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Mise à jour Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit Blongios au Canada 2001

Taille et tendances des populations

Le Petit Blongios est tellement discret et silencieux que les données sur la taille et les tendances des populations sont encore contradictoires et incertaines (Gibbs et al., 1992).Entre 1969 et 1993, d’après les relevés des oiseaux nicheurs effectués à la grandeur du continent, il y aurait eu une hausse des effectifs de 16,4 p.100, mais de 1984 à 1993, il y aurait eu une diminution importante de 42,6 p.100 (Price et al., 1995).Selon Dunn (1996), il y aurait eu un déclin, statistiquement non significatif, à l’échelle continentale, d’après ici aussi les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, Breeding Bird Survey). De fait, aucune de ces tendances ne peut être considérée comme fiable parce qu’elles sont toutes fondées sur des échantillons de petite taille, pour une espèce à laquelle la méthode du recensement à partir du bord des routes est peu adaptée.

Dans les Maritimes, on n’a recueilli que 5 mentions pendant les relevés effectués pour l’atlas des oiseaux nicheurs (1986 à 1990), aucune nidification n’ayant été confirmée. Ces résultats indiquent que l’espèce s’y reproduit au moins de façon sporadique, sinon chaque année, et la population totale compterait au mieux une dizaine de couples (Erskine, 1992).

Au Québec, pendant les relevés effectués pour l’atlas des oiseaux nicheurs (de 1984 à 1989), le Petit Blongios n’a été observé que dans 40 des parcelles (1,6 p.100 de 2 464) délimitées aux fins de l’atlas, et la reproduction n’a été confirmée que dans dix d’entre elles. La rareté des données explique l’absence d’estimation précise des effectifs pour le Québec (Fragnier, 1996). Cet oiseau a toujours été considéré comme une espèce rare dans cette province, où il est classé comme vulnérable. L’impression générale est que cet oiseau est en déclin à cause de la perte continue d’habitats dans la province. Son aire de reproduction est restreinte aux régions les plus méridionales et les plus densément peuplées de la province. Il y est désigné S2 par The Nature Conservancy, ce qui signifie qu’on le considère comme une espèce en péril.

En Ontario, les mentions recueillies pour l’atlas des oiseaux nicheurs de 1981 à 1985 provenaient de 223 parcelles (12 p.100 de 1 824), mais la reproduction n’a été confirmée que dans 46 de ces parcelles. Ces mentions proviennent surtout du bord méridional du Bouclier canadien ou des régions situées plus au sud, parties de la province les plus populeuses et les plus fortement touchées par l’agriculture et l’urbanisation. La plupart des observateurs qui ont contribué aux relevés pensaient que l’abondance de l’espèce avait certainement diminué au cours des dernières années en Ontario (Woodliffe, 1987).

D’après les estimations sur l’abondance fournies pour l’atlas, Sandilands et Campbell (1987) ont exprimé l’avis que la population de l’Ontario ne dépassait probablement pas 1 000 couples. L’Ontario Rare Breeding Bird Program (programme des oiseaux nicheurs rares de l’Ontario) n’a pas fourni d’autres estimations pour la période triennale de 1989 à 1991, parce que la couverture n’était pas suffisante dans le cas de cette espèce (Austen et al., 1992). Cependant, comme l’espèce était probablement encore en déclin à cause de la perte d’habitats, on a recommandé une modification de son statut, soit sa reclassification dans la catégorie de risque plus élevée « espèce menacée ».

Bien que l’on manque d’information sur la tendance globale de la population ontarienne, on a constaté un déclin au cours des dernières années au moins dans certains marais le long des rives des Grands Lacs. L’espèce a presque disparu des marais de Long Point, où elle était considérée comme commune au début des années 1980 (Ridout, 1992; D. Sutherland, comm. pers.). Elle a également disparu des marais de la pointe Pelée (D. Sutherland, comm. pers.). Il est possible que les niveaux d’eau élevés qui se sont constamment maintenus dans les Grands Lacs ces dernières années, l’envasement ou la succession végétale aient contribué à ces déclins (D. Sutherland, comm. pers.).

Cependant, on ne sait pas si le Petit Blongios est réellement en déclin dans l’ensemble des marais des Grands Lacs, ou seulement dans certains d’entre eux, ou encore s’il est repoussé vers l’intérieur des terres, dans des marais plus petits. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel attribue encore au Petit Blongios la cote S3 (rare ou peu commun) et la situation de l’espèce n’a pas encore été examinée par le Comité de détermination du statut des espèces en péril de l’Ontario (D. Sutherland, comm. pers.).

Au Manitoba, on pensait que le Petit Blongios se reproduisait seulement dans deux ou trois grands marais de l’extrême sud de la province (Sandilands et Campbell, 1987). Il semble maintenant qu’il pourrait être un peu plus répandu dans la province. Le Centre de données sur la conservation, en consultation avec les naturalistes locaux lui a attribué la cote S3, qui correspond à une présence dans un nombre de localités allant de 21 à 100 (J. Duncan, comm. pers.). Toutefois, cette situation ne reflète probablement pas une augmentation mais serait plutôt le résultat des recherches mieux ciblées et plus intenses visant l’oiseau. La population totale est petite dans cette province.

Le Petit Blongios est également une espèce considérée comme faisant face à de sérieux problèmes dans les régions voisines du nord des États-Unis. Il figure sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) en Illinois et en Ohio, sur celle des espèces menacées (threatened) ou candidates à ce statut en Pennsylvanie et au Michigan, sur celle des espèces préoccupantes au New York et au Vermont, et on lui a attribué la cote S1 au New Hampshire. Cependant, le Programme de surveillance des marais, lancé en 1994, pour assurer la surveillance des milieux humides dans tout le bassin des Grands Lacs, n’a pas encore fourni suffisamment de données pour déterminer la tendance de la population (R. Weeber, comm. pers.). Une analyse plus détaillée pourrait être disponible dans un certain temps si la méthode de recensement utilisée s’avérait adéquate pour permettre une évaluation fiable de l’évolution démographique de cette espèce discrète.