Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue ponctuée (Clemmys guttata) au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

L’effectif de la tortue ponctuée est en déclin aux États-Unis et au Canada (Burke et al., 2000; Ernst et al., 1994; Turtle Conservation Fund, 2002). L’espèce n’est pas protégée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), contrairement à ses parentes, la tortue de Muhlenberg (Clemmys muhlenbergii, annexe I) et la tortue des bois (C. insculpta, annexe II). La destruction de l’habitat et les captures excessives ont eu des répercussions graves sur les quatre espèces antérieurement regroupées sous le genre Clemmys (C. guttata, C. muhlenbergii, C. insculpta et C. marmorata; Burke et al., 2000; Turtle Conservation Fund, 2002)[1]. Le C. marmorata est même disparu du Canada (site Web du COSEPAC, décembre 2002). Les tortues du genre Clemmys sont peut-être plus sensibles que les autres à une transformation de l’habitat aussi profonde que celle à laquelle on assiste dans tout l’est de l’Amérique du Nord (Oldham, 1991). Les facteurs à l’origine du déclin de la tortue ponctuée sont multiples : capture excessive pour la vente aux amateurs de reptiles, fragmentation et destruction de l’habitat, mortalité sur les routes, prédation par des espèces subventionnées (espèces indigènes, notamment le raton laveur, dont la survie est assurée en partie grâce à l’aide de l’homme), surpâturage par le bétail, agriculture et pollution (Lovich, 1989; Oldham, 1991; Ernst et al., 1994; Burke et al., 2000). L’effectif est en déclin même dans certaines réserves naturelles, aux États-Unis (Lovich, 1989) comme au Canada (présent rapport). La tortue ponctuée est particulièrement sensible à la destruction de l’habitat ainsi qu’à la surexploitation par les fournisseurs d’animaux de compagnie au printemps, au moment des rassemblements de reproduction, et à l’automne, au moment des rassemblements pour l’hibernation.

Selon la Humane Society, au moins 25 millions de tortues, de l’espèce Trachemys scripta pour la plupart, auraient été exportées des États-Unis entre 1989 et 1994, pour une valeur dépassant les 17 millions de dollars américains. Les tortues du genre Clemmys sont depuis longtemps prisées par les amateurs de reptiles en raison de leur résistance, de leur intelligence et de leur beauté. Elles font partie des principales espèces exportées des États-Unis : de 1989 à 1994, 4 692 spécimens (chiffres officiels) ont été expédiés outre-mer, pour une valeur de 102 658 $US. En décembre 2002, un site Web spécialisé dans la vente de reptiles (www.gherp.com) proposait des tortues ponctuées adultes (présumément sauvages) pour la somme de 175 $ chacune, et des spécimens élevés en captivité pour 150 $US. Des tortues ponctuées ont également été offertes sur le site www.Kingsnake.com; sur au moins deux photographies présentées sur ce site, on pouvait voir des entailles dans la carapace des tortues. D’après ces marques, il est possible que les tortues aient été capturées dans une population faisant l’objet d’une étude aux États-Unis ou en Ontario. Quelques tortues ponctuées étaient en vente au Toronto Reptile Show de 1998, au prix de 110 $ chacune, de même que des Clemmys  marmorata (prix inconnu), des C. insculpta (75 $ chacune) et des C. muhlenbergii (275 $ chacune) (S. Gillingwater, comm. pers., 2003).

La tortue ponctuée paraît particulièrement vulnérable à un accroissement de la mortalité et à une capture excessive, en raison de sa croissance lente, du nombre d’années qu’il lui faut pour atteindre la maturité et du faible taux de survie des œufs et des jeunes (Oldham, 1991; Wilson et al., 1999). La succession végétale naturelle qui s’opère dans l’habitat de l’espèce (Ernst, 1976) et le nombre relativement peu élevé d’œufs par ponte (faible potentiel de reproduction) accroissent le risque de disparition des populations (Oldham, 1991; J. Harding, 1999, comm. pers. avec l’USFWS). Lorsque le milieu est envahi par les espèces végétales caractéristiques des étapes avancées de la succession, il peut ne plus répondre aux exigences écologiques de la tortue ponctuée (Burke et al., 2000). Dans le sud-ouest de l’Ontario, en particulier dans la région du lac Sainte-Claire, des Phragmites sont en train d’envahir l’habitat de la tortue ponctuée et présentent pour l’espèce une réelle menace (voir plus haut la section Taille et tendances des populations).



[1] À la lumière des résultats d’analyses récentes, certains chercheurs proposent que la classification de ces quatre espèces soit changée (Holman et Fritz, 2001; Feldman et Parham, 2002).