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Programme de rétablissement du naseux de Nooksack au Canada

Habitat essentiel

Identification de l'habitat essentiel

L'équipe de rétablissement a mis au point des recommandations fondées sur des données biologiques pour définir l'habitat essentiel du naseux de Nooksack. Ces recommandations ont été préparées et sont contenues dans un document séparé (Pearson 2007), qui est disponible au public sur demande, en s'adressant à l'équipe de rétablissement. Le document proposé sur l'habitat essentiel sera présenté à une équipe de scientifiques externes pour examen par le biais du Comité d'examen des évaluations scientifiques du Pacifique. Une fois le processus d'examen terminé, une version finale formera les recommandations biologiques pour la désignation de l'habitat essentiel. Pour se conformer à la politique actuelle sur les espèces en péril et au contenu du programme de rétablissement, les éléments de discussion sur l'habitat essentiel ci-dessous se veulent des caractéristiques générales dont on devrait tenir compte lors de la désignation de l'habitat essentiel, mais sans faire des recommandations géospatiales précises.

Dans la Loi sur les espèces en péril (LEP), on définit l'habitat essentiel de cette façon : « L'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce. » [SARA A. 2(1)]. L'habitat essentiel du naseux de Nooksack a été défini mais non cartographié ou désigné dans le plan de rétablissement. Un certain nombre de propositions d'habitat essentiel suffisant pour assurer la survie et le rétablissement du naseux de Nooksack sera proposé dans le plan d'action, qui comprendra une analyse socio-économique et une consultation des intervenants. L'équipe du rétablissement a recueilli des données scientifiques qui serviront de base à une désignation officielle de l'habitat essentiel (Pearson 2007). D'autres études seront nécessaires pour confirmer la présence d'autres populations de naseux de Nooksack et de leurs habitats critiques et pour définir leurs menaces spécifiques. La désignation de l'habitat essentiel contribuera à cerner les objectifs de rétablissement et la gestion des activités qui ont une incidence sur l'espèce.


Caractéristiques de l'habitat essentiel

Fondé sur les données physiques et biologiques disponibles, le possible habitat essentiel du naseux de Nooksack pourrait vraisemblablement inclure des éléments clés suivants :

À l'échelle de l'habitat

Les rapides et les points d'eau peu profonds (voir ci-après) sont les habitats requis du naseux de Nooksack mais l'habitat essentiel devrait être défini à l'échelle de l'aire de répartition, une unité plus grande et plus naturelle au niveau de la morphologie d'une rivière, qui porte sur des centaines de mètres de longueur (Frissell et al. 1986). Il y a trois raisons d'adopter cette échelle. D'abord, l'échelle de l'aire de répartition correspond à la distribution des sous-populations à l'intérieur des bassins hydrologiques (Pearson 2004a). Ensuite, les « unités du canal » de l'habitat essentiel (les rapides et les bassins peu profonds) forment des éléments dynamiques et se déplacent fréquemment dans les ruisseaux lors d'inondations. Dans le ruisseau Bertrand, cela se produit sur une base annuelle (Pearson pers. obs.). Dans ces circonstances, la protection efficace et la gestion de l'habitat essentiel doivent permettre les processus normaux du canal et, par conséquent, doivent se dérouler à une échelle spatiale plus grande qu'au niveau du canal. L'échelle de l'aire de répartition est le prochain niveau d'espace dans les classifications acceptées de l'habitat des ruisseaux (Frissell et al. 1986; Imhof et al. 1996). Finalement, l'échelle de l'aire de répartition correspond plus clairement à celle des propriétaires terriens dans ces bassins hydrologiques et, conséquemment, à la plupart des actions potentielles de rétablissement.

L'habitat des rapides

L'information disponible nous porte fortement à croire que les rapides sont essentiels à la pérennité de l'espèce. Le naseux de Nooksack se retrouve habituellement dans les rapides au-dessus de substrat formé de gravier et de pavés libres où la vitesse du courant dépasse 0,25 m.s-1. Il fraie près de la pointe supérieure des rapides (McPhail 1997) entre la fin avril et le début de juillet (Pearson 2004a) et il fouille la nuit à la recherche de nourriture que sont les insectes habitant les rapides (McPhail 1997). Le pourcentage de rapides dans une aire de répartition de ruisseaux est une bonne variable explicative de la présence de naseux. Les rapides qui sont isolées par de longs intermèdes d'étangs profonds sont rarement habités (Pearson 2004a). Un seuil de 10% de rapides par longueur exclurait ces petits rapides isolés qui ont peu de valeur pour le naseux de Nooksack.

