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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
scinque de l’Ouest
Eumeces skiltonianus
au Canada

scinque de l’Ouest

Espèce préoccupante 2002

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 22 p.

Ovaska, K.E., et C. Eengelstoft. 2002. Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1 - 22.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Western Skink Eumeces skiltonianus in Canada.

Illustration de la couverture

Scinque de l’Ouest -- Jacob Dulisse

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003.
PDF : CW69-14/347-2003F-PDF
ISBN 0-662-75544-8
HTML : CW69-14/347-2003F-HTML
ISBN 0-662-75545-6

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation

Nom commun : Scinque de l’Ouest

Nom scientifique : Eumeces skiltonianus

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Cette espèce a une aire d'occupation très petite, elle a une abondance apparemment faible et connaît de grandes fluctuations du nombre d'individus. L'aire de répartition de l'espèce au Canada fait l'objet de développements considérables et elle connaît une perte d'habitat en raison de l'agriculture et de l'urbanisation. Aucune étude quantitative n'a été effectuée sur cette espèce; cependant, son aire limitée, sa faible densité, les fluctuations des populations et la perte de l'habitat font en sorte qu'elle est une espèce préoccupante.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en mai 2002. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Résumé

Scinque de l’Ouest
Eumeces skiltonianus

Information sur l’espèce

Le scinque de l’Ouest (Eumeces skiltonianus) est un lézard de taille moyenne aux écailles lisses et luisantes, à la tête pointue, et aux courtes pattes caractéristiques des scinques. Quatre bandes longitudinales de couleur pâle reliant la tête à la base de la queue ressortent sur le dos brun foncé et les flancs gris ou noirs de l’animal. La queue est bleue, cette coloration étant souvent très vive chez les jeunes. Le scinque de l'Ouest appartient à la famille des Scincidés, dont on compte trois espèces indigènes au Canada.

Répartition

L'espèce atteint l'extrémité nord de son aire de répartition – qui s'étend au sud jusqu'en Basse-Californie – dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique. Sa répartition canadienne est limitée à une petite portion de cette province, au sud du 51° de latitude N, entre le lac Kootenay à l'est et Princeton à l'ouest. D'après une observation récente et une mention ancienne, l'espèce pourrait également fréquenter l'île de Vancouver, mais on ignore si elle s’y trouve encore.

Habitat

Dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique, on trouve l’espèce dans les zones biogéoclimatiques de la graminée cespiteuse, du pin ponderosa et du Douglas taxifolié de l’intérieur, sans être confinée à ces zones relativement arides. On l'observe également dans la zone de l’ épinette d'Engelmann et du sapin subalpin, ainsi que dans la zone des cidres et des pruches de l’Intérieur, plus humide, dans la région des Kootenays de l'Ouest. Le scinque de l'Ouest occupe les boisés, les prairies et les forêts, dans diverses communautés biotiques. Les caractéristiques importantes de son habitat sont la présence de clairières sur des pentes exposées au sud pour y nicher, la présence d’un couvert herbacé où trouver de la nourriture et se protéger contre les prédateurs, la présence d’un sol meuble pour creuser des terriers et la présence de roches et de troncs d’arbre abattus pour s’abriter.

Biologie

Le scinque de l’Ouest est ovipare et pond de deux à six œufs par saison. L'accouplement a lieu en mai ou en juin. Les femelles pondent leurs œufs en juin ou en juillet, et les œufs éclosent en juillet ou en août, la date exacte variant selon le lieu. Les femelles s'occupent des œufs jusqu'à leur éclosion et protègent souvent le nid contre les prédateurs. Le scinque de l'Ouest atteint la maturité sexuelle vers l'âge de trois ans et peut vivre au maximum jusqu'aux environs de 9 ans. Il se nourrit de diverses espèces d'insectes à tous les stades de leur cycle biologique, notamment des chenilles, des papillons de nuit, des coléoptères, des criquets et des grillons. Il est la proie de mammifères, d'oiseaux et de reptiles, en plus d'être vulnérable à de nombreux parasites. Il est actif le jour et hiberne dans des tanières communautaires. Les femelles nicheuses peuvent être territoriales.

Taille et tendances des populations

On ne sait rien de la densité ou des tendances des populations d'E. skiltonianus au Canada. Les populations semblent localisées dans les habitats qui leur conviennent. On possède des mentions récentes (après 1990) de leur répartition dans le sud de l'Okanagan et les environs de Creston, ce qui indique que l’espèce est toujours présente dans le secteur sud de son aire de répartition canadienne. On ne dispose par contre d'aucune mention récente provenant des extrémités ouest et nord ou du nord-est de l'aire de répartition. On ne peut donc pas évaluer pour l'heure la survie de l'espèce dans l'ensemble de son aire de répartition au Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

La présence de l'E. skiltonianus et l'expansion de son aire de répartition au Canada sont limitées par divers facteurs naturels liés au climat, de même que par les activités humaines. La plus grave menace à peser sur l'espèce dans l'immédiat vient de l'altération et de la fragmentation de l'habitat (lotissement résidentiel, construction de routes et extraction de gravier dans les pentes d'éboulis) associées à l'accroissement de la population humaine. Parmi les facteurs qui augmentent sa vulnérabilité au Canada figurent la faible étendue de son aire de répartition, centrée dans des secteurs densément peuplés; sa répartition localisée; l'accroissement des pressions exercées sur son habitat; et l'augmentation de la prédation par les animaux de compagnie, domestiques et harets, notamment les chats. D’autres facteurs sont favorables à l'espèce, notamment sa tolérance relative face aux activités humaines et certaines de ses caractéristiques biologiques, telles que sa petite taille, qui permettent aux populations de survivre dans de petites parcelles d'habitat.

Importance de l’espèce

En Colombie-Britannique, le scinque de l'Ouest joue un rôle important sur le plan scientifique comme sur celui de la conservation. En effet, les populations qui vivent aux extrémités de l’aire de répartition d’une espèce constituent des réservoirs de variations génétiques. On ne trouve que trois espèces de lézards dans l’Ouest canadien, et seulement deux en Colombie-Britannique; le scinque de l’Ouest contribue pour beaucoup à la diversité biologique des communautés qu’il occupe.

