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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla) au Canada - Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Paruline hochequeue
Seiurus motacilla
au Canada

Paruline hochequeue (Seiurus motacilla)

Espèce préoccupante 2006

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 30 p.

Rapports précédents

Page, A.M. 1996. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla)au Canada – Mise à jour. 24 p.

McCracken, J.D. 1991. Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 26 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Jon D. McCracken qui a rédigé la mise à jour du rapport de situation sur la Paruline hochequeue (Seiurus motacilla) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Marty Leonard, coprésident du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Louisiana Waterthrush (Seiurus motacilla) in Canada.

Illustration de la couverture

Paruline hochequeue – Courtoisie de Peter Burke.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2006
de catalogue CW69-14/17-2006F-PDF
ISBN 0-662-71776-7

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 2006

Nom commun: Paruline hochequeue

Nom scientifique: Seiurus motacilla

Statut: Espèce préoccupante

Justification de la désignation: Cette paruline se reproduit le long de cours d'eau clairs, froids et ombragés dans le sud de l'Ontario et possiblement dans le sud-ouest du Québec. La population canadienne est petite, probablement moins de 200 couples, mais est demeurée stable depuis les deux dernières décennies et il y existe probablement une immigration en provenance des populations des États-Unis. La dégradation de l'habitat, particulièrement par les véhicules tout-terrains, peut représenter une menace à certains sites.

Répartition: Ontario, Québec

Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 1991. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996 et en avril 2006. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Paruline hochequeue
Seiurus motacilla

Information sur l’espèce

La Paruline hochequeue, Seiurus motacilla, est une espèce de Parulidés d’assez grande taille, de couleur terne, semblable à la grive. L’apparence extérieure des deux sexes est similaire. Les parties supérieures sont brun olive. Les parties inférieures sont couleur crème et présentent des traits foncés sur la poitrine et les flancs, qui s’estompent aux tectrices de la queue. Une large rayure sourcilière blanche va jusqu’à la nuque. Les pattes sont roses, et le bec est plutôt long et puissant pour une paruline.

Répartition

Au Canada, la Paruline hochequeue ne se reproduit que dans le sud de l’Ontario, principalement dans la région de la plaine sablonneuse de Norfolk, qui borde la côte nord du lac Erie. De plus petites populations sont concentrées au sud de l’escarpement du Niagara et dans la région de Kingston. Il se peut que cette paruline se reproduise sporadiquement dans le sud-ouest du Québec, mais cela n’a jamais été confirmé. Le gros de sa population nicheuse mondiale (> 99 p. 100) se trouve dans l’est des États-Unis. Bien que mal connu, son aire d’hivernage englobe la majeure partie du Mexique, les Caraïbes, l’Amérique centrale et l’extrême nord-ouest de l’Amérique du Sud.

Habitat

La Paruline hochequeue occupe un habitat spécialisé, affichant une préférence marquée pour la nidification et l’hivernage le long des ruisseaux d’amont à l’eau cristalline et des terres humides que l’on retrouve dans de grandes parcelles de forêts matures. Cette paruline préfère généralement les tabliers d’éboulis profonds et les cours d’eau. Même si elle a une préférence pour l’eau courante (surtout les cours d’eau claire et froide), elle habite parfois les marécages densément boisés de feuillus comprenant de grandes zones d’eau libre. Elle est considérée comme un oiseau forestier sensible à la superficie de son habitat et affiche une préférence pour les forêts de peuplements vieux.

Biologie

La Paruline hochequeue fait partie des migrateurs néotropicaux longue distance qui retournent les premiers au Canada au printemps, généralement vers la mi-avril. Cette espèce est fidèle à ses sites de reproduction et d’hivernage et y retourne chaque année. La femelle pond de quatre à six œufs. L’incubation dure de 12 à 14 jours, assurée par la femelle seule. Les deux parents nourrissent les oisillons, qui restent dans le nid environ 10 jours. L’espèce produit une seule couvée.

La Paruline hochequeue se nourrit principalement d’insectes aquatiques et aériens et parfois de mollusques, de poissons, de crustacés et d’amphibiens de petite taille.

Taille et tendances des populations

Selon les estimations, la taille de la population nicheuse canadienne oscillerait entre 105 et 195 couples. Bien que l’espèce ait subi un déclin dans certaines parties de son aire de reproduction canadienne (en raison de la perte et de la dégradation de l’habitat historique), les effectifs globaux sont relativement stables au Canada et dans la majeure partie des États-Unis depuis 20 ans.

Facteurs limitatifs et menaces

La Paruline hochequeue a des besoins restreints et spécialisés en matière d’habitat, tant dans ses aires de reproduction et que dans ses aires d’hivernage. Sa population est donc sensible aux changements de qualité et de quantité de l’habitat. On a relevé les menaces suivantes : i) diminution de l’approvisionnement de nourriture (insectes) en raison de facteurs augmentant la turbidité des cours d’eau (comme les véhicules tous-terrains), la température de l’eau (entre autres à cause de l’exploitation forestière) et la contamination de l’eau (notamment par les pluies acides); ii) la diminution de l’approvisionnement d’eau ou du niveau de la nappe phréatique en raison du drainage agricole, de l’irrigation excessive pendant les années de sécheresse et des changements climatiques; iii) l’exploitation forestière entraînant la perte des forêts de peuplements vieux; iv) l’accroissement du nombre de parasites et de prédateurs des nids lié à l’empiètement urbain, industriel et rural et à la fragmentation de l’habitat connexe.

Importance de l’espèce

Tant dans son aire de reproduction et que dans son aire d’hivernage, la Paruline hochequeue est probablement un excellent bio-indicateur de la santé des cours d’eau d’amont à pente moyenne.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Hormis la protection que lui accorde la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, aucune législation particulière ne protège la Paruline hochequeue dans quelque province ou État que ce soit, ni dans ses aires d’hivernage. Le gouvernement de l’Ontario a adopté une série de politiques législatives pour protéger, dans une certaine mesure, l’habitat de reproduction spécialisé de cette paruline. De plus, les habitats de cours d’eau et de vallées escarpées fournissent une certaine protection naturelle, puisque l’exploitation forestière, agricole ou autre y est difficile.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2006)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l'espèce

Name and classification

Nom scientifique :

Seiurus motacilla

Nom français :

Paruline hochequeue

Nom anglais :

Louisiana Waterthrush

On ne reconnaît aucune sous-espèce ni race, bien que les oiseaux de l’est tendent à être légèrement plus gros que ceux de l’ouest (Eaton, 1958).

Description morphologique

La Paruline hochequeue est une espèce de Parulidés d’assez grande taille, de couleur terne, semblable à la grive. L’apparence extérieure des deux sexes est similaire. Les parties supérieures sont brun olive. Les parties inférieures sont couleur crème et présentent des traits foncés sur la poitrine et les flancs, qui s’estompent aux tectrices de la queue. Une large rayure sourcilière blanche va jusqu’à la nuque. Les pattes sont roses, et le bec est plutôt long et puissant pour une paruline (voir Curson et al., 1994).

