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Programme de rétablissement de la lespédèze de Virginie (Lespedeza virginica) au Canada – 2016 [Proposition]

Partie 3

Lespédèze de Virginie – Déclaration du gouvernement en réponse au Programme de rétablissement, préparée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario

Photo : Lespédèze de Virginie
Photo : Allen Woodliffe

La protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario

Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La biodiversité – la diversité des organismes vivants sur la Terre – nous fournit de l’air et de l’eau propres, de la nourriture, des fibres, des médicaments et d’autres ressources dont nous avons besoin pour survivre.

La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) représente l’engagement juridique du gouvernement de l’Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Dès qu’une espèce est désignée comme disparue de l’Ontario, en voie de disparition ou menacée aux termes de la LEVD, elle est automatiquement protégée contre toute forme de harcèlement. En outre, dès qu’une espèce est désignée comme en voie de disparition ou menacée, son habitat est protégé contre les dommages et la destruction.

Aux termes de la LEVD, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts (le ministère) doit veiller à ce qu’un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement offre des conseils scientifiques au gouvernement à l’égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d’une espèce.

Déclarations du gouvernement en réponse aux programmes de rétablissement

Dans les neuf mois qui suivent l’élaboration d’un programme de rétablissement, la LEVD exige que le ministère publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l’Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Le programme de rétablissement pour la lespédèze de Virginie (Lespedeza virginica) a été achevé le 22 novembre, 2013 (http://files.ontario.ca/environment-and-energy/species-at-risk/mnr_sar_rs_sldr_bhcr_en.pdf).

Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l’Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus de se fonder sur les renseignements fournis dans le programme de rétablissement, elle tient compte des commentaires reçus de la part de parties intéressées, d’autres territoires de compétence, des collectivités autochtones et du public. Cette déclaration reflète les meilleures connaissances traditionnelles, locales et scientifiques auxquelles on peut accéder en ce moment; elle pourrait être modifiée si de nouveaux renseignements deviennent accessibles. En mettant en œuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au ministère de déterminer ce qu’il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux et économiques.

La lespédèze de Virginie est une plante herbacée vivace de la famille des papilionacées qui peut atteindre 100 cm de hauteur. L’espèce présente des fleurs d’une couleur allant du mauve au rose, et de nombreuses feuilles étroites qui poussent sur une tige droite et velue. En Ontario, on la trouve uniquement dans le complexe d’Ojibway Prairie de la ville de Windsor.

Démarches futures pour protéger et rétablir le lespédèze de Virginie

La lespédèze de Virginie est désignée comme espèce en voie de disparition aux termes de la LEVD. Aux termes de la LEVD, il est interdit d’endommager ou de perturber cette espèce, et d’endommager ou de détruire son habitat, à moins d’y avoir été autorisé. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le ministère soient respectées.

L’aire de répartition de la lespédèze de Virginie s’étend du Sud-Ouest de l’Ontario au Nord du Mexique. Au Canada, on n’en connaît qu’une seule population, soit celle qui existe dans le complexe d’Ojibway Prairie de la ville de Windsor, en Ontario. Dans ce complexe, l’espèce a été observée en trois endroits différents, chacun situé dans un parc géré par le service des Parcs et Loisirs de la ville. La lespédèze de Virginie a été repérée pour la première fois dans le parc patrimonial Tallgrass Prairie en 1977, mais on ne l’y a pas revu depuis 1997 et il pourrait avoir disparu en raison de la succession écologique. L’espèce a également été observée dans le parc patrimonial Black Oak en 1993, mais on ne l’a pas revue dans ce parc depuis, de sorte qu’elle pourrait avoir disparu à cause du passage des véhicules tout terrain (VTT). Dans le parc Ojibway, troisième site du complexe, la lespédèze de Virginie a d’abord été observée en 1979. Sa présence a été signalée à cet endroit en maintes occasions par la suite et tout récemment en 2011, lorsque 165 plantes ont été répertoriées. Bien que l’observation récente de la lespédèze de Virginie se limite au parc Ojibway, on considère que l’espèce reste présente sur les trois sites du complexe d’Ojibway Prairie, car il se pourrait que des semences viables se trouvent encore dans le sol des deux autres parcs.

L’existence de la lespédèze de Virginie a également été signalée autrefois dans la région de Leamington, en 1892. Cette population est cependant considérée comme disparue, car on ne l’a pas revue depuis cette époque, en dépit de plusieurs recherches ciblées.