Protection actuelle

Le scinque de l’Ouest figure sur la liste jaune de la Colombie-Britannique, ce qui signifie qu'il n'est pas considéré comme une espèce immédiatement en péril. À l'échelle mondiale, il est considéré comme commun à très commun, sauf en Arizona, où il est classé S2. En Colombie-Britannique, l'espèce est considérée comme apparemment hors de danger, malgré sa répartition restreinte et la présence de menaces futures perçues. La Wildlife Act de la Colombie-Britannique interdit la récolte, la manipulation et le commerce de toute espèce sauvage indigène sans l’obtention préalable d’un permis.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l’espèce

Description de l’espèce

Le scinque de l'Ouest, Eumeces skiltonianus (Baird et Girard), est un lézard de taille moyenne (jusqu'à 83 mm du museau au cloaque), aux écailles lisses et luisantes, à la tête pointue, et aux courtes pattes caractéristiques des scinques (Gregory et Campbell, 1984; Tanner, 1988). Quatre bandes longitudinales de couleur pâle reliant la tête à la base de la queue ressortent sur le dos brun foncé et les flancs gris ou noirs de l’animal (Stebbins, 1954; Storm et Leonard, 1995). La queue est bleue, cette coloration étant souvent très vive chez les jeunes. Jeunes et adultes ont la même couleur, qui devient cependant moins vive avec l'âge (Tanner, 1957; Stebbins, 1985). On observe parfois chez les adultes reproducteurs des deux sexes des taches rougeâtres sur le menton et les côtés de la tête; ces taches sont plus vives chez les mâles (Stebbins, 1954; Gregory et Campbell, 1984).

Taxinomie

La famille des Scincidés constitue un grand groupe de lézards (comptant environ 85 genres et plus de 1 000 espèces) répartis dans le monde entier (Cook, 1984). Au Canada, on en trouve trois espèces : l'Eumeces fasciatus, l'E. septentrionalis et l'E. skiltonianus. L'Eumeces skiltonianus est étroitement apparenté à l'E. gilberti du Sud-Ouest des États-Unis (Rodgers et Fitch, 1947; Tanner, 1957). On distingue quatre sous-espèce d'E. skiltonianus : skiltonianus, utahensis, interparietalis et lagunensis (Tanner, 1988). L'aire de répartition de l'E. s. skiltonianus s'étend au nord jusque dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique. Note de l’éditeur : Le nom anglais « Western skink » a été adopté par le COSEPAC, mais le Committee on Standard English and Scientific Names de la Society for the Study of Amphibians and Reptiles (SSAR) mentionne « Skilton’s skink » parmi les noms communs donnés au E. s. skiltonianus (Crother, 2000).

Recherche

On connaît mal l'histoire naturelle de l'E. skiltonianus, notamment celle des populations de la portion nord de l'aire de répartition de l'espèce. Les études écologiques les plus complètes sont celles qu'a réalisées Tanner (1943, 1957) en Utah. De leur côté, Rodgers et Memmler (1943), ainsi que Punzo (1982) se sont penchés sur la reproduction de l'espèce en Californie. Vitt et Pianka (1994), de même que Farley et ses collaborateurs (Farley et Emshwiller, 1996; Farley, 1997; Farley et Ko, 1997) ont étudié l'efficacité et la mécanique de la locomotion. Brattstrom (1965) et Cunningham (1966) ont examiné les préférences thermiques de l'espèce. Rodgers et Fitch (1947), ainsi que Tanner (1957) ont étudié la systématique des Eumeces de l'Ouest. Tanner (1988) a donné un aperçu de la répartition de l’espèce et fait une recension des recherches publiées à son sujet. On trouvera d'autres comptes rendus sommaires dans Van Denburgh (1922), Smith (1946), Stebbins (1954, 1972, 1966, 1985), Nussbaum et al. (1983), ainsi que Storm et Leonard (1995), de même que des résumés portant spécifiquement sur la Colombie-Britannique dans Carl (1944), Cook (1984), ainsi que Gregory et Campbell (1984).

En plus des renseignements qui se trouvent dans la documentation publiée, nous nous sommes servis de données sur la répartition basées sur des spécimens muséaux et des rapports d'inventaires. Nous avons aussi tenu compte de mentions récentes pour l'Okanagan trouvées dans des bases de données compilées dans le cadre de divers projets d'inventaires de même que dans les dossiers personnels de Mike Sarrell. Nous avons enfin eu accès aux mentions et à certaines données préliminaires d'une étude en cours sur la biologie de la reproduction des lézards dans l'aire de gestion de la faune de la vallée de Creston (thèse de doctorat de Pam Rutherford, département de biologie, University of Victoria).

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Répartition

L'aire de répartition de l'Eumeces skiltonianus s'étend depuis le Centre-Sud de la Colombie-Britannique vers le sud jusqu'à l'extrémité méridionale de la Basse-Californie (figure 1, Tanner, 1988). D'ouest en est, elle s'étend depuis la côte du Pacifique, en Oregon et dans le Nord de la Californie, jusqu'à l'Extrême-Ouest du Montana, l'Idaho et l'Utah, atteignant tout juste la portion nord-ouest de l'Arizona. On trouve par ailleurs des populations disjointes dans le Sud de la Basse-Californie et l'Est de la Sierra Nevada, en Californie. On a signalé la présence de l'espèce à des altitudes atteignant de 2 134 à 2 440 m dans les parties sud de son aire de répartition (de 7 000 à 8 000 pi; Smith, 1946; Tanner, 1957), ainsi qu'à des altitudes atteignant 1 524 m dans le Sud de l'Oregon (5 000 pi; Storm et Leonard, 1995).

Figure 1. Répartition de l'Eumeces skiltonianus en Amérique du Nord, d'après la carte de la répartition figurant dans Tanner (1988).

Figure 1. Répartition de l'Eumeces skiltonianus en Amérique du Nord, d'après la carte de la répartition figurant dans Tanner (1988).

