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Naseux moucheté (Rhinichthys osculus)

Mise à jour

Évaluation et Rapport

de situation du COSEPAC

sur le

Naseux moucheté

Rhinichthys osculus

au Canada

naseux moucheté (Rhinichthys osculus)

ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION 2002

COSEPAC logo


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le
rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le naseux moucheté (Rhinichthys osculus) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 41 p.

PEDEN, A. 2002. Evaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le naseux moucheté (Rhinichthy osculus) au Canada - Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le naseux moucheté (Rhinichthy osculus) au Canada - Mise à jour. Ottawa. Pages 1-41.

Rapport précédent :

PEDEN, A. 1980. COSEWIC status report on the Speckled Dace Rhinichthys osculus in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 13 p.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel
Site web de COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assesment and Update Status Report on the the Speckled Dace Rhinichthys osculus in Canada.

Illustration de la couverture :
Photographie publiée avec la permission du Royal BC Museum.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
No de catalogue CW69-14/313-2003F-IN
ISBN 0-662-89155-4

 

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Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation - Novembre 2002
Nom communNaseux moucheté
Nom scientifiqueRhinichthys osculus
StatutEspèce en voie de disparition
Justification de la désignationLe naseux moucheté a une aire de répartition canadienne très limitée où il est exposé à la détérioration de la qualité de l'eau résultant de l'expansion urbaine et industrielle ainsi qu'à la perte et à la fragmentation de son habitat de prédilection due à la construction proposé d'un barrage.
RépartitionColombie-Britannique
Historique du statutEspèce désignée comme préoccupante en avril 1980. Réexamen du statut et classement dans la catégorie en voie de disparition en novembre 2002. La dernière évaluation se fonde sur une mise à jour de rapport de situation.

 

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Résumé

Naseux moucheté

Rhinichthys osculus

 

Information sur l’espèce

Les populations canadiennes de naseux moucheté (Rhinichthys osculus) diffèrent des populations des États-Unis par le plus grand nombre d’écailles et par l’absence de barbillons. De nombreuses sous-espèces sont reconnues aux États-Unis et, parmi ces populations isolées, beaucoup sont considérées comme menacées ou en voie de disparition.

 

Répartition

En Colombie-Britannique, le naseux moucheté vit dans la rivière Kettle au sud de Carmi ainsi que dans ses affluents (rivières East Kettle, West Kettle et Granby). Aux États-Unis, cette espèce est présente vers le sud jusqu’en Arizona et en Californie, et on reconnaît de nombreuses populations distinctes qui vivent dans les chaînes de montagnes isolées ou dans les sources chaudes des déserts.

 

Habitat

Au Canada, le naseux moucheté occupe des habitats de radier où il se réfugie sous les pierres et se nourrit d’insectes aquatiques près du fond. La rivière Kettle est assujettie à des inondations saisonnières occasionnées par les apports d’eau dus à la fonte des neiges au printemps. Le niveau de l’eau de cette rivière est bas aux mois d’août et de septembre. Le naseux moucheté vit à des profondeurs allant jusqu’à un mètre. Cependant, il est difficile d’effectuer des collectes dans les parties les plus profondes de la rivière Kettle pour faire une évaluation fiable de ces populations parce qu’on ne dispose pas de techniques appropriées pour les radiers profonds.

 

Biologie

Le naseux moucheté fraye au printemps. Les alevins apparaissent le long des rives, où ils se dispersent parmi les pierres lorsqu’on s’approche. Les individus reproducteurs ont une longueur standard (LS) supérieure à 40 mm. Il n’existe pas de données sur l’âge, cependant, les naseux frayent probablement après leur deuxième ou troisième année de vie. Les naseux femelles produisent de 400 à 2000 œufs selon leur taille.

 

Taille et tendances des populations

Si l’on exclut les jeunes de l’année, il y a probablement de 10 000 à 20 000 naseux mouchetés dans la rivière Kettle. La construction d’un nouveau barrage aux chutes Cascade nuira à la plus grande population de naseux mouchetés de taille adulte qui vit dans la rivière Kettle.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, l’espèce n’existe que dans une seule rivière. Tout événement catastrophique qui se produirait sur le cours de la rivière Kettle pourrait avoir des répercussions sur les populations vivant en aval. Actuellement, il est probable que le projet de barrage hydroélectrique Cascade ait pour effet de réduire la plus grande population de naseux moucheté connue dans le bassin de cette rivière.

 

Protection actuelle

Peu de protection autre que les règlements actuels sur la pêche, la protection de l’environnement et la qualité de l’eau.

 

Importance de l’espèce

Bien que la systématique des Rhinichthys américains nécessite un travail plus approfondi, la population canadienne se distingue nettement de celles des États-Unis par l’absence de barbillons et un nombre d’écailles beaucoup plus élevé; en plus d’être la seule population vivant au Canada, celle‑ci présente donc aussi des différences morphologiques avec la plupart des populations des États-Unis.

 

Résumé du rapport de situation

L’avenir du naseux moucheté est préoccupant. Étant donné son aire de répartition restreinte (une seule rivière au Canada), l’ensemble de la population
est très vulnérable à des événements catastrophiques majeurs; elle est également confrontée à des pertes d’habitats due à l’aménagement de retenues et de réservoirs, et elle est touchée par la pollution de l’eau. En cas de disparition du naseux moucheté de la rivière Kettle, il n’existe pas de populations secondaires isolées permettant éventuellement de reconstituer cette population qui est la seule au Canada.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

 

EspèceToute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.
Espèce disparue (D)Toute espèce qui n’existe plus.
Espèce disparue du Canada (DC)Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.
Espèce en voie de disparition (VD)*Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.
Espèce menacée (M)Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.
Espèce préoccupante (P)**Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.
Espèce non en péril (NEP)***Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.
Données insuffisantes (DI)****Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.
  
*Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Drapeau du Canada

Environnement       Environment

Canada                 Canada

Service canadien    Canadian Wildlife
de la faune            Service

Canada
 
Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


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INFORMATION SUR L’ESPÈCE

Nom, classification et taxinomie

Embranchement  Chordata
Classe  Osteichthyes
Ordre Cypriniformes
Famille  Cyprinidae
GenreRhinichthys
EspèceRhinichthys osculus(Girard 1857)
Noms communsnaseux moucheté

 

Le présent rapport concerne la situation du Rhinichthys osculus (figure 1), dont on a démontré qu’il était biologiquement distinct du R. umatilla qui lui est sympatrique (Peden et Hughes, 1988). Le naseux d’Umatilla a été reconnu comme une espèce distincte (pour R. osculus, les populations canadiennes occupent l’extrémité de la plage de variation morphologique et, dans les endroits où les deux groupes sont sympatriques, il n’y a pas d’hybridation). Ces faits seront reflétés dans la prochaine édition de la liste des noms communs et scientifiques des poissons des États-Unis et du Canada produite par l’American Fisheries Society (AFS) (J. S. Nelson, département des sciences biologiques, University of Alberta, Edmonton, Alberta; communication personnelle, 2001).

Figure 1. lllustration du Rhinichthys osculus de la rivière Kettle, Colombie-Britannique (collection BCPM 979-11273; longueur standard 67 mm). Noter la ligne latérale incomplète.

Figure 1. lllustration du Rhinichthys osculus de la rivière Kettle, Colombie-Britannique (collection BCPM 979-11273; longueur standard 67 mm). Noter la ligne latérale incomplète. Ce caractère est variable dans l’ensemble de la population canadienne, certains individus ayant une ligne incomplète et d’autres une ligne complète (photographie reproduite avec la permission du Royal BC Museum).

 

