Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Pluvier montagnard (Charadrius montanus)

Habitat

Description

Le Pluvier montagnard recherche, pour nicher comme pour passer l’hiver, des lieux plats dénudés ou recouverts de végétation courte (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). En règle générale, les sites de nidification sont en partie dénudés ou couverts de lichen (de 30 à 50 p. 100) et en partie couverts d’une végétation de moins de 10 cm de hauteur, et comportent de grandes étendues (de 0,5 à 1 km de diamètre) de terrain pratiquement plat (pente inférieure à 5 p. 100) (Knowles et Knowles, 1998; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Au Colorado, on a déterminé que la superficie minimale pour nicher est d’environ 28 ha (Knopf et Rupert, 1996).

Les animaux en pâturage jouent un rôle important dans le maintien d’habitats convenant à l’espèce, et maintes études au Montana (Knowles et Knowles, 1998) ont montré qu’un site qui n’est pas brouté est abandonné en quelques années. Le Pluvier montagnard a une préférence marquée pour les prairies bien broutées, voire celles où la surface du sol est très remuée (Knopf et Miller, 1994; Knopf, 1996). Il semble que le broutement d’hiver ou de printemps soit particulièrement important pour façonner un habitat propice à la nidification de l’espèce en Alberta (Wershler et Wallis, 1986) et dans le Montana (Knowles et Knowles, 1998).

Cet oiseau est souvent associé à des animaux fouisseurs, aussi bien dans son aire d’hivernage que dans son aire de nidification (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Dans le Montana, par exemple, les principales populations de l’espèce nichent parmi des colonies de chiens de prairie, où la végétation est moyennement à intensément broutée par le bétail (Olson, 1984; Knowles et Knowles, 1998). Dans les prairies Pawnee au Colorado, après des pluies exceptionnellement abondantes qui ont donné lieu à une végétation trop haute et trop dense pour attirer les pluviers nicheurs, les lieux qui ont continué d’être fréquentés par ces derniers sont ceux où des colonies de chiens de prairie maintenaient des conditions favorables. En Californie, les milieux colonisés par le rat‑kangourou géant ou le spermophile de Californie sont prisés pour l’hivernage (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Les brûlis récents peuvent servir de sites de nidification là où le broutement est insuffisant (Wershler et Wallis, 1986; Knowles et Knowles, 1998). Dans les prairies Pawnee au Colorado, le brûlage dirigé pratiqué expressément pour créer des sites propices à la nidification de l’espèce a donné de bons résultats (Knopf, 1996).

Aux États-Unis, on a récemment observé que le Pluvier montagnard nichait régulièrement dans des champs cultivés, en particulier dans les régions du sud de son aire de nidification, et qu’il fréquentait régulièrement des cultures dans son aire d’hivernage en Californie (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). La présence d’oiseaux nicheurs sur des terres cultivées n’a pas été observée dans le Montana (Knowles et Knowles, 1998).

Au Canada, la plupart des nids de Pluviers montagnards ont été découverts à Lost River, en terrain très brouté ou brûlé depuis peu, au sein de vastes étendues de prairie mixte naturelle totalement exempte de végétation arbustive (Wershler et Wallis, 1986). D’autres nids ont ensuite été découverts à Wildhorse, dans des steppes ponctuées de prairie, dont deux dans un arène de Tétras des armoises. On avait déjà soupçonné que l’espèce pouvait nicher dans ces habitats restreints (Wershler et Wallis, 1986). Il faudrait faire une enquête plus approfondie pour savoir dans quelle mesure elle les fréquente.

Dans les quatre mentions de la région de Val Marie, l’espèce a été observée en association avec des colonies de chiens de prairie. Deux des observations, dont celle d’un nid, ont été faites sur le territoire d’une colonie de chiens de prairie, qui était modérément brouté par le bétail.

Un seul nid a été découvert dans un champ cultivé au Canada; soit à Lost River, près d’un habitat de nidification type. Le nid était construit dans un champ cultivé et ensemencé durant les années 1960 où croissait un mélange d’élyme de Russie et d’espèces indigènes.

La plupart des nids de Pluviers montagnards au Canada ont été observés dans deux étendues reliques de prairie mixte, à savoir le complexe formé par le ruisseau Sage, le canyon de la rivière Milk et le parcours Sud‑Ouest en Alberta-Saskatchewan, ainsi que le parc national des Prairies en Saskatchewan, deux sites considérés par la Northern Great Plains Steppe Ecoregional Conservation Team (1999) comme des sites représentant ensemble la biodiversité d’une région écologique.

