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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'andersonie charmante (Bryoandersonia illecebra) au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification

Le Bryoandersonia illecebra a été décrit pour la première fois par Hedwig, sous le nom linnéen Hypnum illecebrum, à partir d’un spécimen provenant de Pennsylvanie. Dès 1805, Palisot de Beauvois (cité par Koch, 1949) s’est aperçu que les spécimens d’Amérique du Nord ainsi nommés étaient distincts de ceux d’Europe; on leur a par la suite attribué divers noms, tels que H. illecebrum var. americanum Brid. et Cirriphyllum boscii(Schwägr.) Grout (Koch, 1949). Lorsque l’ouvrage Species Muscorum de Hedwig a été choisi comme point de départ de la nomenclature des mousses, le nom linnéen est devenu invalide. Robinson (1962) a choisi pour l’espèce le nom Bryoandersonia illecebrum (Hedw.) H. Rob., en l’honneur de son professeur, Lewis E. Anderson. Selon Crum et Anderson (1981), le mot « illecebra » signifie « attrayante, séduisante ».

Le genre Bryoandersonia est monotypique et appartient à la famille, grande et diversifiée, des Brachythéciacées (embranchement des Bryophytes, sous-embranchement des Mousses, ordre des Hypnales).

Description

Le Bryoandersonia illecebra est une grande mousse facile à identifier sur le terrain. On trouvera une description complète de l’espèce dans Robinson (1962) ainsi que dans Crum et Anderson (1981). Certaines des illustrations publiées dans ces ouvrages sont reproduites à la figure 1, avec la permission des éditeurs, et nous présentons des photographies de la mousse à la figure 2. Les termes techniques employés dans la description ci-dessous (et ailleurs dans le présent rapport) sont définis dans Magill (1990); leurs équivalents anglais sont en outre définis dans Crum et Anderson (1981).

Plante
Le Bryoandersonia illecebra est une mousse pleurocarpe robuste, luisante et très ramifiée qui forme des tapis brun-jaune-vert. Les rameaux sont ascendants et julacés, ce qui leur confère avec l’âge, selon Crum et Anderson (1981), l’aspect de queues de rat. La pointe des rameaux est obtuse (figures 1 et figure 22).

Feuilles
Les feuilles caulinaires et raméales sont semblables et mesurent de 1,3 à 2,8 mm de longueur. À l’état sec, les feuilles sont imbriquées, c’est-à-dire chevauchantes et étroitement appliquées contre la tige; à l’état humide, elles sont étalées. Les feuilles sont concaves (en forme de cuillers, d’où le nom anglais « spoon-leaved moss »), lisses, largement ovées, abruptement acuminées, à base cordée non décurrente. À l’état sec, la pointe des feuilles est tordue en hélice. Les marges sont planes, dressées et serrulées de la base au sommet. La nervure est simple et mince et se termine environ au quatre cinquième de la feuille (figure 1).

Figure 1. Illustrations du Bryoandersonia illecebra.Les dessins de A à I sont tirés de Robinson (1962), avec la permission de la revue The Bryologist; le dessin J est tiré de Crum et Anderson (1981), avec la permission de la Columbia University Press.

  1. Cellules médianes d’une feuille, ×333.
  2. Feuille, ×38.
  3. Cellules basales d’une feuille, ×333.
  4. Segment de tige avec feuilles, ×17.
  5. Cellules marginale supérieures d’une feuille, ×333.
  6. Portion de coupe transversale d’une tige, ×333.
  7. Capsule sèche, avec opercule, ×14.
  8. Capsules humides, avec opercules, ×14.
  9. Capsules humides, avec opercules, ×14.
  10. Portion de rameau, ×15,3.

Figure 1. Illustrations du Bryoandersonia illecebra.Les dessins de A à I sont tirés de Robinson (1962), avec la permission de la revue The Bryologist; le dessin J est tiré de Crum et Anderson (1981), avec la permission de la Columbia University Press. – A. Cellules médianes d’une feuille, ×333. – B. Feuille, ×38. – C. Cellules basales d’une feuille, ×333. – D. Segment de tige avec feuilles, ×17. – E. Cellules marginales supérieures d’une feuille, ×333. – F. Portion de coupe transversale d’une tige, ×333. – G. Capsule sèche, avec opercule, ×14. – H-I. Capsules humides, avec opercules, ×14. – J. Portion de rameau, ×15,3.

Figure 2.  Photographies du Bryoandersonia illecebra.

  1. Le B. illecebra près de Paynes Mills, dans le comté d’Elgin, en Ontario, avec « queues de rat » caractéristiques.
  2. Le B. illecebra dans la ZINS du ruisseau Cedar, dans le comté d’Essex, en Ontario; on peut voir le bout d’un marqueur à pointe fine « Sharpie », ce qui montre la taille relativement robuste de la mousse.

Figure 2.    Photographies duBryoandersonia illecebra. - A. Le B. illecebra près de Paynes Mills, dans le comté d’Elgin, en Ontario, avec « queues de rat » caractéristiques. - B. Le B. illecebra dans la ZINS du ruisseau Cedar, dans le comté d’Essex, en Ontario; on peut voir le bout d’un marqueur à pointe fine « Sharpie », ce qui montre la taille relativement robuste de la mousse.

Cellules foliaires
Cellules linéaires, à parois assez épaisses et légèrement ondulées. Près de la base, les cellules sont plus courtes et ponctuées (à parois marquées de dépressions). Les cellules alaires (basales marginales) sont différenciées, peu nombreuses, plus ou moins carrées, opaques, ponctuées, à paroi épaisses (figure 1).

Soie
La soie (tige portant la capsule) est lisse et rouge et mesure de 13 à 25 mm de longueur.

Capsule
La capsule (renfermant les spores) est lisse, fortement inclinée, courbée, asymétrique, d’une longueur de 2 à 3 mm. L’opercule (couvercle de la capsule) est surmonté d’un bec étroit et long (figure 1). Les dents du péristome entourant l’orifice de la capsule sont étroites et brun-jaune.

Sexualité
Le Bryoandersonia illecebra est dioïque, ce qui signifie que les anthéridies (organes mâles) et les archégones (organes femelles) sont portés par des individus différents.

Le Bryoandersonia illecebra est facile à distinguer des espèces d’aspect semblable par son opercule à long bec, ses rameaux julacés à pointe obtuse et ses feuilles profondément concaves (Crum et Anderson, 1981). Robinson (1962) attire aussi l’attention sur les cellules de la tige, qui présentent en coupe transversale des parois assez épaisses (figure 1), et la base des feuilles, qui est auriculée (figure 1B). Les Cirriphyllum peuvent ressembler au B. illecebra, mais ces mousses sont moins robustes et ont des rameaux moins raides et moins julacés. Le Pseudoscleropodium purum (Hedw.) Fleisch. ressemble encore davantage au B. illecebra, notamment sur le plan de la taille et de la texture de la plante, mais les rameaux du P. purum (qui n’a d’ailleurs jamais été trouvé en Ontario) sont disposés de manière beaucoup plus pennée.