Description

En Amérique du Nord, il existe de nombreux taxons de Rhinichthys. Quelque 20 sous-espèces de R. osculus sont répertoriées, et elles n’ont pas toutes été nommées (Texas Natural History Collections, 2001). Au Canada, le Rhinichthys a des caractéristiques qui le distinguent de la plupart des autres cyprinidés : nageoire anale à 6 ou à 7 rayons, nageoires pelviennes en avant de la nageoire dorsale, couleur du revêtement de la cavité abdominale autre que le noir, et ligne latérale habituellement incomplète. La mâchoire supérieure présente un sillon qui sépare la lèvre supérieure du museau alors qu’on observe un frein chez le R. cataractae. Le Rhinichthys osculus est la seule espèce canadienne de ce genre dont certaines populations ne portent pas de barbillons; cette population est l’une des rares en Amérique du Nord qui présentent la même caractéristique. Peden et Hughes (1988) ont relevé les différences suivantes entre les R. osculus canadiens et les autres représentants de l’espèce : absence de barbillons, bouche presque terminale, museau ne dépassant pas les pré-maxillaires comme chez les autres espèces de Rhinichthys du Canada, différences de morphologie buccale reflétant peut-être des comportements alimentaires différents de ceux des autres membres du même genre vivant au Canada, (cependant, ces différences de comportement n’ont pas été suffisamment documentées). Robins et al. (1991, p. 78) n’ont pas reconnu le Rhinichthys umatilla comme formant une espèce distincte des autres Rhinichthys, ce qu’ont pourtant fait le British Columbia Conservation Data Centre, B.C. Fisheries Renewal (voir page Web du CDC, 2001) et Haas (1998). Les publications plus anciennes faisaient état d’hybridation du R. falcatus et du R. osculus dans la rivière Similkameen en Colombie-Britannique (Carl, Clemens et Lindsey, 1959; Scott et Crossman, 1973); cependant, il est très probable que ces présumés hybrides soient des R. umatilla (voir Peden et Hughes, 1981a, b; Peden et al.,1988). Au Canada, aucune preuve ne permet de penser que le R. osculus vit ailleurs que dans le bassin de la rivière Kettle, et la population ne s’hybride pas avec le R. umatilla là où ces deux groupes sont sympatriques. Il est probable que des individus de l’espèce R. osculus sont entraînés dans les chutes Cascades et survivent un certain temps dans un habitat occupé par le R. umatilla, mais on n’a encore trouvé aucun hybride. Page et Burr (1991) reconnaissent le R. umatilla comme une espèce à part entière. En conclusion, dans la partie canadienne du cours inférieur de la rivière Kettle, l’hybridation n’est pas significative (si toutefois elle se produit). Ces deux formes se comportent comme des espèces biologiquement distinctes là où elles cohabitent (voir preuves obtenues par électrophorèse, tableau 1). Dans la rivière Similkameen, le R. falcatus et le R. umatilla cohabitent également sans hybridation. Il existe peut-être des allèles qui témoignent d’une introgression reflétant une hybridation possible datant du Pléistocène; il est également possible que l’hybridation soit le processus à partir duquel le R. umatilla s’est différencié et a évolué pour donner la forme actuelle, qui est une espèce à part entière (D. E. McPhail, département de biologie, University of British Columbia, Vancouver, communication personnelle).

Tableau 1. Fréquences alléliques des loci polymorphe pour les Rhinichthys cataractae, R. Falcatus, R. osculus, et R. umatilla.

 

Cont: Tableau 1. Fréquences alléliques des loci polymorphe pour les Rhinichthys cataractae, R. Falcatus, R. osculus, et R. umatilla.


Différences avec les populations des États-Unis

Les populations de R. osculus des États-Unis les plus proches du groupe canadien en sont isolées par 80 km de rivières et de réservoirs (figures 2, 3, 4). Elles ont un nombre d’écailles moins élevé et portent au moins un barbillon, habituellement deux (tableau 2). Des échantillonnages d’envergure effectués par Peden et Hughes (1988) ont montré que les populations les plus proches de la frontière canadienne et ne vivant pas dans le bassin de la rivière Kettle se trouvaient dans le ruisseau Stranger et à l’embouchure du ruisseau Hall dans la réserve indienne de Colville, dans l’État de Washington (voir tableau 2). Les individus trouvés dans le ruisseau Chamokane (à l’ouest de la rivière Little Spokane) avaient aussi un nombre d’écailles plus élevé et plus voisin de ce qu’on trouve dans le cours supérieur de la rivière Little Spokane et dans la rivière Colville. Cependant, lorsqu’on les compare avec les populations occupant les ruisseaux des États-Unis voisins de la frontière, on constate que les populations canadiennes ont un plus grand nombre d’écailles et sont totalement dépourvues de barbillons (tableau 2). Peden et Hughes (1988) ont émis l’opinion que le barrage Grand Coulee et le réservoir Roosevelt avaient probablement submergé certaines chutes et le cours inférieur d’affluents, tels que la rivière Colville, éliminant ainsi certaines des populations de R. osculus présentes à ces endroits et leurs habitats. Les populations de Rhinichthys umatilla occupant initialement le cours inférieur de la rivière se sont probablement dispersées en amont jusqu’au réservoir Rose [voir tableau 2; Peden et Hughes, 1988; collection de la California Academy of Sciences SU 02083]. Plus au sud, dans l’État de Washington, on trouve des naseux mouchetés ayant une allure différente ainsi que des écailles moins nombreuses et plus grandes (tableau 2) et/ou des barbillons évidents. Dans la rivière Sanpoile (réserve autochtone de Colville), il existe des individus intermédiaires chez qui le nombre de barbillons est particulièrement variable, le total des côtés droit et gauche étant de 0, 1, ou 2. Dans la plupart des cas, les populations de R. osculus ayant un grand nombre d’écailles vivent en amont des escarpements et des chutes et sont isolés des habitats des cours inférieurs. On trouve les écailles les plus grandes et les moins nombreuses chez les populations voisines de Walla Walla (Washington).

Les populations de R. osculus présentes dans le cours inférieur de la rivière Spokane (État de Washington) diffèrent des populations canadiennes par leur nageoire caudale très tronquée, par leur silhouette très trapue, et par l’absence de sillon prémaxillaire chez 1 à 3 p. 100 des individus. Les individus de Rhinichthys osculus qui vivent en amont des chutes, des barrages et du lac Cœur d’Alene, dans le bassin versant de la rivière Spokane, sont très semblables en apparence à ceux des populations canadiennes, mais ils ont des barbillons et un nombre d’écailles moins élevé en moyenne.

Figure 2.    Répartition du Rhinichthys osculus en Amérique du Nord, représentée par la zone ombrée, en bas à gauche. Les populations les plus méridionales sont souvent reconnues comme constituant des sous-espèces différenciées et ont été omises (carte modifiée à partir de Lee et al., 1980).

Figure 2.    Répartition du Rhinichthys osculus en Amérique du Nord, représentée par la zone ombrée, en bas à gauche. Les populations les plus méridionales sont souvent reconnues comme constituant des sous-espèces différenciées et ont été omises (carte modifiée à partir de Lee et al., 1980).

Figure 3.    Répartition du Rhinichthys osculus dans le bassin versant du fleuve Columbia. Les cercles foncés représentent les lieux de collecte. Pour les localités des sites de collecte voisins, voir la figure 4 (les populations naturelles connues les plus proches des populations canadiennes vivent dans la rivière Colville, le ruisseau Stranger et le ruisseau Hall).

0Figure 3.    Répartition du Rhinichthys osculus dans le bassin versant du fleuve Columbia. Les cercles foncés représentent les lieux de collecte. Pour les localités des sites de collecte voisins, voir la figure 4 (les populations naturelles connues les plus proches des populations canadiennes vivent dans la rivière Colville, le ruisseau Stranger et le ruisseau Hall).

Figure 4.  Carte illustrant les bassins versants les plus proches des populations de la rivière Kettle selon le cours des rivières : tronçons de la rivière Colville, ruisseau Hall, ruisseau Stranger, ruisseau Chamokane, rivière Sanpoile et bassin de la rivière Spokane. 

 

Figure 4.  Carte illustrant les bassins versants les plus proches des populations de la rivière Kettle selon le cours des rivières : tronçons de la rivière Colville, ruisseau Hall, ruisseau Stranger, ruisseau Chamokane, rivière Sanpoile et bassin de la rivière Spokane. Noter que la rivière Little Spokane se trouve entre la rivière Spokane et le ruisseau Chamokane. Les chutes Myers se trouvent à l’embouchure de la rivière Colville, où la population a disparu à la suite de la formation du réservoir et peut-être sous l’effet de la compétition découlant de l’invasion subséquente par le Rhinichthys umatilla.

Tableau 2. Sommaire de la distribution des décomptes de ligne latérale, du nombre d'écailles autour du pédoncule caudal et de la présence ou absence de barbillons dans les collections historique de  Rhinichthys osculus.

 

Données obtenues par électrophorèse

Par électrophorèse sur des échantillons de R. osculus, on a testé l’individualité génétique de ce groupe par rapport au R. umatilla et au R. falcatus (voir Peden et Orchard, 1993ms). On a relevé des différences de fréquence génétique entre le R. osculus, le R. cataractae, le R. falcatus et le R. umatilla (tableau 1). Parmi les espèces testées, le R. cataractae était celle qui présentait le plus de différences aux allèles PG1-3 (mobilité, 100 et 110), AGP (mobilité, 160), ME-1 (mobilité, 300) et IDH-1,2 (mobilité, 95). Parmi l’umatilla, le falcatus et l’osculus, c’est ce dernier qui a le moins d’affinité aux allèles PGI-1,2 (mobilité, - 40, - 20 et + 20) et AGP (mobilité 40 et 160); cependant, ces différences ne permettent pas de tirer des conclusions. Les mobilités à LGG-1,2 (mobilité, 66) n’étaient pas intermédiaires entre les valeurs relevées pour le falcatus et l’osculus, ce qui permet de penser que l’umatilla a moins de chances d’être apparu par hybridation. On devra comparer ces résultats avec les données génétiques inédites de Haas (2001, non accessibles à l’auteur au moment de la rédaction). Dans une étude plus large, McPhail (2002, communication personnelle) a employé des techniques d’étude de l’ADN mitochondrial, et ses résultats permettent de penser que l’espèce est peut-être apparue par hybridation au cours du Pléistocène. Certaines populations du cours supérieur de certaines rivières des États de Washington et de l’Oregon appartiennent génétiquement à l’espèce R. osculus bien qu’on observe une morphologie convergente avec le Rhinichthys cataractae. Carl, Clemens et Lindsey (1959) ainsi que Scott et Crossman (1973) ont émis l’idée selon laquelle les individus de la rivière Similkameen qui ressemblent à l’osculus étaient peut-être des hybrides du R. falcatus et du R. osculus. Sur le terrain, l’auteur a constaté la présence du R. umatilla et du R. falcatus comme espèces distinctes qui ne s’hybrident apparemment pas. Dans la rivière Kettle, en aval des chutes Cascade, le R. osculus et le R. umatilla sont également présents comme des espèces distinctes et sans hybridation.