Au Canada, l'espèce est confinée à une petite portion de la Colombie-Britannique, entre le lac Kootenay, à l'est, et Princeton, à l'ouest, au sud de 51º de latitude N. (figure 2). On a observé des scinques de l'Ouest à des altitudes atteignant 1 080 m dans la province.

Figure 2. Répartition de l'Eumeces skiltonianus au Canada. D'après Ovaska et Engelstoft (données inédites) ainsi que Gregory et Campbell (1984).

Figure 2. Répartition de l'Eumeces skiltonianus au Canada. D'après Ovaska et Engelstoft (données inédites) ainsi que Gregory et Campbell (1984).

Selon une observation récente et une mention ancienne, on trouverait aussi l'espèce sur l'île de Vancouver (McNicholl, 1975). Boulenger (1887, cité dans McNicholl, 1975) mentionne l'île comme localité pour un spécimen donné au British Museum of Natural History, mais sans plus de détails. Cette mention a été considérée comme invalide par la plupart des experts (par contre, voir Van Denburgh, 1922) jusqu'à ce qu'on fasse état d'une nouvelle observation faite à l'île, près de Courtney (McNicholl, 1975). Aucune autre observation n'a été signalée depuis, et on ignore si la mention en question témoigne d'une introduction récente de l'espèce dans l'île ou de l'introduction d'un seul animal. Gregory et Campbell (1984) incluent cette mention dans leur carte de la répartition de l'E. skiltonianus en Colombie-Britannique, et Tanner (1988) en fait état comme une localité douteuse dans son compte rendu sur l'espèce dans le Catalogue of American Amphibians and Reptiles. L'existence de populations d'E. skiltonianus sur l'île de Vancouver demeure énigmatique.

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Habitat

Description

Dans son aire de répartition étendue, l'E. skiltonianus occupe les boisés, les prairies et les forêts, dans diverses communautés biotiques (Rodgers et Fitch, 1947; Stebbins, 1954, 1966; Tanner, 1957; Nussbaum et al., 1983; Cook, 1984). Le scinque de l'Ouest semble préférer les habitats où le couvert herbacé est abondant (Rodgers et Fitch, 1947; Stebbins, 1954, 1966). Les roches ainsi que les billes de bois, les souches et l’écorce en décomposition sont également des éléments importants de son habitat (Van Denburgh, 1922; Carl, 1944; Stebbins, 1954, 1966, 1972, 1985; Smith, 1946; Rodgers et Fitch, 1947; Tanner, 1957; Leviton, 1972; Nussbaum et al., 1983; Gregory et Campbell, 1984; Applegarth, 1994; Storm et Leonard, 1995). Herrington (1988) considère l'E. skiltonianus comme une espèce souvent associée aux éboulis.

Le scinque de l'Ouest semble éviter les broussailles denses (Tanner, 1957) et est souvent observé dans les clairières ensoleillées en milieu forestier (Stebbins, 1985). C'est dans de jeunes peuplements de douglas (<20 ans) que Bury et Corn (1988) ainsi que Raphael (1988) ont le plus souvent capturé des E. skiltonianus (respectivement en Oregon et dans le Nord-Ouest de la Californie); l'espèce était toutefois aussi présente, mais en moins grand nombre, dans des peuplements plus âgés, notamment les vieux peuplements secs. En revanche, en se fondant sur un petit nombre de captures (n=10), Welsh et Lind (1988) ont conclu que c'est dans les vieux peuplements secs et les peuplements matures que l'espèce est la plus abondante dans le Nord-Ouest de la Californie et le Sud-Ouest de l'Oregon; aucun individu n'a été trouvé dans les vieux peuplements humides.

Dans le Centre-Sud de la Colombie-Britannique, l'aire de répartition de l'E. skiltonianus chevauche cinq zones biogéoclimatiques, les zones de la graminée cespiteuse, du pin ponderosa, du Douglas taxifolié de l’Intérieur, des cèdres et des pruches de l’Intérieur, ainsi que de l’épinette d'Engelmann et du sapin subalpin. Un grand nombre des mentions sont concentrées dans la vallée de l'Okanagan, notamment dans la portion méridionale. Les zones du pin ponderosa et de la graminée cespiteuse sont caractérisées par des étés chauds, des hivers froids et de faibles précipitations en toute saison (Pitt et Hooper, 1994). L'espèce n'est cependant pas confinée aux zones arides; on en trouve aussi des concentrations dans la zone des cèdres et des pruches de l’Intérieur, située à l'ouest des monts Kootenay et est plus humide. La seule mention provenant de l'île de Vancouver provient de la zone biogéoclimatique côtière de la pruche occidentale.

En Colombie-Britannique, comme dans les régions situées plus au sud, le scinque de l'Ouest a besoin d'un couvert bien pourvu en roches ou en bois en décomposition (Carl, 1944; Orchard, 1980; Gregory et Campbell, 1984). On trouve souvent l'espèce dans des habitats relativement humides, notamment les berges de cours d'eau (Carl, 1944; Gregory et Campbell, 1984), mais elle fréquente aussi des endroits plus secs (Cook, 1984). Dans le Sud de l'Okanagan, elle habite des affleurements rocheux (surtout du gneiss) et des pentes d'éboulis stables, mais on la trouve aussi dans des escarpements lacustres et le long des berges des ruisseaux (Mike Sarrell, comm. pers.). Les habitats où l'on observe l'E. skiltonianus sont souvent exposés au sud.

En Utah, des zones rocheuses exposées au sud et relativement ombragées par la végétation sont habituellement utilisées pour la nidification (Tanner, 1943, 1957). L'exposition au sud et les températures élevées qui y sont associées pourraient s'avérer particulièrement importantes en Colombie-Britannique, extrémité nord de l'aire de répartition de l'espèce, où les étés relativement courts limitent le temps disponible pour le développement des embryons et la croissance des petits. On connaît mal le genre d’habitat dont a besoin l'espèce pour hiberner, mais on sait qu'il lui faut un accès à des refuges souterrains situés sous la profondeur de gel. D'après des données recueillies dans l’État de Washington, le scinque de l'Ouest hibernerait dans des fissures de l'assise rocheuse ou des affleurements rocheux orientés au sud (Storm et Leonard, 1995; Columbia NWR, 1989).