Sur les trois sites restants, la principale menace pour la lespédèze de Virginie est la perte et la dégradation de l’habitat en raison de l’altération des régimes de perturbations naturelles. L’absence de perturbations naturelles telles que les incendies ou autres (p. ex., grattage du sol) donne lieu à la succession écologique, et la végétation commence alors à recouvrir le sol dégagé dont l’espèce a besoin pour germer et pousser. Les espèces envahissantes telles que la coronille bigarrée (Securigera varia), le chalef en ombelles (Elaeagnus umbellata) et la centaurée maculée (Centaurea stoebe ssp. micranthos) constituent elles aussi des menaces pour la lespédèze de Virginie, car ces espèces sont capables de coloniser rapidement l’habitat. Dans le passé, la conduite des VTT et des motos hors route posait elle aussi une menace, mais cette activité n’est plus permise dans les parcs où la lespédèze de Virginie subsiste encore.

Un certain nombre de facteurs environnementaux et biologiques contribuent également à la rareté et à la vulnérabilité de la lespédèze de Virginie en Ontario. Premièrement, l’habitat adapté qui reste dans la province est morcelé en petites parcelles rares et dispersées, ce qui limite l’aptitude de l’espèce à se répandre naturellement dans d’autres secteurs. Deuxièmement, là où l’espèce est présente, elle peut l’être faiblement à cause d’influences humaines telles que la suppression du régime naturel des feux. Troisièmement, la lespédèze de Virginie se trouve en Ontario près de la limite septentrionale de son aire, et le climat peut y affecter le recrutement. Enfin, étant donné qu’il ne subsiste qu’une seule petite population de lespédèze de Virginie en Ontario, l’espèce est aussi très vulnérable à divers événements météorologiques comme les inondations et les tempêtes de vent.

Depuis les tout premiers inventaires des plantes réalisés dans la province, la lespédèze de Virginie n’a jamais été commune en Ontario. Sa répartition et son abondance avant cette période sont inconnues. Comme les habitats lui convenant en Ontario sont rares et isolés, la répartition de l’espèce est peu susceptible de s’étendre. Par conséquent, les activités de rétablissement viseront l’amélioration de l’habitat, la réduction des menaces, et l’étude des possibilités d’établir ou de rétablir l’espèce dans les sites qui offrent un habitat adapté dans les trois parcs du complexe d’Ojibway Prairie où elle a été observée.

L’objectif du gouvernement en ce qui concerne le rétablissement de la lespédèze de Virginie en Ontario consiste à maintenir ou à faire augmenter la population à un niveau viable dans les sites existants.

La réaction de la lespédèze de Virginie aux activités de gestion se trouvant vérifiée, le but et l’approche du gouvernement pour le rétablissement de l’espèce pourront être réévalués afin d’envisager d’autres mesures de rétablissement telles que l’établissement de la lespédèze de Virginie à d’autres endroits de son aire naturelle.

La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n’a toutes les connaissances, l’autorité ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l’Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités.

En élaborant la présente déclaration, le ministère a tenu compte des démarches qu’il pourrait entreprendre directement et de celles qu’il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.

Mesures menées par le gouvernement

Afin de protéger et de rétablir la lespédèze de Virginie, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes :

  • Poursuivre la mise en œuvre du Plan stratégique de l’Ontario contre les espèces envahissantes pour traiter le problème des espèces envahissantes (p. ex., la coronille bigarrée) qui menacent la lespédèze de Virginie.
  • Renseigner les autres organismes et autorités qui prennent part aux processus de planification et d’évaluation environnementales quant aux exigences de protection prévues à la LEVD.
  • Encourager la soumission de données sur la lespédèze de Virginie à l’entrepôt de données du ministère des Richesses naturelles au Centre d’information sur le patrimoine naturel.
  • Entreprendre des activités de communication et de diffusion afin d’augmenter la sensibilisation de la population quant aux espèces en péril en Ontario.
  • Protéger la lespédèze de Virginie et son habitat par l’entremise de la LEVD.
  • Appuyer les partenaires en conservation, et les organismes, municipalités et industries partenaires et les collectivités autochtones, pour qu’ils entreprennent des activités visant à protéger et rétablir la lespédèze de Virginie. Ce soutien prendra la forme de financement, d’ententes, de permis avec des conditions appropriées, et de services consultatifs.
  • Encourager la collaboration, et établir et communiquer des mesures prioritaires annuelles pour l’appui gouvernemental afin de réduire le chevauchement des travaux.

Mesures appuyées par le gouvernement

Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu’il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement de la lespédèze de Virginie. On accordera la priorité aux mesures portant la mention « hautement prioritaire » en ce qui concerne le financement aux termes de la LEVD. Lorsque cela est raisonnable, le gouvernement tiendra également compte de la priorité accordée à ces mesures lors de l’examen et de la délivrance d’autorisation en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. On encourage les autres organismes à tenir compte de ces priorités lorsqu’ils élaborent des projets ou des plans d’atténuation relatifs à des espèces en péril. Le gouvernement ciblera son appui sur ces mesures hautement prioritaires au cours des cinq prochaines années.