En conclusion :

  • La population de naseux moucheté (Rhinichthys osculus) qui vit dans la rivière Kettle est morphologiquement différente des populations de la même espèce qui se trouvent aux États-Unis.
  • Le Rhinichthys osculus est sympatrique avec le R. umatilla et peut-être avec le R. falcatus, sans défaillance des mécanismes d’isolement génétique.
  • Les questions relatives au statut de la population seront peut-être mieux élucidées lorsque les recherches en cours à la University of British Columbia auront été publiées; cependant, il est peu probable que la question de la signification évolutionnaire du naseux moucheté au Canada perde de son intérêt.

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RÉPARTITION

Répartition mondiale

Le Rhinichthys osculus (naseux moucheté) présente plusieurs populations morphologiquement variables vivant dans des bassins versants isolés situés entre le bassin du fleuve Colorado en Arizona et celui du fleuve Columbia dans la région nord-ouest de la côte du Pacifique (Minckley, 1973; Scott et Crossman, 1973; voir figures 2 et 3). Sept populations sont décrites comme des sous-espèces et sont reconnues par la American Fisheries Society comme étant menacées ou en voie de disparition (Deacon et al., 1979; Williams et al., 1989).

 

Répartition au canada

Le Rhinichthys osculus n’est présent que sur un tronçon de 112 km de la rivière Kettle (figures 3, 4, 5) entre les chutes Cascade et la frontière américaine d’une part, et Carmi en Colombie-Britannique d’autre part (Peden et Hughes, 1981a, b, 1981ms). Au Canada, son aire couvre les rivières West Kettle et East Kettle ainsi que 27 km de la rivière Granby près de Grand Forks (figure 5). Une grande partie du tronçon occupé par le R. osculus passe dans l’État de Washington en amont de Grand Forks, et on peut supposer que le flux génétique s’effectue librement de là vers les populations canadiennes situées en amont et en aval.

Des phénomènes significatifs se sont produits sur la rivière Kettle après le Pléistocène; à la suite de la formation des chutes Cascade, des espèces comme le Cottus cognatus et le R. osculus se sont retrouvées isolées en amont, leurs populations étant peu nombreuses ou absentes en aval des chutes (voir figure 6; Peden et Hughes, 1981a, b, 1981ms et 1988). Haas (1988) signale également que les meuniers à grandes écailles (Catostomus macrocheilus) vivant en amont des chutes ont une morphologie particulière. Il semble aussi que les espèces comme le Rhinichthys umatilla, le Cottus bairdi et le C. confusus soient arrivées à une époque ultérieure et n’aient pas pu gagner le cours supérieur de la rivière Kettle. On retrouve des situations similaires dans l’ensemble du bassin du Columbia, le R. umatilla étant généralement isolé en aval des chutes et le R. osculus en amont.

Figure 5.  Répartition du Rhinichthys osculus dans la rivière Kettle selon les dossiers de collecte : a désigne la rivière East Kettle, b la West Kettle et d la Granby. CD désigne le barrage de Cascade, c le ruisseau Boundary, f le lac Christina, g Midway et h la ville de Carmi.

Figure 5.  Répartition du Rhinichthys osculus dans la rivière Kettle selon les dossiers de collecte : a désigne la rivière East Kettle, b la West Kettle et d la Granby. CD désigne le barrage de Cascade, c le ruisseau Boundary, f le lac Christina, g Midway et h la ville de Carmi. Les cercles pleins indiquent l’emplacement où ont été prélevés les échantillons de R. osculus du Royal BC Museum. Les triangles pleins indiquent l’emplacement des sites visités par des ichtyologistes de la University of British Columbia ou du Musée canadien de la nature (années 1980 ou avant); l’échantillonnage effectué à l’emplacement des quatre triangles vides les plus au nord n’a produit aucun individu de l’espèce R. osculus, contrairement aux échantillonnages effectués dans les autres sites situés plus au sud. Remarque : À la suite d’études effectuées par la University of British Columbia, des spécimens provenant de la rivière Kettle ont été ajoutés à la collection (Haas, 2001); les emplacements des captures de naseux mouchetés effectuées à cette occasion ne figurent pas sur cette carte.

Figure 6.  Schéma des chutes de la rivière Kettle; le courant va de l’ouest (gauche) à l’est (droite), en direction de l’État de Washington.

Figure 6.  Schéma des chutes de la rivière Kettle; le courant va de l’ouest (gauche) à l’est (droite), en direction de l’État de Washington. La ligne continue représente le niveau d’eau supposé avant la construction du barrage et les tirets indiquent le niveau après la construction du barrage. La lettre A indique l’ancien barrage en bois construit vers le début du XXe siècle, et la lettre B montre l’emplacement du barrage qui a été proposé. Les poissons comme le Rhinichthys osculus et le Cottus cognatus semblent être isolés en amont des chutes et du barrage. Certaines espèces, surtout de petite taille comme le R. umatilla, le C. confusus et le C. bairdi, ne sont pas parvenues en amont des chutes. Dans la fosse au pied des chutes, on remarque la présence de gros poissons dont le doré jaune (Stizostedion vitreum), une espèce non indigène.

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HABITAT

Exigences en matière d’habitat

L’habitat de la rivière Kettle a été décrit de façon détaillée par Peden et Hughes (1981a, b) et Peden (1995ms). En été et en automne, les jeunes de l’année se trouvent normalement près des rivages, dans les zones rocailleuses et peu profondes (profondeur inférieure à 10 cm) où le courant est moins fort. À ces endroits, il est probable que les prédateurs aquatiques soient moins nombreux; la productivité est également stimulée par le réchauffement plus rapide de l’eau des hauts fonds et des fosses exposés au soleil et où le courant est moins rapide (Peden a mesuré des différences de 2 oC ou plus entre le courant principal et les eaux du rivage où vivaient les jeunes naseux.) Les plus grandes concentrations ont été trouvées dans les zones de cailloux propres présentant des interstices assez grands pour permettre aux poissons de s’y cacher. On trouve rarement des naseux de grande taille, sauf si on pratique la pêche électrique à une profondeur de 0,5 à 1,5 m. Dans tous les cas, le R. osculus occupait les radiers les plus propres où le courant était modéré et qui offraient des abris de rochers et de cailloux, parmi lesquels les individus se cachaient rapidement en cas de dérangement. Dans les zones où les naseux étaient abondants, on trouvait une fine pellicule d’algues (cependant, les tapis épais d’algues semblaient décourager la présence de cette espèce).

La rivière Kettle se caractérise par de grandes crues de printemps produites par la fonte des neiges (Peden et Hughes, 1981a, b). Près de Cascade, la présence de débris dans les arbres permet de penser que les crues atteignent 6 m au-dessus du niveau de l’automne (Peden, observation personnelle). Au mois d’octobre, le débit n’est que de 3 p. 100 de ce qu’il est pendant les crues de printemps (Peden, 1994). Dans la plus grande partie du cours inférieur de la rivière Granby, où le fond est constitué de sable, on ne trouvait que quelques juvéniles dispersés. Par contre, la densité de R. osculus était significative dans la rivière Kettle où l’on trouve des pierres propres et un courant modéré. On a supposé que les individus ayant une LS inférieure à 40 mm étaient âgés d’un an à un an et demi; ils étaient plus nombreux que les adultes dans les zones de petits cailloux. Immédiatement en amont des chutes Cascade, où vivent des adultes de plus grande taille (> 40 mm), les interstices entre les rochers sont de 30 à 40 cm et constituent des abris en présence d’un courant modéré à rapide. Des algues brunâtres colorent ces roches, et il est évident que, dans les secteurs occupés par le naseux, le fort courant emporte les particules de sable et les détritus. Le fait que le Rhinichthys osculus se cache sous ces rochers explique peut-être pourquoi cette espèce a été observée en moins grand nombre par Triton Environmental Consultants, qui procédait en plongée libre autonome, que par Peden, qui pratiquait la pêche électrique (tableau 2). Le courant rapide gênait le travail de l’équipe chargée de la pêche électrique, qui éprouvait des difficultés à échantillonner les individus vivant dans plus de quatre pieds d’eau; il est donc probable que des naseux mouchetés se trouvaient à une plus grande profondeur. En 1990-1991, Peden a relevé la présence de tapis d’algues séchées et croûtées à une bonne hauteur sur les rives, ce qui permet de penser que la productivité est élevée dans les premiers mois de l’année. Ces accumulations sont emportées par le courant pendant les crues printanières de l’année suivante.

