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Programme de rétablissement de l'isoète d'engelmann (Isoetes engelmannii) au Canada (proposition)


4.0 Habitat essentiel (proposition)

On propose de désigner les sites des rivières Severn et Gull habitats essentiels de l'isoète d'Engelmann dans les zones où sont établies des sous-populations entre ces zones. Les limites de l'habitat essentiel sont les suivantes :

  1. la ligne des hautes eaux le long des berges;
  2. une distance de 150 mètres en amont de la sous-population la plus distale sur les deux rivières;
  3. en aval, jusqu'au barrage de Big Chute et à une distance de 150 mètres de la sous-population la plus distale sur les rivières Severn et Gull (figures 3 et 4).

Les extensions de l'habitat essentiel en zone sèche sont très importantes pour la survie et le rétablissement de l'isoète d'Engelmann, mais il faudra faire davantage d'études pour déterminer l'étendue de ces extensions. Par conséquent, l'étendue proposée pour les habitats essentiels n'est que partielle.

Comme, à l'heure actuelle, les besoins écologiques pour la survie de l'espèce sont encore incertains (Heydon et Pidgen, 2005), on a adopté une approche fondée sur l'occupation actuelle pour identifier l'habitat essentiel. Les populations de cette espèce regroupent des sous-populations éloignées géographiquement qui sont toutes comprises dans l'habitat essentiel proposé.

L'habitat essentiel comprend les populations d'isoètes d'Engelmann et de son hybride, l'isoète d'Eaton, car il représente la plus grande proportion du patrimoine génétique de l'Isoetes engelmannii au Canada et on suppose pour l'instant que l'isoète d'Engelmann doit pousser à proximité de l'isoète d'Eaton (Brunton, 2003).

Les distances entre les sous-populations vont de 16 à 1 456 mètres (la distance moyenne est de 272,6 mètres sur la rivière Severn et de 142,3 mètres sur la rivière Gull), ce qui indique qu'il est possible pour l'espèce de se disperser et de coloniser d'autres sites sur d'importantes distances dans un milieu aquatique favorable. Ainsi, l'habitat essentiel comprend les zones situées entre les sous-populations connues. En se fondant sur les distances indiquées ci-dessus, on estime qu'en moyenne la dispersion peut se produire jusqu'à une distance de 300 mètres en aval de la population la plus distale sur la rivière Severn et de 150 mètres sur la rivière Gull (si on tient pour acquis qu'il n'y a pas de dispersion en amont). Parce qu'à 300 mètres en aval de la dernière population sur la rivière Severn on rencontre le barrage de Big Chute, cette structure est utilisée comme limite. Par conséquent, les limites en aval de l'habitat essentiel comprennent le barrage de Big Chute sur la rivière Severn, alors que sur la rivière Gull, elles s'étendent à 150 mètres en aval de la population la plus distale.

En 2004-2005, on a découvert une autre sous-population à 150 mètres en amont à partir de la sous-population la plus distale de la rivière Severn. On conclut donc que la dispersion en amont est possible, mais on ignore comment elle se produit (par exemple, la sauvagine). Ainsi, en l'absence d'information plus spécifique, les limites en amont de l'habitat essentiel ont été fixées à 150 mètres des sous-populations les plus distales des rivières Severn et Gull.

Pour atténuer les menaces qui peuvent provenir des zones sèches (comme les pesticides et les engrais), on est d'avis que les limites de l'habitat essentiel devraient se prolonger en zone sèche. Cependant, les preuves sont insuffisantes pour déterminer le type et l'étendue de cette prolongation dans la zone sèche nécessaire pour réduire les menaces. Par conséquent, les limites de l'habitat essentiel sont définies comme la ligne des hautes eaux ordinaires, qui est le niveau moyen ou habituel de l'eau à son point le plus élevé et l'endroit où elle reste suffisamment longtemps pour changer les caractéristiques des terres. Des études scientifiques approfondies seront réalisées en 2006 et 2007 pour déterminer quelles extensions de l'habitat essentiel en zone sèche sont nécessaires pour la survie et le rétablissement de l'espèce.