L'habitat en eau peu profonde

Les petits naseux de moins d'un an habitent les bassins peu profonds (10 à 20 cm) adjacents aux rapides où ils nagent au-dessus d'un substrat formé de sable, de boue, de morceaux de feuille tout en se nourrissant de pupes chironomies et d'ostracodes (McPhail 1997). La perte de ces habitats se traduira rapidement par des répercussions sur la population.

L'habitat rivulaire

La végétation rivulaire devrait être incluse dans l'habitat essentiel dans la mesure où elle est utile pour protéger l'intégrité de l'habitat essentiel dans les ruisseaux. Les largeurs des ruisseaux varieront d'un site à l'autre et devraient être définies dans les évaluations à l'échelle de l'aire de distribution. Les réserves devraient être suffisantes pour contrôler l'apport des sédiments au ruisseau provenant de l'écoulement de surface, pour empêcher l'érosion excessive des bancs et servir de tampon pour les températures du ruisseau. Les zones de réserves déplaceront également des volumes importants de nitrate et de phosphore des eaux souterraines bien que leur efficacité soit entièrement fonction des conditions hydrogéologiques (Martin et al. 1999; Puckett 2004; Wigington et al. 2003). L'efficacité d'une réserve rivulaire pour empêcher des détritus (p. ex. sédiments, nutriants, toxines) d'entrer dans le ruisseau dépend en grande partie de sa continuité en plus de sa largeur (Weller et al. 1998). Par conséquent, les réserves rivulaires, dans les aires d'habitat essentiel, devraient être continues. Dans les espaces au grand vent, notamment les champs agricoles, la végétation des secteurs de réserve recueillera les insectes poussés par le vent (Whitaker et al. 2000). Ces dits insectes, provenant de la végétation rivulaire pour se retrouver dans l'eau, constitue une importante sources alimentaire dans le courant principal des ruisseaux (Allan et al. 2003; Schlosser 1991).

Il est imposant de comprendre qu'en certaines circonstances, plus de 30 m de végétation rivulaire puissent être nécessaires pour atténuer complètement l'effet de la chaleur (Brown & Krieger 1970; Catelle et al. 1994; Lynch et al. 1984), de l'envasement (Davies & Nelson 1994; Kniffe et al. 2003; Morin 1982) et pour l'entretien à long terme de la morphologie du canal (Murphy et al. 1986; Murphy & Koski 1989). Au moins 10 m sont nécessaires pour maintenir les niveaux de contribution alimentaire terrestre similaires aux ruisseaux situés dans les forêts (Culpa & Davies 1983). Les réserves aussi étroites que 5 m offrent une protection suffisante de l'érosion des bancs et du dépôt des sédiments provenant de l'écoulement de surface (Lee et al. 2003; McKergow et al. 2003).

L'omission de maintenir une réserve adéquate rivulaire comme une part de l'habitat essentiel pourrait sans doute avoir des répercussions sur les niveaux de population. Dans les habitats où le débit ou les sources souterraines sont insuffisants, l'absence d'ombre pourrait faire monter la température de l'eau à des niveaux dangereux. L'accroissement de l'érosion en raison d'une faible stabilité des bancs favorisera le dépôt de sédiments dans les rapides, nuisant au frai et à l'incubation, restreignant la disponibilité de la nourriture, et éliminant l'espace intercalaire dans les substrats à grains grossiers que le naseux occupe. L'accroissement de nutriants sera plus élevé dans les aires de répartition sans végétation rivulaire adéquate (Dhondt et al. 2002; Lee et al. 2003; Martin et al. 1999) et contribuera probablement à l'hypoxie par le biais du phénomène de l'eutrophisation. La radiation solaire sera également plus élevée dans les aires de répartition absente d'ombre fournie par la végétation rivulaire (Kiffney et al. 2003) et contribuera à l'eutrophisation. Les réserves de 30 m ou plus devraient être maintenues autour de l'habitat du naseux de Nooksack quand il est pratique de le faire pour fournir un niveau plus élevé de protection des impacts de l'utilisation des terres adjacentes.

 

Activités qui pourraient vraisemblablement se traduire par la destruction de l'habitat essentiel proposé

Plusieurs menaces auxquelles sont confrontés les naseux de Nooksack sont reliées à l'habitat et cet enjeu revêt une importance particulière. Les menaces aux caractéristiques potentielles de l'habitat essentiel pour le noiseux de Nooksack sont identifiées et on renvoie le lecteur à la partie des Menaces pour un examen plus approfondi de ce qu'on entend par menaces, qui sont identifiées ci-dessous. Comme nous l'avons mentionné précédemment, il est important de reconnaître que la définition et l'identification de l'habitat essentiel du naseux de Nooksack suivra des recommandations axées sur des facteurs biologiques provenant de l'équipe de rétablissement, suivant un examen par des pairs scientifiques indépendants. Il est tout aussi important de relever qu'il existe plusieurs lacunes dans notre compréhension des caractéristiques potentielles de l'habitat essentiel et de leurs menaces et que la question sera abordée lors d'une recherche dans un ou plusieurs plans d'action.