Tendances de l’habitat et protection

L'aire de répartition de l'E. skiltonianus est située dans la partie la plus densément peuplée de la province, outre les régions côtières du Sud-Ouest. De plus, la population humaine du Centre-Sud de la Colombie-Britannique ne cesse en outre de croître, empiétant sur l'habitat du scinque de l'Ouest. Dans le Sud de l'Okanagan, la population humaine a triplé entre 1947 et 1987, et elle devrait continuer à augmenter pour passer à 112 000 habitants d'ici 2021 (Cannings et al., 1998).

Les prairies des zones de la graminée cespiteuse, du pin ponderosa et du Douglas taxifolié de l’Intérieur Centre-Sud de la Colombie-Britannique sont peut-être les écosystèmes les plus menacés de la province (Scudder, 1980; Pitt et Hooper, 1994). Les habitats forestiers de ces zones arides sont également très menacés par les activités humaines, dont le lotissement résidentiel et la construction de routes, qui menacent sans doute le plus l'habitat de l'E. skiltonianus. L'extraction du gravier dans les pentes d'éboulis constitue aussi une lourde menace dans certaines régions (M. Sarell, comm. pers.; Pam Rutherford, comm. pers.). L’exploitation agricole, notamment la conversion accrue des terres en vignobles, peut aussi entraîner la disparition de l'habitat. Les habitats de la zone des cèdres et des pruches de l’Intérieur, dans la région des Kootenays de l'Ouest, sont eux aussi menacés par le lotissement résidentiel et la construction de routes associés à l'augmentation de la population humaine.

Le surpâturage par le bétail et l'envahissement par les mauvaises herbes introduites qui lui est associé menacent également les boisés et les prairies dans le Centre-Sud de la province (Pitt et Hooper, 1994). L'utilisation accrue des régions boisées pour le pâturage, observée ces dernières années, pourrait nuire au couvert herbacé des clairières fréquentées par l'E. skiltonianus. Sur les terres de la Couronne, le pâturage -- notamment quant à la densité de logement et aux modes d'utilisation des parcours -- est certes soumis aux règles du Forest Practices Code de la Colombie-Britannique, mais on ignore à quel point les mesures prévues de protection de l'habitat sont efficaces.

La grande majorité des habitats propices situés dans l'aire de répartition de l'E. skiltonianus se trouvent sur des propriétés privées. Les plus grands parcs sont ceux du mont Okanagan (10 000 ha) et du lac Vaseaux (32 ha).

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Biologie

Généralités

En Californie, la température corporelle des E. skiltonianus capturés sur le terrain varie énormément, et oscille entre 14 et 34º C (Brattstrom, 1965; Cunningham, 1966); sous les 14º C, ces lézards semblent devenir léthargiques (Brattstrom, 1965). Brattstrom (1965) a établi qu’après une période d’acclimatation de deux semaines à 13-14º C, le maximum thermique critique pour un individu se situe à 41,3º C. Sur le terrain, les lézards semblent se retirer dans le sol lorsque les conditions thermiques ne leur conviennent pas.

Vitt et Pianka (1994) ont comparé l'endurance de plusieurs lézards, dont sept espèces de scinques, au moyen d'essais sur tapis roulant. L’E. skiltonianus a obtenu des résultats relativement faibles (de 2,0 à 3,8 minutes à une vitesse de 1 km/h), attribuables à sa petite taille (de 1,4 à 7,8 g pour les animaux testés) et peut-être aussi à son habitude de demeurer à couvert dans le milieu naturel, comportement qui lui évite d'avoir à courir longtemps pour échapper aux prédateurs. Dans la vallée de Creston, par exemple, les scinques ont rarement plus de 2 m à courir pour échapper à une perturbation quelconque et trouver un abri (Pam Rutherford, comm. pers.).

Farley (1997), qui a étudié la vitesse de course de l’E. skiltonianus sur des surfaces planes et inclinées, a conclu que la puissance du système musculaire ne limite pas la vitesse maximale atteinte par l’animal. Sur les surfaces verticales, l’efficacité de sa locomotion était relativement faible comparativement à celle du Coleonyx variegatus, un gecko arboricole (Farley et Emshwiller, 1996). Bien que les mécanismes locomoteurs des scinques soient semblables à ceux des autres vertébrés pourvus de pattes, ces lézards affichent une flexion latérale marquée du tronc lorsqu’ils courent (Farley et Ko, 1997).

Reproduction

C’est dans la portion sud de son aire de répartition, soit principalement en Utah (Tanner, 1943, 1957) et en Californie (Rodgers et Memmler, 1943; Punzo, 1982), qu’on a étudié la biologie de reproduction de l’E. skiltonianus, si bien qu'on en sait très peu à ce chapitre pour les populations de Colombie-Britannique. L’espèce est ovipare et pond de deux à six œufs par année en une seule ponte (Tanner, 1957; Stebbins, 1985). Le nombre d’œufs présents dans les oviductes est positivement corrélé à la taille corporelle de la femelle (Punzo, 1982).

L’accouplement a lieu en mai ou en juin, et les femelles pondent en juin ou en juillet; l’éclosion a lieu en juillet ou en août (Rodgers et Memmler, 1943; Smith, 1946; Tanner, 1957; Stebbins, 1985). La date précise des événements varie selon le lieu. Dans le cadre d’une étude en cours dans l’aire de gestion de la faune de la vallée de Creston, en Colombie-Britannique, deux masses d’œufs comptant chacune 4 œufs ont été trouvées en juillet, et on a observé des scinques de la taille de nouveau-nés en août et au début septembre (Pam Rutherford, comm. pers.).

