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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Puffin à pieds roses (Puffinus creatopus) au Canada

Résumé

Puffin à pieds roses
Puffinus creatopus

Information sur l’espèce

Le Puffin à pieds roses (Puffinus creatopus) Coues, 1864 est un gros oiseau de mer, dont l’envergure est assez grande. Au vol, il semble lourd, avec des battements d’ailes laborieux. Les parties supérieures de son plumage sont brun grisâtre, les parties inférieures sont blanches et tachetées, le dessous des ailes est marbré et la tête sombre. L’iris est brun, le bec rosâtre teinté de jaune avec le bout foncé et les pattes ainsi que les pieds sont roses. Le plumage est semblable chez les juvéniles et les adultes, tout comme chez les individus des deux sexes, sans variations saisonnières. Il existe une certaine incertitude quant à la classification de l’espèce. Le Puffin à pieds pâles (Puffinus carneipes) est une espèce étroitement apparentée, mais son plumage est entièrement foncé.

Répartition

Le Puffin à pieds roses se trouve principalement dans l’est du Pacifique et se reproduit dans trois îles au large de la côte du Chili : l’île Mocha dans la baie d’Arauco ainsi que les îles Robinson Crusoe et Santa Clara dans l’archipel océanique Juan Fernandez. L’aire de répartition marine de cette espèce s’étend vers le nord le long de la côte de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord, au moins jusqu’à la côte sud de l’Alaska. Le Puffin à pieds roses est présent en toutes saisons au large du Pérou et du Chili, mais l’espèce est habituellement observée le long de la côte de l’Amérique du Nord uniquement pendant le printemps et l’été boréaux. Au Canada, on rencontre cette espèce uniquement au large de la côte de la Colombie-Britannique.

Habitat

Le Puffin à pieds roses se reproduit en colonies et niche dans de longs terriers tortueux pouvant mesurer jusqu’à quelques mètres de long. Dans l’île Mocha, les terriers se trouvent en forêt dense, mais dans les îles Robinson Crusoe et Santa Clara, ils sont situés dans un terrain dégagé recouvert de végétation herbeuse. En milieu marin, il semble que le Puffin à pieds roses préfère se déplacer et rechercher sa nourriture à moins d’un kilomètre de la côte continentale pendant la saison de reproduction. Dans toute l’aire d’hivernage de l’espèce en Amérique du Nord, cette espèce manifeste une préférence pour les eaux à forte productivité biologique associées à la plate-forme continentale.

Biologie

Le Puffin à pieds roses se reproduit dans l’été austral. Après la reproduction, les oiseaux se dirigent vers le nord, longeant la côte ouest de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord. La migration est signalée par le nombre croissant de Puffins à pieds roses observés le long de la plate-forme continentale depuis le golfe de Californie jusqu’en Colombie-Britannique d’avril au début de l’automne. À la fin d’octobre, les effectifs commencent à diminuer alors que les oiseaux retournent vers le Chili et les colonies de nidification. Le régime alimentaire se compose notamment de sardines (Sardinops sagax), d’anchois (Engraulis japonicus), de calmars et de crustacés. Le Puffin à pieds roses peut être solitaire ou grégaire et est souvent associé à d’autres espèces de puffins dans toute son aire de répartition, en particulier au Puffin fuligineux (Puffinus griseus) et au Puffin de Buller (P. bulleri).

Taille et tendances des populations

D’après les estimations grossières du nombre de terriers dans chaque colonie, la population reproductrice du Puffin à pieds roses compterait environ 60 000 individus. Les populations de l’archipel Juan Fernandez semblent être demeurées plus ou moins stables au cours des 15 dernières années, mais on pense qu’elles ont connu un déclin important dans le passé, en particulier dans l’île Robinson Crusoe. Bien que l’on n’ait pas de preuves directes, on pense que les populations de l’île Mocha sont en déclin à cause de la récolte de poussins. Actuellement, il n’y a pas de données démographiques sur le Puffin à pieds roses.

Facteurs limitatifs et menaces

Dans toute son aire de répartition hivernale en Amérique du Nord, le Puffin à pieds roses fréquente de préférence les eaux du rebord externe de la plate-forme continentale, zone qui est aussi fortement utilisée pour la pêche à la palangre. Il y a donc fort probablement des interactions entre l’espèce et la pêche dans toute son aire de répartition. De plus, le Puffin à pieds roses est porté à suivre les bateaux, ce qui augmente la probabilité d’interactions. Par ailleurs, l’abondance de cette espèce dans la moitié de la plate-forme continentale se trouvant du côté de la mer dans son aire d’hivernage la rend particulièrement vulnérable à la pollution par les produits pétroliers due au rejet illégal d’eau de cale souillée par les hydrocarbures et à des déversements de ce type de substances. Ces dernières menaces sont celles qui peuvent le plus compromettre le maintien de l’espèce au Canada.

Par ailleurs, les plus grandes menaces qui pèsent sur le Puffin à pieds roses à terre sont les prédateurs introduits, les perturbations anthropiques, l’exploitation par l’être humain et la destruction de l’habitat. L’importance de chacun de ces facteurs varie selon le lieu de reproduction. Dans l’île Robinson Crusoe de l’archipel Juan Fernandez, on a introduit des coatis (Nasua nasua) pour lutter contre le rat noir (Rattus rattus) et la présence de cette espèce constitue probablement la plus grande menace pour la population de Puffins à pieds roses de l’endroit. Par ailleurs, bien que la récolte de poussins soit illégale, on estime qu’environ 20 p. 100 de la production annuelle de poussins est prélevée par l’être humain chaque année dans l’île Mocha. En outre, il arrive régulièrement qu’on détruise les terriers pour atteindre les poussins. Les interactions entre les oiseaux de mer et la pêche représentent aussi un risque potentiel important. Pendant la saison de reproduction, le Puffin à pieds roses de l’île Mocha manifeste une grande préférence pour la recherche de nourriture dans des secteurs où les activités de pêche sont importantes.

Importance de l’espèce

Le Puffin à pieds roses est une espèce en péril à l’échelle mondiale.

Protection actuelle ou autres désignations

Parmi les diverses désignations et protections du Puffin à pieds roses, mentionnons les suivantes : espèce inscrite sur la liste des espèces « vulnérables » de l’Union mondiale pour la nature (UICN); espèce couverte par la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage; protection de l’habitat de reproduction au Chili; cote SZN (migrateur régulier avec occurrences dispersées) attribuée à l’espèce en Colombie-Britannique par NatureServe.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)Note de bas de pagea
Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pageb
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pagea
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de paged
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de pagee
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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