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Programme de rétablissement de la buchloé faux-dactyle (Buchloë dactyloides) au Canada


2. Rétablissement

2.1 Caractère réalisable du rétablissement

Le rétablissement de la buchloé faux-dactyle au Canada est considéré réalisable parce que 1) il existe des individus capables de se reproduire; 2) une quantité suffisante d'habitat convenable est disponible ou pourrait le devenir grâce à la gestion de l'habitat; 3) il est possible d'atténuer certaines menaces importantes pesant sur l'espèce au moyen d'accords d'intendance et de pratiques de gestion bénéfiques, 4) les techniques visant un rétablissement efficace semblent réalisables.

2.2 But du rétablissement

Le but du rétablissement de la buchloé faux-dactyle consiste à maintenir la persistance de toutes populations naturellement4 présentes au Canada.

Le statut de cette espèce ne passera vraisemblablement pas à une catégorie de moindre risque que « menacée », compte tenu des critères d'évaluation du COSEPAC pour les populations dont la zone d'occupation ou le nombre de sites sont très limités, ce qui les rend susceptibles d'être affectées par des activités humaines ou des phénomènes stochastiques (COSEPAC, 2006). Il devrait être possible néanmoins de maintenir cette espèce sous un éventail normal de conditions environnementales grâce à une gestion réussie des menaces, à la mise en œuvre d'accords d'intendance et à des pratiques de gestion bénéfiques. Par conséquent, en l'absence d'information sur la zone d'occupation complète et de données de suivi pour démontrer une tendance, le rétablissement de la buchloé faux-dactyle se définit comme étant le maintien des populations et de leur habitat.

2.3 Objectifs en matière de population et de répartition

Il est impossible de formuler un objectif quantitatif en matière de population pour cette espèce. La buchloé faux-dactyle est une espèce clonale qui forme des plaques renfermant des centaines ou des milliers d'individus impossibles à dénombrer. Ces plaques fusionnent souvent avec d'autres du fait de la production de stolons, ce qui entraîne la formation de grands tapis denses. Il est ainsi impossible de distinguer et de compter chacun des clones. Le fait que les glomérules qui renferment les graines tombent souvent sous la plante femelle et que les nouveaux individus peuvent alors pousser très près de la plante mère et former peu après leurs propres clones complique encore davantage les choses. Par conséquent, seuls des objectifs en matière de répartition seront fixés pour cette espèce.

Les objectifs en matière de répartition seront fixés à deux échelles. À petite échelle, ils seront fondés sur la taille des plaques de buchloés faux-dactyles, ou sur la zone d'occupation. À plus grande échelle, les objectifs en matière de répartition reposeront sur le nombre de quarts de section dans lesquels la présence de la buchloé faux-dactyle a été confirmée5, ce qui donne une unité biologiquement pertinente où le sol, la végétation et les pratiques de gestion concourent à la présence de l'espèce.

La zone d'occupation des occurrences connues de buchloé faux-dactyle n'a pas été déterminée pour tous les quarts de section dans lesquels elle est présente. Les activités de relevé qui seront réalisées dans l'avenir permettront probablement de découvrir de nouveaux sites dans d'autres quarts de section. Nous avons cependant établi des objectifs minimaux pour la superficie. Il faut les considérer comme des objectifs à court terme (cinq ans) jusqu'à ce qu'une cartographie, des relevés et un suivi plus détaillés permettent de les peaufiner pour qu'ils représentent la zone d'occupation de façon plus précise.

  1. Saskatchewan – population d'Estevan : maintenir au moins 1,27 hectare dans au moins 17 quarts de section.
  2. Manitoba – population de la rivière Souris : maintenir au moins 402 hectares dans à peu près 43 quarts de section.
  3. Manitoba – population du parc Sourisford : maintenir au moins 0,01 hectare (136 ) dans au moins un quart de section.
  4. Manitoba – partie nord de la vallée de la rivière Blind (occurrence d'élément numéro 6) : maintenir au moins 4,2 hectares dans au moins deux quarts de section.
  5. Manitoba – partie sud de la vallée de la rivière Blind (occurrence d'élément numéro 5) : maintenir au moins 0,79 hectare (7 974 ) dans au moins un ou deux quarts de section.
  6. Manitoba – partie est de la vallée de la rivière Blind (occurrence d'élément numéro 11) : maintenir au moins 0,01 hectare (137 ) dans au moins un quart de section.

