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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tétras des armoises de la sous-espèce Phaios et la sous-espèce urophasianus au Canada – Mise à jour

Resume

Tétras des armoises
Centrocercus urophasianus
sous-espèce phaios (Centrocercus urophasianus phaios)
sous-espèce urophasianus (Centrocercus urophasianus urophasianus)

Information sur l’espèce

Le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus) est le plus grand tétras d’Amérique du Nord. Il s’agit de l’une des deux espèces de Centrocercus, l’autre étant le Tétras du Gunnison, Centrocercus minimus, dont la répartition se limite à la vallée du Gunnison, au Colorado. Deux sous-espèces du Tétras des armoises sont connues au Canada : le C. u. urophasianus, présent en Alberta et en Saskatchewan, et le C. u. phaios, maintenant disparu du pays, était présent dans le sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique,.

Une analyse génétique préliminaire indique que le Tétras des armoises présent au nord de la rivière Missouri constitue une seule population, laquelle est probablement divisée en trois sous-populations : ruisseau Sage (ouest de la Saskatchewan, Alberta et nord du comté Blaine, au Montana), Prairies (parc national du Canada des Prairies, Saskatchewan et nord des comtés Phillips et Valley, au Montana) et sud de la rivière Milk (sud des comtés Blaine, Phillips et Valley).

Répartition

Le Tétras des armoises montre un lien presque obligatoire avec l’armoise et est présent dans l’aire de répartition de l’armoise dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Les tétras trouvés en Alberta et en Saskatchewan se situent à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce et représentent moins de 1 p. 100 de la population mondiale. Selon des dénombrements historiques, il y a eu une réduction de 90 p. 100 de l’aire de répartition et des déclins importants du nombre d’endroits où l’espèce se reproduit.

Habitat

Le Tétras des armoises occupe l’écorégion de la prairie mixte de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui a été grandement réduite. Sa répartition est étroitement associée à celle de l’armoise argentée. Des caractéristiques particulières de la communauté de l’armoise sont nécessaires pendant la reproduction, la nidification, l’élevage des couvées et l’hivernation. Le couvert herbacé pour la nidification et l’élevage des couvées est peut-être limité pour le Tétras des armoises au Canada.

Biologie

Les Tétras des armoises ont une longue durée de vie et la faible survie d’oisillons pourrait entraîner des déclins de population. La productivité est associée à la végétation locale, à l’âge et à l’état de la femelle reproductrice, aux précipitations printanières, aux perturbations par les humains, à la répartition et à la densité spaciales. Les taux de construction des nids, la taille des couvées ainsi que le succès de la nidification et de la reproduction sont normaux ou élevés, comparativement aux taux signalés dans l’aire de répartition de l’espèce. Cette situation semble indiquer que les taux et le succès de reproduction intrinsèques ne constituent pas des facteurs qui limitent la population. Toutefois, la survie d’oisillons est faible et pourrait constituer un facteur limitatif sur le plan démographique.

Étant donnée leur petite population au Canada, les Tétras des armoises sont très vulnérables au climat et aux événements stochastiques. Il est possible que les sécheresses prolongées aggravent le manque de couvert herbacé pour la nidification et l’élevage des couvées et détériorent l’habitat de l’armoise argentée. Il est difficile d’élever des Tétras des armoises en captivité, et ils ne sont pas de bons candidats pour la translocation. Cependant, il existe actuellement un flux génétique adéquat au Canada.

Taille et tendances des populations

Un suivi au moyen de dénombrements par arène est mené depuis 1968 et 1987 en Alberta et en Saskatchewan, respectivement. Les activités et les protocoles de recherche sont très variables dans les provinces et entre elles, et d’une année à l’autre. La précision des dénombrements par arène pour surveiller l’abondance est discutable. Des estimations approximatives de la population sont effectuées en tenant compte du rapport des sexes, de la visibilité des mâles dans les arènes et du nombre d’arènes occupées. Si des estimations de la population inférieures sont utilisées, le nombre d’individus dans les deux provinces est passé de 777 en 1996 à 450 en 2006, soit un déclin de 42 p. 100. De 1988 à 2006, la population canadienne totale a chuté de 88 p. 100. Les résultats sont similaires quant aux arènes, dont le nombre est passé de 30 à 15 de 1996 à 2006 (un déclin de 50 p. 100).

Il semble exister un corridor essentiel pour le flux génétique dans l’ouest de la Saskatchewan, qui relie le tétras de l’Alberta à la Saskatchewan et au Montana.

Facteurs limitatifs et menaces

Il est bien possible que les déclins actuels de la population soient le résultat d’une accumulation de causes, mais la perte et la dégradation de l’habitat sont considérées comme les facteurs limitatifs les plus importants. Cette situation est la conséquence de la culture de pâturage destiné à l’agriculture et du surpâturage aux États-Unis, de l’expansion de la prospection pétrolière et gazière et des changements hydrologiques. L’effet du virus du Nil occidental et la perte de la variabilité génétique ne sont pas très clairs, mais ils pourraient avoir de graves répercussions pour une petite population.

Importance de l’espèce

Les Tétras des armoises sont considérés comme un indicateur de la santé de l’écosystème de prairie mixte, et leur déclin dans toute leur aire de répartition pourrait soulever des préoccupations. Le public manifeste un haut intérêt envers l’espèce en raison de son unique parade nuptiale; elle est donc une ambassadrice parfaite pour l’écosystème qu’elle habite.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a désigné la sous-espèce urophasianus du Tétras des armoises « en voie de disparition » en 1998 et la sous-espèce phaios « disparue du pays » en 1997. À l’échelle provinciale, le Tétras des armoises a été désigné « en voie de disparition » en Saskatchewan et en Alberta en 1999 et en 2000, respectivement. L’espèce a été inscrite sur la liste de la Loi sur les espèces en péril en 2003. Des représentants provinciaux ont établi une équipe de rétablissement en 1997 et ont produit un programme de rétablissement canadien pour le Tétras des armoises en 2001. Un programme de rétablissement conforme à la Loi sur les espèces en péril a été élaboré en 2006; il mettait l’accent sur la biologie de l’espèce et les buts du rétablissement.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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