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Chevalier de rivière (Moxostoma carinatum)

Taille et tendances des populations

Des populations semblent avoir disparu des rivières Ausable, Châteauguay, Noire et Yamaska. Compte tenu du manque de données de base, on ne peut déterminer directement les tendances relatives à la taille des populations existantes. Des populations sont toujours présentes dans les rivières suivantes, mentionnées dans le rapport de situation précédent : Mississippi, des Outaouais et Richelieu. Des preuves de succès de reproduction (jeunes de l’année et juvéniles) ont été recueillies dans le cours inférieur de la rivière Grand (S. Reid, données inédites) et dans la rivière Richelieu (Vachon, 1999a; idem, 1999b; idem, 2002). On a observé d’importants rassemblements de chevaliers de rivière reproducteurs (plus de 50 individus) le long des rivières Grand, Trent et Gatineau ainsi que dans la passe migratoire Vianney-Legendre de la rivière Richelieu. Au lieu d’y voir une augmentation de l’aire de répartition et de la taille des populations, on interprète l’augmentation du nombre de rivières abritant des chevaliers de rivière plutôt comme le résultat d’un échantillonnage plus intensif des grands cours d’eau de l’Ontario, de l’utilisation d’un équipement plus efficace (unité de pêche électrique en embarcation) et d’un intérêt accru pour l’écologie de l’espèce. 

Dans les années 1940, le chevalier de rivière était considéré commun dans le fleuve Saint-Laurent, aux environs de Montréal (Vladykov, 1942); il est maintenant très rare. Cette diminution est vraisemblablement liée à l’accès restreint aux rapides de Soulanges, situés entre le lac Saint-François et le lac Saint-Louis. En outre, de 1929 à 1961, presque toutes les eaux du fleuve Saint-Laurent ont été détournées vers le canal de Beauharnois pour générer de l’hydroélectricité et pour assurer la navigation (Morin et Leclerc, 1998). Enfin, une série de quatre barrages bloque l’accès à quatre sections des rapides.

Campbell (2001) a fait la seule tentative d’estimation de la taille de populations. Les estimations démographiques, fondées sur des travaux estivaux de marquage-recapture dans la population de la rivière Mississippi, variaient de 623 à 830 spécimens. D’après les estimations fondées sur des données de marquage-recapture, la population de la rivière Gatineau s’élevait à 1 012 individus pendant le pic de la fraye (Campbell, 2001). Cependant, le nombre peu élevé de poissons recapturés et le non respect de certaines conditions d’application des modèles (p. ex. de forts taux d’immigration) laissent croire que ces estimations doivent être interprétées avec prudence. Un échantillonnage standardisé continu pourrait permettre de mieux cerner les tendances à long terme des populations. Pour les futurs travaux d’inventaires, il est recommandé de mesurer l’abondance relative pendant la période de fraye (du début juin à la mi-juin), lorsque de grands nombres d’adultes sont regroupés dans des habitats pouvant être efficacement échantillonnés par la pêche électrique en embarcation. Les campagnes d’échantillonnage standardisées au filet trappe de la communauté littorale de poissons de la rivière des Outaouais et de la baie de Quinte (lac Ontario) effectués pendant l’été et l’automne peuvent également fournir des données utiles en vue d’évaluations futures.