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Programme de rétablissement du naseux de Nooksack au Canada

Information sur l'espèce

Le rapport du statut et le résumé de l'évaluation du naseux de Nooksack est disponible au Secrétariat du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (www.COSEWIC.gc.ca).

Nom commun : naseux de Nooksack

Nom latin : Rhinichthys cataractae

Date de l'évaluation : Mai 2000

Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition, avril 1996

Statut selon la LEP : En voie de disparition, juin 2003

Raison de la désignation : Cette espèce possède une répartition restreinte au Canada et connaît un déclin important en raison de la dégradation ou de la perte de l'habitat.

Aire de répartition au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Désigné en voie de disparition en avril 1996. Réexamen du statut et confirmation en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur le rapport de statut existant.


Description de l'espèce

Le naseux de Nooksack est un petit poisson de moins de 15 cm, de la famille des cyprinidés (méné). Ce poisson élancé possède de larges nageoires pectorales et un long museau qui dépasse distinctement la bouche. Les parties supérieures du corps sont de couleur gris vert, avec une bande cuivrée sur la ligne latérale et blanchâtre à la face ventrale. On remarque souvent chez les juvéniles une bande noire latérale qui s'étend du museau jusqu'à une tache sombre diffuse située à la base de la queue (McPhail 1997). Le naseux de Nooksack est considérée une sous-espèce du plus répandu et plus commun naseux de rapides Rhinichthys cataractae (J.D. McPhail, University of British Columbia, pers. comm.). Il a évolué en isolation dans des régions de la rivière Chehalis de l'état de Washington à l'époque des glaciations du Pléistocène (McPhail 1997). Les adultes sont en général insectivores alors que les juvéniles blancs se nourrissent de zooplanctons (Michail 1997).


Populations et répartition

On a recensé les populations de naseux dans quatre ruisseaux tributaires de la vallée du fleuve Fraser en Colombie-Britannique (Figure 1). La répartition globale consiste en environ 20 ruisseaux additionnels dans le nord-ouest de l'état de Washington. L'espèce est disparue de certains affluents des bassins hydrologiques canadiens où il était abondant dans les années 1960 (McPhail 1997). Le statut actuel des populations dans l'état de Washington n'est pas connu. à partir des informations disponibles, le Canada accueille environ 10% du rayon global et 20% de toutes les populations.


Description des besoins de l'espèce

Les besoins biologiques, le rôle écologique et les facteurs limitatifs

La disponibilité d'un habitat de grande qualité est le principal facteur limitatif à l'abondance de la population et à sa répartition (voir ci-après). Avec un habitat adéquat, les populations de naseux de Nooksack devraient récupérer rapidement comme les caractéristiques de leur cycle biologique favorisent une croissance rapide de la population. Ils ont de petits corps, arrivent à maturité rapidement (2 ans, McPhail 1997) et ont une période de frai étendue, d'ailleurs plusieurs fraient plus d'une fois par année (Avril à juillet, Pearson 2004a), une caractéristique qui accroît la fécondité de l'espèce, autrement limitée par la petite taille du corps de la femelle (Blueweiss et al. 1978; Burt et al. 1988).


Figure 1: Répartition canadienne et mondiale du naseux de Nooksack

Répartition canadienne et mondiale du naseux de Nooksack.

Au Canada, le naseux de Nooksack est connu pour habiter quatre bassins hydrographiques (carte de gauche; 1- Rivière Brunette, 2 - Ruisseau Bertrand, 3 - Ruisseau Pepin, 4 - Ruisseau Fishtrap). Au plan mondial, on le retrouve dans nombre d'autres ruisseaux dans le nord-ouest de l'état de Washington (carte de droite, adapté de McPhail 1997).


Besoins en habitat

L'habitat physique

Les naseux de Nooksack sont des spécialistes des courants. La proportion des rapides dans une aire de répartition représente la variable explicative de leur présence; les naseux se tiennent rarement dans les aires de répartition où on compte moins de 10 pour cent de rapides par longueur (Figure 2) ou encore des aires de répartition où de grandes étendues d'habitats d'eau profonde séparent les rapides (Pearson 2004a). Les poissons nés dans l'année requièrent le calme des petits fonds, les habitats tranquilles à proximité immédiate des rapides. La plupart des individus semblent avoir de petits domaines vitaux (des dizaines de mètres du canal) bien qu'un petit nombre d'individus s'aventurent à des centaines de mètres. Des regroupements de rapides peuvent contenir des sous-populations semi-isolées. Les distances et les barrières entre les regroupements de rapides peuvent influencer la survie de la population à long terme en modifiant la dynamique des populations à l'échelle des bassins hydrologiques.


Figure 2: Le naseux de Nooksack se retrouve dans moins de la moitié des passages ayant un taux de 10 pour cent inférieur de rapides par longueur

Figure 2: Le naseux de Nooksack se retrouve dans moins de la moitié des passages ayant un taux de 10 pour cent inférieur de rapides par longueur.

Les chiffres au-dessus des barres noires indiquent la taille des échantillons (adapté de Pearson 2004a).

La quantité d'eau

Les rapides comptent parmi les parties les moins profondes des habitats des ruisseaux et, de fait, ils sont les premiers à rétrécir quand le débit d'eau diminue. Quand l'écoulement de surface s'interrompt, les habitats des rapides sont entièrement éliminés et les naseux de Nooksack sont forcés de se rendre dans les mares, un habitat qu'ils ne prisent guère et où sont compromis leurs chances de fouiller à la recherche de nourriture et de se protéger des prédateurs.

La qualité de l'eau

Il n'y a pas beaucoup d'information sur les tolérances ou les préférences du naseux de Nooksack pour certains paramètres dont l'oxygène dissous, le pH et la température. L'activité semble minimale à des températures inférieures à 11 oC; l'espèce fouille à la recherche de nourriture habituellement à des températures supérieures à 20o C (Pearson 2004a). Le naseux de Nooksack est probablement mal adapté à l'hypoxie puisque leurs habitats des rapides sont biens oxygénés. La norme fédérale sur la qualité de l'eau pour l'oxygène dissous pour appuyer la vie aquatique (5 mg/l, CCREM 1987) constitue un point de référence idéal pour l'évaluation de l'habitat.