Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Naseux moucheté (Rhinichthys osculus)

TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Depuis la première ébauche du présent rapport (1994), des consultants ont reçu pour mandat en vertu de la législation provinciale d’effectuer au moins jusqu’en 2001 de nouvelles études sur les populations de poissons. On ne dispose pas encore de tous les résultats de ces études, et il est par conséquent impossible d’évaluer les tendances des populations. Au mois de septembre 2000, un rapport sommaire trimestriel (Cascade Heritage Power Park Project Quarterly Summary Report, septembre 2000 : tableau 8) indiquait qu’on avait trouvé de petits nombres de naseux mouchetés (par pêche électrique) dans la rivière Kettle, au voisinage du site du barrage, entre juin et août 2000, et que la prévalence des juvéniles était plus importante dans les collectes effectuées au mois d’août.

Aux mois de septembre et d’octobre, Peden et Hughes (1981a, b, 1981ms) ont constaté que le R. osculus était largement réparti entre Carmi et Cascade (Colombie-Britannique), les juvéniles étant beaucoup plus nombreux que les adultes dans toute la rivière. Peden (1995ms) a trouvé les plus grands nombres d’adultes dans les habitats constitués de blocs rocheux, juste en amont des chutes Cascade, là où des chemins d’accès ont été prolongés jusqu’au site proposé du projet immobilier Ponderosa. La firme Triton Environmental Consultants a ensuite relevé de plus grands nombres d’adultes de grande taille (figure 12). Peden et Hughes (1981a, b, ms) concluent que la mortalité est probablement élevée chez les juvéniles au moment des crues printanières, lorsque des individus de petite taille se retrouvent emprisonnés dans des mares peu profondes qui s’assèchent en été, après le retrait des eaux. Des relevés antérieurs effectués en 1978, en 1979 et en 1980 indiquaient que les populations de naseux étaient stables (Peden et Hughes, 1981a, b).

Figure 12.  Longueurs standard des Rhinichthys osculus. Copié avec la permission de Triton Environmental Consultants (1994ms).

Figure 12.  Longueurs standard des Rhinichthys osculus. Copié avec la permission de Triton Environmental Consultants (1994ms).

Peden a évalué subjectivement la taille de la population de naseux en se fondant sur les archives d’échantillonnage du Royal B.C. Museum. Pour ce faire, il s’est appuyé sur des suppositions aux distances couvertes par l’appareil de pêche électrique et quant au nombre d’individus capturés. À partir de ces chiffres, il a ensuite fait une extrapolation pour l’ensemble de la rivière Kettle jusqu’à Cawston, tout en prenant en compte la zone voisine de Midway et la partie marécageuse de la rivière située près de Grand Forks, où il était difficile de trouver des naseux. Nos meilleures estimations proviennent des prélèvements effectués en été et au début de l’automne, lorsque l’eau était très basse et qu’il était plus facile d’échantillonner une plus grande partie de l’habitat. Nous avons généralement consigné dans nos notes de terrain la longueur de rivage échantillonnée puis, à partir de ces chiffres, nous avons dû faire une extrapolation pour les tronçons de rivière que nous n’avions pas échantillonnés. Nous avons passé et repassé l’appareil de pêche électrique entre une profondeur d’un mètre et les cailloutis du rivage où la profondeur d’eau n’excédait pas quelques centimètres. Pendant les étés secs, la profondeur au centre de la rivière Kettle n’était parfois que de 20 cm. Le nombre proportionnel de jeunes de l’année (200 000), d’individus en cours de maturation (20 000) et d’individus parvenus à maturité (2000) correspond approximativement à la proportion de chaque groupe de taille dans notre échantillonnage. Nous avons procédé à l’échantillonnage par pêche électrique en supposant, à partir des publications antérieures, que le naseux moucheté vit à des profondeurs inférieures à 1 m, le long des rivages. Plus tard, nous avons échantillonné directement au-dessus des chutes Cascade et trouvé des naseux au moins jusqu’à des profondeurs de 1,6 m. Je pense qu’on aurait peut-être pu trouver des individus de grande taille à une plus grande profondeur, mais le fort courant nous a empêchés de poursuivre l’échantillonnage à ces endroits. À long terme, notre estimation de la population est probablement réaliste, mais avec de larges marges d’erreur. L’évaluation en question doit être améliorée. Par prudence, on peut diviser ces chiffres par deux.

Cet échantillonnage grossier est assez large pour permettre d’apprécier la variation d’une année à l’autre, que je pense être assez importante selon l’ampleur des crues printanières et l’étendue de la dispersion des alevins en aval. Par exemple, dans les parties aval de la rivière, la profondeur d’eau des radiers est de 15 cm à 1 m en été et se situe entre 3 m et plus de 5 m pendant la crue printanière, la hauteur d’eau étant évidemment moindre en amont. Les chiffres sur l’importance des populations de naseux ne seront pas fiables tant qu’on n’aura pas entrepris de faire directement un échantillonnage quantitatif au lieu de procéder à des évaluations indirectes à partir des relevés visant les espèces d’importance économique.

Les relevés (pêche électrique) des populations de naseux sur un tronçon de rivière de 14,5 km au-dessus des chutes Cascades montrent que le Richardsonius balteatus est l’espèce la plus nombreuse (0,406 individus par m2) et celle qui a la biomasse par superficie la plus faible (0,062 g/m2, voir tableau 3). Pour le Rhinichthys osculus, le Ptychocheilus oregonensis, le Cottus cognatus et l’Oncorhynchus mykiss, les valeurs se situaient entre 0,023 et 0,062 individus par m2 et 0,118 et 0,173 g/m2 (J. Pavey, Triton Environmental Consultants, Vancouver, Colombie-Britannique; communication personnelle).

Dans d’autres régions de son aire de répartition, comme en Arizona, le R. osculus doit faire face à des crues importantes et irrégulières auxquelles il est apparemment adapté. La taille des populations varie énormément lors de telles catastrophes (Minckley, 1973). La rivière Kettle est également assujettie à des crues importantes au printemps (figure 13), et à ces occasions les jeunes se dispersent dans les zones caillouteuses les moins profondes et souvent dans des mares isolées qui finissent par s’assécher (Peden et Hughes, 1981a, b, ms).

Figure 13.    Variations du débit selon le débit mensuel moyen mesuré en 1976 à deux endroits (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle au sud du confluent avec le ruisseau Boundary). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

Figure 13.    Variations du débit selon le débit mensuel moyen mesuré en 1976 à deux endroits (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle au sud du confluent avec le ruisseau Boundary). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

Tableau 3. Composition spécifique, densité et  biomasse dans le tronçon 3, rivière Kettle, Septembre 1993: (avec la permission courtoisie Triton Environmental Consultants).

 

Tableau 6. Biomasse et densité des poisson et de l'habitat dans les eaux de retenue et les sites témoins de la rivière Kettle, Septembre 1993:  (avec la permission de Triton Environmental Consultants).