Comme on s’y attend dans le cas des rivières alimentées par la fonte des neiges en montagne, l’eau s’échauffe graduellement à mesure qu’elle s’écoule vers les régions plus basses. Le Rhinichthys osculus était présent à Carmi, à une altitude de 884 m, endroit où la température moyenne de l’eau en été atteint 14 oC (figure 7). En aval, à la frontière américaine (Laurier, 457 m), les températures atteignaient 18 oC (Peden et Hughes, 1981a, b); on observe cependant une variation considérable d’une année à l’autre. L’eau est très claire pendant la plus grande partie de l’année. Les solides dissous totaux montrent une augmentation de l’alcalinité (de 60 à 77,5 mg/L) et une diminution du pH (de 8,7 à 7,7) au fur et à mesure que l’eau s’écoule en direction de la frontière américaine.

 

Figure 7.    Variation annuelle de la température de surface de l’eau à quatre endroits du bassin de la rivière Kettle (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle à Laurier, États-Unis; ruisseau Boundary à Greenwood; rivière West Kettle à Carmi). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

Figure 7.    Variation annuelle de la température de surface de l’eau à quatre endroits du bassin de la rivière Kettle (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle à Laurier, États-Unis; ruisseau Boundary à Greenwood; rivière West Kettle à Carmi). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

 

Tendances

Bien que la qualité de l’eau ait fait l’objet d’un suivi sur plusieurs années (Water Investigations Branch, 1977), il n’existe pas d’études à long terme sur la présence du R. osculus dans la rivière Kettle, et on ne peut faire que des suppositions en ce qui concerne l’uniformité de la qualité de l’habitat de cette espèce. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a proposé la construction d’un barrage hydroélectrique aux chutes Cascade, sur la rivière Kettle (figure 4). Le début des travaux de construction était prévu pour l’an 2000, mais il a été retardé par le processus d’étude d’impact environnemental. International Resource Consultants effectue actuellement un relevé des populations de poissons dans le cadre des études préalables menées en vue du projet de parc énergétique Cascade. Les résultats de cette étude seront probablement disponibles au cours de l’année 2002. Auparavant, l’abondance des poissons était faible dans la zone de la scierie de Midway; à cet endroit, il y avait peut-être une corrélation avec la présence d’effluents en provenance de cette scierie et de la station d’épuration située à Grand Forks, immédiatement en aval (Peden et Hughes, 1981). Près de Gilpin, des tronçons de la rivière étaient très clairs et ne contenaient apparemment pas de petits poissons pendant les années 1980. Après la construction du parc énergétique Cascade Heritage, il se produira probablement une réduction de l’habitat riverain propice; les répercussions de ce projet seront équivalentes ou supérieures à celles qu’avaient entraînées la construction du barrage en bois au début du XXe siècle. Dans la région, on pratique depuis longtemps l’exploitation forestière, l’agriculture et l’exploitation minière; cette dernière activité existe depuis longtemps près de Grand Forks et a probablement déjà eu un effet sur les populations de poissons.

 

Protection et propriété des terrains

L’habitat du Rhinichthys osculus n’est protégé que par les règlements provinciaux et fédéraux sur la pollution et la protection de la qualité de l’eau, et par les dispositions pertinentes des lois respectives sur les pêches. Actuellement, le gouvernement de la Colombie-Britannique reconnaît à la rivière Kettle le statut de rivière du patrimoine, ce qui devrait permettre de ralentir le l’expansion résidentielle et la dégradation de l’environnement (voir B.C. Heritage River System, page Web, 6 janvier 2001).

À la suite de l’élargissement de ses mandats et de ses plans stratégiques en 1991, B.C. Fisheries a accepté la responsabilité de toutes les populations de poissons avec inclusion subséquente dans tous les plans d’aménagement des bassins hydrographiques (voir B.C. Fish Protection Act, page Web, 2 mai 2001). Il n’existe aucune mesure administrative ou législative formelle visant tout particulièrement la protection du R. osculus bien que la B.C. Fisheries Branch ait reconnu avoir la responsabilité de la gestion des espèces de poissons indigènes rares dans ses plans stratégiques (B.C. Environment, 1991) et par l’intermédiaire du suivi actuel assuré par le B.C. Conservation Data Centre. En Colombie-Britannique, l’abolition du Forest Renewal Plan et la réduction des autres programmes de protection de l’environnement pourraient avoir des répercussions sur les habitats de la rivière Kettle.


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BIOLOGIE

Le naseux moucheté fraye pendant sa deuxième année et vit probablement quelques années de plus; cependant, il n’existe pas de données sur l’âge pour les populations canadiennes. Les femelles portent de 450 à 2000 œufs; il est possible qu’elles pondent au mois de juillet, les jeunes apparaissant dans les parties peu profondes, le long des rivages, pendant les mois d’août et de septembre. Le naseux moucheté se nourrit d’insectes aquatiques, et il semble qu’il ingère également des algues en même temps que des invertébrés. On trouve cette espèce près du fond de la rivière, dans les secteurs de rochers et de cailloux présentant des radiers et un courant modéré. Lorsqu’on les dérange, les poissons se cachent dans les interstices entre les roches. Les déplacements des populations canadiennes sont mal connus. Peden et Hughes (1981) donnent d’autres renseignements sur la biologie du naseux moucheté.

 

Reproduction

Peden et Hughes (1981a, b, 1981ms) ont établi les fréquences de longueur et ont constaté que les individus pris en automne étaient généralement plus grands que ceux capturés au printemps (figure 8). L’étude de la taille des œufs (figure 9) montre que le R. osculus n’arrive à maturité que lorsqu’il atteint une LS de 40 mm, peut-être même de 50 mm. Les données obtenues par ces auteurs permettent de penser que la fraye se déroule au mois de juillet ou plus tard, comme chez les populations des États-Unis (Carlander, 1969). Chez certaines de celles-ci, la fraye est bimodale, c’est-à-dire qu’elle présente un pic au début du printemps et un autre à la fin de l’été (LaRivers, 1994). Les individus qui éclosent en été ne se reproduisent probablement pas avant d’avoir atteint l’âge de deux ans; cependant, on ne dispose pas d’études d’âge adéquates pour les populations de la rivière Kettle. LaRivers (1994) indique qu’au Nevada, les femelles atteignent la maturité sexuelle à deux ans. Si l’on en juge par la prévalence des jeunes individus, le potentiel de reproduction du R. osculus est élevé et semble lui avoir largement permis de repeupler la rivière Kettle (Peden et Hughes, 1981a, b, ms). Peden et Orchard (1993ms) ont préconisé un suivi annuel similaire des individus de l’année du R. umatilla comme méthode efficace et probablement économique de surveillance de la taille de la population et de sa santé reproductive. La firme Triton Environmental Consultants (Vancouver, C.-B.) a entrepris les études citées ailleurs dans le présent rapport. La firme International Resource Consultants (IRC) a effectué les études préalables d’impact les plus récentes pour le projet du parc énergétique Cascade Heritage et elle a notamment effectué le suivi des espèces sensibles comme le naseux moucheté. Les conclusions de ces travaux récents ne seront disponibles qu’au cours de l’année 2002. Le nombre de gros œufs présents dans les ovaires des naseux mouchetés capturés en automne allait de 450 environ pour les individus de petite taille à 2000 pour ceux de grande taille (figure 10). Les femelles capturées au mois de juillet contenaient moins d’œufs, ce qui permet de croire que la saison de fraye est prolongée ou que certains œufs ont été résorbés. Peden et Hughes (1981a, b, ms) ont trouvé beaucoup moins de mâles que de femelles (figure 11), mais on ignore si ce résultat est dû à des différences relatives aux préférences d’habitat.

Figure 8.  Variation des fréquences de longueur du Rhinichthys osculus dans la rivière Kettle en octobre 1977.

Figure 8.  Variation des fréquences de longueur du Rhinichthys osculus dans la rivière Kettle en octobre 1977. Les échantillons provenant d’endroits voisins ont été regroupés si le test de Newman-Keuls (Zar, 1974) ne montrait aucune différence significative entre les longueurs standard moyennes. a : rivière West Kettle, amont; b : rivière West Kettle, aval; c : rivière Kettle à Rock Creek; d : rivière Kettle à Grand Forks; e : rivière Kettle à Gilpin; f : fosse isolée de la rivière Kettle à Gilpin; g : rivière Kettle à Cascade (en aval de la chute Cascade); h : rivière Granby, amont; i : rivière Granby, aval; j : rivière Granby à Grand Forks. On a supposé que les poissons ayant une LS inférieure à 40 mm appartenaient à la première classe d’âge.

Figure 9.  Nombre d’œufs trouvés chez les femelles de Rhinichthys osculus de différentes longueurs. Cercles pleins : œufs prélevés en octobre 1977; triangle plein : juin 1977; cercles vides : juillet 1977.

Figure 9.  Nombre d’œufs trouvés chez les femelles de Rhinichthys osculus de différentes longueurs. Cercles pleins : œufs prélevés en octobre 1977; triangle plein : juin 1977; cercles vides : juillet 1977.

Figure 10.  Diamètres des œufs de Rhinichthys osculus. Chaque point représente la taille moyenne des 10 œufs les plus gros de chaque spécimen. Cercles pleins : poissons capturés en octobre 1977; triangle plein : juin 1977; cercles vides, juillet 1977.

