaire exercée par les chats domestiques et par des espèces indigènes comme la Corneille d’Alaska peut être un facteur déterminant. De plus, l’augmentation des perturbations, qui accompagnent logiquement la croissance des populations humaines, peut nuire aux oiseaux qui nichent à terre. Des activités comme l’équitation, la promenade d’un chien, l’observation d’oiseaux et la conduite de motos tout-terrain sont incompatibles avec les oiseaux qui nichent à terre (Rogers, 2000).

Il est de moins en moins probable que des populations sources d’oiseaux des États de Washington et de l’Oregon qui se dispersent puissent rétablir les populations d’oiseaux nicheurs en Colombie-Britannique, parce que les effectifs dans ces États sont aussi en déclin.