On confond facilement cette espèce avec la Paruline des ruisseaux (Seiurus noveboracensis; Curson et al., 1994), qui est plus commune et répandue au Canada. La plus grande différence de plumage entre les deux espèces est que le sourcil de la Paruline des ruisseaux est couleur crème ou jaunâtre et relativement mince, s’effilant derrière l’œil. La Paruline des ruisseaux arbore également des taches brunes foncées sur les tectrices de sa queue, qui sont moins évidentes chez la Paruline hochequeue (bien que cette différence soit difficile à déceler, à moins qu’on ne puisse observer l’oiseau dans sa main). On distingue mieux les deux espèces sur le terrain à leur chant et à leurs préférences en matière d’habitat. Le chant de la Paruline hochequeue est précédé par une courte série de notes sifflantes, claires et perçantes, suivies d’un méli-mélo confus de phrases courtes. Bien que les deux espèces puissent parfois occuper des forêts marécageuses chevauchant leurs aires de reproduction, la Paruline hochequeue est plus susceptible de se retrouver le long des cours d’eau froide pendant la période de reproduction que la Paruline des ruisseaux.

Description génétique

Il n’y aucune donnée à ce sujet.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Reproduction

La Paruline hochequeue ne se reproduit qu’en Amérique du Nord, depuis l’est du Nebraska, le centre-nord de l’Iowa, le centre-est et le sud-est du Minnesota, le centre du Wisconsin, le sud du Michigan, le sud de l’Ontario, le centre de l’État de New York, le centre du Vermont, le centre du New Hampshire et le sud du Maine, jusqu’à l’est du Kansas, l’est de l’Oklahoma, l’est du Texas, le centre de la Louisiane, le sud du Mississippi, le sud de l’Alabama, le nord de la Floride, le centre et le sud-ouest de la Georgie, le centre de la Caroline du Sud et le centre et le nord-est de la Caroline du Nord. Le gros de sa population nicheuse mondiale (> 99 p. 100) se situe dans l’est des États-Unis (American Ornithologists' Union, 1998; figure 1).

Hivernage

On connaît mal l’aire d’hivernage de la Paruline hochequeue en raison de la difficulté à détecter les oiseaux qui hivernent et de la confusion avec la très semblable Paruline des ruisseaux (Bent, 1963). On sait qu’elle hiverne depuis le Mexique (Sonora, Nuevo Leon, Tamaulipas), le sud de la Floride, les Bahamas et les Bermudes jusqu’en Amérique centrale (des deux côtés, bien que plus souvent du côté du golfe des Caraïbes) et dans les Antilles (au sud jusqu’à Saint-Vincent, dans les Petites Antilles, et Trinidad, bien qu’on la retrouve rarement à l’est de Puerto Rico) et rarement dans le nord-est de la Colombie et le nord-ouest du Venezuela (Schwartz, 1964; Gochfeld, 1979; American Ornithologists' Union, 1998; figure 1).  

Figure 1. Répartition relative à la reproduction et à l’hivernage de la Paruline hochequeue (de Ridgely et al., 2003).

Figure 1. Répartition relative à la reproduction et à l’hivernage de la Paruline hochequeue (de Ridgely et al., 2003).

Aire de répartition canadienne

Reproduction

Au Canada, la Paruline hochequeue se reproduit localement dans le sud de l’Ontario (Godfrey, 1986; Page, 1996), où elle est considérée comme un résident estival rare (Speirs, 1985; Eagles, 1987; James, 1991). L’espèce peut aussi se reproduire dans le sud du Québec, bien que cela n’ait pas été confirmé (Savignac, 2005).  

Les relevés détaillés effectués pour le premier Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (1981-1985) ont permis de réunir des preuves de reproduction dans plus de sites que ce qu’on pensait auparavant, entre autres dans la vallée de la rivière Bayfield, le long du lac Huron, et dans les ravins de la région de l’escarpement du Niagara dans le comté de Grey (Eagles, 1987). Beaucoup d’autres sites de reproduction ont été découverts après l’atlas, surtout à la suite de relevés régionaux détaillés menés dans les aires naturelles de l’ancienne municipalité régionale d’Haldimand-Norfolk (McCracken, 1987; Graham, 1988) et du comté d’Elgin (Naturalists of Elgin County, 2004).

L’aire de répartition actuelle de la Paruline hochequeue en Ontario (figure 2) est liée à la répartition de l’habitat propice (surtout les ruisseaux de vallées boisées à pente abrupte) dans les limites du climat. Elle niche principalement dans la zone de forêt carolinienne et la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent au sud du Bouclier canadien. En Ontario, on la retrouve généralement dans des zones de moins de 300 m d’altitude et dans les régions au-dessus de l’isotherme annuel moyen de 6 °C (McCracken, 1991).

McCracken (1991) et Page (1996) ont tous deux fourni des descriptions régionales de son occurrence dans l’aire reproduction en Ontario, et il y a eu peu de changements depuis. En raison du grand nombre d’habitats propices (surtout des ravins profonds), le centre d’abondance de la Paruline hochequeue demeure dans la plaine sablonneuse de Norfolk (à l’est du comté d’Elgin, au sud du comté d’Oxford et au sud des comtés de Middlesex et de Norfolk). On la retrouve également localement le long de certaines parties de l’escarpement du Niagara à Niagara, Hamilton-Wentworth, Halton, Dufferin, Simcoe et Grey; le long de la moraine d’Oak Ridges à Durham et Northumberland; dans la région des lacs Rideau au nord de Kingston; et dans d’autres localités longeant la vallée de la rivière Grand à Brant et Waterloo et dans la vallée de la rivière Ausable dans le comté de Lambton. Certaines parties de l’escarpement du Niagara et de la moraine d’Oak Ridges sont généralement inaccessibles, et il est probable qu’il existe dans ces zones d’autres habitats convenables mais encore inexplorés.

La Paruline hochequeue est probablement aussi une espèce nicheuse rare et sporadique dans le sud-ouest du Québec, où une série d’occurrences pendant la période de reproduction (p. ex. des mâles chantant) dans un habitat propice (surtout dans la région des collines de Gatineau) suggère la présence d’une population nicheuse isolée (voir David, 1980; idem, 1996; Gosselin et David, 1981; idem, 1982; Yank et Aubry, 1984; Godfrey, 1986; St-Hilaire et Dauphin, 1996, Savignac, 2005; voir Liste des oiseaux observés au Québec) pour obtenir une liste sommaire des enregistrements.

Non-reproduction

Située à la limite nordique de son aire de répartition au Canada, la Paruline hochequeue est par nécessité rare en migration. Même à Pointe-Pelée et à Long Point, où elle est un migrateur printanier habituel, elle est considérée comme une espèce peu commune (McCracken, 1991).

Elle est considérée comme un « nomade rare » en Nouvelle-Écosse (Tufts, 1986). Au moins une douzaine d’enregistrements ont été faits en Nouvelle-Écosse, tous dans les îles de Sable et Seal (McLaren, 1981a; Godfrey, 1986; Tufts, 1986). Contrairement au Québec, le gros des enregistrements faits en Nouvelle-Écosse l’ont été à partir de l’automne, ce qui s’inscrit dans un modèle bien établi de nomadisme automnal du sud-ouest au nord-est chez les espèces de passereaux migrateurs de la Nouvelle-Écosse (McLaren, 1981b).

D’après le polygone délimitant l’aire de répartition et formé par les sites où l’on a observé cette paruline pendant les relevés effectués pour le deuxième Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (2001-2004), la zone d’occurrence de la Paruline hochequeue est d’environ 35 500 km². Dans cette aire de répartition, la zone d’occupation varie de 2,1 km² à 3,9 km². Cette estimation est fondée sur les évaluations actuelles de la population, qui oscillent entre 105 et 195 couples reproducteurs, chacun occupant un territoire de deux hectares au plus.

