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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’orthocarpe à épi feuillu (Orthocarpus bracteosus) au Canada

Résumé

Orthocarpe à épi feuillu
Orthocarpus bracteosus

Information sur l’espèce

L’orthocarpe à épi feuillu (Orthocarpus bracteosus) est une petite plante herbacée annuelle. Ses feuilles sont alternes et sessiles. Ses fleurs, de couleur rose à pourpre et de forme tubulaire, sont groupées en un épi terminal compact au sein de bractées proéminentes. Une variété à fleurs blanches peut aussi être occasionnellement observée, habituellement parmi les plantes à fleurs pourpres.

Répartition

L’orthocarpe à épi feuillu est présent dans l’ouest de l’Amérique du Nord, de l’île de Vancouver jusqu’à l’Orégon à l’ouest de la chaîne des Cascades et vers le sud, à l’est des Cascades jusqu’au nord de la Californie. Au Canada, il a été observé près de Victoria, en Colombie-Britannique. Les populations des îles avoisinant l’État de Washington sont disparues.

Habitat

L’orthocarpe à épi feuillu préfère les mares printanières et les dépressions, des habitats humides en hiver et s’asséchant durant l’été. Il croît parmi une variété de petites herbes, en absence d’herbes plus robustes, d’arbustes et d’arbres.

Biologie

L’orthocarpe à épi feuillu est une plante annuelle herbacée qui germe, croît, fleurit et produit des graines au printemps ou au début de l’été, puis flétrit et meurt. La majorité des graines sont vraisemblablement dispersées à proximité du plant mère puisqu’elles ne possèdent pas d’adaptation pour une dispersion sur une longue distance. Bien que cette plante forme un réseau racinaire avec d’autres espèces végétales, duquel elle obtient l’eau et les nutriments nécessaires, elle contient également de la chlorophylle et est autotrophe.

Taille et tendances des populations

Au total, neuf occurrences historiques (datées entre 1887 et 1954) sont connues pour l’orthocarpe à épi feuillu. Huit de ces populations présumées sont maintenant disparues. Une seule population existe toujours : celle de l’île Trial, près de Victoria, en Colombie-Britannique. Le nombre d’individus au sein de cette population est passé de 40 à environ 940 entre 1998 et 2002.  Les plantes n’ont pas colonisé de nouveaux habitats même durant les années plus favorables.

Facteurs limitatifs et menaces

L’urbanisation près de Victoria, en Colombie-Britannique, a entraîné l’élimination de nombreuses anciennes populations et constitue encore aujourd’hui une menace aux habitats propices et  inoccupés. L’invasion des mauvaises herbes a réduit la capacité des habitats à supporter l’orthocarpe à épi feuillu et menace la dernière population existante située sur l’île Trial. La circulation piétonnière résultant de la présence sur l’île Trial du phare de la Garde côtière canadienne et des plaisanciers menace également la population actuelle. La pollution marine constitue une menace continue puisque cette espèce se retrouve près du niveau de la mer aux abords d’une voie fréquemment empruntée par les pétroliers.

Importance de l’espèce

La population d’O. bracteosus présente en Colombie-Britannique est située à environ 300 km de la limite septentrionale de sa répartition principale localisée en Californie, en Orégon et au sud de l’État de Washington.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La population de l’île Trial est située sur le territoire de la réserve écologique l’île Trial à quelques mètres d’un site commercial spécialisé en communications. Les plants d’orthocarpe, comme toutes les espèces à l’intérieur d’une réserve écologique, sont légalement protégés par la Protected Areas of British Columbia Act. Il n’existeaucun plan de gestion de l’espèces sur la réserve écologique et les employés visitent rarement ce site. L’orthocarpe à épi feuillu apparaît sur la liste rouge de la Colombie-Britannique et est classé, au niveau provincial, S1 (en danger critique).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont
pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4, Note de bas de page5
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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