2.4 Objectifs du rétablissement

Objectif 1 : Élaborer des pratiques de gestion bénéfiques et des accords d'intendance, et en faire la promotion auprès des propriétaires fonciers, des gestionnaires des terres, des intervenants et de l'industrie afin de réduire d'ici 2012 les menaces qui pèsent sur la buchloé faux-dactyle et son habitat (priorité – urgent).

Objectif 2 : Désigner l'habitat essentiel d'ici 2011 (priorité – urgent).

Objectif 3 : Circonscrire, dans la mesure du possible, la zone d'occurrence et la zone d'occupation des populations de la buchloé faux-dactyle d'ici 2012 (priorité – nécessaire).

La superficie limitée d'habitat dont il reste à faire le relevé pour la buchloé faux-dactyle et la facilité relative avec laquelle cette espèce vivace peut être repérée sur le terrain expliquent l'objectif 3. Notre but sous-jacent est de procéder à un échantillonnage adaptatif jusqu'à ce que nous atteignions une asymptote correspondant à la situation où peu de nouvelles populations, sinon aucune, sont trouvées à mesure que la superficie fouillée augmente et que la superficie qui ne l'a pas encore été diminue.

Objectif 4 : Effectuer le suivi des tendances de la zone d'occupation pour les populations existantes jusqu'en 2017 (priorité – utile).

2.5 Approches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissement

Le présent programme de rétablissement vise à fournir une description générale des activités de recherche et de gestion recommandées pour atteindre les objectifs et aborder les menaces (tableau 2). Ce programme de rétablissement sera révisé dans cinq ans dans le but d'évaluer les progrès accomplis vers l'atteinte de ses objectifs et de déterminer les approches additionnelles et les changements qui pourraient être nécessaires. Le tableau 2 présente aussi les mesures de rendement qui pourront servir à évaluer les progrès réalisés. Les plans d'action renfermeront de l'information plus détaillée sur les mesures et sur le calendrier de mise en œuvre.

