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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) au Canada - Mise à jour

Résumé

Scinque de l’Ouest
Eumeces skiltonianus

Information sur l’espèce

Le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) est un lézard de taille moyenne aux écailles lisses et luisantes, à la tête pointue, et aux courtes pattes caractéristiques des scinques. Quatre bandes longitudinales de couleur pâle reliant la tête à la base de la queue ressortent sur le dos brun foncé et les flancs gris ou noirs de l’animal. La queue est bleue, cette coloration étant souvent très vive chez les jeunes. Le scinque de l'Ouest appartient à la famille des Scincidés, dont on compte trois espèces indigènes au Canada.

Répartition

L'espèce atteint l'extrémité nord de son aire de répartition – qui s'étend au sud jusqu'en Basse-Californie – dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique. Sa répartition canadienne est limitée à une petite portion de cette province, au sud du 51° de latitude N, entre le lac Kootenay à l'est et Princeton à l'ouest. D'après une observation récente et une mention ancienne, l'espèce pourrait également fréquenter l'île de Vancouver, mais on ignore si elle s’y trouve encore.

Habitat

Dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique, on trouve l’espèce dans les zones biogéoclimatiques de la graminée cespiteuse, du pin ponderosa et du Douglas taxifolié de l’intérieur, sans être confinée à ces zones relativement arides. On l'observe également dans la zone de l’ épinette d'Engelmann et du sapin subalpin, ainsi que dans la zone des cidres et des pruches de l’Intérieur, plus humide, dans la région des Kootenays de l'Ouest. Le scinque de l'Ouest occupe les boisés, les prairies et les forêts, dans diverses communautés biotiques. Les caractéristiques importantes de son habitat sont la présence de clairières sur des pentes exposées au sud pour y nicher, la présence d’un couvert herbacé où trouver de la nourriture et se protéger contre les prédateurs, la présence d’un sol meuble pour creuser des terriers et la présence de roches et de troncs d’arbre abattus pour s’abriter.

Biologie

Le scinque de l’Ouest est ovipare et pond de deux à six œufs par saison. L'accouplement a lieu en mai ou en juin. Les femelles pondent leurs œufs en juin ou en juillet, et les œufs éclosent en juillet ou en août, la date exacte variant selon le lieu. Les femelles s'occupent des œufs jusqu'à leur éclosion et protègent souvent le nid contre les prédateurs. Le scinque de l'Ouest atteint la maturité sexuelle vers l'âge de trois ans et peut vivre au maximum jusqu'aux environs de 9 ans. Il se nourrit de diverses espèces d'insectes à tous les stades de leur cycle biologique, notamment des chenilles, des papillons de nuit, des coléoptères, des criquets et des grillons. Il est la proie de mammifères, d'oiseaux et de reptiles, en plus d'être vulnérable à de nombreux parasites. Il est actif le jour et hiberne dans des tanières communautaires. Les femelles nicheuses peuvent être territoriales.

Taille et tendances des populations

On ne sait rien de la densité ou des tendances des populations d'E. skiltonianus au Canada. Les populations semblent localisées dans les habitats qui leur conviennent. On possède des mentions récentes (après 1990) de leur répartition dans le sud de l'Okanagan et les environs de Creston, ce qui indique que l’espèce est toujours présente dans le secteur sud de son aire de répartition canadienne. On ne dispose par contre d'aucune mention récente provenant des extrémités ouest et nord ou du nord-est de l'aire de répartition. On ne peut donc pas évaluer pour l'heure la survie de l'espèce dans l'ensemble de son aire de répartition au Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

La présence de l'E. skiltonianus et l'expansion de son aire de répartition au Canada sont limitées par divers facteurs naturels liés au climat, de même que par les activités humaines. La plus grave menace à peser sur l'espèce dans l'immédiat vient de l'altération et de la fragmentation de l'habitat (lotissement résidentiel, construction de routes et extraction de gravier dans les pentes d'éboulis) associées à l'accroissement de la population humaine. Parmi les facteurs qui augmentent sa vulnérabilité au Canada figurent la faible étendue de son aire de répartition, centrée dans des secteurs densément peuplés; sa répartition localisée; l'accroissement des pressions exercées sur son habitat; et l'augmentation de la prédation par les animaux de compagnie, domestiques et harets, notamment les chats. D’autres facteurs sont favorables à l'espèce, notamment sa tolérance relative face aux activités humaines et certaines de ses caractéristiques biologiques, telles que sa petite taille, qui permettent aux populations de survivre dans de petites parcelles d'habitat.

Importance de l’espèce

En Colombie-Britannique, le scinque de l'Ouest joue un rôle important sur le plan scientifique comme sur celui de la conservation. En effet, les populations qui vivent aux extrémités de l’aire de répartition d’une espèce constituent des réservoirs de variations génétiques. On ne trouve que trois espèces de lézards dans l’Ouest canadien, et seulement deux en Colombie-Britannique; le scinque de l’Ouest contribue pour beaucoup à la diversité biologique des communautés qu’il occupe.

Protection actuelle

Le scinque de l’Ouest figure sur la liste jaune de la Colombie-Britannique, ce qui signifie qu'il n'est pas considéré comme une espèce immédiatement en péril. À l'échelle mondiale, il est considéré comme commun à très commun, sauf en Arizona, où il est classé S2. En Colombie-Britannique, l'espèce est considérée comme apparemment hors de danger, malgré sa répartition restreinte et la présence de menaces futures perçues. La Wildlife Act de la Colombie-Britannique interdit la récolte, la manipulation et le commerce de toute espèce sauvage indigène sans l’obtention préalable d’un permis.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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