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Guide de consultation sur l’ajout du morse de l’Atlantique à la liste de la LEP en tant qu’espèce préoccupante

Information sur la population

Morse de l’Atlantique

Statut : Espèce préoccupante.

Dernière évaluation du COSEPAC : Avril 2006.

Biologie

Le morse de l’Atlantique, Odobenus rosmarus rosmarus, est un gros mammifère marin grégaire possédant des canines supérieures qui forment de longues défenses. Les mâles adultes sont plus gros que les femelles; ils atteignent environ 315 cm (~1100 kg), et les femelles environ 277 cm (~800 kg). À la naissance, les morses de l’Atlantique mesurent environ 120 cm de long et pèsent près de 55 kg.

Les morses s’échouent sur la glace ou la terre ferme, parfois en grands troupeaux. Les femelles atteignent la maturité à l’âge de cinq à dix ans et donnent naissance à un seul petit environ tous les trois ans. Les mâles atteignent quant à eux la maturité à l’âge de sept à treize ans. La saison d’accouplement a lieu en février-mars, et les petits naissent aux mois de mai et de juin suivants, après une période de gestation active de onze mois. La durée de vie du morse peut être de plus de 35 ans.

Les morses se nourrissent principalement d’organismes vivant au fond de la mer comme des myes et des oursins verts, mais peuvent également manger, à l’occasion, des poissons, des calmars et même des phoques annelés et barbus. Leur habitat de prédilection se trouve dans des eaux peu profondes (80 m ou moins) dont le substrat de fond renferme une communauté productive de bivalves, d’eaux généralement libres à la surface de ces aires d’alimentation et d’échoueries sur la glace ou la terre ferme à proximité.

On considère que quatre populations de morse de l’Atlantique subsistent encore : celle du sud et de l’est de la baie d’Hudson, celle du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis, celle du bassin Foxe et celle de la baie de Baffin (extrême arctique) (figure 1). Une cinquième population, celle de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent, a disparu du pays.

Où trouve-t-on le morse de l’Atlantique?

La population de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent, maintenant disparue du pays, se trouvait dans les eaux du plateau néo-écossais, du golfe du Saint-Laurent et du Saint-Laurent, aussi loin que Rivière-Ouelle (figure 2).

La population du sud et de l’est de la baie d’Hudson occupe un secteur allant du sud des îles Ottawa jusqu’à la zone du point Ekwan, dans l’ouest de la baie James. On observe des déplacements saisonniers locaux entre des sites rocheux où les animaux vont s’échouer durant les périodes inter-glacielles et leurs aires d’hivernage. Dans les archipels Belcher et Sleeper, les morses sont présents à la limite de dislocation en hiver et se déplacent dans les îles et sur la terre ferme en été. On ne connaît cependant pas les allées et venues hivernales des animaux qui passent l’été le long de la côte de l’Ontario, et on ignore si les morses se déplacent entre la côte de l’Ontario et les îles Belcher.

La population du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis occupe une zone allant d’Arviat, sur la côte ouest de la baie d’Hudson vers le nord, puis vers l’est par le détroit d’Hudson jusqu’à la rivière Clyde, sur la côte est de l’île de Baffin, puis vers le sud le long de la côte du Labrador, mais rarement au-delà de la baie d’Hebron-Okak. Les déplacements saisonniers ne sont pas bien documentés. Certains animaux semblent demeurer toute l’année dans cette zone, se déplaçant entre le littoral et le large selon les conditions glacielles. D’autres semblent entreprendre des migrations saisonnières importantes. Il est probable que certains morses, qui passent l’été au large de l’est de l’île de Baffin, migrent vers l’ouest du Groenland lorsque vient l’hiver. En outre, il pourrait y avoir des subdivisions de la population au sein de cette vaste aire de répartition des morses.

La population du bassin Foxe est restreinte aux eaux peu profondes du nord du bassin Foxe où les morses vivent toute l’année. La plupart des déplacements saisonniers sont apparemment locaux et en fonction des conditions glacielles.

La population de la baie de Baffin (extrême arctique) est répartie sur une aire qui s’étend vers l’île Bathurst à l’ouest, vers le bassin Kane au nord et vers le Groenland, au nord-ouest. À la fin du printemps et au début de l’été, la plupart des morses de cette population se déplacent vers l’ouest dans les îles de l’extrême arctique en empruntant le détroit de Lancaster. On observe également un mouvement vers l’ouest depuis la baie de Baffin jusqu’au détroit de Jones au mois d’août. À l’automne, certains morses quittent le centre de l’Arctique canadien en migrant vers l’est par le détroit de Lancaster, tandis que d’autres semblent demeurer dans des zones de polynies ou de glace mince récurrentes.

Combien y a-t-il de morses de l’Atlantique?

On pense que la population de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent comportait à l’origine des dizaines de milliers d’individus. Elle a été chassée jusqu’à sa disparition du pays vers la fin du 18e siècle. On n’a recueilli aucune preuve de rétablissement de la population au cours des 200 dernières années, bien que qu’il y ait eu des observations occasionnelles au cours des dernières décennies.

On n’a pas effectué de relevé complet de la population du sud et de l’est de la baie d’Hudson, de sorte que l’on ne dispose pas d’estimations précises de la taille de la population ou des tendances.

Au cours des années 1980 et 1990, on a estimé que la population du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis comprenait entre 4850 et 6000 individus. Toutefois, ces estimations sont provisoires et fondées sur quelques observations dans une vaste zone géographique et sur une longue période. Pêches et Océans Canada (MPO) a effectué des relevés d’été le long du sud-est de l’île de Baffin en 2005 et en 2006 pour obtenir de l’information plus récente sur cette population; les résultats sont en cours d’analyse mais, à nouveau, ils ne représenteront qu’une partie de la répartition des morses et un décompte minimal.