Tanner (1943, 1957) a décrit en détail des nids d’E. skiltonianus en Utah. Les pontes se trouvent habituellement à l’extrémité d’un terrier creusé sous des pierres, dans des « loges » de 5 à 9 cm (de 2 à 3,5 po) de largeur sur 2,5 à 3,8 cm (de 1 à 1,5 po) de hauteur. Ces loges sont parfois aménagées jusqu’à 25 cm (10 po) sous terre. Une femelle était présente dans chaque nid. Chez les Eumeces, les femelles prodiguent généralement des soins à la ponte, probablement pour la protéger contre les prédateurs (Noble et Mason, 1933). Chez certaines espèces, les femelles retournent les œufs, sans doute pour favoriser leur développement normal. Il peut également arriver qu’elles haussent la température des œufs grâce à la chaleur corporelle qu'elles accumulent en quittant périodiquement le nid pour se chauffer au soleil (Noble et Mason, 1933). On a déjà vu des femelles d’E. skiltonianus réparer leur nid, déplacer leurs œufs et adopter une attitude agressive à la suite d’une perturbation (Tanner, 1943, 1957).

Croissance et survie

D’après des données recueillies en Californie et en Utah, la longueur moyenne du museau au cloaque, au moment de l’éclosion, se situe aux environs de 25 mm (Rodgers et Memmler, 1943; Tanner, 1957). Rodgers et Memmler (1943) ont estimé les taux de croissance moyens à 25, à 15 et à 3-4 mm respectivement pour les trois premières années de vie; après la troisième année, la croissance est minimale (environ 1-2 mm/année).

Tanner (1957) ainsi que Rodgers et Memmler (1943) distinguent trois classes de taille dans les populations qu’ils ont étudiées : les nouveau-nés ou les jeunes de l’année, les jeunes de l’année précédente, et les animaux plus gros, dont les adultes reproducteurs et les individus en cours de maturation. Dans la population californienne, les plus petits reproducteurs mesuraient 61-62 mm de longueur du museau au cloaque; la plupart mesuraient toutefois 68-75 mm (Rodgers et Memmler, 1943). En Utah, la longueur du museau au cloaque au moment de la première reproduction était légèrement inférieure (mâles : 53 mm, femelles : 56 mm), tout comme la taille maximale des adultes (70 mm; Tanner, 1957).

En se fondant sur les taux de croissance et sur la distribution des tailles corporelles, Rodgers et Memmler (1943) ont estimé qu’en Californie, femelles et mâles atteignent normalement la maturité sexuelle à l’âge de trois ans, sauf certains qui l'atteignent à la fin de leur deuxième année. Tanner (1957) a établi l'âge de maturation à 2,5 ans dans une population d’Utah, mais note que de nombreux mâles plus jeunes (1,5 an au printemps) pourraient déjà s’être accouplés. On sait peu de choses sur la longévité de l’E. skiltonianus. Certains auteurs pensent que la vie reproductrice dure de 5 à 6 ans, pour un âge maximal de 9 ans (Rodgers et Memmler, 1943). Les taux de survie n’ont par ailleurs fait l’objet d’aucune étude.

Selon Rodgers et Memmler (1943), les adultes des deux sexes auraient une taille moyenne semblable; selon Tanner (1958) et Stamps (1983), les femelles seraient légèrement plus grandes (d'environ 5 p. 100) que les mâles. Les paramètres démo­gra­phi­ques -- taux de croissance, taille corporelle à la maturité sexuelle et taille corporelle moyenne -- pourraient varier selon le gradient altitudinal et latitudinal à l’intérieur de la vaste aire de répartition de l’espèce (Tanner, 1957), mais on possède peu d’information à ce sujet.

Déplacements et domaine vital

Les domaines vitaux et les profils de déplacement de l’E. skiltonianus n’ont pas été étudiés. Les animaux des deux sexes creusent des terriers (Tanner, 1957), ce qui laisse croire que les individus pourraient avoir des domaines vitaux définis autour de ces abris. Au printemps et à l’automne, les scinques semblent limiter leurs déplacements aux endroits situés sous des pierres ou d’autres objets, ou à proximité, tandis qu’en été, lorsque la végétation leur fournit une couverture supplémentaire pour se cacher, ils semblent plus actifs en surface (Rodgers et Memmler, 1943). On ignore pour l’heure s’il existe un changement saisonnier correspondant dans les distances parcourues et la taille des domaines vitaux.

Alimentation

L'E. skiltonianus se nourrit d’une variété d’insectes se trouvant à différents stades de leur cycle biologique, y compris des œufs de diverses espèces -- chenilles, papillons de nuit, coléoptères, criquets et grillons (Van Denburgh, 1922; Tanner, 1943, 1957; Smith, 1946; Stebbins, 1954, 1966). Jamais on n’a trouvé de fourmis dans les contenus stomacaux de l'espèce (Tanner, 1957). Le scinque consomme également divers autres invertébrés, comme des araignées et des isopodes, mais moins souvent. Il lui arrive aussi à l’occasion de se livrer au cannibalisme (Stebbins, 1954; Zweifel, 1954), mais ce comportement ne semble pas se manifester dans les populations du Grand Bassin (Tanner, 1957).

Prédation, parasites et défense contre les prédateurs

L’E. skiltonianus est probablement la proie de divers oiseaux, mammifères et serpents, mais ses prédateurs connus sont peu nombreux. On l’a trouvé dans les contenus stomacaux de crotales de l'Ouest (Crotalus viridis) et de couleuvres de l'Ouest (Thamnophis elegans; Tanner, 1943, 1957); les couleuvres à collier (Diadophis spp.) s’attaquent aux scinques de l’Ouest en captivité (Vitt et al., 1977). En Colombie-Britannique, on a vu une couleuvre agile (Coluber constrictor) qui tentait de capturer un E. skiltonianus (M. Sarell, comm. pers.), et on a trouvé des scinques adultes dans l’estomac de deux jeunes boas caoutchouc (Charina bottae; Pam Rutherford, comm. pers.). Parmi les ectoparasites de l’espèce figurent une tique (Ixodes pacificus) et un aoûtat (Trombicula belkini; Tanner, 1957); parmi les endoparasites figurent des flagellés (Proteromonaslacertaeviridis, Monocercomonas colubrorum, Hexamastix spp., Retortamonas saurarum), des amibes (Endoclimax et des espèces indéterminées.), un nématode (Psylaloptera retusa) et des cestodes (larves de Mesocestoides spp.; Telford, 1970).

