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Mise à jour Rapport de situation du COSEPAC sur le Petit Blongios au Canada 2001

Habitat

Le Petit Blongios niche dans des marais d’eau douce à végétation aquatique dense et haute parsemée de bouquets de végétation ligneuse et de zones d’eau libre. Il est observé plus régulièrement dans les marais de plus de cinq hectares. Il utilise parfois des marais plus petits, mais ceux‑ci ne peuvent supporter une population. Dans la partie septentrionale de son aire de répartition, le Petit Blongios est le plus souvent associé aux quenouilles (Typha), grandes plantes émergentes les plus communes (Gibbs et al., 1992), mais il peut aussi nicher dans des scirpes (Scirpus), des roseaux (Phragmites), des prêles (Equisetum), des carex (Carex), des graminées (Graminacées), des saules (Salix) et des cornouillers (Cornus) (Peck et James, 1983).

La menace la plus importante qui pèse sur le Petit Blongios est la destruction des milieux humides (Gibbs et al., 1992).Le drainage aux fins de l’agriculture est le principal motif qui a mené à la conversion de plus de 70 p.100 des marais qui existaient dans le sud de l’Ontario avant la colonisation (Bardecki, 1981). En outre, l’urbanisation a entraîné la perte de plus de 40 p.100 des marais situés le long du lac Ontario, les pertes s’élevant à plus de 80 p.100 dans les secteurs les plus densément peuplés (McCullough, 1981). Plus de 90 p.100 des marais originaux du sud‑ouest de l’Ontario sont maintenant disparus (Snell, 1978).

Au Québec, le remplissage et l’assèchement des marais aux fins de l’agriculture et de l’expansion urbaine ont été reconnus comme les principales causes de la perte de milieux humides dans les basses terres du Saint‑Laurent (Direction des terres, 1986). Aux États-Unis, plus de 1,9 million d’hectares de milieux humides ont été détruits en deux décennies seulement, du milieu des années 1950 au milieu des années 1970 (Tiner, 1984).

Les milieux humides restants continuent d’être dégradés par le développement. En Ontario, par exemple, le magazine Seasons mentionne dans son numéro du printemps 1995 une entreprise d’agrégats menaçant un milieu humide de classe 2, un projet de développement urbain menaçant un milieu humide de classe 1 et un projet d’aménagement routier pouvant avoir une incidence sur divers milieux humides plus petits. Les marais conservés sont souvent entourés de secteurs développés, sont régulièrement perturbés par les humains et leurs animaux de compagnie et sont exposés aux populations de ratons laveurs attirés par l’environnement urbain, de sorte qu’ils ne sont généralement plus très favorables au Petit Blongios.

La nouvelle Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario tente de rationaliser l’aménagement, mais elle diminue la possibilité de contribution du ministère des Richesses naturelles ou du grand public et réduit énormément la protection accordée aux milieux humides du Bouclier canadien. La diminution de la protection législative liée à la rationalisation peut réduire les coûts, mais elle met en péril la capacité de protéger efficacement une espèce comme le Petit Blongios, quand le développement continue d’empiéter sur les milieux humides.

Les eaux de ruissellement des terres agricoles peuvent également présenter une menace pour les milieux humides (Gibbs et al., 1992). Cependant, on manque de données quantitatives pour évaluer avec précision cette menace.

Comme le Petit Blongios vole en général très bas, les collisions avec des voitures, des clôtures et des fils électriques constituent une autre source importante de mortalité (Gibbs et al.,1992). Si l’on autorise des développements dans les milieux humides, ou trop près de ceux‑ci, il est clair qu’il s’ensuit une dégradation de l’habitat du Petit Blongios. Mais si l’on peut protéger les milieux humides contre les perturbations et la pollution, le Petit Blongios tolérera relativement bien la présence humaine dans un voisinage raisonnablement rapproché. Pour assurer le maintien des populations de Petit Blongios, la préservation des terres humides et leur protection contre la pollution et le ruissellement sont les nécessités les plus urgentes (Gibbs et al., 1992).