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Programme de rétablissement de la baleine grise (Eschrichtius robustus), population de l’Atlantique, au Canada

Sommaire

 

La baleine grise est un mysticète (cétacé à fanons) de taille moyenne à grande; elle atteint une longueur maximum d’environ 15 m. La coloration du corps, mouchetée à divers degrés, va du gris foncé au gris clair. Comme elle possède une gamme de caractéristiques distinctives, l’espèce est classée dans une famille monotypique distincte, les Eschrichtiidés.

Historiquement retrouvée dans le nord de l’Atlantique et du Pacifique, la baleine grise se trouve uniquement à l’heure actuelle dans le nord du Pacifique, où deux populations sont présentes. La répartition de l’espèce dans le nord-ouest de l’Atlantique, y compris les eaux canadiennes de l’Atlantique, est induite de la répartition de restes subfossiles, d’observations d’anciens capitaines baleiniers et de la répartition et du comportement de migration de la population existante de l’est du Pacifique. Des restes subfossiles et des observations de baleiniers indiquent qu’elle se trouvait de la Nouvelle-Angleterre au sud de la Floride. Il se peut que les baleines grises de l’Atlantique visitaient les eaux canadiennes, notamment le plateau néo-écossais, le golfe du Saint-Laurent et les Bancs de Terre-Neuve, et entraient peut-être dans la baie d’Hudson.

On croit que la baleine grise a disparu du nord-ouest de l’Atlantique à la fin des années 1800. Les spécialistes ont déduit que la population a disparu à cause de la chasse.

Il n’existe aucune donnée sur les besoins biologiques ou l’habitat essentiel de la population de baleine grise du nord-ouest de l’Atlantique, qui aurait compris des individus fréquentant les eaux canadiennes. D’après les données sur la population du nord-est du Pacifique, la population du nord-ouest de l’Atlantique aurait eu besoin d’aires d’alimentation productives dans les eaux septentrionales, de lagunes côtières protégées pour l’accouplement et la mise bas dans les eaux subtropicales chaudes et d’un corridor de migration, situé probablement à quelques kilomètres de la côte, reliant ces secteurs. La chasse était la principale menace par le passé, mais la chasse des grosses baleines est maintenant interdite au Canada, sauf pour la chasse autochtone de subsistance de faible envergure dans le Nord canadien. L’emmêlement dans les engins de pêche, les collisions avec les navires et la dégradation des habitats côtiers constituent des menaces potentielles pour la baleine grise à l’heure actuelle.

Le rétablissement de cette population est jugé irréalisable. Quoique des individus pourraient être prélevés de la population du nord-est du Pacifique aux fins de réintroduction de l’espèce dans les eaux canadiennes de l’Atlantique, plus d’une centaine seraient requis pour y établir une population viable et le transport de baleines de grande taille à cette échelle n’est pas réalisable. Même si la réintroduction de l’espèce à cette échelle était réalisable, il est fortement douteux que le régime de migration, long et complexe, et les relations trophiques essentielles au succès du cycle de vie de l’espèce pourraient être restaurés.