Figure 3. Habitat essentiel de l'isoète d'Engelmann (Isoetes engelmannii) sur la rivière Gull. (L'habitat essentiel n'est identifié que sur les terres fédérales et provinciales dans la présente version; aucun habitat essentiel n'est identifié sur les terres privées).
Figure 3. Habitat essentiel de l'isoète d'Engelmann (Isoetes engelmannii) sur la rivière Gull. (L'habitat essentiel n'est identifié que sur les terres fédérales et provinciales dans la présente version; aucun habitat essentiel n'est identifié sur les terres privées).

 

Figure 4. Habitat essentiel de l'isoète d'Engelmann (Isoetes engelmannii) sur la rivière Severn et son habitat essentiel. (L'habitat essentiel n'est identifié que sur les terres fédérales et provinciales dans la présente version; aucun habitat essentiel n'est identifié sur les terres privées).
Figure 4. Habitat essentiel de l'isoète d'Engelmann (Isoetes engelmannii) sur la rivière Severn et son habitat essentiel.</strong> (L'habitat essentiel n'est identifié que sur les terres fédérales et provinciales dans la présente version; aucun habitat essentiel n'est identifié sur les terres privées).

4.1 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel

L'habitat essentiel de l'espèce peut être menacé par certaines activités. La construction de quais et de remises à bateaux peut altérer l'habitat en le perturbant et en causant une sédimentation excessive, de même qu'en réduisant les niveaux de luminosité de manière importante. De plus, divers types de dommages mécaniques peuvent survenir qui auraient un impact négatif sur l'habitat essentiel de cette espèce, comme les travaux de dragage, d'épandage de sable, de raclage des plantes aquatiques et de transformation des berges. Aussi, l'utilisation d'herbicides aquatiques pourrait faire disparaître des plantes et même des sous-populations entières. Enfin, l'eutrophisation de l'eau et la sédimentation découlant des activités sur les terres avoisinantes, comme la fertilisation et les fosses septiques dont la capacité est insuffisante, pourraient nuire à l'espèce et à son habitat par une augmentation de la compétition des herbacées.

4.2 Protection de l'habitat existant

Toutes les populations de la rivière Gull (incluant l'habitat essentiel) sont sur des terres publiques gérées par la province (figure 5)1. Les populations de la rivière Severn se trouvent sur des terres fédérales (c'est-à-dire le lieu historique national du Canada de la Voie-Navigable-Trent–Severn), à l'exception d'une sous-population de l'espèce hybride située sur des terres administrées par la province et sur une partie de la réserve de conservation de la rivière Severn (figure 6). Les sites situés sur les terres fédérales sont assujettis à la Loi sur les espèces en péril et au Règlement sur les canaux historiques de la Loi sur le ministère des Transports. À l'heure actuelle, les sites des terres provinciales sont protégés par des lois provinciales comme la Loi sur les terres publiques, qui légifère les activités sur les terres provinciales, et le Provincial Policy Statement qui protège dans une certaine mesure les municipalités contre les activités d'aménagement des terrains privés. Des démarches sont en cours pour que l'espèce soit protégée par le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition. Les gouvernements fédéral et provincial travailleront en coopération afin d'assurer des mesures de protection appropriées pour ces sites.

Figure 5. État actuel du régime foncier et de la protection de l'habitat de la rivière Gull
Figure 5. État actuel du régime foncier et de la protection de l'habitat de la rivière Gull

 

Figure 6. État actuel du régime foncier et de la protection de l'habitat de la rivière Severn


4.3 Calendrier des études pour délimiter complètement l'habitat essentiel

  1. Confirmer le type et la portée des menaces contre l'isoète d'Engelmann dans les zones sèches et aquatiques des rivières Severn et Gull. Date d'achèvement prévue : 2008.

  2. Déterminer les habitudes d'utilisation des terres et de l'eau sur les sites des rivières Severn et Gull (comme l'utilisation d'engrais, de pesticides et d'herbicides, l'utilisation de fosses septiques et les utilisations à des fins de plaisance ou d'affaires). Date d'achèvement prévue : 2008.

  3. Déterminer le type (p. ex.végétal ou général) et l'étendue (c'est-à-dire la largeur) de l'habitat essentiel nécessaire pour atténuer efficacement les menaces contre l'isoète d'Engelmann efficacement, tant sur la rivière Severn que sur la rivière Gull. Date d'achèvement prévue : 2008.

1 L'habitat essentiel n'est identifié que sur les terres fédérales et provinciales dans la présente version; aucun habitat essentiel n'est identifié sur les terres privées.