Tableau 2. Planification du rétablissement
Menaces abordéesPrioritéStratégie généraleApproches recommandées pour l'atteinte des objectifs du rétablissementMesures de rendement
Objectif 1 : Élaborer des pratiques de gestion bénéfiques et des accords d'intendance, et en faire la promotion auprès des propriétaires fonciers, des gestionnaires des terres, des intervenants et de l'industrie afin de réduire d'ici 2012 les menaces qui pèsent sur la buchloé faux-dactyle et son habitat.
Toutes les menacesUrgentIntendance, sensibilisation, protection de l'habitat et de l'espèce, recherche, gestion
  • Si nécessaire, entreprendre des recherches sur les incidences de certaines menaces et de certaines pratiques de gestion sur la buchloé faux-dactyle et les habitats.
  • Appliquer les résultats des recherches à l'élaboration de pratiques de gestion bénéfiques (PGB) et de plans d'action pour le rétablissement de l'espèce.
  • Faire connaître les pratiques de gestion bénéfiques (PGB) et, le cas échéant, reconnaître les activités existantes d'intendance de l'habitat et de gestion des terres.
  • Établir des accords de conservation et d'intendance avec les gestionnaires des terres et les propriétaires fonciers touchés.
  • Communiquer les lignes directrices sur les marges de recul pour les perturbations aux organes de réglementation appropriés.
  • Des professionnels qualifiés de la gestion des ressources prépareront et présenteront aux organismes de financement des propositions pour l'application des résultats de la recherche à l'élaboration de PGB (en cours 2007-2012).
  • Des documents sur les PGB sont rédigés, publiés et diffusés dans divers médias convenant aux communications avec les gestionnaires des terres et les propriétaires fonciers touchés (en cours 2007-2012); un examen par des spécialistes des communications ainsi que leurs commentaires sont nécessaires pour cela.
  • Des accords d'intendance et de conservation respectant les critères de la LEP pour la protection efficace sont conclus avec les personnes touchées, d'où un accroissement de la proportion de l'habitat conservé (en cours 2007-2012); la participation d'intermédiaires de divers organismes spécialistes dans la conclusion d'accords d'intendance est nécessaire pour cela.
  • Réunion avec les organes de réglementation, les industries et les autres intervenants avant 2012 pour élaborer des lignes directrices sur les marges de recul adaptées aux besoins en matière de rétablissement de l'espèce et aux activités des partenaires susmentionnés. Cela comprend l'examen des lignes directrices existantes pour en vérifier l'efficacité.
  • Les lignes directrices sur les marges de recul sont rédigées, publiées et diffusées dans divers médias convenant aux communications avec les organes de réglementation, les industries et les autres intervenants touchés avant 2012; un examen par des spécialistes des communications et du droit ainsi que leurs commentaires sont nécessaires pour cela.
Objectif 2 : Désigner l'habitat essentiel d'ici 2011.
Toutes les menacesUrgentRecherche, protection de l'habitat
  • Décrire en détail les associations d'habitats au Canada au moyen de travaux scientifiques sur le terrain.
  • Pour appuyer les analyses de la viabilité des populations, des travaux scientifiques sur le terrain, associés à des expériences avec manipulation in situ ou ex situ, sont nécessaires pour déterminer les taux de reproduction et de mortalité ainsi que la diversité génétique entre les populations et au sein des populations (voir 2.6.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel).
  • Des chercheurs qualifiés préparent et présentent aux organismes de financement des propositions pour la réalisation de travaux sur le terrain et d'expériences avec manipulation in situ ou ex situ (2007-2008).
  • L'équipe de rétablissement reçoit et examine les résultats des rapports de recherches afin de peaufiner l'élaboration de plan d'action d'ici 2011.
    • Désignation complète de l'habitat essentiel fondée sur les résultats de la recherche et officialisée dans un plan d'action d'ici 2011.
    • Création d'une banque de semences ex situ à Ressources phytogénétiques du Canada (Saskatoon) pour aider les activités de recherche en cours qui incluent des expériences ex situ ou des analyses génétiques (en cours 2007-2012).
Objectif 3 : Circonscrire, dans la mesure du possible, la zone d'occurrence et la zone d'occupation des populations de la buchloés faux-dactyle d'ici 2012.
Toutes les menacesNécessaireInventaire de la population
  • Élaborer des lignes directrices pour la recherche et l'inventaire de nouvelles occurrences ou de nouvelles populations et les mettre en application.
  • Coordonner les activités d'inventaire et de suivi par l'entremise de l'équipe de rétablissement afin d'assurer l'utilisation efficace et efficiente des fonds et de la main-d'œuvre.
  • Identifier les menaces additionnelles qui pèsent sur les nouvelles populations.
  • Le document sur les lignes directrices est créé et adopté par tous les organismes et toutes les organisations qui font du travail d'inventaire pour cette espèce (document du SCF en préparation, terminé au printemps 2007).
  • Le suivi et l'échantillonnage adaptatifs6 indiquent que la plupart des populations, sinon toutes, et leur zone d'occupation ont été localisées et cartographiées d'ici 2012.
Objectif 4 : Effectuer le suivi des tendances de la zone d'occupation pour les populations existantes jusqu'en 2017.
Toutes les menacesUtileSuivi de la population
  • Élaborer et appliquer des lignes directrices pour effectuer le suivi des populations existantes dans les métapopulations.
  • Coordonner les activités de suivi par l'entremise de l'équipe de rétablissement afin d'assurer l'utilisation efficace et efficiente des fonds et de la main-d'œuvre.
  • Le document sur les lignes directrices est créé et tous les organismes et toutes les organisations qui font du travail de suivi pour cette espèce l'adoptent (document du SCF en préparation, terminé au printemps 2007).
  • Le suivi adaptatif permet une analyse des tendances de la zone d'occupation de la population canadienne (en cours 2007-2017).
  • Le statut attribué à l'espèce par le COSEPAC est réévalué; l'espèce reste dans la même catégorie de risque ou passe à une catégorie de moindre risque (voir le calendrier du COSEPAC pour la réévaluation).

2.6 Habitat essentiel

2.6.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

Le paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril définit l'habitat essentiel de la façon suivante : « L'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce. »

La plus grande partie de l'information sur la buchloé faux-dactyle au Canada n'a été recueillie que récemment. Elle ne contient pas la couverture adéquate, la précision quantitative ainsi que l'échelle spatiale et temporelle nécessaires à la désignation de l'habitat essentiel de façon scientifiquement défendable et détaillée. L'habitat essentiel sera désigné une fois terminée la réalisation de relevés supplémentaires, et cette désignation sera faite dans un ou plusieurs plans d'action. Le processus d'élaboration de ces plans d'action devra inclure des consultations sur l'habitat essentiel avec les propriétaires fonciers et les locataires, car toutes les populations connues de buchloés faux-dactyles se trouvent sur des terres privées ou municipales au Manitoba et sur des terres privées ou de la Couronne provinciale en Saskatchewan.