Figure 10.  Diamètres des œufs de Rhinichthys osculus. Chaque point représente la taille moyenne des 10 œufs les plus gros de chaque spécimen. Cercles pleins : poissons capturés en octobre 1977; triangle plein : juin 1977; cercles vides, juillet 1977.

Figure 11. Longueurs standard des Rhinichthys osculus capturés en octobre 1977.

Figure 11. Longueurs standard des Rhinichthys osculus capturés en octobre 1977.

 

Déplacements

Les principaux déplacements ou migrations du R. osculus ne sont pas documentés; cependant, Minckley (1973) mentionne que le naseux moucheté a la capacité de repeupler des refuges isolés situés dans les rivières de l’Arizona après des crues dévastatrices. Ces populations lointaines sont probablement issues d’un bassin génétique divergent, et la situation est peut-être différente en Colombie-Britannique. Dans la rivière Kettle, au printemps et en automne, on observe souvent les jeunes de l’année parmi les pierres de la rive entre lesquelles ils se cachent si on les dérange (voir Peden et Orchard, 1993ms). Cependant, par temps plus frais, ils sont plus difficiles à observer et leur activité métabolique est très probablement réduite. On remarque que les individus capturés par Triton Environmental Consultants (1994ms) et ceux capturés par Peden et Hughes (1981) présentent des différences significatives pour ce qui est de la taille; cela est probablement dû à des différences d’habitat, les poissons de plus grande taille occupant des habitats avec plus de courant et des interstices entre de plus gros blocs ou rochers. Les chutes existantes empêchent la migration des naseux vers l’amont, et ce sera également le cas des barrages dont on a proposé la construction à Cascade. Le nouveau barrage pourrait avoir pour effet de réduire les habitats convenables en amont et le nombre d’individus entraînés dans les chutes.

 

Nutrition et interactions interspécifiques

Les naseux mouchetés de grande taille se nourrissent près du fond, principalement d’insectes aquatiques, mais ils ingèrent également des quantités considérables d’algues vertes filamenteuses, probablement involontairement lorsqu’ils attrapent les larves d’insectes (voir Peden, 1981a, 1981b, 1981c). Leur intestin n’est pas long et contourné comme c’est habituellement le cas chez les herbivores.

Les chabots (Cottidae) et les meuniers juvéniles (Catostomidae) cohabitent souvent avec le R. osculus et sont très probablement des concurrents de cette espèce pour certains types d’aliments. Les juvéniles du Richardsonius balteatus et du Ptychocheilus oregonensis d’une taille inférieure à 1 ou 2 cm accompagnent les bancs de naseux et sont peut-être leurs concurrents dans les habitats peu profonds (moins de 10 cm); cependant, ils ont peut-être une morphologie et des habitudes alimentaires différentes de celles du R. osculus, d’où une concurrence moins intense. Les individus de plus grande taille ont des structures buccales plus spécialisées et adaptées à d’autres comportements alimentaires et à différentes niches dans la colonne d’eau. Comme aucune autre espèce de naseux ne vit en amont des chutes Cascades, le R. osculus se trouve confronté à une concurrence moindre qu’en aval. Les nombres totaux d’individus de chaque espèce capturés avec le naseux moucheté (prélèvement effectué par Peden et Hughes) sont les suivants : 395 R. osculus; 403 Richardsonius balteatus (méné rose); 119 juvéniles de Catostomus macrocheilus (meunier à grandes écailles); 80 juvéniles de Ptychocheilus oregonensis (sauvagesse du Nord); 74 Cottus cognatus (chabot visqueux); 55 juvéniles de Catostomus columbianus (meunier de l’Ouest); 30 juvéniles d’Acrocheilus alutaceus (bouche coupante); 20 juvéniles de Catostomus catostomus (meunier rouge); 8 juvéniles d’Oncorhynchus mykiss (truite arc-en-ciel); 4 juvéniles de Salvelinus fontinalis (omble de fontaine); 3 juvéniles de Prosopium williamsoni (ménomini des montagnes) et 2 Cottus bairdi (chabot tacheté) (ainsi que certaines espèces qui se trouvent uniquement dans les échantillons de naseux mouchetés prélevés en aval des chutes).

En aval des chutes Cascade, il est possible que le principal compétiteur du R. osculus, et de loin, soit le R. umatilla; cette dernière espèce semble remplacer le R. osculus plus en aval (Hughes et Peden, 1989; Peden et Hughes, 1981ms, a, b, 1988).

Bien qu’il existe des prédateurs terrestres et aquatiques dans la région, les naseux mouchetés de grande taille se cachent ou se réfugient habituellement sous les pierres, où ils sont protégés. Les grandes crues printanières constituent peut-être l’une des principales causes de mortalité chez les juvéniles qui n’ont pas encore trouvé d’abri convenable. Les individus parvenus aux stades précoces se déplacent activement le long des rivages où ils peuvent être vus et facilement capturés par les prédateurs terrestres.

 

Comportement et adaptabilité

On ne connaît pas bien la capacité de récupération des populations canadiennes de naseux moucheté après des perturbations d’origine anthropique. Les comparaisons entre les populations canadiennes (qui occupent les habitats d’eau froide de la partie supérieure des cours d’eau) et celles des États-Unis sont purement conjecturales; en effet, au sud de la frontière, les populations, les habitats et les adaptations évolutives aux différents habitats des cours supérieurs présentent une grande diversité, certains naseux s’étant même adaptés aux sources chaudes des déserts. Au début du XXe siècle, un barrage en bois a été construit en amont des chutes Cascade, puis démoli; des naseux mouchetés de grande taille vivent actuellement dans la zone qui était inondée à cette époque, ce qui permet de penser que le R. osculus réagit aux perturbations locales. Cependant, on ignore combien de temps doit prendre le rétablissement complet d’une population. On peut considérer que toute modification de la transparence de l’eau ou tout envasement des rochers et des radiers aurait des effets néfastes.

 

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TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Depuis la première ébauche du présent rapport (1994), des consultants ont reçu pour mandat en vertu de la législation provinciale d’effectuer au moins jusqu’en 2001 de nouvelles études sur les populations de poissons. On ne dispose pas encore de tous les résultats de ces études, et il est par conséquent impossible d’évaluer les tendances des populations. Au mois de septembre 2000, un rapport sommaire trimestriel (Cascade Heritage Power Park Project Quarterly Summary Report, septembre 2000 : tableau 8) indiquait qu’on avait trouvé de petits nombres de naseux mouchetés (par pêche électrique) dans la rivière Kettle, au voisinage du site du barrage, entre juin et août 2000, et que la prévalence des juvéniles était plus importante dans les collectes effectuées au mois d’août.

Aux mois de septembre et d’octobre, Peden et Hughes (1981a, b, 1981ms) ont constaté que le R. osculus était largement réparti entre Carmi et Cascade (Colombie-Britannique), les juvéniles étant beaucoup plus nombreux que les adultes dans toute la rivière. Peden (1995ms) a trouvé les plus grands nombres d’adultes dans les habitats constitués de blocs rocheux, juste en amont des chutes Cascade, là où des chemins d’accès ont été prolongés jusqu’au site proposé du projet immobilier Ponderosa. La firme Triton Environmental Consultants a ensuite relevé de plus grands nombres d’adultes de grande taille (figure 12). Peden et Hughes (1981a, b, ms) concluent que la mortalité est probablement élevée chez les juvéniles au moment des crues printanières, lorsque des individus de petite taille se retrouvent emprisonnés dans des mares peu profondes qui s’assèchent en été, après le retrait des eaux. Des relevés antérieurs effectués en 1978, en 1979 et en 1980 indiquaient que les populations de naseux étaient stables (Peden et Hughes, 1981a, b).

Figure 12.  Longueurs standard des Rhinichthys osculus. Copié avec la permission de Triton Environmental Consultants (1994ms).

Figure 12.  Longueurs standard des Rhinichthys osculus. Copié avec la permission de Triton Environmental Consultants (1994ms).

Peden a évalué subjectivement la taille de la population de naseux en se fondant sur les archives d’échantillonnage du Royal B.C. Museum. Pour ce faire, il s’est appuyé sur des suppositions aux distances couvertes par l’appareil de pêche électrique et quant au nombre d’individus capturés. À partir de ces chiffres, il a ensuite fait une extrapolation pour l’ensemble de la rivière Kettle jusqu’à Cawston, tout en prenant en compte la zone voisine de Midway et la partie marécageuse de la rivière située près de Grand Forks, où il était difficile de trouver des naseux. Nos meilleures estimations proviennent des prélèvements effectués en été et au début de l’automne, lorsque l’eau était très basse et qu’il était plus facile d’échantillonner une plus grande partie de l’habitat. Nous avons généralement consigné dans nos notes de terrain la longueur de rivage échantillonnée puis, à partir de ces chiffres, nous avons dû faire une extrapolation pour les tronçons de rivière que nous n’avions pas échantillonnés. Nous avons passé et repassé l’appareil de pêche électrique entre une profondeur d’un mètre et les cailloutis du rivage où la profondeur d’eau n’excédait pas quelques centimètres. Pendant les étés secs, la profondeur au centre de la rivière Kettle n’était parfois que de 20 cm. Le nombre proportionnel de jeunes de l’année (200 000), d’individus en cours de maturation (20 000) et d’individus parvenus à maturité (2000) correspond approximativement à la proportion de chaque groupe de taille dans notre échantillonnage. Nous avons procédé à l’échantillonnage par pêche électrique en supposant, à partir des publications antérieures, que le naseux moucheté vit à des profondeurs inférieures à 1 m, le long des rivages. Plus tard, nous avons échantillonné directement au-dessus des chutes Cascade et trouvé des naseux au moins jusqu’à des profondeurs de 1,6 m. Je pense qu’on aurait peut-être pu trouver des individus de grande taille à une plus grande profondeur, mais le fort courant nous a empêchés de poursuivre l’échantillonnage à ces endroits. À long terme, notre estimation de la population est probablement réaliste, mais avec de larges marges d’erreur. L’évaluation en question doit être améliorée. Par prudence, on peut diviser ces chiffres par deux.

