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Iris lacustre (Iris lacustris)

Taille et tendances des populations

 

La côte ouest de la péninsule Bruce comporte environ 160 km de rivage. L’iris lacustre pousse généralement à moins de 2 km de la rive, à l’exception du site situé à la croisée de la route Dyer Bay et de l’autoroute 6, qui se trouve à 7 km du lac Huron. La zone d’occurrence de l’espèce comprend environ 320 km2 sur la côte de la péninsule Bruce et environ 2 km2 au voisinage de la route Dyer Bay. L’espèce a également été signalée pour l’île Bear’s Rump (Brownell, 1984) et l’île Cove (Morton et Venn, 1987); les deux îles couvrent au total 10,5 km2.

La zone d’occurrence à l’île Manitoulin est plus difficile à déterminer, car l’iris lacustre ne s’étend pas de manière continue le long de la rive. On sait qu’il est présent dans une aire de 11,5 ha à la baie Bélanger et d’environ 0,25 ha à South Bay. Morton (1990) mentionne une communauté qui occupe 10 acres (4 ha) à la pointe Hungerford. Il y a 124 km de côte entre la pointe Hungerford et la baie Bélanger. En supposant que l’espèce pousse à moins de 2 km de la côte, la zone d’occurrence à l’île Manitoulin pourrait atteindre 240 km2. Cependant, étant donné que la présence de l’espèce entre South Bay et la baie Bélanger n’a pas été confirmée, il est probablement plus juste de prendre pour zone d’occurrence les 20 km de côte entre la pointe Hungerford et South Bay et les 5 km de côte de la baie Bélanger et de la pointe Girouard, ce qui donne 50 km2. La zone d’occurrence totale, en tenant compte de la péninsule Bruce, serait donc de 382 km2.

La base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario renferme des mentions de l’espèce pour 43 localités. Vingt-six d’entre elles remontent à plus de 25 ans. On croit que quatre de ces anciennes localités, qui n’ont jamais été revues, ont été détruites par l’urbanisation : il s’agit de Sandwich (maintenant Windsor), de Mirimichi Bay, des îles Fishing et de Big Bay.

Entre le 26 et le 30 mai 2003, nous avons vérifié 32 des localités accessibles. Dans chacune, nous avons estimé en m2 l’étendue des colonies. Les recherches infructueuses après une heure étaient abandonnées. Nous avons attribué un qualificatif de densité à chaque colonie : clairsemée (environ 100 pousses par m2), moyenne (environ 400 pousses par m2) et dense (environ 1 000 pousses par m2), puis nous avons fait le total. Les résultats concordent avec les constatations de Planisek (1983), qui a obtenu une moyenne de 400,5 points végétatifs par m2.

Nous avons trouvé l’iris lacustre dans 16 de ces 32 localités et en avons trouvé deux autres. La zone d’occupation est d’environ 2 470 m2, et la population a été estimée à plus ou moins 959 200 pousses.

À l’île Manitoulin, nous avons confirmé la présence de l’espèce seulement dans une des quatre localités vérifiées. Une des localités a été découverte par M.J. Oldham en 2004. Les trois autres sont soit des localités historiques où la dernière observation remonte à plus de 40 ans et qui sont disparues, soit des localités où l’espèce est peu abondante et a pu échapper à notre vigilance. Dans la péninsule Bruce, l’iris lacustre a été trouvé dans 15 des 28 localités vérifiées. Étant donné que l’information sur l’emplacement des localités est parfois imprécise (de 1 à 10 km près), il est difficile de déterminer si l’espèce est disparue ou si nous ne l’avons tout simplement pas trouvée. Plusieurs localités n’ont pas pu être vérifiées parce que des chalets ont été construits sur le terrain où elle se trouvaient. Cinq d’entre elles sont des localités historiques; on y avait observé des spécimens pour la dernière fois il y a plus de 30 ans. Trois localités peuvent avoir été détruites par des aménagements : une route dans un cas, des habitations avec aménagement paysager dans les deux autres.

Deux localités ont été trouvées aux alentours de localités déjà répertoriées. Vu le manque de précision des indications, on ne peut pas savoir s’il s’agit des mêmes localités. Dans l’ensemble, il semble que, lorsque l’iris lacustre est abondant et que l’utilisation des terres n’a pas changé, les populations peuvent demeurer viable durant de nombreuses années. Une surveillance systématique serait nécessaire pour le confirmer.

Outre les localités vérifiées, il reste probablement des populations saines à la baie Bélanger, à la pointe Hungerford, à l’île Cove et à l’île Bear’s Rump. On sait depuis 2000 que la baie Bélanger abrite une population occupant une aire d’environ 11,5 ha, et qu’une autre population occupe à la pointe Hungerford une aire d’environ 4 ha. La superficie réellement occupée par l’iris lacustre est estimée à environ 0,1 p. 100. Ce chiffre est fondé sur le résultat obtenu en divisant la somme des zones d’occupation à la réserve Dorcas Bay, au parc national de la Péninsule-Bruce et au parc provincial de la Pointe MacGregor par la superficie totale de ces territoires. En gros, la zone d’occupation à la baie Bélanger et à la pointe Hungerford serait donc respectivement d’environ 115 m2 et 40 m2, pour environ 46 000 pousses et 16 000 pousses. Aucune estimation de la population n’est disponible pour les îles Cove et Bear’s Rump. La zone d’occupation totale serait donc de 2 625 m2, et la population totale dépasserait un million de pousses.

Aucun relevé systématique de l’iris lacustre n’a été effectué auparavant; les tendances sont donc difficiles à déterminer. Au cours du dernier siècle, il y a eu un certain déclin du nombre de localités, mais l’ampleur de ce déclin est inconnue. On ne sait pas s’il y a eu déclin de l’iris lacustre pour des raisons autres que la perte d’habitat.