Un calendrier des études qui aideront à désigner l'habitat essentiel et à combler les lacunes dans les connaissances a été préparé (voir la section 2.6.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel). La désignation de tout l'habitat essentiel sera fondée sur les meilleurs renseignements scientifiques disponibles de même que sur l'opinion de spécialistes à propos de l'aire de répartition actuelle et historique, de l'habitat et de la biologie de l'espèce ainsi que des menaces qui pèsent sur elle. L'information prise en compte inclura les sites connus, les justifications de l'inscription de l'espèce, les études et rapports biologiques récents, les documents revus par des comités de lecture, les connaissances des communautés locales et des Premières nations, le programme de rétablissement de même que les analyses et recommandations de botanistes. La localisation précise des sites désignés comme habitat essentiel de même que la description des terres désignées pourraient ne pas être affichées au Registre public afin de protéger l'espèce de même que la vie privée des propriétaires fonciers. Le présent programme de rétablissement et l'équipe de rétablissement orienteront la désignation de l'ensemble de l'habitat essentiel, désignation qui sera terminée d'ici décembre 2011 dans le cadre des plans d'action.

2.6.2 Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel

Le tableau 2 présente les activités de recherche et de gestion recommandées pour la mise en œuvre du rétablissement et pour appuyer la désignation de l'habitat essentiel. La présente section donne un aperçu des études recommandées et des mesures nécessaires pour la désignation de tout l'habitat essentiel.

  1. En utilisant des méthodes normalisées convenant pour l'espèce, recueillir l'information sur les caractéristiques de l'habitat dans les populations connues, ainsi que dans les sites inoccupés. Celle-ci servira à l'élaboration de modèles sur le caractère convenable de l'habitat. Cette information pourra être l'objet d'analyses multivariées visant à déterminer les principaux facteurs expliquant la présence et l'abondance de la buchloé faux-dactyle. Les analyses aideront à déterminer les emplacements de même que les conditions à l'intérieur desquelles l'habitat essentiel sera désigné (à terminer d'ici 2010).

  2. Désigner de l'habitat convenable supplémentaire à partir de données géospatiales, de l'opinion de spécialistes et de la modélisation du caractère convenable de l'habitat. Rechercher de nouvelles occurrences de l'espèce dans cet habitat à l'aide de méthodes normalisées adaptées à la buchloé faux-dactyle (à terminer d'ici 2010).

  3. Effectuer le suivi des populations existantes à l'aide de méthodes normalisées convenant à la buchloé faux-dactyle pour déterminer les tendances de la zone d'occupation. Pour obtenir une estimation exacte des tendances, au moins trois périodes de suivi sont nécessaires (à terminer d'ici 2012 à 2017). Les résultats serviront à l'analyse de la viabilité des populations (voir l'étape 5).

  4. Entreprendre des recherches génétiques chez les populations pour déterminer la similarité génétique et l'importance des effets de l'isolement (à terminer d'ici 2011). Les résultats serviront à l'analyse de la viabilité des populations (voir l'étape 5).

  5. Effectuer des analyses de la viabilité des populations (AVP). Les AVP aideront à déterminer quelles populations sont viables et donc à établir l'ordre de priorité pour la désignation de l'habitat essentiel. Pour être fiables, les AVP requièrent toutefois en général des ensembles de données à long terme. En raison de la période de dormance végétale, les études à court terme surestiment la mortalité lorsqu'elles sont utilisées dans les AVP (Menges, 2000) et il faut souvent procéder à des expériences à long terme pour quantifier la dynamique du réservoir de semences (Reed et al., 2002). Il est par conséquent peu probable qu'une AVP fiable puisse être effectuée en moins de cinq ans, avec des données limitées et d'ici à ce que l'habitat essentiel soit désigné dans les plans d'action prévus d'ici 2011. Si une AVP fiable n'a pu être réalisée, les résultats des études terminées jusqu'alors et le principe de précaution seront utilisés pour la désignation de l'habitat essentiel dans les plans d'action. Lorsque suffisamment d'information aura été recueillie pour une AVP, l'habitat essentiel désigné sera réévalué.