Cet échantillonnage grossier est assez large pour permettre d’apprécier la variation d’une année à l’autre, que je pense être assez importante selon l’ampleur des crues printanières et l’étendue de la dispersion des alevins en aval. Par exemple, dans les parties aval de la rivière, la profondeur d’eau des radiers est de 15 cm à 1 m en été et se situe entre 3 m et plus de 5 m pendant la crue printanière, la hauteur d’eau étant évidemment moindre en amont. Les chiffres sur l’importance des populations de naseux ne seront pas fiables tant qu’on n’aura pas entrepris de faire directement un échantillonnage quantitatif au lieu de procéder à des évaluations indirectes à partir des relevés visant les espèces d’importance économique.

Les relevés (pêche électrique) des populations de naseux sur un tronçon de rivière de 14,5 km au-dessus des chutes Cascades montrent que le Richardsonius balteatus est l’espèce la plus nombreuse (0,406 individus par m2) et celle qui a la biomasse par superficie la plus faible (0,062 g/m2, voir tableau 3). Pour le Rhinichthys osculus, le Ptychocheilus oregonensis, le Cottus cognatus et l’Oncorhynchus mykiss, les valeurs se situaient entre 0,023 et 0,062 individus par m2 et 0,118 et 0,173 g/m2 (J. Pavey, Triton Environmental Consultants, Vancouver, Colombie-Britannique; communication personnelle).

Dans d’autres régions de son aire de répartition, comme en Arizona, le R. osculus doit faire face à des crues importantes et irrégulières auxquelles il est apparemment adapté. La taille des populations varie énormément lors de telles catastrophes (Minckley, 1973). La rivière Kettle est également assujettie à des crues importantes au printemps (figure 13), et à ces occasions les jeunes se dispersent dans les zones caillouteuses les moins profondes et souvent dans des mares isolées qui finissent par s’assécher (Peden et Hughes, 1981a, b, ms).

Figure 13.    Variations du débit selon le débit mensuel moyen mesuré en 1976 à deux endroits (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle au sud du confluent avec le ruisseau Boundary). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

Figure 13.    Variations du débit selon le débit mensuel moyen mesuré en 1976 à deux endroits (rivière Granby à Grand Forks; rivière Kettle au sud du confluent avec le ruisseau Boundary). Source : Direction générale des eaux intérieures (1976).

Tableau 3. Composition spécifique, densité et  biomasse dans le tronçon 3, rivière Kettle, Septembre 1993: (avec la permission courtoisie Triton Environmental Consultants).

 

Tableau 6. Biomasse et densité des poisson et de l'habitat dans les eaux de retenue et les sites témoins de la rivière Kettle, Septembre 1993:  (avec la permission de Triton Environmental Consultants).


 

 

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FACTEURS LIMITATIFS ET MENACES

Il n’existe pas de données de référence couvrant une longue période et permettant de documenter les pertes d’habitat touchant plus particulièrement le naseux moucheté. En 1991, juste au‑dessus des chutes Cascade, Peden a découvert une très importante population canadienne de naseux mouchetés adultes dépassant largement les chiffres cités par Peden et Hughes (1981a, b, ms), dont les rapports étaient ceux sur lesquels le COSEPAC s’était fondé pour classifier le R. osculus comme espèce rare (Campbell, 1990). Plus tard, Powerhouse Development Ltd proposait la construction du Heritage Power Park qui devait inonder 2,5 km du même tronçon de rivière (B.C. Environment Assessment Office, 2000). Les évaluations provisoires préalables effectuées par Triton Environmental Consultants (1994ms) montrent que dans le même secteur, au-dessus des chutes Cascade, les adultes du R. osculus sont abondants dans 11,4 km d’habitat convenable dont 2,7 km seront inondés par le réservoir qui est proposé (Pavey, communication personnelle, 1993). La retenue qui serait créée par ce projet correspond à la superficie du réservoir de l’ancien barrage en bois et des retenues détruites par les crues dans la première moitié du XXe siècle. Avant cela, Peden et Hughes (1981ms, 1988) n’avaient trouvé que de petits nombres de R. osculus dans la partie de la rivière située en aval des chutes Cascade; ils avaient alors supposé que ces individus provenaient des populations vivant en amont des chutes et formaient ainsi des populations au moins transitoires dans la partie inférieure de la rivière. Si le réservoir proposé déplace l’habitat riverain qui existe immédiatement au-dessus des chutes, le nombre d’individus entraînés dans les chutes sera probablement moindre, et il est possible que la population vivant en aval ne soit plus viable.

Les populations de Rhinichthys umatilla sont présentes en beaucoup plus grand nombre en aval, dans la partie de la rivière qui passe aux États-Unis, et elles exercent probablement une exclusion compétitive qui empêche le R. osculus de proliférer (Hughes et Peden, 1989; Peden et Hughes, 1981ms, a, b, 1988). À long terme, les populations de R. osculus vivant en aval des chutes Cascade constituent une curiosité d’ordre théorique et illustrent l’isolement reproductif ou l’exclusion écologique entre le R. osculus et le R. umatilla, ou peut-être les deux phénomènes à la fois. Cependant, du point de vue de la protection de l’espèce, cette population présente un intérêt très secondaire si on la compare aux populations nombreuses qui vivent en amont des chutes Cascade, surtout si elle n’est viable qu’avec l’apport d’immigrants entraînés au-dessus du barrage.

Cette région abrite 24 espèces de poissons dont 6 ou 7 sont menacées ou ont un habitat restreint. La construction du barrage proposé au-dessus de Cascade aura pour effet de réduire l’habitat critique du naseux moucheté et de nuire à la population concentrée localement. Ce projet pourrait entraîner la perte de 22 p. 100 de l’habitat existant au Canada. La construction du nouveau barrage de Cascade aurait des répercussions sur plus de 85 p. 100 de l’habitat en aval, où se trouvent également d’autres espèces vulnérables (p. ex. le R. umatilla et le Cottus confusus, voir Peden [1991]). Les agences provinciales, fédérales et américaines qui ont participé à l’évaluation environnementale considèrent que le projet aurait un impact majeur sur les populations de poissons vivant en amont et en aval (voir par exemple les commentaires suivants : B.C. Ministry Review Comments, août 1999; Commentaires du MPO, 6 août 1999; U.S. Lands Council Comments); en effet, ce projet pourrait avoir de graves conséquences pour les espèces vivant en aval parce qu’il entraînera un échauffement de l’eau et une réduction du débit (1 cm d’eau seulement passera dans la chute).

Peden et Hughes (1981a, b) ont remarqué que le naseux était absent juste en aval de Grand Forks, ce qui permet de penser que la présence de l’usine de traitement des eaux usées de cet endroit a des répercussions néfastes. Peu de naseux étaient présents dans le secteur de la scierie de Midway, mais on ignore si des naseux mouchetés ont déjà vécu à cet endroit. La partie de la rivière Kettle qui décrit un arc de cercle dans le territoire des États-Unis entre Midway et Grand Forks pourrait être polluée par des sources situées dans l’État de Washington; cependant, étant donné l’abondance des naseux dans ce tronçon jusqu’à aujourd’hui, il est permis de penser qu’il n’existe actuellement aucun problème de cette nature. La construction de chemins d’exploitation forestière et l’activité agricole pourraient également provoquer un envasement et/ou une contamination chimique.

Haas (1998) énumère les menaces suivantes  : exploitation forestière, modification ou perte d’habitat, introduction d’espèces de poissons exotiques ou autres, urbanisation, pollution d’origine agricole et industrielle, aménagement hydroélectrique et erreurs d’identification taxinomique. Malheureusement, la plus grande partie de la seule population canadienne de naseux moucheté vit dans le même bassin versant et ne dispose d’aucun refuge significatif. Tout événement catastrophique majeur qui aurait des reepercussions sur la qualité de l’eau et de l’habitat en amont pourrait menacer cette population, qui est la seule en son genre au Canada.

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IMPORTANCE DE L’ESPÈCE

Dans le passé, le naseux moucheté a été classé ainsi : espèce vulnérable pour le COSEPAC; G5 à l’échelle mondiale; S1S2 à l’échelle provinciale; liste rouge.

