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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le renard véloce (Vulpes velox) au Canada - Mise à jour (2000)

Biologie générale

Morphologie, description et taxinomie

Le renard véloce est le plus petit des canidés d'Amérique du Nord (Egoscue, 1979) et l'une des 3 espèces appartenant au genre Vulpes. Sa taille est celle d'un gros chat domestique : 840 mm (longueur totale), 280 mm (queue), 30 mm (pattes de derrière) et 80 mm (oreilles). La pointe noire de sa queue et la tache noire qu'il porte de chaque côté du museau le distinguent du jeune coyote ou du renard roux au moment où son pelage est pâle. Son pelage d'hiver est gris chamois, avec des teintes de roux orangé dans la zone abdominale. En été, il est court et plus roux. Le mâle adulte est environ 8 % plus gros que la femelle; il pèse en moyenne de 2,5 à 3 kg, et la femelle, de 2 à 2,4 kg (Egoscue, 1979). Le renard véloce a le crâne allongé et de petites dents largement espacées. La taille du crâne de spécimens (mâles) observés au Colorado a été établie à 112 mm, la largeur zygomatique à 64 mm, la constriction interorbitale à 24 mm et la constriction post-orbitale à 23 mm.

Les trois membres du genre Vulpes en Amérique du Nord sont le renard roux (V. vulpes), le renard nain (V. macrotis) et le renard véloce (V. velox). Ces deux derniers sont considérés comme des renards de « terrain aride » ou de prairie/désert. On revoit actuellement la distinction taxinomique entre les deux espèces (Samuel et Nelson, 1982; Dragoo et al., 1990; Mercure et al., 1983; Wayne, en cours de rédaction).

Le renard véloce se distingue du renard nain par son crâne plus large, ses oreilles et sa queue plus courtes, et sa corpulence légèrement plus forte. Il réside dans les régions de prairies, tandis que le renard nain occupe les milieux désertiques de l'ouest des Rocheuses et les zones montagneuses qui y sont associées. Knowles (Fauna West, 1991), dans son analyse sommaire de la désignation des sous-espèces, note que Merriam, un ancien taxinomiste porté sur la création de sous-espèces, a décrit deux sous-espèces, le renard véloce du Nord (Vulpes velox hebes) et le renard véloce du Sud (Vulpes velox velox) (Merriam, 1902). Cette classification a servi de fondement à l'inscription, pendant une brève période, de la sous-espèce du Nord parmi les espèces en voie de disparition (endangered) (U.S. Fish and Wildlife Service, 1979 et 1982). Le renard a par la suite été retiré de la liste lorsque Stromberg et Boyce (1986) ont établi que ces sous-espèces n'en étaient pas vraiment. Ces auteurs notent toutefois l'existence d'importantes variations géographiques entre les spécimens examinés et soulignent qu'elles pourraient refléter des différences génétiques. Ils conseillent d'en tenir compte dans le cadre des efforts de conservation visant à rétablir le renard véloce dans d'anciennes portions de son aire de répartition. La question a donné lieu à un débat entre Stromberg et Boyce, d'une part, qui ont fait l'examen critique du programme canadien de réintroduction, et Herrero et al. (1990), d'autre part, qui le défendaient. Une étude semblable réalisée par Dragoo et al. (1990) a également conclu que la désignation en sous-espèces proposée par Merriam (1902) n'était pas valide.

Selon Hall (1981), le renard véloce et le renard nain seraient conspécifiques, hypothèse que viennent étayer les données de Dragoo et al. (1990), qui ont évalué les relations entre les deux renards au moyen de la méthode morphométrique et par électrophorèse des protéines. Dans ce dernier cas, les divergences génétiques sont apparues négligeables, toutes les sous-espèces examinées étant très similaires sur le plan génétique. L'analyse morphométrique n'a par ailleurs permis d'établir de distinction qu'entre le renard véloce et le renard nain, et non entre les sous-espèces antérieurement proposées. Dragoo et al. (1990) proposent de reclassifier les renards véloce et nain sous une même espèce, Vulpes velox, ne comptant que deux sous-espèces reconnues, le renard véloce, Vulpes velox velox, et le renard nain, Vulpes velox macrotis.

Régime alimentaire et comportement de recherche de nourriture

La première description des habitudes alimentaires du renard véloce est celle de Baird, qui note que l'animal se nourrit de souris et de sauterelles (Baird, 1858). Diverses études ont montré depuis que le renard véloce est un prédateur opportuniste dont l'alimentation est fort variée (Pruss, 1994). La liste des aliments identifiés à partir de matériel recueilli en Oklahoma comprend 13 espèces de mammifères, quatre espèces d'oiseaux, une espèce d'amphibien et une de reptile, et 30 espèces d'invertébrés (Kilgore, 1969). Le lièvre de Townsend (Lepus townsendii) constitue sa principale proie au Canada. Les spermophiles (Spermophilus spp.) jouent aussi un rôle très important en saison. Comme sa répartition dans les Prairies canadiennes est très limitée, le chien de prairie (Cynomys ludovicianus) ne compte guère pour la survie du renard dans la plupart des régions.

