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Lipocarphe à petites fleurs (Lipocarpha micrantha)

HABITAT

Besoins de l’espèce

Le Lipocarpha micrantha pousse sur des plages de sable soumises aux crues saisonnières, mais protégées des grandes vagues et des courants forts. La plante se rencontre généralement à des endroits où la végétation est très clairsemée; elle ne semble pas tolérer la compétition d’autres espèces. Le L. micrantha peut s’associer à d’autres plantes, communes dans ces milieux, dont plusieurs espèces des genres Cyperus, Bidens et Salix. Le Cyperus squarrosus a été observé dans tous les sites canadiens du L. micrantha. Pour obtenir plus de détails, consulter Sabourin et al. (1992).

Figure 3a. Répartition du Lipocarpha micrantha en Ontario et au Québec. Le point noir indique la population retrouvée en 2001.

Figure 3a. Répartition du Lipocarpha micrantha en Ontario et au Québec. Le point noir indique la population retrouvée en 2001. Les carrés indiquent les populations disparues (deux en Ontario, une au Québec). Le triangle indique la population de la baie Pound Net, au lac à la Pluie, découverte en 2000.

Figure 3b. Répartition du Lipocarpha micrantha en Colombie-Britannique. Le point noir indique la population retrouvée en 2001.

Figure 3b. Répartition du Lipocarpha micrantha en Colombie-Britannique. Le point noir indique la population retrouvée en 2001.

Tendances

À la plage Missisquoi, au Québec, la qualité de l’habitat est inconnue, mais des rapports antérieurs précisent que la qualité de l’eau y était médiocre (Sabourin et al., 1992).

À la plage Holiday, en Ontario, l’étendue et la qualité de l’habitat ont connu un déclin appréciable depuis le dernier relevé, effectué en 1987 (Oldham, comm. pers., 2001). Le niveau de l’eau du marais est maintenu artificiellement élevé pour les besoins de la chasse au canard. Par conséquent, les vasières exondées ont pratiquement disparu du marais lui-même et des baissières se trouvant entre le marais et le lac. Au delà de l’ouvrage de retenue, le canal a été dragué, et le sable ainsi retiré a été empilé à des endroits où le Lipocarpha micrantha a peut-être déjà poussé. Un des seuls endroits où le Cyperus squarrosus a été observé est le sable mouillé bordant ces empilements. La plage du lac est couverte d’algues et de plantes aquatiques en putréfaction, ces dernières appartenant probablement à l’espèce Vallisneria americana. Cette couche de matière organique résulte peut-être de changements dans la qualité de l’eau. Quelle qu’en soit la cause, elle est certainement assez épaisse pour étouffer toute plante poussant dessous.

Dans son état actuel, ce milieu ne peut sans doute pas héberger le Lipocarpha micrantha. Il serait sans doute possible de restaurer l’habitat tout en continuant l’aménagement du marais pour la chasse au canard, mais il faudrait apporter des modifications au régime de retenue des eaux et de dragage du canal. De plus, il faudrait mener des recherches plus approfondies sur la cause et l’impact de la présence de plantes aquatiques en putréfaction sur la plage.

Les plages de la rivière Détroit situées au nord de la plage Holiday ont connu un développement intense. Les populations signalées dans ce secteur en 1892 et 1901 n’ont plus été retrouvées (Sabourin et al., 1992). Le milieu actuel ne peut sans doute pas héberger une population de Lipocarpha micrantha, et les possibilités de restauration sont limitées.

Les deux populations du Nord-Ouest de l’Ontario, soit celle de l’île de Sable, au lac des Bois, et celle de la baie Pound Net, au lac à la Pluie, sont soumises à une régulation artificielle du niveau des eaux. L’utilisation récréative des berges et la présence de plantes envahissantes (Phalaris arundinacea et Phragmites australis) risquent également de nuire à la qualité de l’habitat. Cependant, aucune tendance à long terme n’a été remarquée dans la qualité et l’étendue de l’habitat. À court terme, l’étendue de plage pouvant servir d’habitat varie selon le niveau des eaux. En 2001, l’île de Sable et la baie Pound Net ont connu des niveaux d’eau presque jamais atteints auparavant. Par conséquent, cette année-là, l’étendue d’habitat disponible a été anormalement faible.

Il y a déjà eu environ 28 km de berges convenant au Lipocarpha micrantha au lac Osoyoos, dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. L’aménagement de ces berges a détruit 70 p. 100 de l’habitat, y compris le secteur qui abritait la population disparue de L. micrantha précédemment mentionnée. Le reste de l’habitat se trouve sur des terres de réserve des Premières nations. Les plans d’aménagement envisagés par la bande aboutiraient à la perte de 75 p. 100 de ce qui reste de l’habitat. Si ces plans sont mis en œuvre, la perte totale d’habitat au lac Osoyoos équivaudrait à plus de 90 p. 100.

Protection et propriété

La population de l’île de Sable, en Ontario, se trouve dans une réserve naturelle provinciale. Celle de la baie Pound Net, également en Ontario, se trouve sur des terres domaniales. La population du lac Osoyoos se trouve sur un terrain privé et ne jouit d’aucune protection officielle. Les endroits où poussaient les populations aujourd’hui disparues sont tous situés sur des terrains privés.