Figure 2. Répartition de la reproduction de la Paruline hochequeue en Ontario (2001-2004).

Figure 2. Répartition de la reproduction de la Paruline hochequeue en Ontario (2001‑2004).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

La Paruline hochequeue niche entre les racines exposées, dans les crevasses des ruisseaux et sur ou sous des billots couverts de mousse (Walkinshaw, 1957; Robinson, 1995; Prosser et Brooks, 1998). Les nids sont généralement bien cachés par les racines et la végétation suspendue et à 0,5 m à 4 m au-dessus de la surface de l’eau (Eaton, 1958; Bull, 1974).

La Paruline hochequeue occupe un habitat spécialisé, affichant une préférence marquée pour la nidification et l’hivernage le long des cours d’eau d’amont cristalline et des terres humides associées que l’on retrouve dans de grandes parcelles de forêts matures (Walkinshaw, 1957; Buffington et al., 1997; Prosser et Brooks, 1998). Dans ces habitats, les forêts mixtes de feuillus, surtout celles qui présentent une forte composante de pruches, semblent avoir la préférence de cette paruline. Les tabliers d’éboulis profonds, en particulier ceux qui font face au sud, et les cours de ruisseau sont en général préférés (Eaton, 1958). Même si elle a une préférence pour l’eau courante (surtout les cours d’eau claire et froide), elle habite parfois les marécages densément boisés appréciés de la Paruline des ruisseaux (voir par exemple Craig, 1984, 1985).

Dans l’État de New York, la nidification est généralement limitée aux zones de moins de 600 m d’altitude (Bull, 1974). Au Connecticut, les habitats de cours d’eau sont dominés par des forêts mixtes de feuillus et de conifères et de feuillus d’âge mûr (Craig, 1985). La densité des arbres et la surface terrière s’établissent en moyenne à 666 arbres/ha et 253 m²/ha, respectivement. En Ontario, le couvert forestier est généralement à un stade avancé et présente souvent une composante érables – pruches (Oiseaux en péril de l’Ontario, données inédites).

Robbins (1979) considère la Paruline hochequeue comme une espèce « sensible à la superficie de son habitat », ce qui veut dire qu’elle a besoin de grandes parcelles de forêt ininterrompue. Selon des études menées dans le Maryland, il a estimé que le couvert forestier contigu minimal requis pour soutenir une population nicheuse viable de Parulines hochequeue était d’environ 100 ha. Freemark et Collins (1992) considèrent également la Paruline hochequeue comme une espèce sensible à la superficie de son habitat, sans toutefois préciser de superficie minimale de forêt, en notant que les besoins sont étroitement liés à la tendance régionale du couvert forestier. Lorsqu’elle occupe les territoires linéaires le long des ruisseaux forestiers, on ne possède aucune donnée sur la nécessité d’une zone minimale de tampon forestier sur le plateau adjacent, mais l’espèce semble sensible à la fragmentation de la forêt (Prosser et Brooks, 1998).

Pendant la migration, la Paruline hochequeue occupe des habitats semblables à ceux que l’on retrouve dans son aire de reproduction, ainsi qu’une variété d’habitats non typiques où il y a de l’eau (Walkinshaw, 1957; Robinson, 1995).

L’hiver, elle préfère les forêts claires ripicoles des zones onduleuses et subalpines (American Ornithologists' Union, 1998; Robinson, 1995). On l’aperçoit rarement dans les terres basses humides et les mangroves, qui sont davantage appréciées  de la Paruline des ruisseaux (Lack et Lack, 1972; Robinson, 1995).

Tendances en matière d’habitat

La plupart des terres humides et des forêts historiques du sud-ouest de l’Ontario ont disparu, sont très fragmentées ou ont été drainées à des fins agricoles (voir Snell, 1987; Page, 1996). Il reste très peu de grandes parcelles intactes de forêt marécageuse de feuillus dans cette région. L’habitat de nidification de la Paruline hochequeue dans les ravins forestiers a également diminué, mais de façon beaucoup moins marquée. Quoi qu’il en soit, la qualité de l’habitat de nidification principal dans les ravins forestiers s’est assurément dégradée de manière importante dans certaines régions (notamment les États américains adjacents) en raison de la fragmentation de la forêt, de l’exploitation forestière, de la pollution des cours d’eau et de l’envasement.

Malgré la diminution considérable de l’étendue de l’habitat de forêt marécageuse dans le sud-ouest de l’Ontario, il reste des habitats propices le long des cours d’eau, dont une grande partie n’est soit pas occupée par la Paruline hochequeue, soit occupée par intermittence. Le fait qu’elle n’occupe tout l’habitat disponible s’explique probablement par la situation de l’espèce, qui se trouve à la limite nordique de son aire de reproduction au Canada (et dans les États adjacents), où la population est relativement petite et clairsemée.

Protection et propriété

L’habitat de reproduction au Canada se trouve principalement sur des terres privées. On ne sait pas quelle proportion de l’habitat de nidification est située dans des zones officiellement protégées (parcs, réserves naturelles, terres protégées), mais elle ne dépasse probablement pas 20 p. 100. Sur les terres domaniales, la Paruline hochequeue se reproduisait autrefois dans le parc national de la Pointe-Pelée (Kelley, 1978), mais elle ne semble plus le faire depuis 1968-1969 (Vicki McKay, comm. pers.). Sur les terres des Premières nations, on a trouvé des signes de reproduction dans la réserve des Six Nations du comté de Brant (Chamberlain et al., 1985) et la Première nation de l’île Walpole (Eagles, 1987), mais la preuve est assez faible. Il y a de nombreuses occurrences de reproduction dans les parcs provinciaux et les réserves naturelles en Ontario (p. ex. Wheatley, Rondeau, Komoka, Short Hills, Pretty River Valley, Frontenac, Turkey Point, forêt St.Williams et la réserve naturelle provinciale de Peter’s Woods).

Une partie de l’habitat se trouve dans des « régions écologiquement sensibles » ou des « zones d’intérêt naturel et scientifique », qui bénéficient de divers niveaux de protection dans le cadre de la planification régionale des terres fragiles. En outre, la majeure partie de l’habitat type occupé par cette espèce (ravins et plaines d’inondation) peut être zonée « terrain exposé » et fait ainsi l’objet de certaines mesures de protection contre l’exploitation. Les ministères de l’Environnement et des Ressources naturelles ont également mis en place des lois provinciales qui protègent les habitats de ruisseaux.

De plus, les ravins à pente abrupte assurent une certaine protection naturelle à cet habitat, en rendant difficile son exploitation commerciale, forestière ou agricole.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

La Paruline hochequeue mâle chante à profusion à son arrivée sur son territoire de reproduction en avril et au début de mai. La fréquence du chant baisse cependant lorsque la nidification débute, avant de reprendre à un faible niveau après l’éclosion (Eaton, 1958; Bent, 1963; Robinson, 1995).

La Paruline hochequeue défend agressivement son territoire contre ses conspécifiques (Craig, 1984), et elle est strictement un nicheur solitaire. En Ontario, les territoires sont rarement, sinon jamais, contigus les uns aux autres (Don Sutherland, comm. pers.).

Lorsque l’espèce fréquente les habitats de forêt marécageuse en Ontario, la taille des territoires est estimée à environ 2 ha (J. McCracken, observation personnelle). Le long des ruisseaux, les territoires de reproduction sont linéaires (Eaton, 1958; Robinson, 1995). Eaton (1958) a estimé que chaque couple de Parulines hochequeue occupait environ 400 m de ruisseau. En supposant que les adultes défendent des territoires linéaires d’environ 50 m de largeur, les territoires le long des cours d’eau s’étendent sur environ 2 ha. Les territoires étaient beaucoup plus petits dans une étude menée au Connecticut, atteignant en moyenne à 0,67 ha (Craig, 1984).