Les données qui montrent des différences morphologiques et génétiques entre les populations canadiennes et américaines du Rhinichthys osculus doivent être confirmées; cependant, le nombre élevé d’écailles et l’absence de barbillons permettent de penser que la population canadienne est distincte (tableau 2). Il existe des caractères génétiques qui permettent de différencier le R. osculus d’une part du R. falcatus, du R. umatilla et du R. cataractae d’autre part. Au moins sept races de cette espèce polymorphe sont considérées comme étant menacées ou en voie de disparition (Deacon et al., 1979; Williams et al., 1989), notamment le R. o. lethoporus (naseux moucheté d’Independence Valley), le R. o. nevadensis (naseux moucheté d’Ash Meadows), le R. o. oligoporus (naseux moucheté de Clover Valley), le R. o. thermalis (naseux moucheté de Kendall Warm Springs) et le R. o. moapae (naseux moucheté de Moapa); la population canadienne du R. osculus semble revêtir autant d’importance que ces groupes et doit faire l’objet de mesures de protection.

Bond (1973) a établi une distinction entre le R. osculus et l’umatilla à titre de sous-espèces en Oregon. Peden et Hughes (1988) ont produit un grand nombre de preuves démontrant la sympatrie entre ces populations. Le R. osculus est moins susceptible que le R. umatilla d’être confondu avec le R. falcatus, ces deux dernières espèces étant également distinctes et communes dans certains bassins versants de la Colombie-Britannique.

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PROTECTION ACTUELLE ET AUTRES STATUTS

Dans sa classification, le British Columbia Conservation Data Center (Cannings, 1993) a attribué à l’espèce un rang G5 à l’échelle mondiale (espèce commune) et un rang S1-S2 à l’échelle provinciale (situation critique). Un règlement relatif aux espèces menacées a été sanctionné par les comités provinciaux sur le renouvellement des pêches (Fisheries Renewal), le renouvellement des forêts (Forest Renewal) et l’inventaire des richesses naturelles (Resource Inventory); il prévoyait le suivi et la gestion de toutes les espèces de poissons d’eau douce de la Colombie-Britannique. Le gouvernement provincial actuel doit examiner ce règlement en vue de le maintenir ou de le modifier; en effet, étant donné que des agences comme celle du renouvellement des forêts (Forest Renewal) ont été abolies, les fonctions qu’elles assumaient et les règlements connexes seront probablement réexaminés.

Au Canada, les seules populations connues de Rhinichthys osculus se trouvent dans le bassin versant de la rivière Kettle. À l’exception d’une petite population vivant dans la ville de Grand Forks, la plupart des mentions du R. osculus provenant de la rivière Granby concernent des juvéniles qui se trouvent dans des habitats atypiques de sable et non dans les habitats de rochers ou de cailloux qui sont nécessaires aux naseux mouchetés adultes. Comme la rivière Granby se jette dans la rivière Kettle, il est donc possible qu’elle revête une certaine importance pour les jeunes individus. Étant donné qu’il n’existe aucun autre ruisseau ou rivière qui permettrait, au besoin, de sauvegarder la seule population de R. osculus existant au Canada, celle-ci a reçu le statut d’espèce « préoccupante ». Il n’existe aucune autre population permettant de remplacer le génome existant en cas d’événement catastrophique. Le statut d’espèce préoccupante est d’autant plus justifié qu’un seul événement catastrophique en amont pourrait avoir des conséquences à long terme pour toutes les populations vivant en aval. On recommande d’effectuer un suivi à long terme de la population de la rivière Kettle dans le cadre des mandats et des plans stratégiques de l’ancien B.C. Fisheries Renewal et du Ministry of Environment, qui a été renommé Ministry of Sustainable Resource Development en 2001.

Le projet de création du Cascade Heritage Power Park et son barrage feront disparaître la plus grande concentration de naseux mouchetés de grande taille présente au Canada et aura des répercussions sur un tronçon relativement court de la rivière Kettle. La perspective de la perte d’un bassin génétique aussi important mérite réflexion (voir B.C. Environmental Assessment Office, page Web 2000). De plus, le B.C. Environmental Assessment Board doit exercer une surveillance continue quant aux conséquences possibles du passage d’un pipeline de B.C. Gas. On devra effectuer un suivi des espèces prédatrices et des proies dont la propagation a toujours été empêchée par les chutes Cascade et qui risquent d’avoir un effet sur le naseux moucheté si elles parviennent en amont des chutes. Peden, Triton Environmental Consultants et International Resource Consultants ont employé des méthodes différentes pour effectuer la surveillance des populations de naseux; il faudra donc normaliser les méthodes de suivi de toutes les espèces qui se cachent sous les pierres, dans les parties profondes et dans les courants rapides de la rivière Kettle. Étant donné la faible abondance des naseux mouchetés en aval des chutes Cascade, il est possible que le recrutement soit assuré en partie par des individus entraînés dans les chutes; dans l’immédiat, leur présence revêt donc peu d’importance pour ce qui est de la survie de la population. On doit faire tout ce qui est possible pour empêcher l’introduction de populations de poissons non indigènes en amont des chutes Cascade.

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RÉSUMÉ DU RAPPORT DE SITUATION

La situation du Rhinichthys osculus est maintenant plus précaire que lorsque ce poisson a reçu le statut d’« espèce préoccupante » en 1980. Non seulement cette population est limitée à un seul bassin versant où sa survie peut être compromise par un événement catastrophique, mais plus de 22 p. 100 de son habitat actuel risque de disparaître si le projet de construction d’un barrage aux chutes Cascade se réalise.

Des données morphologiques et méristiques présentées dans le rapport montrent des différences entre la population canadienne de R. osculus (figure 1) et les populations des États-Unis (absence de barbillons, forme de la nageoire caudale [Peden et Hughes, 1988] et nombre d’écailles plus élevé). Selon Dr J. D. McPhail (communication personnelle), des données inédites sur les affluents de la rivière Kettle montrent une convergence allélique qui le rapproche du R. umatilla; cependant, ces résultats reflètent probablement l’origine du R. umatilla, qui résulterait de l’hybridation du R. osculus et du R. falcatus au Pléistocène. Le R. osculus est une unité évolutionnaire significative (UES) dont la sympatrie permet de conclure à la spéciation biologique.

Bien que l’espèce soit largement distribuée dans sept États de l’Ouest américain, les populations canadiennes sont restreintes à un tronçon de 70 milles (112 km) de la rivière Kettle et de la rivière Granby, qui est un affluent du cours supérieur de la Kettle. Cette situation est préoccupante parce que toute catastrophe survenant en amont pourrait avoir des répercussions sur les populations vivant en aval. Le barrage que l’on a proposé de construire noierait 2,5 km d’habitat au-dessus des chutes Cascade (où vit une grande population d’adultes de R. osculus), soit plus de 22 p. 100 de l’habitat existant. Plus en amont, il y a également des habitats convenant à l’espèce, mais les densités des populations sont plus faibles que dans le secteur situé juste au-dessus des chutes Cascade.

En aval de la rivière Kettle, les populations les plus proches se trouvent à 80 km, aux États-Unis, où elles sont isolées du groupe canadien. La plus grande partie de la population de la rivière Kettle est isolée en amont des chutes Cascades, quelques individus étant entraînés dans les chutes et se retrouvant dans les bassins et les radiers situés plus bas. Les chutes Cascade constituent un obstacle qui isole les populations canadiennes de celles vivant aux États-Unis. Pour permettre aux populations canadiennes de R. osculus de survivre sous leur forme présente et avec leur patrimoine génétique actuel, on doit empêcher toute introduction d’espèces non indigènes (notamment d’autres Rhinichthys sp.).


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RÉSUMÉ TECHNIQUE

Rhinichthys osculus
Naseux moucheté                       
Répartition canadienne Colombie-Britannique


Information sur la répartition
·        Zone d’occurrence (km2) 1,12  km2
• 1,12 km2 (environ 112 km linéaires, largeur moyenne de 10 m, plus 40 km d’habitat en territoire américain contigu aux habitats canadiens). 
·        Zone d’occupation (km2)0,02 à 0,05 km2
·0,02 à 0,05 km2 (juvéniles et adultes, on suppose que les alevins ont une répartition plus régulière). Les données sur l’occurrence et l’occupation ont été recueillies en été; la superficie de l’habitat s’accroît (de 3 à 400 p. 100) pendant la crue printanière. 
·        Tendance de l’habitat En déclin.
Information sur la population (Estimations sans relevé quantitatif des populations).
·           Nombre total d’individus dans la population canadienneDe 10 000 à 20 000, sans compter les jeunes de l’année.
·        Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada2000 ou plus (?)
·        Durée d’une génération2 ou 3 ans
·        Tendance de la populationEn déclin
·        Taux de déclin de la populationEstimé à au moins
10 p. 100 par an
·        Nombre de sous-populations0
·        La population totale canadienne est-elle fragmentée?Non
·        Nombre d’emplacements existants21 sites connus ou plus dans 3 localités
·        Nombre d’emplacements historiques d’où l’espèce a disparu1 (le site le plus productif, au-dessus des chutes Cascade; zone inondée, puis rétablie; actuellement, projet de construction d’un nouveau barrage)
·        L’espèce subit-elle des fluctuations?Inconnu
Menaces
Tout événement survenant en amont et ayant des répercussions sur les habitats en aval (passage de pipeline). La construction du barrage aurait des répercussions sur la plus grande population, qui vit au-dessus des chutes Cascade. L’exploitation urbaine et industrielle contribue également à la perte de l’habitat et à la détérioration de sa qualité.