Au Canada, l’aire de répartition du Pluvier montagnard abrite d’autres espèces dont le sort est incertain, notamment la Chevêche des terriers, la Buse rouilleuse, la Pie‑grièche migratrice, le Tétras des armoises, le Pipit de Sprague et le renard véloce (COSEPAC, 1999), de même que de nombreuses espèces d’invertébrés et de plantes rares. 

Tendances

La transformation des brousses et des prairies naturelles du centre et du sud de la Californie au cours du vingtième siècle a considérablement réduit et altéré les habitats d’hivernage du Pluvier montagnard. Dans une région type de la Vallée centrale, il reste moins de 4 p. 100 des habitats naturels qui lui conviennent (Knopf et Rupert, 1995). Dans la partie de l’aire de nidification de l’espèce située en territoire américain, la transformation de la prairie naturelle s’est poursuivie tout au long des deux dernières décennies (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Dans le Montana, trois sites de nidification ont été mis en cultures en 1995 (Knowles et Knowles, 1998).

Avant la colonisation, le Pluvier montagnard était une espèce commune dans la région frontalière entre le Canada et les États-Unis (Coues, 1874 et 1878). Mais depuis, l’agriculture n’a laissé que des zones isolées de prairie naturelle, des colonies entières de chiens de prairie ont disparu (Knowles et Knowles, 1998) et ce qu’il reste de prairie naturelle n’est plus brouté comme à l’époque où des hordes de bisons parcouraient la région. Les habitats propices à la nidification du Pluvier montagnard sont ainsi devenus très réduits et localisés au Canada, et l’espèce semble disparue du Montana (Knowles et Knowles, 1998).

L’habitat du Pluvier montagnard au Canada n’a probablement jamais présenté les caractéristiques de la prairie naturelle avant la colonisation, alors qu’elle était broutée par le bison. Par contre, il y a probablement eu une époque où le pâturage a été plus intensif qu’au cours des dernières décennies. Les habitants du Sud‑Est de l’Alberta se souviennent d’un temps où les spermophiles de Richardson, qui aiment les terrains bien broutés, étaient plus abondants. Leur témoignage est confirmé par l’observation dans cette région, au début des années 1970, de nombreux nids de Buses rouilleuses abandonnés (Wallis, 1976). Il est probable que les habitats convenant au Pluvier montagnard étaient alors plus nombreux.

L’habitat de nidification du Pluvier montagnard à Lost River s’est dégradé depuis 1986. La superficie de prairie très broutée s’est amoindrie, et l’activité humaine, l’expansion du territoire et les dérangements connexes se sont accrus dans le voisinage des principaux sites de nidification de l’espèce (Wershler, 1989; C. Wershler, notes de campagne inédites). Les pratiques de gestion des grands pâturages en usage dans la région privilégient généralement un chargement animal modéré et un broutement de léger à modéré. On trouve un pendant à cette vue dans certaines parties des États-Unis, où l’on privilégie une couverture d’herbe uniforme pour réduire le plus possible la perturbation de la prairie et du sol (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Bien qu’au cours des dernières années, seulement une faible partie de la prairie naturelle restante dans l’aire de nidification du Pluvier montagnard au Canada ait été cultivée, il n’existe aucun instrument juridique pour assurer la protection à long terme des habitats naturels de l’espèce à l’extérieur du parc national des Prairies. La conservation de la prairie naturelle dans la région dépendra de la politique du gouvernement en matière de gestion des terres publiques. 

Protection/Propriété

Diverses mesures de conservation adoptées depuis 1986 ont attiré l’attention sur la région du ruisseau Sage et de la rivière Milk. En effet, deux stratégies de gestion du Pluvier montagnard (Wershler, 1989; Wershler, 1990) et un plan provisoire de rétablissement de la population (Edwards, Brechtel et Hjertaas, 1993) ont été élaborés. En dépit de ces initiatives, le financement pour la protection de cette espèce demeure peu élevé, et aucune mesure de gestion ou d’amélioration de son habitat n’a été adoptée. Au contraire, le passage d’un important gazoduc directement dans l’aire de nidification de l’espèce a été autorisé vers la fin des années 1990, et ce, malgré les protestations de groupes écologistes qui demandaient la modification du tracé.

Les oiseaux et les nids observés en Alberta se trouvaient tous sur des terres publiques. En Saskatchewan, dans la région de Val Marie, les observations ont eu lieu sur des terres publiques et des terres privées, dans des parc nationaux ou encore dans des régions proposées comme futurs parc nationaux. La majeure partie de l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada fait partie de terres publiques. Un faible pourcentage de la prairie naturelle pouvant servir d’habitat de nidification à l’espèce se trouve sur des terres privées.