L’accouplement est généralement monogame (Mulvihill et al., 2002). On a déterminé que la nidification en Ontario s’étendait du 1er juin au 8 juillet (Peck et James, 1998), mais cette estimation n’est fondée que sur cinq nids. Dans l’État de New York, Andrle et Carroll (1988) ont signalé des œufs du 25 avril au 1er juin. De façon plus réaliste, on établira donc que la période de nidification en Ontario va du 1er mai au 15 juillet (tentatives de renidification comprises). Les deux sexes participent à la construction du nid (Eaton, 1958; Robinson, 1995). L’incubation dure de 12 à 14 jours, assurée par la femelle seule. Les deux parents nourrissent les oisillons, qui restent dans le nid une dizaine de jours (Bent, 1963; Robinson, 1995).

La femelle pond entre quatre et six œufs (Bent, 1963). La Paruline hochequeue ne produit qu’une couvée dans toute son aire de répartition, mais les deuxièmes (et même les troisièmes) couvées sont courantes si la première est détruite en début de saison (Eaton, 1958; Robinson, 1995; Mulvihill et al., 2002). Il y a peu de données disponibles sur le succès de nidification; Eaton (1958) a fait état d’un taux d’envol de 70 p. 100 des œufs dans son étude menée dans l’État de New York, et Robinson (1995) a signalé un succès d’envol de 2,8 petits par nid, ce qui tient compte des nids parasités par le Vacher à tête brune (Molothrus ater).

La Paruline hochequeue arrive à maturité à un an et, à l’instar de la plupart des petits oiseaux, a une espérance de vie généralement courte. On ne possède aucune donnée sur la survie de cette espèce, mais le taux de survie annuel moyen des parulines nord-américaines est d’environ 60 p. 100 (Roberts, 1971). Le record de longévité de la Paruline hochequeue est d’environ huit ans (Klimkiewicz et al., 1983).

On ne possède aucune donnée sur la structure d’âge de la population. Le taux de reproduction et de recrutement dans la population adulte semble suffire à compenser le taux de mortalité (Campbell, 2001).

Parasitisme et prédateurs

Les nids de la Paruline hochequeue sont souvent parasités par le Vacher à tête brune (Eaton, 1958; Bent, 1963; Terres, 1980; Peck et James, 1998). À titre d’exemple, 56 p. 100, 54 p. 100 et 18 p. 100 des nids ont été parasités dans l’État de New York (Eaton, 1958), dans l’Illinois (Robinson, 1995) et en Ontario (Peck et James, 1998), respectivement.

On sait peu de chose sur les prédateurs. Les adultes sont certainement les proies des petits rapaces, et les œufs et les poussins celles des serpents, des petits mammifères et des geais (Robinson, 1995).

Physiologie

On ne possède aucune donnée sur la nutrition, l’énergétique, le métabolisme ou la régulation de température de cette espèce (Robinson, 1995).

Déplacements et dispersion

La Paruline hochequeue est un migrateur longue distance qui arrive généralement dans le sud de l’Ontario bien avant la plupart des autres parulines. Elle arrive habituellement dans la province vers la fin d’avril et en repart au début de septembre (James, 1991). À la mi-août, la plupart des oiseaux ont migré vers le sud (Walkinshaw, 1957; Farrand, 1983).

Le seul individu à avoir été bagué au Canada et ensuite récupéré a été bagué à Long Point (Ontario) le 27 avril 1982, puis récupéré 11 jours plus tard, 206 km au sud-ouest, à Pointe-Pelée (Ontario). Il s’agissait peut-être d’un oiseau allé trop loin qui retournait au sud en une sorte de « migration inverse » (Brewer et al., 2000). Ces « dépassements » se produisent sans doute assez régulièrement chez les espèces dont les principales aires de reproduction sont dans le sud de l’Ontario.  

On ne reconnaît aucune zone de concentration importante de la Paruline hochequeue en migration au Canada ou ailleurs, et on croit que l’espèce migre en solitaire ou en très petites bandes (Robinson, 1995). Pendant la migration printanière, l’espèce se retrouve régulièrement en petit nombre le long de la côte nord du lac Erie (p. ex. Pointe-Pelée, Rondeau, Long Point).

Les jeunes qui commencent à voler restent le long de leur ruisseau natal environ un mois, puis s’éloignent graduellement (jusqu’à 5 km), sans surveillance des parents (Eaton, 1958). En supposant que les adultes et les oisillons qui ont pris leur envol occupent un corridor de 50 m de largeur le long des ruisseaux, on peut établir que chaque famille de parulines utilise jusqu’à 25 ha d’habitat pendant la période de reproduction.

La fidélité annuelle aux zones de reproduction est reconnue, mais on n’a que peu de documentation sur son aire (Robinson, 1995). Craig (1985) a indiqué que beaucoup d’adultes étaient retournés à leur zone de reproduction au cours des années suivantes dans son étude réalisée dans le Connecticut, alors que Kennard (1975) a signalé qu’un oiseau bagué en Pennsylvanie était retourné au même endroit trois ans plus tard. En Pennsylvanie, Mulvihill et al. (2002) ont indiqué que jusqu’à 50 p. 100 des femelles réoccupaient les mêmes territoires que l’année précédente, souvent avec le même partenaire.

On observe la même fidélité au site dans les aires d’hivernage, bien qu’on possède encore peu de données à ce sujet (Robinson, 1995). Une Paruline hochequeue sur deux est retournée au même endroit au Guatemala (Rogers et al., 1982), et une paruline baguée au Panama est retournée l’hiver suivant (Loftin, 1977). La Paruline des ruisseaux témoigne d’un fort attachement à son territoire d’hivernage (Schwartz, 1964; Rogers et al., 1982), et cela est probablement vrai de la Paruline hochequeue.

Les oiseaux qui hivernent semblent défendre activement les aires d’alimentation qui ne représentent qu’environ 25 p. 100 de la superficie des territoires de reproduction (Eaton 1953; Schwartz, 1964; Robinson, 1995), ce qui laisse à penser que l’espèce est relativement sédentaire pendant l’hiver.

Relations interspécifiques

Lorsqu’elle est sympatrique, la Paruline hochequeue ne semble pas interagir beaucoup avec la Paruline des ruisseaux, même quand les deux espèces occupent les mêmes habitats de reproduction et partagent des territoires qui se chevauchent (Craig, 1984; idem, 1985; Robinson, 1995). Cette absence d’agression interspécifique peut s’expliquer par les différences de régime alimentaire (Craig, 1987).

Alimentation

La Paruline hochequeue se nourrit principalement d’insectes aquatiques et aériens, et parfois de mollusques, de poissons, de crustacés et même d’amphibiens de petite taille (Eaton, 1958; Bent, 1963; Robinson, 1995). Le régime alimentaire de ces deux espèces de parulines est assez inusité pour des passereaux nord-américains.

