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Chevalier de rivière (Moxostoma carinatum)

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COSEPAC
Résumé

Chevalier de rivière
Moxostoma carinatum

Information sur l’espèce

Le chevalier de rivière (Moxostoma carinatum) est l’une des sept espèces du genre Moxostoma au Canada. Il ressemble au chevalier rouge (M. macrolepidotum) et au chevalier jaune (M. valenciennesi). Il se distingue des autres espèces de chevaliers par sa tête de taille moyenne, ses lèvres entièrement plissées et le nombre d’écailles sur le pédoncule caudal.

Répartition

Le chevalier de rivière est répandu dans tout le centre et l’est du réseau du Mississippi et dans le versant du golfe, de la Floride à la Louisiane. On trouve plusieurs populations isolées de chevaliers de rivière dans le centre-sud de l’Ontario et le sud du Québec. Depuis la parution du rapport de situation précédent, des mentions historiques de populations de chevaliers de rivière ont été reconfirmées. De nouvelles populations ont été recensées en Ontario et au Québec.

Habitat

Au Canada, des chevaliers de rivièreont été capturés dans des cours d’eau et des lacs. Cependant, leur survie dépend de l’accès à des habitats fluviaux propices à la fraye : courant modéré ou rapide, radiers et plats, et substrats grossiers et propres. L’abondance réduite des chevaliers de rivièredans ces habitats en dehors de la période de fraye laisse croire qu’ils fréquentent des fosses et des radiers plus profonds pendant le reste de l’année. Dans la rivière Richelieu, on trouve des jeunes de l’année le long des rives couvertes de végétation, là où la profondeur moyenne est de 1,5 m (maximum ≤ 3,0 m), la pente des berges est faible (≤ 20º) et le substrat est fin (limon, argile et sable).

Biologie

Le chevalier de rivièreest une espèce à maturation tardive qui vit longtemps et qui requiert un vaste réseau d’habitats de rivière interconnectés, nécessaire pour subvenir aux besoins de tous les stades biologiques. En général, les spécimens matures ont une longueur totale (LT) supérieure à 500 mm et peuvent même dépasser les 700 mm. Au Canada, l’âge maximal enregistré pour un chevalier de rivièreest de 28 ans. La fraye a lieu à la fin du printemps, dans des zones à courant rapide où le substrat est constitué de gravier ou de galets. Le chevalier de rivière est l’espèce du genre Moxostoma qui fraye le plus tard dans la saison, sauf dans quelques rivières du Québec, où le chevalier cuivré (M. hubbsi) fraye après lui. Le chevalier de rivièrese nourrit surtout d’invertébrés benthiques, notamment de mollusques, de larves d’insectes et d’écrevisses.

Taille et tendances des populations

Faute de données de référence, on ne peut établir directement les tendances de la taille des populations. Dans les rivières Mississippi, des Outaouais et Richelieu, les populations recensées dans la dernière mise à jour du rapport sont toujours présentes. L’espèce a probablement disparu de certains bassins hydrographiques (rivières Châteauguay et Yamaska) ou connu d’importants déclins (fleuve Saint-Laurent). On a estimé la taille des populations dans les rivières Gatineau et Mississippi. Toutefois, le nombre peu élevé de poissons recapturés et le non respect de certaines conditions d’application des modèles (p. ex. forts taux d’immigration) laissent croire que ces estimations présentent un risque d’erreur élevé. Un échantillonnage standardisé continu pourrait permettre de mieux cerner les tendances à long terme des populations.

Facteurs limitatifs et menaces

L’aire de répartition du chevalier de rivièreest restreinte par sa tolérance à une gamme limitée d’habitats et par la rareté des habitats de qualité. L’espèce habite les cours d’eau de taille moyenne et grande et ne tolère pas les niveaux élevés de turbidité, d’envasement et de pollution. Les cours d’eau abritant des chevaliers de rivièresont généralement fragmentés par des barrages hydroélectriques, des écluses et des ouvrages de contrôle des crues. Les barrages peuvent nuire aux populations de poissons en altérant les habitats en amont et en aval, en restreignant les déplacements des poissons et en limitant le flux génétique entre populations. À cause de ses exigences en matière d’habitat de fraye (profondeur de l’eau et substrat), le recrutement des chevaliers de rivièreest vulnérable aux changements de débit et à l’envasement des frayères.

Importance de l’espèce

Le chevalier de rivièreétait autrefois une source d’alimentation pour les peuples autochtones et les premiers colons européens, et une espèce d’importance commerciale mineure près de Montréal. La pêche du chevalier de rivière n’existe plus. L’espèce est l’un des rares poissons d’eau douce qui consomme d’importantes quantités de mollusques, remplissant ainsi une fonction écologique unique. 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le chevalier de rivière a d’abord été désigné espèce préoccupante (rare) par le COSEPAC en 1983; il a été reconfirmé à ce titre en 1987. En Ontario, il a été classé dans la catégorie des espèces préoccupantes par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Le chevalier de rivièrefigure sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec.