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Programme de rétablissement du pèlerin (Cetorhinus maximus) dans les eaux canadiennes du Pacifique

Résumé de la faisabilité du rétablissement

Le pèlerin est particulièrement vulnérable à la mortalité anthropique en raison de son arrivée tardive à la maturité, de sa faible fécondité, de sa longue période de gestation, des intervalles importants séparant les gestations, de sa faible productivité, de la ségrégation des populations selon le sexe, de l’utilisation d’un habitat qui soutient des pêches commerciales, de son absence de crainte des navires et de la faible taille actuelle de la population (COSEPAC, 2007). Il est difficile d’évaluer avec précision la faisabilité du rétablissement de la population de pèlerins du Pacifique en raison de notre méconnaissance des facteurs qui ont une incidence sur la survie et la productivité de l’espèce. La faisabilité du rétablissement est également associée aux efforts de rétablissement mis en œuvre dans la partie sud de l’aire de répartition de l’espèce (c.-à-d. aux États-Unis et au Mexique). Néanmoins, d’après la meilleure information disponible actuellement, on peut dire que le rétablissement de la population de pèlerins du Pacifique est faisable.

1. Est-ce que des individus aptes à se reproduire sont présents à l’heure actuelle ou le seront dans un avenir prévisible pour soutenir la population ou accroître l’abondance des individus?

Réponse : inconnue.

On ne sait pas si des individus aptes à se reproduire sont actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou l’abondance des individus dans les eaux canadiennes. McFarlane et al. (2009) ont utilisé des modèles de la trajectoire des populations pour déterminer le potentiel de rétablissement de la population de pèlerins du Pacifique. Si une population reproductrice est présente dans les eaux canadiennes du Pacifique et qu’il ne survient aucune mortalité anthropique supplémentaire ni aucun changement additionnel dans l’habitat actuel, on estime qu’il faudra environ 200 ans pour que l’effectif de la population de pèlerins revienne à l’état où il était avant l’exploitation de l’espèce, si la mortalité anthropique est nulle (McFarlane et al., 2009).

2. Y a-t-il suffisamment d’habitats appropriés disponibles pour soutenir l’espèce ou est-il possible de faire en sorte qu’il y ait suffisamment d’habitats appropriés disponibles en prenant des mesures de gestion ou de restauration de l’habitat?

Réponse : oui.

L’aire de répartition actuelle, les voies migratoires ainsi que les aires de reproduction, de mise bas et d’élevage du pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique demeurent inconnues. Certaines caractéristiques de l’habitat qui sont recherchées par l’espèce à certains stades de développement, comme une forte disponibilité saisonnière des aliments, sont connues, mais ces caractéristiques varient sur des échelles temporelles et spatiales. Ainsi, le pèlerin a tendance à se regrouper dans les zones de transition des plateaux côtiers où on observe une abondance accrue du zooplancton (Sims et al., 2006). Qui plus est, l’abondance du zooplancton (la proie de prédilection) et la structure des communautés varient sur des échelles décennales, comme l’atteste la période prolongée d’abondance relativement faible des copépodes observée dans certains secteurs du Pacifique Nord-Est de 1989 à 1997 (King, 2005). Des zones sont depuis toujours fréquentées régulièrement par de grands nombres de pèlerins (p. ex. la baie Barkley, la baie Clayoquot et le bras de mer Rivers); cependant, il est possible qu’un stock rétabli ne retourne pas dans ces zones. Il est probable que la disponibilité de l’habitat pour l’espèce n’ait pas changé. Le pèlerin est souvent associé à l’aire de répartition historique et actuelle du rorqual à bosse (Megaptera novaeagliae) (Wallace et Gisborne, 2006; Newton, comm. pers., 2007). Comme la répartition du rorqual à bosse n’a pas changé et que son abondance s’est accrue récemment, il semble raisonnable de conclure qu’un habitat approprié est disponible pour le pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique (McFarlane et al.,2009).

3. Peut-on éliminer ou atténuer certaines menaces importantes pesant sur l’espèce ou son habitat par l’entremise de mesures de rétablissement?

Réponse : oui.

Les menaces susceptibles d’avoir une incidence sur le pèlerin dans les eaux canadiennes du Pacifique sont précisées à la section 4, « Menaces ». Les menaces actuelles, par ordre d’importance, comprennent l’emmêlement dans des engins de pêche, les collisions avec des navires, le harcèlement et la disponibilité des proies. La première étape de l’atténuation des menaces importantes consiste à améliorer notre connaissance de l’écologie et de la biologie du pèlerin. Il sera ensuite possible de prendre des mesures de gestion à l’égard de ces menaces afin d’en limiter l’incidence. Comme les tendances relatives à la disponibilité des proies (considérée comme une menace peu préoccupante) dans le contexte du rétablissement du pèlerin n’ont pas été étudiées en profondeur, on ignore si cette menace peut être atténuée ou pas. Les mesures prises au Canada pour atténuer les menaces connues comprennent la modification des pratiques de pêche et d’aquaculture et l’élaboration d’un code de conduite pour l’observation par le public et d’autres outils de sensibilisation du public (pour une liste complète de ces mesures, voir la section 6.2, « Tableau de planification du rétablissement »). Parallèlement à ces mesures, la collaboration entre le gouvernement canadien et ceux des États-Unis et du Mexique favorisera le rétablissement de l’espèce dans l’ensemble de son aire de répartition.

4. Est-ce que les techniques de rétablissement nécessaires existent pour que l’on puisse atteindre les objectifs en matière de répartition et de population, ou encore est-il possible d’en élaborer dans un délai raisonnable?

Réponse : oui.

Même si aucune pêche dirigée ou aucun programme d’élimination n’a été mis en œuvre depuis plus de 40 ans, on estime que le déclin de la population de pèlerins dans les eaux canadiennes du Pacifique par rapport au niveau qu’elle affichait avant l’exploitation dépasse toujours 90 %. Cela peut être en partie attribuable aux cas de mortalité actuellement occasionnés par des emmêlements dans des engins de pêche et des prises accessoires ou, en partie, au manque de connaissances sur la population et la répartition de cette espèce (McFarlane et al., 2009). Comme on l’a mentionné précédemment, le pèlerin est particulièrement vulnérable à la mortalité anthropique en raison de son arrivée tardive à la maturité, de sa faible fécondité, de sa longue période de gestation, des intervalles importants séparant les gestations, de sa faible productivité, de la ségrégation des populations selon le sexe, de l’utilisation d’un habitat qui soutient des pêches commerciales, de son absence de crainte des navires et de la faible taille actuelle de la population. Les techniques de rétablissement nécessaires existent et sont considérées comme efficaces. Par exemple, la modification des pratiques de pêche et d’aquaculture ainsi que la collaboration entre les gouvernements canadien, américain et mexicain; cependant, on estime qu’il faudra environ 200 ans avant que l’effectif ne revienne à ce qu’il était avant l’exploitation si la mortalité anthropique est réduite à zéro (McFarlane et al., 2009).