ActivitéRuisseau BertrandRuisseau PepinRuisseau FishtrapRivière Brunette
Retrait excessif d'eauInquietude importanteInquiétude faibleInquietude moyenneinconnu
Dépôt escessif de sedimentsInquiétude faibleInquietude importanteInquietude moyenneinconnu
Projets de drainageInquietude moyenneInquiétude faibleInquietude importanteinconnu
Formation d'étangsInquiétude faibleInquietude importanteInquietude moyenneinconnu
Drainage des eaux de pluie urbainesInquietude importantePas d'inquiétudeInquietude importanteInquietude importante
élimination de la végétation rivulaireInquietude moyenneInquiétude faibleInquietude importanteinconnu
Accès du bétail aux criquesInquiétude faibleInquiétude faibleInquiétude faibleinconnu

 

ActivitéDescription
Excès excessif d'eauL'extraction d'eau (de surface ou souterraine) pendant les périodes de sécheresse réduit le flux, ce qui peut provoquer l'hypoxie et assécher les rapides indispensables au frai.
Dépôt excessif de sédimentLe dépôt de sédiment dans le substrat du frai et les entraves au flux de l'oxygène vers les œufs et les larves durant l'incubation.
Projets de drainageLes travaux de dragage, de construction de digues et de canaux causent directement le dépôt de sédiments dans les rapides et réduisent le débit de base.
Formation d'étangsLa formation d'étangs par l'homme ou les castors éliminent l'habitat des rapides.
Drainage des eaux de pluie urbainesLes systèmes de drainage des eaux de pluie qui s'écoulent directement dans les criques constituent des sources majeures de contamination toxique et de sédiments. Ils réduisent également le flux de base en nuisant à l'infiltration de l'eau vers les réservoirs souterrains.
élimination de la végétation rivulaireL'enlèvement de la végétation rivulaire expose un ruisseau à une érosion accrue et aux dépôts de sédiments, à l'élévation de la température de l'eau, à une réduction de la nourriture produite par la terre et une augmentation de la charge des nutriants.
Accès du bétail aux criquesLe bétail cause des dommages à l'habitat en écrasant ou en causant l'érosion qui bouche les rapides avec des sediments. Et donne également accès à la charge de nutriants.

 

Échéancier des études pour le repérage de l'habitat essentiel

Nous disposons de l'information pour nous aider à définir l'habitat essentiel du naseux de Nooksack partout dans son aire de répartition actuellement connue. Des sondages additionnels sont nécessaires pour identifier d'autres populations potentielles et définir les caractéristiques de leur habitat essentiel, comme nous le résumons ci-après :

étudeDescriptionéchéancierStatut
Identification de la populationOn suppose que les rivières Coquitlam et Alouette abritent des naseux de Nooksack si on se fie à une étude morphométrique et génétique préliminaire de leur populations R. cataractae (J.D. McPhail, UBC, unpubl. data). Des échantillons additionnels sont nécessaires pour confirmer l'information.2005-2006En cours
Relevés sur l'habitat essentielL'habitat de la rivière Brunette n'a pas été étudié puisque sa population n'a pas été connue avant 2004. Des relevés seront également nécessaires si la présence du naseux de Nooksack s'avère réelle aux rivières Coquitlam Alouette.2006-2007Planifiée

Lacunes des connaissances de la biologie du naseux de Nooksack

Des études additionnelles devraient être effectuées pour traiter des besoins en données suivantes reliées aux menaces spécifiques au naseux de Nooksack. Cette information contribuera à protéger le naseux de Nooksack et son habitat essentiel.

 

étudeDescriptionéchéancierStatut
Impacts sur la disparition des rapidesLe sort des naseux dans les aires de répartition qui s'assèchent à la fin de l'été est incertain. Un échantillon prélevé pendant cette période permettra de déterminer si l'espèce quitte son aire de répartition, s'enfouit dans le substrat ou meurt.2004-2005En cours
Impact des dépôts de sédiments sur les rapidesIl est incertain dans quelle mesure le dépôt de sédiments dans les rapides touche la capacité de la population du naseux de se maintenir en santé; il faut pouvoir le quantifier.2007-2008Doit être identifié