Dans le cadre d'une étude en cours (Moehrenschlager, Michie et Moehrenschlager, en cours de rédaction), on analyse des échantillons d'excréments recueillis dans les Prairies canadiennes entre 1994 et 1997; les résultats devraient notamment aider à mieux connaître les habitudes alimentaires hivernales de l'espèce dans la portion septentrionale de son aire de répartition. Un travail sur la présence de petits mammifères en hiver a donné d'intéressants résultats pour trois régions où des renards véloces ont été relâchés (Klausz, 1997). La biomasse était faible en hiver sur les hautes terres, le long des routes et dans les coulées. Les renards recherchent probablement les micro-environnements où abondent campagnols, souris, insectes et autres espèces vulnérables (p. ex. de jeunes lièvres) dans l'écosystème des Prairies.

Il reste encore beaucoup de travail à faire sur le comportement de recherche de nourriture du renard véloce dans ses aires de répartition septentrionales. En hiver, ce renard est essentiellement nocturne. Le début de ses activités semble corrélé avec la lumière (coucher du soleil), mais varie avec la température. Il n'est pas rare d'observer des renards qui prennent le soleil à l'entrée de leur terrier durant les froides journées d'hiver ensoleillées. Les renards se déplacent probablement le long de tracés prévisibles (lignes de clôtures, crêtes, sentiers de bétail, etc.) à la recherche de nourriture dans leur domaine vital. Pruss (1994) a observé qu'au printemps et en été, le renard véloce est actif sur de longues périodes, tant de jour que de nuit. Au total, 10 terriers natals (cinq par saison d'étude) ont été observés entre mai et août 1991-1992.

Le renard véloce du Nord modifie ses habitudes alimentaires selon les proies qu'il trouve en hiver et en été. En été, les jeunes renards se nourrissent de sauterelles. On a vu aussi des renards manger des insectes peu de temps après avoir été mis en liberté. On a déjà observé des renards adultes nourrir leurs petits de spermophiles. Les sauterelles vivantes et les spermophiles sont absents durant les mois d'hiver.

 

Vie dans les tanières

De tous les canidés d'Amérique du Nord, le renard véloce est celui qui dépend le plus de son terrier. Bien qu'il utilise plusieurs terriers toute l'année, le choix de l'endroit précis varie (Chambers, 1978; Hillman et Sharps, 1978; Hines et Case, 1991; Kilgore, 1969).

Dans les Prairies canadiennes, tous les terriers examinés se trouvaient dans la prairie indigène. Ce genre de site offre une bonne vision des alentours, ce qui peut protéger contre la prédation. Pruss (1994) a comparé l'emplacement et les caractéristiques physiques de 32 terriers natals et d'élevage occupés par des renards véloces et 33 terriers inoccupés (en général de blaireau d'Amérique). Une analyse factorielle discriminante pas à pas a permis d'identifier cinq facteurs discriminants possibles entre les sites occupés et inoccupés (soit la position sur une pente, la hauteur de l'herbe neuve, la distance des points d'eau, la distance des routes et la pente). Les dimensions de l'ouverture des terriers au Dakota du Sud étaient en moyenne de 19 cm de largeur et de 22 cm de hauteur (Hillman et Sharps, 1978). Le nombre d'entrées est plus élevé dans les terriers natals que dans les terriers-abris.

 

Accouplement, croissance et reproduction

La femelle n'a qu'une seule période de chaleurs par année, entre la fin décembre et février. La gestation dure environ 55 jours. Les petits naissent entre la mi-avril et juin (C. Smeeton, comm. pers.) et pèsent environ 200 grammes à l'âge de deux semaines (P. West, comm. pers.). Les yeux et les oreilles s'ouvrent après environ deux semaines, et les petits sont entièrement sevrés à la sixième semaine. Ils atteignent leur poids adulte vers le milieu de l'été (J. Creviston, comm. pers.). Les petits ont un pelage laineux et doux le premier mois, et acquièrent ensuite leur pelage adulte. Les mâles atteignent la maturité sexuelle avant la fin de la première année; les renardes âgées d'un an ne se reproduisent cependant pas toutes.

Les renards s'apparient habituellement pour la vie au sein d'une relation monogame, mais on a déjà vu des terriers abritant un mâle et deux femelles (Nowak et Paradiso, 1983; Covell, 1992; Carbyn et al., 1994). Covell a également observé trois femelles associées au même mâle. Divers chercheurs ont observé des cas de partage de tanières et d'utilisation simultanée du domaine vital, notamment durant la saison du rut, dans la région du parcours de Lost River et le long de la frontière dans le sud de l'Alberta et en Saskatchewan (Carbyn et al., 1994).