L’alimentation aquatique est courante, en particulier au début de la période de reproduction. Les organismes submergés et flottants sont tous deux mangés (Eaton, 1958; Craig, 1984). On retrouve les types suivants d’organismes aquatiques dans le régime d’été de la Paruline hochequeue : isopodes, gastropodes, chrysalides d’Éphéméroptères, larves de Diptères (surtout les chironomes), Trichoptères, Culicidés et Dytiscidés (Eaton, 1958; Craig, 1984). On retrouve également des organismes terrestres comme les chilopodes, les chenilles, les Culicidés adultes, les lombrics et divers insectes aquatiques émergents (surtout les Plécoptères et les Éphéméroptères).

Bien que les deux espèces de parulines aient un régime alimentaire et une écologie de l’alimentation semblables (Craig, 1984; idem, 1985), la Paruline hochequeue choisit généralement de plus grosses proies que la Paruline des ruisseaux et a une préférence pour les larves de Trichoptères (Craig, 1987). Son choix de proies de plus grande taille peut s’expliquer par son bec plus grand (Craig, 1987). 

Adaptabilité

La Paruline hochequeue passe la majeure partie de son temps au sol ou à proximité, le long des ruisseaux et des flaques d’eau et même debout dans l’eau peu profonde (Bent, 1963; Robinson, 1995). Bien qu’elle puisse tolérer des niveaux modérés de perturbations humaines directes, la Paruline hochequeue a plusieurs spécialisations qui la rendent particulièrement sensible aux perturbations de l’habitat, y compris la déforestation, la perte du couvert forestier, les fluctuations des niveaux d’eau, la pollution de l’eau et l’envasement.

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

À cause de la relative inaccessibilité de son habitat riparien et de sa période de reproduction assez hâtive, la Paruline hochequeue n’est pas particulièrement bien recensée par le Relevé des oiseaux nicheurs, effectué en bordure de chemin (BBS; Robinson, 1995). Il faudrait réaliser des recherches spécialisées pour évaluer avec précision sa présence et la taille de ses effectifs. Les relevés de l’Atlas des oiseaux nicheurs et les inventaires de sites et de régions associés nous en disent davantage sur la répartition et les effectifs au Canada. Avant le premier atlas des oiseaux nicheurs en Ontario et au Québec au début des années 1980, on connaissait peu la répartition de cette paruline. Le deuxième atlas de l’Ontario, qui en est à sa cinquième année de recherche, fournit des renseignements plus détaillés sur les tendances au Canada. Les deux atlas de l’Ontario (1981-1985 et 2001-2005) ont demandé un temps de recherche comparable : environ 124 000 heures-personnes pour le premier atlas et quelque 142 000 pour le deuxième.

Un récent relevé a été effectué dans la région de l’Outaouais (Québec), où l’on a fait 14 observations de Parulines hochequeue depuis 1974. Dans le cadre de ce relevé, plusieurs visites ont été faites pendant la période de reproduction sur les quatre sites historiques et sur dix autres sites contenant apparemment un habitat de reproduction convenable (Savignac, 2005). Au cours de ces relevés, une seule Paruline hochequeue mâle qui chantait a été recensée dans l’un des sites historiques (sentier des chutes, parc de la Gatineau), mais on n’a observé aucun signe de reproduction (Savignac, 2005).

Abondance

La population continentale de Parulines hochequeue compterait quelque 130 000 couples (Rich et al., 2003). Toutefois, elle est plus commune et largement répartie dans l’est des États-Unis qu’au Canada. On estime qu’il y a tout au plus 195 couples au Canada (voir ci-dessous), ce qui représente moins de 1 p. 100 de la population totale.

À l’aide des donnés du premier Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, Eagles (1987) a estimé la population nicheuse de l’Ontario à entre 50 et 100 couples. Il a cependant admis que cette espèce était facilement négligée. En effet, des relevés plus approfondis réalisés dans les aires naturelles du comté d’Elgin et de la municipalité régionale d’Haldimand-Norfolk ont révélé de manière probante que les populations nicheuses situées dans ces régions étaient plus importantes qu’on ne le pensait (McCracken, 1987; idem, 1991; Graham, 1988; Naturalists of Elgin County, 2004).

Aux États-Unis, la densité de reproduction dans les habitats propices le long des ruisseaux varie entre un et deux couples par kilomètre de ruisseau (Eaton, 1958; Robinson, 1995). On retrouve des densités semblables dans certaines parties du sud-ouest de l’Ontario, particulièrement dans les comtés d’Elgin et de Norfolk (Dave Martin, comm. pers.; J. McCracken, observation personnelle). On estime que ces deux comtés réunis contiennent environ 200 km d’habitat convenable de ravins, qui pourrait théoriquement abriter de 100 à 200 couples de Parulines hochequeue. L’habitat de forêt marécageuse de conifères pourrait accueillir quelque 10 autres couples. Toutefois, comme l’espèce se rencontre par intermittence dans beaucoup de sites propices, alors qu’elle en néglige d’autres, il est plus probable que la région d’Elgin/Norfolk abrite environ 75 à 120 couples par année (tableau 1).  

La population totaliserait de 105 à 195 couples au Canada, selon le nombre d’occurrences connues, les commentaires des coordonnateurs régionaux de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, les relevés spéciaux et la quantité d’habitat propice qui est probablement occupé une année donnée (tableau 1).

Une autre estimation des effectifs en l’Ontario a été établie d’après les données de Partenaires d’envol – Canada (PIF) relatives à larégion de conservation des oiseaux (RCO) 13, qui comprend le sud de l’Ontario, le nord de l’Ohio, le nord-ouest de la Pennsylvanie et le nord de l’État de New York. On estime que la RCO 13 renferme 1,3 p. 100 de la population continentale (http://www.bsc-eoc/PIF/PIF_BCR13 PriorityBreedSpMay2004.pdf), ce qui correspond à 1 690 couples. Dans certaines parties de la RCO 13 en Ontario et dans les États adjacents, on a signalé la présence de la Paruline hochequeue dans environ 250 carrés d’atlas des oiseaux nicheurs. De ce nombre, 17,5 p. 100 se trouvaient en Ontario. D’après cette proportion de répartition, il y aurait 296 couples en Ontario (1 690 x 0,175), sans faire de révision à la baisse pour tenir compte de l’intermittence de l’occupation du site. En supposant un taux d’occupation des sites annuel d’environ 75 p. 100, on obtient une estimation de 222 couples, soit tout près de l’extrémité supérieure de l’estimation fournie dans le tableau 1.

Une analyse préliminaire de modélisation des populationsa été réalisée à l’aide de VORTEX, en se fondant sur les estimations de population initiales semblables à celles fournies, des hypothèses sur les divers scénarios de succès de reproduction et de survie et des simulations de phénomènes stochastiques (Campbell, 2001). Une analyse de sensibilité a été menée dans le cadre de l’exercice. L’immigration en provenance des États-Unis n’a pas été considérée dans les modèles (voir Effet d’une immigration de source externe), pas plus que les modèles climatiques. Selon la plupart des simulations, la population canadienne devrait survivre plus de 100 ans. Le pire des scénarios établissait un risque d’extinction de 36 p. 100. Ainsi, selon cette analyse de la viabilité des populations (AVP) très préliminaire, il semble que la population canadienne soit viable.

