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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la Paruline hochequeue semble limitée surtout par les frontières de son aire de reproduction naturelle (probablement attribuables au climat), puis par les différences régionales de la disponibilité et de la qualité de l’habitat. Certains types de menaces sont plus apparents dans certaines régions que dans d’autres. C’est le cas de l’intensification de l’urbanisation, dont les effets sont plus visibles dans le corridor Hamilton-Toronto, et de la perte du couvert forestier, plus inquiétante dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario.

Diminution des ressources alimentaires

Tout ce qui touche l’approvisionnement d’insectes aquatiques dans l’habitat de la Paruline hochequeue a probablement un effet négatif sur les populations nicheuses. Le franchissement des ruisseaux par les véhicules tous terrains, qui devient un problème croissant dans la plaine sablonneuse de Norfolk, est sans doute la menace la plus importante en ce moment au Canada (Don Sutherland, comm. pers.; J. McCracken, observation personnelle). Cette activité entraîne un accroissement de l’envasement qui peut avoir un effet négatif sur l’approvisionnement de nourriture.

On attribue également la baisse de la population locale à l’exploitation forestière, laquelle, entre autres choses, rétrécit les forêts et permet à la lumière du soleil de pénétrer les ruisseaux, ce qui peut élever la température de l’eau et perturber la vie aquatique (Eaton, 1988). De la même manière, l’espèce est également absente des ruisseaux où la qualité de l’eau a été compromise par des activités agricoles ou urbaines (Prosser et Brooks, 1998).

Dans certaines régions, l’acidification des ruisseaux peut avoir d’importantes répercussions sur l’approvisionnement en nourriture (Mulvihill, 1999 dans Mulvihill et al., 2002). Selon Robert Mulvihill, les rejets acides provenant des nombreuses mines de charbon abandonnées et les pluies acides causées par la pollution atmosphérique constituent une grave menace à l’intégrité écologique des habitats de ruisseaux préférés par la Paruline hochequeue en Pennsylvanie et dans toute la région des Appalaches. Les apports acides ont modifié la chimie de milliers de petits ruisseaux d’eau d’amont dans cette région, entraînant souvent des conséquences dévastatrices pour la vie aquatique (The Louisiana Waterthrush and our Mountain Streams, disponible en anglais seulement). Il n’y a pas de mines de charbon en Ontario, mais une réduction des effectifs régionaux de Parulines hochequeue dans les États adjacents aurait des conséquences négatives sur la population canadienne en diminuant l’immigration. De plus, la pollution acide reste une source d’inquiétude dans le sud-est du Canada, les dépôts demeurant élevés dans le bassin des Grands Lacs (Environnement Canada, 2004).

Approvisionnement d’eau

Dans le sud-ouest de l’Ontario, l’habitat de forêt marécageuse continue de subir d’intenses pressions en raison du drainage agricole auquel le soumettent les drains municipaux. De plus, la réduction du flux des ruisseaux à des fins d’irrigation, surtout en période de sécheresse, a sans doute des conséquences négatives pour la Paruline hochequeue dans la plaine sablonneuse de Norfolk (D. Sutherland, comm. pers.; J. McCracken, observation personnelle).

On a déjà constaté les effets néfastes de l’inondation et de la sécheresse sur cette espèce (Kendeigh, 1945; Eaton, 1958). La Paruline hochequeue est probablement sensible aux changements climatiques, surtout à la périphérie septentrionale de son aire de répartition. La plupart des scénarios de changements climatiques dans le bassin des Grands Lacs prédisent une réduction des précipitations, une augmentation de l’évaporation des eaux de surface et une baisse de l’approvisionnement d’eau souterraine (voir par exemple Smith et al., 1998; Environnement Canada, 2001). Comme cette espèce dépend énormément de la disponibilité de l’eau, il apparaît probable que l’approvisionnement d’eau plus faible prévu par les modèles de changements climatiques annulera toute expansion de l’aire de répartition vers le nord, que pourrait éventuellement entraîner le réchauffement des températures.

Effets de l’exploitation forestière et de la perte des habitats de peuplements vieux

Même si on n’a pas établi directement l’incidence de l’exploitation forestière sur la Paruline hochequeue, elle est probablement négative, compte tenu de la préférence de cette espèce pour les couverts forestiers mûrs offrant beaucoup d’ombre (voir par exemple Noon et al., 1979; Buffington et al., 1997). L’exploitation forestière peut également causer une augmentation de l’envasement des ruisseaux et des températures de l’eau (Environnement Canada, 2001), deux facteurs ayant probablement des conséquences négatives sur l’approvisionnement en vivres de cette espèce.

Parasitisme et prédateurs des nids

Comme il est mentionné précédemment, une incidence relativement élevée de parasitisme par le vacher pourrait miner l’efficacité de la reproduction de cette paruline et être une source d’inquiétude. Même si les effectifs de vachers dans la majeure partie du nord-est de l’Amérique du Nord ont subi une baisse marquée au cours des dernières décennies (Sauer et al., 2005), on peut s’attendre à un accroissement du parasitisme par le vacher et du nombre de petits mammifères prédateurs de nids dans les régions de l’Ontario qui connaissent une intensification de l’urbanisation, de l’empiètement industriel, de l’exploitation rurale et de fragmentation des forêts.