2.7 Effets sur les espèces non ciblées

Quelques espèces en péril inscrites par le gouvernement fédéral peuvent être observées dans l'aire de répartition générale de la buchloé faux-dactyle au Manitoba et en Saskatchewan, notamment l'hespérie du Dakota (Hesperia dacotae), le Pipit de Sprague (Anthus spragueii), la Chevêche des terriers (Athene cunicularia) et le monarque (Danaus plexippus). De plus, de nombreuses espèces rares à l'échelle provinciale sont aussi présentes dans ces régions, dont le Bruant de Baird (Ammodramus bairdii), l'asclépiade verticillée (Asclepias verticillata), la polygale à verticilles égaux (Polygala verticillata var. isocycla), le lotier des prairies (Lotus purshianus), l'échinacée à feuilles étroites (Echinacea angustifolia) et le grand boutelou (Bouteloua curtipendula) (voir Harms, sous presse). Toutes ces espèces tireraient profit de la conservation de la prairie indigène, mais les pratiques de gestion bénéfiques qui leur conviennent diffèrent.

Les pratiques de gestion, y compris les perturbations comme les feux et le pâturage dont la buchloé faux-dactyle bénéficierait, sont des composantes naturelles des écosystèmes de la prairie qui pourraient ne pas avoir d'incidence négative sur d'autres espèces indigènes, en particulier si le moment, l'intensité et la fréquence imitaient les processus naturels (Samson et Knopf, 1994). Comme cela a été mentionné à la section 1.6.2, les feux et le pâturage réduisent en général les espèces exotiques envahissantes et certaines espèces indigènes dominantes concurrentes, ce qui est habituellement bénéfique pour un écosystème (Higgins et al., 1989; Milchunas et al., 1989; Milchunas et al., 1992). Cependant, dans tout plan de gestion, il faut prendre des décisions qui bénéficient à toutes les espèces cibles et qui ont le moins possible d'effets négatifs sur les espèces indigènes non ciblées. Pour toutes les mesures proposées pour la buchloé faux-dactyle, il faut tenir compte de l'incidence sur les autres espèces et communiquer avec les autres équipes de rétablissement travaillant dans la même région pour que les ressources soient utilisées le plus efficacement possible et pour éviter le double emploi ou l'incompatibilité avec les recherches. Les espèces habitant cet écosystème tireraient peut-être profit de la création d'un plan d'action plurispécifique, ce qui devrait être envisagé.

2.8 Énoncé sur les plans d'action

Les plans d'action pour la buchloé faux-dactyle seront terminés d'ici décembre 2011. Le présent programme de rétablissement et l'équipe de rétablissement orienteront l'élaboration des plans d'action par les compétences. La réalisation d'un plan d'action plurispécifique ou écosystémique, dont bénéficieraient les multiples espèces en péril qui habitent l'écosystème, est possible. On prendra entre-temps les mesures de rétablissement énumérées dans les objectifs du rétablissement.


4 Une population naturellement présente signifie toute population qui occupe un habitat naturel au sein d’une aire de répartition indigène. Elle exclut les populations horticoles ou celles qui sont dispersées par les humains et qui se sont établies à l’extérieur de leur aire de répartition indigène ou dans un habitat qui n’est pas naturel.

5 Au Manitoba, la détermination de ces quarts de section repose sur des polygones présentant des degrés variable d'incertitude quant à leur localisation, suivant les normes de NatureServe; il est donc possible que certains quarts de section mentionnés ne renferment en réalité aucun plant de la buchloé faux-dactyle (C. Foster, comm. pers.).

6 Dans l'échantillonnage adaptatif et d'autres plans d'échantillonnage, comme l'échantillonnage en grappes adaptatif ou l'échantillonnage en grappes adaptatif stratifié, l'échantillonnage est effectué à des emplacements prédéterminés et les activités d'échantillonnage augmentent ou diminuent dans les territoires avoisinants dépendant si l'espèce est trouvée ou non (Thompson, 1990, 1991; Smith et al., 2004). Le suivi adaptatif, quant à lui, tient continuellement compte des données de suivi et des mesures de suivi et de gestion appliquées, pour déterminer l'intensité du suivi futur et où il doit avoir lieu (Ringold et al., 1996; Smit, 2003).