Tableau 1. Taille approximativeNote de bas de pagea des populations nicheuses actuelles de Parulines hochequeue dans les diverses régions de l’Ontario
Comté/municipalité régionaleNombre approximatif de couples 2005
Minimum
Nombre approximatif de couples 2005
Maximum
Brant
0
4
Elgin
30
45
Frontenac
5
8
Grey 
2
4
Norfolk 
45
75
Halton-Peel-Dufferin 
1
4
Hamilton-Wentworth-Haldimand
2
4
Hastings
0
1
Huron-Perth
0
1
Essex-Chatham-Kent
1
3
Lambton
5
8
Middlesex
5
11
Niagara
0
3
Northumberland
0
1
Oxford
6
13
Peterborough
1
2
Simcoe
1
4
Waterloo
1
4
Total
105
195
Note de bas de page a

Fondé en grande partie sur les estimations fournies par les coordonnateurs régionaux du deuxième Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario et en supposant un taux d’occupation des sites annuel moyen d’environ 75 p. 100. Aucune estimation n’est fournie pour le Québec, la reproduction n’y étant pas encore confirmée.

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Fluctuations et tendances

Il est difficile de trouver de la documentation sur les changements survenus dans les populations historiques de Parulines hochequeue au Canada, puisque les ornithologues n’ont commencé à vraiment s’y intéresser qu’au cours des dernières décennies et que les premiers naturalistes connaissaient peu l’espèce. Nash (1908) considérait la Paruline hochequeue comme un « visiteur » estival rare dans le sud de l’Ontario et n’a pas évoqué la possibilité d’une reproduction. Jusqu’à 1936, le parc provincial Rondeau et les comtés de Middlesex et de Wentworth étaient les seuls sites de nidification connus (Baillie et Harrington, 1937), mais on pense que d’autres aires de nidification ont simplement été négligées.

Au cours du dernier siècle, la Paruline hochequeue semble avoir lentement élargi son aire de reproduction vers le nord, dans le nord-est des États-Unis (Craig, 1985; Andrle et Carroll, 1988; Brewer et al., 1991). Cette expansion de l’aire de répartition peut s’expliquer par la recolonisation de territoires autrefois occupés qui ont été largement défrichés au xixe siècle et qui font maintenant l’objet d’une reforestation (Brewer et al., 1991). Les seuls signes d’une expansion de l’aire de répartition au Canada ont été observés dans la région de Kingston (Eagles, 1987; Ron Weir, comm. pers.); cette expansion pourrait, ici encore, être attribuable à la reforestation et à la maturation du couvert forestier dans cette région.

Bien qu’il soit raisonnable de penser que le déboisement des forêts et le drainage des marécages ont eu des impacts négatifs sur la Paruline hochequeue, on n’a constaté de signes de déclin de la population que dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario, particulièrement dans les régions d’Essex et de Chatham-Kent. D’après Saunders (1924), cette paruline était autrefois assez commune dans une grande partie de la région située juste au nord et au nord-est de la Pointe [Pointe-Pelée]. Toujours selon Saunders, on pouvait capturer une douzaine d’oiseaux de cette espèce à moins de 20 milles de la Pointe pendant la période de reproduction. La chose n’est certainement plus vraie aux environs de Pointe-Pelée (voir par exemple Oldham, 1983). Dans la région de Chatham-Kent, Ussher (1956, 1963) a indiqué que la Paruline hochequeue nichait autrefois dans les terrains marécageux humides du Parc provincial Rondeau dans les années 1930. En effet, Baillie et Harrington (1937) ont signalé que l’espèce se trouvait en assez grand nombre à cet endroit en juin 1933.

Il semblerait que la Paruline hochequeue ait pratiquement disparue des régions d’Essex et de Chatham-Kent. Ce déclin s’explique facilement par l’énorme perte subie par le couvert forestier régional, en plus du drainage massif des forêts marécageuses. L’élargissement des activités agricoles a probablement aussi fait augmenter les populations de vachers (Allen Woodliffe, comm. pers.). Il n’y a actuellement pas assez d’habitat pour espérer de façon réaliste un retour de la Paruline hochequeue dans les régions d’Essex et de Chatham-Kent, du moins pas en nombre important d’un point de vue biologique.  

La Paruline hochequeue a un long historique d’occurrence annuelle dans certains sites au Canada, alors que d’autres sites sont occupés moins fréquemment ou ne sont pas nécessairement occupés chaque année. Les sites peuvent être périodiquement abandonnés comme conséquence naturelle de la mortalité des adultes pendant la saison hivernale. L’abandon et la recolonisation subséquente de certains sites sont sans doute attribuables aux changements annuels de l’adéquation de l’habitat. Par exemple, plusieurs sites dans le comté de Norfolk ont récemment été abandonnés, après plusieurs années de sécheresse (J. McCracken, obs. pers.).

Bien que l’estimation actuelle des effectifs au Canada, qui oscille entre 105 et 195 couples, soit inférieure à l’estimation précédente de 150 à 313 couples de McCracken (1991), on ne saurait parler d’un déclin général, puisque l’estimation de McCracken ne tenait pas compte de la nature intermittente de l’occupation des sites et s’appuyait davantage sur des extrapolations du nombre d’habitats propices. Au cours des relevés effectués pour le premier Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (1981-1985), on a signalé la présence de l’espèce dans 40 carrés de 10 km sur 10 km (Eagles, 1987). Pendant la période de l’atlas actuel (2001-2005), l’espèce a été recensée dans 47 carrés, dont plusieurs requièrent toujours une vérification. De manière générale, les résultats des périodes des deux atlas n’indiquent pas de changement notable dans la taille de la population (ou de la répartition) depuis 20 ans.

Au Canada, cette espèce se rencontre trop rarement pour être surveillée par le Relevé des oiseaux nicheurs. Selon les données du BBS des États-Unis pour la période de 1966 à 2004, il y a eu une augmentation faible mais statistiquement significative de la population moyenne annuelle de 0,8 p. 100 par année (p < 0,05; N = 568 parcours) dans l’ensemble des États-Unis (Sauer et al., 2005). Malgré cette augmentation générale, de nombreuses régions semblent connaître des baisses, notamment le centre et l’est de l’État de New York et de la Pennsylvanie. Ces baisses semblent compensées par des hausses en Ohio et dans l’ouest de la Pennsylvanie et de l’État de New York (Sauer et al., 2005).

En résumé, même si certaines populations locales de Parulines hochequeue ont subi des baisses dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario en raison de la perte et de la dégradation de l’habitat, ces baisses semblent largement historiques par nature. Globalement, la population canadienne semble être demeurée relativement stable au cours des deux dernières décennies.

Effet d’une immigration de source externe

Bien qu’on n’ait constaté aucun signe direct d’une immigration en provenance des États-Unis, on est pratiquement certain qu’il en existe une, particulièrement en provenance des aires de reproduction de la Paruline hochequeue près de Michigan (Ohio), en Pennsylvanie, et dans l’État de New York. Pour deux autres espèces rares d’oiseaux forestiers à la limite nordique de leur aire de reproduction au Canada--le Moucherolle vert (Empidonax virescens) et la Paruline orangée (Protonotaria citrea)--les modèles de population semblent indiquer que même une infime immigration annuelle des populations sources des États-Unis suffirait à maintenir la population canadienne (Tischendorf, 2003a; idem, 2003b).

Une comparaison des changements de répartition du premier et du deuxième atlas des oiseaux nicheurs de l’État de New York (site disponible en anglais seulement) montre des signes d’une expansion de la population vers le nord, dans l’est du bassin du lac Ontario. Ainsi, ce qui semble une récente expansion de la Paruline hochequeue dans la région de Kingston est probablement une immigration en provenance du nord de l’État de New York, et non du sud-ouest de l’Ontario.