La première réaction du scinque de l'Ouest face à un prédateur consiste habituellement à se mettre rapidement à l'abri (Vitt et al., 1977); les femelles qui s’occupent des œufs peuvent soit se sauver, soit tenter de défendre le nid en mordant (Tanner, 1943, 1957). Le scinque se sépare facilement de sa queue lorsqu’on prédateur ou un récolteur le saisit (Carl, 1944; Stebbins, 1966, 1972; Vitt et al., 1977). Phénomène courant chez les lézards, l’autotomie de la queue viserait à détourner l’attention du prédateur du reste corps de l’animal tandis que celui-ci s’enfuit. L’abandon de la queue au prédateur, de même que sa coloration bleue, particulièrement vive chez les jeunes E. skiltonianus, pourrait accroître l’effet distrayant (Carl, 1944; Tanner, 1957; Stebbins, 1966, 1972); la vive coloration de la queue des jeunes pourrait aussi réduire les attaques perpétrées par les mâles adultes (Stebbins, 1972). Vitt et al. (1977) ont observé une fréquence élevée d'autotomie de la queue (62 p. 100) dans les populations naturelles d’E. skiltonianus, signe de la grande efficacité de cette parade contre les prédateurs. En captivité, la queue du scinque repousse relativement lentement (moyenne de 0,35 mm/jour) comparativement à celle des autres espèces de lézards testées (Coleonyx variegatus, E. gilbertii, Gerrhonotus (Elgaria) multicarinatus). La nouvelle queue a un volume semblable ou supérieur à celui de la queue originale (Vitt et al., 1977), mais n'est que rarement, sinon jamais, bleue (Pam Rutherford, comm. pers.).

Activités quotidiennes et saisonnières

Le scinque de l'Ouest est actif en surface durant le jour, mais la période d’activité semble variable. Selon Stebbins (1954), en Californie, le pic d’activité a lieu en fin d’après-midi; en Utah, Tanner (1957) a observé une préférence apparente pour la matinée et l’après-midi. Applegarth (1994) note que le lézard est actif pendant les périodes chaudes de la journée en Oregon, phénomène qu'a également observé Pam Rutherford (comm. pers.) dans la vallée de Creston, en Colombie-Britannique, alors que les lézards-alligators qui fréquentent les mêmes lieux sont inactifs.

La période d’activité saisonnière s’étend du printemps à l’automne; on observe toutefois plus facilement les scinques à des moments divers, entre mars et juillet, selon l’endroit (Rodgers et Fitch, 1947; Stebbins, 1954; Tanner, 1957). Le scinque de l'Ouest suspend ses activités quand il fait froid en hiver (Rodgers et Fitch, 1947) et hiberne probablement dans un refuge souterrain. On a trouvé des scinques de l’Ouest avec des lézards-alligators (Elgaria coerulea) et des boas caoutchouc (Charina bottae) dans ce qui semblait être un hibernaculum commun, dans et sous un tas de pierres, dans le comté de Klickitat, dans l’État de Washington (Storm et Leonard, 1995). Dans le cadre d’une étude sur un crotale (Crotalus viridis oreganus) réalisée dans le Sud de l’État de Washington, 17 scinques ont été capturés au moment où ils entraient dans un enclos installé autour d’un hibernaculum de crotales ou au moment où ils en sortaient, entre avril et octobre (Columbia NWR, 1989). On ignore cependant s’ils utilisaient l’endroit pour l’hibernation communautaire ou individuelle. Dans l’aire de gestion de la faune de la vallée de Creston, en Colombie-Britannique, on a capturé ou trouvé des E. skiltonianus sous divers objets à la surface du sol entre avril et septembre, mais sans tenter de déterminer si une activité avait eu lieu avant ou après cette période (Pam Rutherford, comm. pers.).

Comportement

Le scinque de l'Ouest est un animal discret que l’on trouve le plus souvent en retournant des pierres ou d’autres objets sous lesquels il se cache (Smith, 1946; Tanner, 1943; 1957; Stebbins, 1954, 1985). Les individus des deux sexes creusent des terriers dans le sol meuble, souvent sous des pierres ou à proximité, ou sous d’autre objets formant un abri (Tanner, 1943, 1957; Smith, 1946). Le terrier du mâle est plus long et plus étroit que celui de la femelle; au bout de son terrier, la femelle nicheuse construit une loge plus large que le reste du terrier (Tanner, 1957). Smith (1946, p. 383) a observé que les scinques « fouissent plutôt facilement, à l’aide de leur museau, les membres plaqués le long des flancs et de la queue ».

Rien n’indique que l’animal soit territorial, sauf peut-être dans le cas de la femelle nicheuse (Tanner, 1957; Stamps, 1983). Notant que les terriers des mâles adultes, des jeunes et des femelles non reproductrices étaient irrégulièrement espacés dans l’habitat, Tanner (1957) conclut qu’il est peu probable que les animaux protègent leur territoire. Les terriers des femelles veillant à leur ponte étaient toutefois plus régulièrement espacés; ces femelles résistaient aux intrusions des prédateurs et repoussaient aussi parfois les congénères qui tentaient de s’introduire dans leurs terriers.

Vulnérabilité

Avec sa queue bleue et son motif rayé, le scinque pourrait offrir un certain attrait comme animal de compagnie. En effet, la récolte pour ce marché met déjà gravement en péril les populations d’une autre espèce, elle aussi attrayante, l’E. fasciatus, en Ontario (Rapport du COSEPAC rédigé par C. et D. Seburn, cité dans Green, 1998). On ne possède toutefois aucune information sur la récolte d’E. skiltonianus pour le marché des animaleries, et on ignore quelle ampleur pourrait avoir cette activité. Son caractère discret pourrait en partie protéger le scinque contre la récolte et d’autres perturbations directes causées par les humains. Il ne semble pas y avoir de récolte illégale dans l’aire de gestion de la faune de la vallée de Creston (Pam Rutherford, comm. pers.).

