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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Phacélie rameuse au Canada

Habitat

Besoins en matière d’habitat

On trouve les populations de la Colombie-Britannique de Phacelia ramosissimadans la zone biogéoclimatique de prairie à graminées cespiteuses du sud de la province. Il y règne un climat froid, typique des steppes semi-arides, surtout dans la partie sud de la vallée de l’Okanagan. Les étés y sont chauds et secs, avec une température moyenne d’environ 20 °C en juillet. Les précipitations y sont faibles : la pluviosité annuelle moyenne est d’environ 300 mm. Les saisons de croissance sont plutôt courtes, les températures mensuelles moyennes descendant sous le point de congélation de décembre à février au fond des vallées.

Au Canada, on trouve l’espèce uniquement dans des talus d’éboulis extrêmement secs situés au pied de falaises et d’affleurements rocheux habituellement calcaires (figure 6). Ces sites, qui se situent à des élévations de 396 à 900 m, reçoivent peu d’humidité après le début de l’été, de sorte que la sénescence survient vers le milieu de l’été. À ces endroits, la végétation est souvent clairsemée en raison des conditions difficiles. Parmi les espèces associées, on compte les suivantes : Achillea millefolium, Bromus tectorum, Eriogonum heracleoides var. angustifolium, Phacelia hastata var. hastata, Thelypodium laciniatum var. laciniatum et Toxicodendron radicans. En Californie, où l’espèce est plus répandue et compte plusieurs variétés, on trouve la variété observée en Colombie-Britannique (var. ramosissima) dans divers milieux, comme des pentes, des crêtes, des lits de cours d’eau desséchés et des prés, à des altitudes de 100 à 2 800 m (Hickman, 1993).

Tendances en matière d’habitat

La zone biogéoclimatique de prairie à graminées cespiteuses occupe moins de un pour cent de la superficie totale de la Colombie-Britannique et il s’agit d’une des zones les plus peuplées et les plus développées de l’intérieur de la province (Ministry of Forests, 1998). En règle générale, les milieux naturels de la vallée de l’Okanagan ont subi un déclin marqué pendant les dernières années en raison de divers projets d’aménagement des terres. En effet, les terrains se prêtaient bien à la création de vergers, de vignobles, de terrains de golf et d’ensembles résidentiels ainsi qu’au développement industriel. La population du sud de l’Okanagan connaît actuellement la plus forte croissance de la province (Nature Trust, 2003). La population du district régional de l’Okanagan et de la vallée de la Similkameen a augmenté de 18 p. 100 entre 1991 et 2002, pour atteindre près de 81 000 habitants (Environnement Canada, 2003). En outre, la ville d’Osoyoos a vu sa population s’accroître de plus de 22 p. 100 entre 1986 et 1996, ce qui en fait la municipalité ayant connu la croissance la plus rapide dans la région (Ville d’Osoyoos, 2003).

Figure 6. Habitat du Phacelia ramosissima sur le versant est du mont Kruger. Les activités minières (dans le haut de l’image de gauche) ont lieu à quelques mètres de l’habitat. On trouve des Phacelia ramosissima au pied de l’affleurement rocheux (dans l’image de droite). Photo de Shyanne Smith, 2003.

Figure 6. Habitat du Phacelia ramosissima sur le versant est du mont Kruger. Les activités minières (dans le haut de l’image de gauche) ont lieu à quelques mètres de l’habitat. On trouve des Phacelia ramosissima au pied de l’affleurement rocheux (dans l’image de droite).

D’importants projets sont actuellement réalisés sur le versant est du mont Kruger, qui surplombe le centre-ville d’Osoyoos. On s’est approprié le milieu naturel en vue de l’exploitation minière et de l’aménagement d’un terrain de golf et de projets résidentiels et industriels. À l’exception du terrain de golf, toutes ces activités ont contribué à la destruction de sites de Phacelia ramosissima et d’autres habitats possibles d’espèces rares (figure 7).

Figure 7. Nouvel aménagement résidentiel sur le versant est du mont Kruger. On peut voir les lieux d’activité d’exploration minière sur les pentes en arrière-plan (talus d’éboulis blanchâtres et rougeâtres). Deux sous-populations aujourd’hui disparues étaient situées dans la zone d’exploration et sur le terrain d’une résidence à droite de l’image. Photo de Shyanne Smith, 2003.

Figure 7.  Nouvel aménagement résidentiel sur le versant est du mont Kruger. On peut voir les lieux d’activité d’exploration minière sur les pentes en arrière-plan (talus d’éboulis blanchâtres et rougeâtres). Deux sous-populations aujourd’hui disparues étaient situées dans la zone d’exploration et sur le terrain d’une résidence à droite de l’image.

Protection et propriété

La population du versant ouest du mont Kruger et une des sous-populations du versant est sont situées dans la zone protégée des prairies du sud de la vallée de l’Okanagan (réserve South Okanagan Grasslands), régie par la Provincial Parks Act. Trois autres sous-populations du versant est sont situées sur des terres de la Couronne. Des concessions minières ont été accordées dans une bonne partie de ce secteur. On considère actuellement la création d’une zone d’habitat d’espèces sauvagesNote de bas de page 2 sur une partie du versant est (J. Hobbs, comm. pers.). Cela protégerait les trois sous-populations se trouvant sur des terres de la Couronne. Les cinq sous-populations restantes (et les deux sous-populations disparues) du versant est et la population du versant nord sont situées sur des terrains privés (figure 4).