Potentiel de sauvetage
·        L’espèce existe-t-elle à l’extérieur du Canada?Oui
·        Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?Non (sauf dans la partie américaine en amont de Grand Forks)
·        Des individus immigrants de la population étrangère la plus proche seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?Oui, mais les populations des États-Unis ne sont pas génétiquement identiques à celles du Canada.
·        Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individuts immigrants?Habitat très limité
Statut
·        Classification de l’organisme Nature ConservancyÉchelle mondiale  : G5

·        États-Unis  :

·        échelle nationale  : N5, PS en vertu de la Endangered Species Act (aux États-Unis, plusieurs sous-espèces sont menacées ou en voie de disparition)

·        échelle régionale : AZ - S3S4, CA - S5, CO - S5, ID - S5, NN - S5, NV - S5, NM - S3, OR - S4, UT - S5, WA - S4

·        Canada :

·        échelle nationale : N1N2;

·        échelle régionale : C.-B. S1S2 (liste provinciale, rouge)

·        COSEPAC : V (P) 1980
Recommandations du sce

·        Statut recommandé :

·        En voie de disparition B1+2ab(iii). Le naseux moucheté a une répartition et une zone d’occupation très limitées en Colombie-Britannique, où sa présence a été relevée dans trois localités seulement. On observe un déclin continu de la superficie, de l’étendue et de la qualité de son habitat, ce qui est dû à la construction d’un barrage et à la formation d’un réservoir.

·        Raisons de la désignation recommandée :

·        Au Canada, le naseux moucheté a une aire de répartition très restreinte où l’on observe une détérioration de la qualité de l’eau due à l’exploitation urbaine et industrielle; si le barrage proposé est construit, il se produira également une diminution de l’habitat de prédilection et une fragmentation de celui-ci. Une population a également disparu localement à la suite de la formation d’un réservoir.


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REMERCIEMENTS

Nous remercions en premier lieu le Dr J. D. McPhail, de la University of British-Columbia qui nous a permis d’accéder aux collections de son université et qui nous a fait profiter de ses amples connaissances sur les Rhinichthys. Dans toute la Colombie-Britannique, de nombreux employés du B.C. Ministry of Environment nous ont permis d’obtenir des permis de collecte, de consulter des sources d’information et de profiter d’un soutien logistique. Le personnel du Royal B.C. Museum nous a appuyés pendant plusieurs étapes de nos recherches sur le Rhinichthys, notamment Tim Cleremont, Grant Hughes, Gordon Green, Brent Cooke, Kelly Sendall, Stan Orchard et de nombreux étudiants engagés pour l’été. Plusieurs conservateurs des musées américains et canadiens nous ont donné accès à leurs collections (et nous avons surtout reçu les encouragements du regretté Dr D. E. McAllister). Le Dr R. L. Wallace (University of Idaho) nous a fait profiter de ses connaissances sur le naseux moucheté en Idaho. Le Dr T. Pietsch (University of Washington), D. Markle (Oregon State University) et B. Eschmeyer (California Academy of Sciences) nous ont transmis des imprimés sur les spécimens américains et les dossiers de collecte du naseux moucheté. Julie Pavey de Triton Environmental Consultants et le personnel d’International Resource Consultants nous ont transmis des renseignements ou des spécimens ou ont financé l’expédition sur le terrain dans la région du cours inférieur de la rivière Kettle. Les responsables des pêches des États de Washington et de l’Idaho ont délivré à l’auteur les permis grâce auxquels il a pu effectuer des comparaisons avec les populations de l’espèce Rhinichthys vivant aux États-Unis, dans les régions frontalières du Canada. La plus grande partie de ce travail se fonde sur des rapports initiaux ayant reçu le soutien du Royal B.C. Museum, Victoria, C.-B. (voir Peden, 1994ms). Financement fourni par le Fonds mondial pour la nature (Canada) et la Fédération canadienne de la faune. Soutien logistique fourni par le Royal BC Museum, Victoria (Colombie-Britannique)

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OUVRAGES CITÉS

B.C. Environmental Assessment Office, page Web, 6 janvier 2000; projet de création du Cascade Heritage Power Park :  http ://www.eao.gov.bc.ca/PROJECT/ENERGY/Cascade/draftspec/eao/specsreport1.htm#_Toc471817965

B.C. Environmental Assessment Office, page Web, 2001; The Southern Pipeline Crossing :

http ://www.eao.gov.bc.ca/PROJECT/ENERGY/Southern/applicat/sec7-5.htm

B.C. Fish Protection Act. Page Web. 2 mai 2001. http://www.env.gov.bc.ca/habitat/fish_protection_act/

B.C. Fisheries Data Warehouse. Page Web. 2001. http://www.bcfisheries.gov.bc.ca/fishinv/db/default.asp

B.C. Heritage Rivers System. 2001. Page Web (mise à jour le 23 avril 2001). http ://mypage.uniserve.ca/~kpearce/heritage/map.html

B.C. Ministry Review Comments. 1999. B.C. Ministry Review Comments : Cascade Heritage Power Park Application for August 6, 1999.

http ://www.eao.gov.bc.ca/project/energy/Cascade/stage1comm/prov/prov75htm

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Cannings, S., 1993. Rare freshwater fishes of British Columbia. B.C. Conservation Data Centre Data Report No. 1.

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Carlander, K. 1969. Handbook of Freshwater Fishery Biology. Volume one. Iowa State University Press, Ames (Iowa). 752 p.

Cascade Heritage Power Park Project, 2000. Cascade heritage Power Park Project, approval Certificate Application Quarterly Summary Report, septembre 2000. http ://www.eao.gov.bc..ca/project/energy/cascade/reports/septquarterlly/toc.htm#toc

Commentaires du MPO. 1999. DFO Comments : Cascade Heritage Power Park Application for August 6, 1999. http ://www.eao.gov.bc..ca/project/energy/cascade/stage1com/fed/fed77.htm.

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Peden, A. E. 1994ms. Updated Status Report on Canadian Populations of Speckled Dace, Rhinichthys osculus. Rapport inédit soumis au Comité sur les espèces menacées de disparition au Canada, Sous-comité des poissons et mammifères marins. 31 décembre 1994.

Peden, A.E. 1995ms. Status of mottled sculpin (Cottus bairdi) in Canada.(En préparation) Rapport inédit soumis au Comité sur les espèces menacées de disparition au Canada, Sous-comité des poissons et mammifères marins.

Peden, A.E., et T. Clermont. 1989ms. Updated report on status of shorthead sculpin (Cottus confusus) in Canada. Rapport inédit soumis au Comité sur les espèces menacées de disparition au Canada, Sous-comité des poissons et mammifères marins. 27 p. + 27 tableaux et 90 figures.

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Zar, J.H. 1974. Biostatistical Analysis. Prentice-Hall Incorporated, Englewood-Cliffs. N.J. 620 p.

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SOMMAIRE BIOGRAPHIQUE DU CONTRACTUEL

Alex E. Peden a obtenu sa maîtrise à la University of British Columbia en 1964 et son doctorat à la University of Texas à Austin en 1970. Après avoir occupé un poste de post-doctorat aux Musées nationaux du Canada, il a été nommé conservateur de biologie marine au British Columbia Provincial Museum en 1971. Il a participé à des travaux de collecte ichtyologique et d’halieutique dans le Sud-Est des États-Unis, au Mexique, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Alaska, dans la mer de Béring et dans les eaux voisines de la Colombie-Britannique. Il a eu le privilège peu enviable de décrire deux nouvelles espèces de poissons du Texas (Poeciilidae) qui ont ensuite disparu. Il a passé une grande partie de sa carrière à documenter la diversité des espèces de poissons de la côte Ouest du Canada et a été l’auteur de divers rapports de situation sur les espèces de poissons de cette région depuis 1980. Pendant cette période, il a documenté pour la première fois plus de 60 espèces de poissons marins vivant au large de la Colombie-Britannique. Avant cela, il a été l’auteur de rapports de situation du COSEPAC sur le naseux moucheté, le naseux d’Umatilla, le naseux léopard, le chabot à tête courte et le chabot tacheté.

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EXPERTS SUR LE NASEUX MOUCHETÉ AU CANADA

Dr J. D. McPhail
Département de zoologie
University of British Columbia
Vancouver (Colombie-Britannique)  V6T 1W5

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COLLECTIONS EXAMINÉES

Comme le présent document est la mise à jour d’un rapport de situation, les collections examinées ne sont pas énumérées comme elles le seraient dans un premier rapport de situation du COSEPAC. Les dossiers sur la répartition de l’espèce au Canada se fondent sur le matériel qui figure dans les collections du Royal B.C. Museum et qui a presque entièrement été recueilli par l’auteur. Les autres pièces ayant servi à la comparaison sont citées au tableau 2.Pour d’autres renseignements, voir Peden et Hughes (1988).

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