Un relevé aérien mené en 1989 nous a permis d’estimer que la population du bassin Foxe comprenait 5500 animaux, avec un intervalle de confiance tel que l’estimation réelle s’établissait entre 2700 et 11 200 individus. Toutefois, ce relevé n’a pas été corrigé pour tenir compte des animaux immergés et ne couvrait pas l’ensemble de la zone nord du bassin Foxe. Aucune tendance concernant la population ne peut être établie à partir de l’information disponible.

On n’a pas effectué de relevé complet de la population de la baie de Baffin (extrême arctique). On a dénombré en tout 452 morses au cours d’un relevé aérien effectué en 1999. Ce chiffre représente un décompte minimal de cette population.

Menaces pesant sur le morse de l’Atlantique

La population de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du golfe du Saint-Laurent a fait l’objet d’une chasse intensive, notamment aux 17e et 18e siècles, et est disparue du pays vers la fin du 18e siècle. La chasse constitue lprincipale menace qui pèse actuellement sur les populations restantes de morses de l’Atlantique, notamment aux extrémités sud et nord de l’aire de répartition actuelle de l’espèce. La biomobilisation des polluants, le développement industriel, la perturbation par le bruit et le changement climatique sont également des menaces d’une gravité non déterminée. en outre, la vulnérabilité de l’espèce aux maladies est inconnue.

Justification de la désignation par le COSEPAC

Cinq populations, s’étendant de la Nouvelle-Écosse à l’extrême arctique, sont reconnues à des fins de gestion en fonction de la répartition géographique, de la génétique et des données basées sur les isotopes du plomb. Certaines des populations semblent être plus en péril que d’autres en raison de la chasse excessive et pourraient être menacées. Cependant, il y a un manque de connaissances au sujet de la structure des populations pour pouvoir les évaluer séparément. La population de la Nouvelle‑Écosse, de Terre‑Neuve et du golfe du Saint‑Laurent a été chassée au point de disparaître du pays à la fin du 18e siècle. Des observations récentes sporadiques d’individus et de petits groupes dans le golfe du Saint‑Laurent et au large de la Nouvelle‑Écosse ne sont pas considérées comme des preuves de rétablissement. La population du sud et de l’est de la baie d’Hudson compte apparemment quelques centaines d’individus, bien que la taille et la structure de la population soient peu connues. Des observations effectuées depuis la fin des années 1930 jusqu’à présent indiquent que les nombres ont diminué considérablement, mais le taux de diminution ne peut pas être quantifié, et on ne sait pas si le déclin se poursuit. La petite taille de la population laisse croire que celle-ci pourrait être vulnérable aux perturbations et aux petites augmentations des activités de chasse. La population totale du nord de la baie d’Hudson et du détroit de Davis pourrait être aussi petite que de 4000 à 6000 individus. La durabilité des prises minimales actuelles est incertaine. Une partie de cette population est chassée dans les eaux du Groenland. La population du bassin Foxe était estimée à 5500 individus en 1989. On ne sait pas si les taux d’exploitation actuels sont durables. Il est possible que la chasse ait réduit la population de la baie de Baffin (extrême arctique) à seulement un faible pourcentage de son nombre d’individus présents en 1900. Le peu d’information disponible indique que la population actuelle est petite et qu’une portion de celle-ci continue d’être chassée à des niveaux non durables dans la région des eaux du nord du Canada et dans le nord-ouest du Groenland. Toutefois, les données de suivi par satellite et l’information génétique indiquent que certains individus de cette population habitent l’archipel canadien (ouest des détroits de Jones et Penny et détroit de Lancaster) et ne sont pas exposés à une chasse excessive. De meilleurs renseignements sont requis au sujet de la taille et de la composition des populations, des déplacements saisonniers, des paramètres vitaux et de la mortalité attribuable à la chasse. La menace la plus importante est la chasse excessive, notamment en ce qui concerne les populations qui habitent les parties méridionale et septentrionale de l’aire de répartition actuelle de l’espèce. L’espèce se qualifie presque pour le statut « menacée » et nécessite un plan efficace de gestion de la chasse. Aucun plan de gestion n’est actuellement en place pour l’espèce. Bien que des niveaux maximaux de récolte aient été établis pour quelques collectivités, on ne sait pas s’ils sont efficaces pour éviter la chasse excessive.

Qu’arrivera-t-il si le morse de l’Atlantique est ajouté à la liste de la LEP?

L’ajout du morse de l’Atlantique à la liste de la LEP en tant qu’espèce préoccupante entraînera l’élaboration d’un plan de gestion, un document visant à promouvoir la conservation d’une espèce vulnérable par la mise en œuvre de mesures de gestion ou de conservation particulières.

Le plan de gestion est élaboré conjointement par les co-gestionnaires et d’autres organismes et personnes intéressées par cette population. Dans les secteurs où le morse est chassé à des fins de subsistance, le plan aide les organisations de chasseurs et de trappeurs à gérer la population. Là où le morse n’est pas chassé, il oriente les activités non consommatrices comme le tourisme. Il est peu probable que des mesures de gestion soient requises dans les zones où le morse est disparu.

Le plan de gestion pourrait recommander des mesures de protection des morses, notamment les suivantes :

  • désignation de zones de gestion du morse ou de mesures de protection de l’habitat, au besoin;
  • élaboration de lignes directrices pour réduire la perturbation des morses découlant d’activités non consommatrices comme le tourisme et la navigation, au besoin;
  • élaboration de plans de gestion conjoints des populations de morses considérées comme étant communes au Canada et au Groenland afin d’éviter que les prélèvements des deux pays ne dépasse pas le niveau d’exploitation que le stock partagé est capable de soutenir.