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Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la Paruline hochequeue semble limitée surtout par les frontières de son aire de reproduction naturelle (probablement attribuables au climat), puis par les différences régionales de la disponibilité et de la qualité de l’habitat. Certains types de menaces sont plus apparents dans certaines régions que dans d’autres. C’est le cas de l’intensification de l’urbanisation, dont les effets sont plus visibles dans le corridor Hamilton-Toronto, et de la perte du couvert forestier, plus inquiétante dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario.

Diminution des ressources alimentaires

Tout ce qui touche l’approvisionnement d’insectes aquatiques dans l’habitat de la Paruline hochequeue a probablement un effet négatif sur les populations nicheuses. Le franchissement des ruisseaux par les véhicules tous terrains, qui devient un problème croissant dans la plaine sablonneuse de Norfolk, est sans doute la menace la plus importante en ce moment au Canada (Don Sutherland, comm. pers.; J. McCracken, observation personnelle). Cette activité entraîne un accroissement de l’envasement qui peut avoir un effet négatif sur l’approvisionnement de nourriture.

On attribue également la baisse de la population locale à l’exploitation forestière, laquelle, entre autres choses, rétrécit les forêts et permet à la lumière du soleil de pénétrer les ruisseaux, ce qui peut élever la température de l’eau et perturber la vie aquatique (Eaton, 1988). De la même manière, l’espèce est également absente des ruisseaux où la qualité de l’eau a été compromise par des activités agricoles ou urbaines (Prosser et Brooks, 1998).

Dans certaines régions, l’acidification des ruisseaux peut avoir d’importantes répercussions sur l’approvisionnement en nourriture (Mulvihill, 1999 dans Mulvihill et al., 2002). Selon Robert Mulvihill, les rejets acides provenant des nombreuses mines de charbon abandonnées et les pluies acides causées par la pollution atmosphérique constituent une grave menace à l’intégrité écologique des habitats de ruisseaux préférés par la Paruline hochequeue en Pennsylvanie et dans toute la région des Appalaches. Les apports acides ont modifié la chimie de milliers de petits ruisseaux d’eau d’amont dans cette région, entraînant souvent des conséquences dévastatrices pour la vie aquatique (The Louisiana Waterthrush and our Mountain Streams, disponible en anglais seulement). Il n’y a pas de mines de charbon en Ontario, mais une réduction des effectifs régionaux de Parulines hochequeue dans les États adjacents aurait des conséquences négatives sur la population canadienne en diminuant l’immigration. De plus, la pollution acide reste une source d’inquiétude dans le sud-est du Canada, les dépôts demeurant élevés dans le bassin des Grands Lacs (Environnement Canada, 2004).

Approvisionnement d’eau

Dans le sud-ouest de l’Ontario, l’habitat de forêt marécageuse continue de subir d’intenses pressions en raison du drainage agricole auquel le soumettent les drains municipaux. De plus, la réduction du flux des ruisseaux à des fins d’irrigation, surtout en période de sécheresse, a sans doute des conséquences négatives pour la Paruline hochequeue dans la plaine sablonneuse de Norfolk (D. Sutherland, comm. pers.; J. McCracken, observation personnelle).

On a déjà constaté les effets néfastes de l’inondation et de la sécheresse sur cette espèce (Kendeigh, 1945; Eaton, 1958). La Paruline hochequeue est probablement sensible aux changements climatiques, surtout à la périphérie septentrionale de son aire de répartition. La plupart des scénarios de changements climatiques dans le bassin des Grands Lacs prédisent une réduction des précipitations, une augmentation de l’évaporation des eaux de surface et une baisse de l’approvisionnement d’eau souterraine (voir par exemple Smith et al., 1998; Environnement Canada, 2001). Comme cette espèce dépend énormément de la disponibilité de l’eau, il apparaît probable que l’approvisionnement d’eau plus faible prévu par les modèles de changements climatiques annulera toute expansion de l’aire de répartition vers le nord, que pourrait éventuellement entraîner le réchauffement des températures.

Effets de l’exploitation forestière et de la perte des habitats de peuplements vieux

Même si on n’a pas établi directement l’incidence de l’exploitation forestière sur la Paruline hochequeue, elle est probablement négative, compte tenu de la préférence de cette espèce pour les couverts forestiers mûrs offrant beaucoup d’ombre (voir par exemple Noon et al., 1979; Buffington et al., 1997). L’exploitation forestière peut également causer une augmentation de l’envasement des ruisseaux et des températures de l’eau (Environnement Canada, 2001), deux facteurs ayant probablement des conséquences négatives sur l’approvisionnement en vivres de cette espèce.

Parasitisme et prédateurs des nids

Comme il est mentionné précédemment, une incidence relativement élevée de parasitisme par le vacher pourrait miner l’efficacité de la reproduction de cette paruline et être une source d’inquiétude. Même si les effectifs de vachers dans la majeure partie du nord-est de l’Amérique du Nord ont subi une baisse marquée au cours des dernières décennies (Sauer et al., 2005), on peut s’attendre à un accroissement du parasitisme par le vacher et du nombre de petits mammifères prédateurs de nids dans les régions de l’Ontario qui connaissent une intensification de l’urbanisation, de l’empiètement industriel, de l’exploitation rurale et de fragmentation des forêts.

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Importance de l'espèce

Dans son aire de reproduction (et probablement dans son aire d’hivernage), la Paruline hochequeue est sans doute un excellent bioindicateur de la santé des cours d’eau froide d’amont à pente moyenne (Prosser et Brooks, 1998; Mulvihill et al., 2002) et des grands marécages de forêts de feuillus intactes et matures (Buffington et al., 1997; J. McCracken, obs. pers.).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Paruline hochequeue est actuellement considérée comme une espèce « préoccupante » par le COSEPAC et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Cette désignation ne lui procure cependant aucune protection particulière en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada ni de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. La Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs lui assure une protection générale. Aucune autre loi particulière n’a pour but de protéger la Paruline hochequeue dans quelque province ou État que ce soit, ni dans ses aires d’hivernage. Néanmoins, les règlements et les politiques qui promeuvent la protection de ses habitats de reproduction et d’hivernage ont un effet positif sur l’espèce. À titre d’exemple, la composante Natural Heritage de la déclaration de principes provinciale de l’Ontario (en cours d’examen) soutient l’adoption de mesures de conservation à l’égard des terres humides, bois, vallées et habitats fauniques d’importance, ainsi que des zones d’intérêt naturel et scientifique, qui sont tous des zones où l’on peut retrouver la Paruline hochequeue. En outre, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a produit des lignes directrices sylvicoles sur la gestion des forêts dans le sud de l’Ontario, qui sont pertinentes pour la protection de l’habitat de la Paruline hochequeue (MRNO, 2000).

Dans leplan nord-américain de conservation des oiseaux terrestres publié par Partenaires d’envol – Canada (Rich et al., 2003), la Paruline hochequeue est considérée comme l’une des 195 espèces d’« importance continentale » en raison de son statut d’« espèce d’intendance » (un pourcentage élevé de sa population mondiale est confiné à un biome). Elle ne figure pas sur la « liste de surveillance » de Partenaires d’envol – Canada (la liste des espèces dont la conservation continentale suscite le plus d’inquiétude). Même si elle est relativement commune et répandue dans l’est des États-Unis et classée G5 par NatureServe (2005), elle est considérée comme une espèce « préoccupante » en Ontario, au Michigan, au Minnesota et au Wisconsin (tableau 2).

