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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue ponctuée (Clemmys guttata) au Canada

COSEPAC Résumé

Tortue ponctuée
Clemmys guttata

Information sur l’espèce

La tortue ponctuée (Clemmys guttata) est une tortue d’eau douce relativement petite, la dossière mesurant généralement moins de 13 cm de longueur chez l’adulte. L’espèce se reconnaît à sa dossière noire marquée de points jaune orangé répartis au hasard.

Répartition

La tortue ponctuée ne se rencontre que dans l’est de l’Amérique du Nord, où on trouve des populations disjointes dans le sud de l’Ontario, dans le sud du Québec, dans la plaine côtière de l’Atlantique depuis le Maine jusqu’au centre de la Floride et, vers l’ouest, sur les rives sud des Grands Lacs jusqu’au nord-est de l’Illinois.

Habitat

La tortue ponctuée préfère les eaux peu profondes, lentes et non polluées des étangs, tourbières, marais, mares printanières et prés de carex. Un substrat mou et une végétation comportant des sphaignes, des touffes de carex, des quenouilles, des nymphéas et des arbustes hydrophiles caractérisent les milieux aquatiques où on la trouve.

Biologie

Les tortues ponctuées sortent d’hibernation entre le début et la fin d’avril. En mai, elles se rassemblent dans des milieux aquatiques pour se reproduire; elles ont tendance à revenir au même lieu d’année en année. La nidification a lieu entre le milieu et la fin de juin. On compte trois à sept œufs par ponte, avec une moyenne de cinq oeufs. La plupart des femelles ne pondent pas chaque année. Les tortues ponctuées peuvent connaître une période d’estivation, passée le plus souvent à terre, de juillet à septembre, jusqu’au moment d’entrer en hibernation. Souvent, elles hibernent en groupe, revenant au même lieu d’hibernation année après année. L’espèce atteint la maturité sexuelle entre 11 et 15 ans. Certains individus en Pennsylvanie et en Ontario sont âgés d’au moins 30 ans, et on a estimé la longévité maximale chez une population de la baie Georgienne à 110 ans, d’après les données recueillies au cours de 24 années de capture-marquage-recapture.

Taille et tendances des populations

Le Centre d’information sur le patrimoine naturel (CIPN) reconnaît l’existence de 104 populations de tortue ponctuée en Ontario. De ces 104 populations, 35 p.100 (36) sont considérées comme historiques ou disparues, et 50 p.100 sont classées dans la catégorie D (peu viables, seulement un ou deux observations). L’espèce est disparue de certains secteurs protégés, notamment du parc national de la Pointe-Pelée. Comme la plupart des données du CIPN ont été recueillies au cours des 30 à 40 dernières années et que la durée d’une génération chez la tortue ponctuée est supérieure à 25 ans, il est probable que l’espèce a connu au cours des trois dernières générations (75 ans) un déclin plus important que les 35 p.100 calculés d’après le nombre de populations historiques ou disparues. On ne sait pas si la tortue ponctuée est présente au Québec, les recherches récentes ayant été vaines.

Facteurs limitatifs et menaces

La tortue ponctuée est en déclin pour de multiples raisons : capture excessive pour le marché des animaux de compagnie, fragmentation et destruction de l’habitat, mortalité sur les routes, agriculture et pollution. L’espèce est particulièrement sensible à la destruction de l’habitat ainsi qu’à la surexploitation par les fournisseurs d’animaux de compagnie au printemps, au moment des rassemblements de reproduction, et à l’automne, au moment des rassemblements pour l’hibernation.

Importance de l’espèce

Les tortues du genre Clemmys (voir les changements proposés récemment concernant la nomenclature du genre Clemmys, dans Feldman et Parham, 2002) comptent parmi les principales espèces de tortues exportées des États-Unis. Selon la Humane Society, 4 692 spécimens de Clemmys ont été expédiés outre-mer de 1989 à 1994, pour une valeur de 102 658 $US. En décembre 2002, un site web proposait des tortues ponctuées adultes (présumément sauvages) pour la somme de 175 $US chacune, et des spécimens élevés en captivité pour 150 $US.

Protection actuelle ou autres désignations

Au Canada, Nature Serve a attribué à la tortue ponctuée les cotes S3 en Ontario, S1 au Québec, N3 au Canada et G5 à l’échelle de la planète (S = statut sub-national; N = statut national; G = statut mondial; 1 = fortement en péril; 3 = vulnérable; 5 = manifestement répandue, abondante et non en péril). Aux États-Unis, la tortue ponctuée n’est pas désignée par l’Endangered Species Act; cependant, elle est officiellement reconnue en péril dans au moins 22 des États où elle est présente. L’espèce n’est pas protégée par la CITES. Dans la liste rouge de l’UICN, elle figure parmi les espèces dont les populations sauvages sont sujettes à disparaître à moyen terme.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)*
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)**
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)***
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)****
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)*****
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.