La principale menace immédiate qui pèse sur l’E. skiltonianus est la disparition et l’altération de l’habitat (voir la section Tendances de l'habitat et protection). Le lotissement résidentiel, la construction de routes et l’extraction du gravier dans les éboulis sont de sérieuses menaces. L’aire restreinte occupée par l’espèce au Canada, parallèlement à la répartition localisée de ses populations, accroît sa vulnérabilité aux perturbations de son habitat.

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Taille et tendances des populations

Densité démographique

On ne sait rien de la densité des populations d’E. skiltonianus en Colombie-Britannique. Dans toutes les localités échantillonnées entre 1996 et 1998 dans l’aire de gestion de la faune de la vallée de Creston, on a moins souvent capturé de scinques que de lézards-alligators (Elgaria coerulea); les scinques semblaient moins abondants que ces derniers (Pam Rutherford, comm. pers.), sauf dans un endroit rocheux, où ils étaient plus nombreux. On ne possède aucune estimation de la densité des populations aux États-Unis.

Répartition et survie des populations

Tanner (1957) note que le scinque de l'Ouest est localement abondant en Californie et en Utah. Il attribue le caractère localisé de la répartition avant tout à la qualité de l’habitat, mais souligne également que d’après les données recueillies sur le terrain, l’espèce affiche une nette tendance à la grégarité (p. 89). Le scinque de l'Ouest semble aussi être inégalement réparti dans son aire de répartition de Colombie-Britannique. Les mentions sont concentrées dans les principales vallées et leurs environs, dont celles des lacs Kootenay, Lower Arrow et Shuswap, et des rivières Okanagan, Slocan et Similkameen (figure 2). Orchard (1980) note que l’espèce est localement abondante, avec des concentrations dans certaines régions, comme autour de Nelson et dans le Sud de l’Okanagan. Le scinque de l'Ouest semble par ailleurs réparti localement à plus petite échelle. Ainsi, Pam Rutherford (comm. pers.) n’en a capturé que dans quelques-uns de ses lieux d’étude dans l’aire de gestion de la faune de la vallée de Creston.

On ne possède de données récentes (depuis 1990) sur la répartition de l’espèce que pour les régions de Creston et de Grand Forks, ainsi que pour le Sud de l’Okanagan. Il n’y a notamment aucune mention pour les environs de Penticton, dans l’ouest, et pour la région des Kootenays de l'Ouest (sauf la région de Creston). La mention la plus récente provenant de la région du bras Salmon date de 1987. L’absence de mentions récentes provenant des régions mentionnées ci-dessus pourrait cependant s'expliquer davantage par l’absence d’effort de recherche que par une disparition des populations.

Tendances des populations

On ne connaît pas les tendances des populations d’E. skiltonianus en Colombie-Britannique. Aux États-Unis, on signale que les populations fluctuent énormément d’une année à l’autre (Fitch, 1936; Smith, 1946; Tanner, 1957). Tanner (1957) attribue ces fluctuations à la succession végétale, qui a altéré la qualité de l’habitat, de même qu’aux mauvaises conditions météorologiques, comme les sécheresses, qui ont nuit au succès reproducteur certaines années.

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Facteurs limitatifs

La présence de l'E. skiltonianus et l'expansion de son aire de répartition au Canada sont limitées par divers facteurs d’ordre climatique ou humain. Le Sud de la Colombie-Britannique constitue la limite nord de son aire de répartition. Sa dépendance à l'égard d'un climat relativement chaud et sec limite probablement sa répartition et l’expansion de son aire dans la province. À l'échelle locale, les principales caractéristiques de l’habitat qui régissent probablement la répartition et l’abondance sont la présence de clairières sur des pentes orientées au sud où l'espèce peut nicher, la présence d’un couvert herbacé où trouver de la nourriture et se protéger contre les prédateurs, la présence d’un sol meuble pour creuser des terriers et la présence de roches et de troncs d’arbre abattus pour s’abriter.

La fragmentation de l’habitat attribuable aux activités humaines constitue sans doute un des principaux facteurs limitant la répartition et la survie des populations d’E. skiltonianus dans les habitats qui leur conviennent. Cette fragmentation gêne probablement les déplacements entre les habitats, et pourrait diminuer le taux de colonisation de nouvelles régions et le taux de recolonisation des régions d’où les populations ont disparu pour d’autres raisons ou à cause de fluctuations stochastiques. L’importance de ces processus métapopulationnels pour l’E. skiltonianus n’a pas encore été étudiée, mais pourrait être prononcée à la lumière de la capacité de dispersion apparemment faible de ce petit lézard et des grandes fluctuations de ses populations.

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Importance de l'espèce

En Colombie-Britannique, les populations d’E. skiltonianus jouent un rôle important sur le plan scientifique comme sur celui de la conservation, bien que l'espèce soit largement répartie plus au sud. En effet, les populations qui vivent aux extrémités de l’aire de répartition d’une espèce constituent des réservoirs de variations génétiques qui pourraient permettre des adaptations aux changements des conditions environ­nementales (Scudder, 1980). Ces populations sont par ailleurs d’excellents sujets pour la surveillance des effets écologiques des changements environnementaux à grande échelle, comme les changements climatiques mondiaux, ainsi que pour l’étude des facteurs qui empêchent les espèces d’étendre leur aire de répartition vers le nord. On ne trouve que trois espèces de lézards dans l’Ouest canadien, et seulement deux en Colombie-Britannique; l’E. skiltonianus contribue pour beaucoup à la diversité biologique des communautés qu’il occupe.

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Protection actuelle

L’Eumeces skiltonianus figure sur la liste jaune (S4) de la province, ce qui signifie que l’espèce y est de fréquente à commune, apparemment non en péril, mais peut avoir une aire de répartition limitée ou être exposée à des menaces futures pressenties (B.C. Conservation Data Centre, Victoria; 23 janvier 1998, liste provisoire). À l’échelle mondiale, on considère l’espèce comme commune à très commune, sauf en Arizona où elle est classée S2 (NatureServe, 2002). La Wildlife Act de la Colombie-Britannique interdit la récolte, la manipulation et le commerce de toutes les espèces sauvages indigènes sans l’obtention préalable d’un permis; aucune législation ou réglementation particulière ne porte sur l’E. skiltonianus.