Secteurs d’intervention : Protection et gestion
Objectif : Maintenir ou améliorer la qualité de l’habitat, et réduire la présence des espèces envahissantes dans l’habitat de la lespédèze de Virginie.

Mesures :

  1. (Hautement Prioritaire) Élaborer et mettre en œuvre des plans visant à améliorer les conditions de l’habitat et à gérer au besoin les espèces envahissantes et la végétation ligneuse indigène dans les sites occupés, en tenant compte d’autres espèces rares présentes sur le site. Les mesures peuvent comprendre le brûlage dirigé, l’enlèvement de la végétation, le grattage, le râtelage et autres. Surveiller l’efficacité des mesures entreprises et modifier les plans de gestion au besoin.

  2. Étudier la possibilité d’établir ou de rétablir l’espèce dans l’habitat adapté existant au parc Ojibway, au parc patrimonial Black Oak et au parc patrimonial Tallgrass Prairie s’il y a lieu, à l’aide de matériel génétique provenant du complexe d’Ojibway Prairie, ou de matériel dont la recherche génétique a déterminé qu’il était d’origine appropriée.

  3. Assurer la conservation de la lespédèze de Virginie en cultivant et en entretenant des plants en d’autres endroits tels que des jardins botaniques, dans le but de soutenir la recherche et les activités d’établissement ou de rétablissement de l’espèce à l’intérieur du parc Ojibway, du parc patrimonial Black Oak et du parc patrimonial Tallgrass. Les plantations devront être réalisées avec du matériel génétique provenant du complexe d’Ojibway Prairie, ou du matériel dont la recherche génétique a déterminé qu’il était d’origine appropriée.

Secteurs d’intervention : Recherche
Objectif : Évaluer la population de lespédèzes de Virginie au sein du complexe d’Ojibway Prairie et effectuer des recherches pour informer les approches en matière de rétablissement de l’espèce.

Mesures :

  1. (Hautement prioritaire) Évaluer l’état et la viabilité de la population et de l’habitat au sein du complexe d’Ojibway Prairie. Ce travail peut inclure :
  • la détermination de la présence de graines viables de lespédèze de Virginie dans les parcs patrimoniaux Tallgrass et Black Oak;
  • la l’évaluation de la gravité de la menace que font peser des espèces envahissantes et indigènes sur la lespédèze de Virginie.
  1. Entreprendre les recherches nécessaires pour définir les méthodes de rétablissement de la lespédèze de Virginie en Ontario. Ces recherches pourront porter sur :
  • Les techniques de gestion de l’habitat (p. ex., la fréquence et l’intensité optimales des brûlages dirigés);
  • la diversité génétique de l’espèce en Ontario par rapport à des populations d’autres parties de son aire;
  • les taux et les distances de dissémination des graines et du pollen;
  • les méthodes pouvant favoriser la germination et le recrutement;
  • la biologie reproductrice de l’espèce (p. ex., modes de pollinisation).

Mise en œuvre des mesures

Le soutien financier pour la mise en œuvre des mesures de rétablissement approuvées pourrait être fourni par l’entremise du Fonds d’intendance des espèces en péril, ou du Programme d’encouragement des exploitants agricoles à la protection des espèces en péril. On encourage les partenaires en conservation à discuter de leurs propositions de projets liés à la présente déclaration avec le ministère des Richesses naturelles. Le ministère peut aussi conseiller ses partenaires à l’égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d’entreprendre le projet.

La mise en œuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l’ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en œuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l’exigent.

Évaluation des progrès

Aux termes de la LEVD, le gouvernement doit évaluer l’efficacité des mesures de protection et de rétablissement visant une espèce au plus tard cinq ans après la publication de la présente déclaration en réponse au programme de rétablissement. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir l’espèce.

Remerciements

Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l’élaboration du Programme de rétablissement pour la lespédèze de Virginie (Lespedeza virginica) en Ontario pour leur dévouement en ce qui a trait à la protection et au rétablissement des espèces en péril.

Renseignements supplémentaires :
Consultez le site Web des espèces en péril
Communiquez avec votre bureau de district du MRNF
Communiquez avec le Centre d’information sur les ressources naturelles
1-800-667-1940
ATS 1-866-686-6072
Courriel : mnr.nric.mnr@ontario.ca
Site Web : ontario.ca/mrn

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