Tableau 2. Rangs et désignations de statut officiels accordés par l’organisme NatureServe pour l’Ontario et les États adjacents aux Grands Lacs
CompétenceRangNote de bas de pagebDésignation
IllinoisS4Non classée
IndianaS4Non classée
MichiganS2S3Préoccupante
MinnesotaS3Préoccupante
New YorkS5Non classée
OhioS5Non classée
OntarioS3Préoccupante
PennsylvanieS5Non classée
WisconsinS3Préoccupante
Note de bas de page b

Tiré de NatureServe (2005). L’espèce n’a ni désignation ni rang officiel au Québec.

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Résumé technique

Seiurus motacilla

Paruline hochequeue – Louisiana Waterthrush

Aire de répartition au Canada :

Ontario, Québec

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²)

Environ 35 500 km²
D’après le polygone délimitant l’aire de répartition et formé par les sites où l’on a observé cette paruline au cours des relevés pour le deuxième Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (données de 2001-2004).

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)

De 2,3 à 4,5 km²
Fondée sur l’estimation courante de la population de 105 à 195 couples, chacun occupant un territoire maximal de 2 ha 

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Apparemment stable depuis 20 ans

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Non

Nombre d’emplacements actuels of connus ou inférés

s.o.

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

s.o.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

s.o.

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

L’étendue de l’habitat semble stable depuis 20 ans, mais sa qualité s’est probablement détériorée.

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Probablement 2 à 3 ans

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Entre 105 et 195 couples (de 210 à 390 individus)

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Apparemment stable

 S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

s.o.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Non

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Sans objet

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :

s.o.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  1. réduction du nombre de proies (insectes) en raison de facteurs qui augmentent la turbidité des ruisseaux (comme les véhicules tous-terrains), la température de l’eau (p. ex. l’exploitation forestière) et la contamination de l’eau (p. ex. pluies acides);
  2. diminution de l’approvisionnement d’eau ou du niveau de la nappe phréatique à cause du drainage agricole, de l’irrigation excessive pratiqué en période de sécheresse et des changements climatiques;
  3. exploitation forestière entraînant la perte des peuplements vieux;
  4. nombre accru de parasites et de prédateurs des nids lié à l’empiètement urbain, industriel et rural et à la fragmentation de l’habitat associée.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

É.-U. : L’espèce n’est généralement pas en péril dans la majeure partie de son aire de répartition américaine.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Oui

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Oui

Analyse quantitative

Aucune

Statut existant

  • COSEPAC: Préoccupante (2006)
  • Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario : Préoccupante

Statut et justification de la désignation

Statut: Préoccupante

Code alphanumérique: Correspond au critère de la catégorie « menacée » D1, mais désignée « préoccupante », car la population au Canada a été stable ces deux dernières décennies et une immigration de source externe depuis les États-Unis est probable.

Justification de la désignation : Cette paruline se reproduit le long de cours d’eau clairs, froids et ombragés dans le sud de l’Ontario et possiblement dans le sud-ouest du Québec. La population canadienne est petite, probablement moins de 200 couples, mais est demeurée stable depuis les deux dernières décennies et il y existe probablement une immigration en provenance des populations des États-Unis. La dégradation de l’habitat, particulièrement par les véhicules tout-terrains, peut représenter une menace à certains sites.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Ne correspond pas au critère – la population est stable depuis 10 ans.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Ne correspond pas au critère – la zone d’occupation est inférieure à 500 km², mais il n’y a pas de déclin ni de fluctuation de la répartition, de l’habitat ou des effectifs.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Ne correspond pas au critère – la population maximale compte moins de 2 500 individus, mais il n’y pas de déclin ni de fluctuation des effectifs.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « menacée » D1, car la population compte moins de 1 000 individus.
  • Critère E (Analyse quantitative) : s.o.

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Remerciements et experts contactés

Remerciements

Environnement Canada a octroyé le financement nécessaire à la préparation du présent rapport de situation. Cette évaluation s’appuie en grande partie sur l’information recueillie dans le cadre des deux projets d’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario. Nous remercions donc les partenaires officiels de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, soit Études d’Oiseaux Canada, le Service canadien de la faune, Ontario Nature, Ontario Field Ornithologists et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, qui ont fourni les données des atlas, de même que les milliers de participants bénévoles qui ont colligé les données.

Nous remercions également Margaret Bain, Bob Bowles, Rob Dobos, Anita Jacobsen, Dave Martin, Bill McIlveen, Alf Rider, Ron Weir et Allen Woodliffe, qui ont fourni des renseignements sur le statut récent de l’espèce dans leur région. Ross Wood a effectué des relevés spéciaux dans la région de Niagara en 2004. Nous remercions Don Sutherland (du Centre d’information sur le patrimoine naturel du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario) d’avoir fourni de l’information et partagé son point de vue. Margaret Campbell (University of Toronto) a remis une copie de son analyse VORTEX inédite. Denis Lepage (Études d’Oiseaux Canada) a aidé à établir avec précision le statut de l’espèce au Québec. Le rapport a tiré parti des commentaires éclairés des lecteurs suivants : Daniel Banville, Richard Cannings, Alan Dextrase, Erica Dunn, Elsa Gagnon, Michel Gosselin, Richard Knapton, Marty Leonard, Vicki McKay, Mike Oldham, Chris Risley, Michel Robert, Don Sutherland et Allen Woodliffe. Nous remercions l’artiste Peter Burke, qui a conçu le dessin de couverture. Andrew Couturier (Études d’Oiseaux Canada) a produit la carte de répartition de l’Ontario et apporté son aide technique.

Experts contactés

  • Goulet, Gloria. Coordonnatrice, connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Environnement Canada, Ottawa (Ontario);
  • Martin, Dave: Expert-conseil dans le domaine de l’environnement (et coordonnateur régional de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario); Belmont (Ontario);
  • McKay, Vicki: Biologiste des espèces en péril, Parcs Canada (Parc national du Canada de la Pointe-Pelée); Leamington (Ontario);
  • Oldham, Mike: Botaniste/herpétologiste; centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario; ministère des Richesses naturelles de l’Ontario; Peterborough (Ontario);
  • Risley, Chris: Biologiste des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario; Peterborough (Ontario);
  • Sutherland, Don: Zoologiste; centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario; ministère des Richesses naturelles de l’Ontario; Peterborough (Ontario);
  • Weir, Ron: Professeur, Collège militaire royal (et coordonnateur régional de l’atlas); Kingston (Ontario);
  • Woodliffe, Allen: Écologiste de district, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario; Chatham (Ontario). 

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Jon McCracken est actuellement directeur de programme pour l’Ontario à Études d’Oiseaux Canada (EOC), organisme sans but lucratif voué à la recherche, à la surveillance et à la conservation des oiseaux du Canada. M. McCracken est titulaire d’un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en zoologie, qu’il a obtenu en 1977 à la University of Western Ontario. Après avoir agi à titre de biologiste et de consultant en environnement contractuel pour des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, il a œuvré à de nombreux projets d’importance, en accordant une attention particulière aux évaluations de sites et de régions d’oiseaux nicheurs. Depuis qu’il est entré au service d’EOC, en 1989, il a participé activement à l’élaboration, à la mise en œuvre et à la supervision de plusieurs programmes de surveillance d’oiseaux par des bénévoles, dont le Réseau canadien de surveillance des migrations, le Programme de surveillance des marais et l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario. Il a également pris part à une grande variété d’évaluations d’espèces en péril et de programmes de rétablissement d’espèces en Ontario.  

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