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Évaluation

Au Canada, l’Eumeces skiltonianus est vulnérable parce que son aire de répartition limitée est centrée dans des régions densément peuplées, de même qu'à cause de la répartition localisée de ses populations et des pressions croissantes exercées par l’altération et la fragmentation de l’habitat dues aux activités humaines croissantes. Certains facteurs lui sont toutefois favorables, notamment une tolérance relative à certaines activités humaines, comme l'exploitation forestière, et certaines caractéristiques de son cycle biologique, comme sa petite taille, qui permettent aux populations de survivre dans des parcelles d’habitat relativement petites.

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Résumé technique

Eumeces skiltonianus

Scinque de l’Ouest – Western Skink

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²)

<2 000 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Zone d’occupation (km²)

<200 km²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance,  inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

C'est possible.

Nombre d’emplacements existants :

On ne sait pas.

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

En déclin

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

5 ans

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/ prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

-

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

C'est possible.

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Oui, probablement

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Inconnu

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

C'est possible.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Fragmentation et destruction de l'habitat causées par les activités humaines.
  • Répartition limitée.
  • Importantes fluctuations des populations.
  • Prédation par les chiens et les chats harets et domestiques.
  • Récolte en vue du commerce des animaux de compagnie.

Effet d’une immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Oui

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Stable

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Possible

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

On ne sait pas.

Analyse quantitative

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Remerciements

Nous remercions Pam Rutherford et Mike Sarrell d'avoir généreusement partagé avec nous leurs données inédites et leurs connaissances. Pam Rutherford a également fait de précieuses observations sur une version antérieure de ce rapport. Orville Dyer nous a amicalement donné accès aux mentions des rapports d'inventaire des espèces sauvages de l'Okanagan. Michèle Steigerwald, Christine Adkins et Kelly Sendall nous ont donné accès aux dossiers de spécimens des collections. Nous avons aussi grandement apprécié l'aide de Laura Friis, Tom Ethier, Anthea Bryan, John Surgenor et Mike Burwash, qui nous ont donné les noms de personnes- ressources et suggéré des sources d'information. Nous exprimons enfin toute notre reconnaissance à Ron Brooks et au Sous-comité sur les reptiles et les amphibiens du COSEPAC pour nous avoir donné l'occasion de rédiger ce rapport.

Ce projet a été financé par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada.

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Ouvrages cités

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Les auteurs

Kristiina Ovaska, M.Sc., Ph.D., a rédigé une thèse sur le comportement social et l'écologie de la salamandre à dos rayé, Plethodon vehiculum, à la University of Victoria en 1987. Elle a entrepris par la suite deux études post-doctorales : la première au Bellairs Research Institute de l’Université McGill, à la Barbade, où elle a étudié le cycle biologique et le comportement d’accouplement du mâle de la grenouille Eleutherodactylus johnstonei, et la seconde à la University of British Columbia, où elle s’est penchée sur le comportement agoniste et la territorialité chez trois espèces de salamandres syntopiques de la famille des Pléthodontidés. Au cours des six dernières années, Mme Ovaska a participé à de nombreux relevés et projets de recherche sur les amphibiens et les reptiles, notamment sur l’efficacité de différentes méthodes de marquage des amphibiens, les effets du rayonnement ultraviolet sur les œufs et les larves d’anoures, la biogéographie et la communication acoustique chez les grenouilles néotropicales (Eleutherodactylus spp.) et le marquage-recapture de la couleuvre à queue fine (Contia tenuis), de même que des relevés d’amphibiens et de reptiles à l’île de Vancouver et des relevés d’étangs d’amphibiens dans l’intérieur de la Colombie-Britannique. En 1997, elle a participé à la conception et à la présentation d’un cours de formation sur les inventaires normalisés des salamandres terrestres pour le comité d’inventaire des ressources (B.C. Ministry o Environment, Lands and Parks). Mme Ovaska a également participé à de nombreuses évaluations environnementales, dont celles sur la formation aux vols militaires à basse altitude au Labrador et au Québec, sur le prolongement de la route dans le parc national de Banff, sur l’extraction du charbon en Alberta et sur le développement hydroélectrique dans le nord de la Colombie-Britannique. Elle est actuellement consultante auprès de Renewable Resources Consulting Services Ltd., à Sidney (C.-B.), et associée de recherche au département des sciences forestières de la University of British Columbia.

Christian Engelstoft, B.Sc., a plus de 15 ans d’expérience dans le recensement des espèces sauvages et les études environnementales. Il a participé à de nombreux relevés et projets de surveillance à long terme d’oiseaux migrateurs et nicheurs au Danemark, où il a également organisé un recensement national de la loutre d’Europe. En Colombie-Britannique, il a effectué des relevés de diverses espèces sauvages, dont des oiseaux marins, l'Autour des palombes, des reptiles et des amphibiens. Il a fait partie de l’équipe de coordination d’une étude sur la biodiversité dans les vallées de la Tsitika et de la Carmanah, à l’île de Vancouver. Après une éclosion de toxoplasmose d’origine hydrique à Victoria, monsieur Engelstoft a participé à une évaluation de la prévalence des Cryptosporidia, des Giardia et des Toxoplasma chez les espèces sauvages dans la zone d'approvisionnement en eau potable du Grand Victoria. Il est par ailleurs propriétaire de la société Alula Biological Consulting, qui a récemment réalisé un projet de recensement sur trois ans de la couleuvre à queue fine (Contia tenuis), qui figure sur la liste rouge, et d’autres reptiles des îles Gulf et de l’île de Vancouver. M. Engelstoft est actuellement candidat à la maîtrise en sciences au programme de deuxième cycle en biologie de la University of Victoria.

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Experts consultés

  • Pam Rutherford (Ph. D.), département de biologie, University of Victoria, Victoria (C.-B.)
  • Mike Sarrell, biologiste, Ophiuchus Consulting, Oliver (C.-B.)

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