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Grenouille Léopard (Rana Pipiens)

Introduction

La grenouille léopard, connue sous le nom scientifique de Rana pipiens et le nom anglais de Northern Leopard frog (figure 1), appartient à la famille des Ranidés ou des « grenouilles véritables », qui englobe 46 genres et environ 560 espèces (Hillis et Davis, 1986). Tous les représentants nord-américains de la famille sont classés dans le genre Rana. Le nom « pipiens » aurait été attribué à l’espèce par un collectionneur qui, entendant une sorte de piaillement alors qu’il capturait des grenouilles léopards, aurait associé ce cri à cet amphibien (Pace, 1974). Selon toute vraisemblance, l’auteur de ce cri était une autre espèce de grenouille, la rainette crucifère (Pseudacris crucifer).

Figure 1. Grenouille léopard, Rana pipiens(photo gracieusement fournie par David M. Green)

Figure 1. Grenouille léopard, Rana pipiens(photo gracieusement fournie par David M. Green)

 

Les populations de grenouilles léopards de l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale étaient autrefois considérées comme appartenant à une seule espèce largement répandue et très variable selon les régions (Moore, 1944). Il a depuis été démontré que ces populations forment un complexe de plusieurs espèces qui se distinguent principalement par la structure particulière de leur chant (Littlejohn et Oldham, 1968; Pace, 1974) et leur morphologie (Post et Pettus, 1966, in Hillis et al., 1983; Pace, 1974). La grenouille léopard est le seul représentant de ce complexe au Canada. Le complexe d’espèces est souvent scindé en quatre groupes : 1) le groupe R. areolata; 2) le groupe R. berlandieri; 3) le groupe R. montezumae, incluant d’autres espèces du Mexique; 4) le groupe R. pipiens (Frost, 1985; Hillis et Frost, 1985, les deux dans Hillis et Davis, 1986). Un arbre phylogénétique de 32 espèces de Rana établi d’après les résultats d’une analyse de l’ADN ribosomique indique que les espèces les plus étroitement apparentées au R. pipiens sont le R. magnaocularis, le R. palustris (grenouille des marais) et le R. sphenocephala.

La grenouille léopard est une grenouille semi-terrestre de taille moyenne reconnaissable à ses taches dorsales foncées bien visibles lisérées d’un anneau plus clair. Le ventre est blanchâtre, et les plis dorso-latéraux sont pâles et proéminents. Il y a polymorphisme quant à la couleur de fond du dos, habituellement verte, mais pouvant être brune. Cette coloration est héritée selon un système mendélien simple de deux allèles à un locus, le vert dominant sur le brun, et n’est pas liée au sexe (Fogleman et al., 1980). Ce polymorphisme est connu depuis plus de 100 ans (Cope, 1889, in Corn, 1981). La forme brune peut représenter de 2 à 68 p. 100 d’une population (Corn, 1981; Schueler, 1982; Seburn et al., 1997). En général, la forme verte semble plus commune dans les zones boisées, alors que la forme brune domine dans les zones étendues de marais et de lacs (Schueler, 1982). Chez les individus habitant les régions plus chaudes et plus humides, la tacheture foncée est généralement plus marquée chez ceux qui sont exposés à des conditions plus fraîches et plus sèches. Cette variabilité pourrait résulter d’une sélection favorisant les individus capables de se confondre avec le milieu ambiant (Schueler, 1982). Deux formes chromatiques plus rares, « burnsi » et « kandiyohi », ont longtemps été considérées comme deux espèces distinctes (Weed, 1922; Merrell, 1972, in Schueler, 1982). Chez burnsi, les taches dorsales sont peu nombreuses ou absentes, tandis que chez kandiyohi, il y a des réticulations foncées entre les taches. Ces deux variants sont dominants par rapport aux formes normales (Moore, 1942; Volpe, 1955). La fréquence des morphes burnsi et kandiyohi peut atteindre 10 p. 100 chez certaines populations, mais elle est généralement inférieure à 5 p. 100 (Merrell, 1970). L’aire de répartition des deux formes semble centrée au Minnesota et restreinte aux zones glaciaires récentes (Merrell, 1970), quoique la présence d’individus réticulés ait été signalée au Manitoba (Browder, 1968).

Les adultes mesurent de 50 à 100 mm de longueur du museau au cloaque (lmc), et les femelles sont plus grosses que les mâles. Le plus gros spécimen connu mesurait 111 mm du museau au cloaque (Conant et Collins, 1991). Comme la plupart des anoures, la grenouille léopard présente un dimorphisme sexuel quant à la musculature des membres antérieurs (Yekta et Blackburn, 1992). Bien que les femelles soient plus grosses, la plupart des muscles des membres antérieurs sont nettement plus puissants chez les mâles, en particulier ceux qui permettent aux mâles de s’agripper les femelles durant l’amplexus.

En dépit de la grande étendue de l’aire de répartition de la grenouille léopard au Canada, les populations canadiennes ont été très peu étudiées. L’étude réalisée sur le plus vaste territoire portait sur la variation de la pigmentation de la peau à l’échelle du Canada (Schueler, 1982). D’autres études ont été réalisées en Nouvelle‑Écosse (Gilhen, 1984), au Nouveau‑Brunswick (McAlpine et Dilworth, 1989), au Québec (Leclair et Castanet, 1987; Leclair, 1990; Gilbert et al., 1994), en Ontario (Emery et al., 1972; Cunjak, 1986; Licht, 1991; Pope, 1996), au Manitoba (Eddy, 1976) et en Alberta (Seburn et al., 1997).