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Pluvier montagnard (Charadrius montanus)

Taille et tendances des populations

En Amérique du Nord, la population actuelle de Pluviers montagnards compte vraisemblablement de 8 000 à 10 000 individus (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999), alors qu’elle a déjà été située entre 214 200 et 319 220 individus (Graul et Webster, 1976). La présente estimation repose sur le nombre d’individus (3 346) dénombrés en Californie à l’hiver 1995, et sur les hypothèses qu’au moins la moitié du groupe en Californie n’a pas été comptée et qu’entre 1 000 et 3 000 individus hivernaient au Texas ou au Mexique (Knopf, 1996).

L’écart entre les chiffres de 1976 et ceux de 1995 s’explique en partie par une forte surestimation de la population en 1976, laquelle avait été obtenue par extrapolation de la densité d’occupation dans les différents territoires où l’espèce nichait. Ainsi, la population du Montana avait été estimée à 88 000 oiseaux (Graul et Webster, 1976), mais ce chiffre a été ramené à moins de 2 800 individus après plusieurs années d’observation des habitats et de relevés de la population dans ce territoire (Knowles et Knowles, 1996).

On pense que la population de Pluviers montagnards en Amérique du Nord a diminué de 63 p. 100 entre 1966 et 1991 (Knopf, 1994). L’analyse des tendances
du Relevé des oiseaux nicheurs pour la même période révèle un déclin d’environ
2,7 p. 100 par an, soit la plus importante baisse de toutes les espèces d’oiseaux endémiques des prairies (Sauer et al., 1997).

Au Canada, cet oiseau se reproduit en très petits nombres dans une zone située le long du 49e parallèle, où il était autrefois réputé commun et abondant (Coues, 1878). On le voyait alors nicher partout dans la prairie sèche et surtout parmi des colonies de chiens de prairie dans la région de la rivière Frenchman (Coues, 1874). Peut‑être y a‑t‑il eu au cours du vingtième siècle des périodes où, le pâturage étant plus intensif, la population de Pluviers montagnards était plus nombreuse que dans les dernières décennies.

Bien que des zones importantes de ce qu’on croit avoir été l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada avant la colonisation aient depuis été cultivées, on ne peut déterminer combien d’habitats ou de sous‑populations de cette espèce ont disparu. La majeure partie des zones cultivées se trouve entre le Sud‑Ouest de la Saskatchewan et Val Marie, et cette transformation de la prairie remonte essentiellement au début du siècle dernier. Il n’est pas non plus impossible que l’ancienne aire de répartition du Pluvier montagnard ait été plus étendue vers l’ouest que ce que l’on croit, et la prairie dans cette région est aujourd’hui en grande partie cultivée.

Au Canada, on n’a jamais dénombré plus de 11 adultes dans l’ensemble de la population. Ce maximum a été enregistré en 1981, à Lost River, seul endroit où il y a eu un relevé cette année‑là. Il y a eu depuis 1979 plusieurs années où aucun oiseau de l’espèce n’a été mentionné au Canada. Il faut cependant préciser qu’il y a eu des années où aucun relevé, même partiel, n’a été fait. Depuis 1979, dans les années où les conditions lui étaient le plus favorables l’effectif total du Pluvier montagnard au Canada n’a probablement pas atteint les 50, voire les 30 individus. À l’heure actuelle, il est possible qu’il n’atteigne pas 10 individus, à cause du manque d’habitats favorables. Ce chiffre est toutefois avancé sous toute réserve, car il ne se fait aucun relevé méthodique de l’espèce au Canada qui permettrait de déterminer avec exactitude son effectif courant ou maximale.

La superficie approximative des sites occupés par les oiseaux nicheurs depuis 1979 est de 5 km2 à Lost River et de 2,5 km2 à Wildhorse. Celle de Val Marie est inconnue, mais est probablement inférieure à 2,5 km2. La superficie totale occupée par la population canadienne depuis 1979 est probablement inférieure à 10 km2.

Le nombre d’adultes dans les différents sites de nidification connus varie en fonction de la disponibilité d’habitats convenables. Il se situe entre 0 et 11+ à Lost River, entre 0 et 2+ à Wildhorse et entre 0 et 2+ à Val Marie.

Le site de nidification le plus productif et le plus étudié est celui de Lost River, où on a observé deux territoires de nidification à 3 km de distance l’un de l’autre. La construction d’un nid ou la parade nuptiale ont été observées à cet endroit une année sur deux, soit six fois entre 1979, date de la première mention de nidification, et 1990, année du dernier relevé de l’espèce  à cet endroit. La population de Lost River est passée de 4 adultes et 3 couvées en 1979 à un maximum de 11 adultes et 6 nids en 1981. En 1988, dernière année où la nidification a été observée, la population était à 2 adultes et 1 nid. Depuis, seulement 2 adultes ont été signalés en 1999.

La région de Lost River est un endroit habituel pour le Pluvier montagnard. La première mention de l’espèce à cet endroit remonte au 23 juillet 1874 (Coues, 1878), date où elle a été observée près de la frontière canado‑américaine, à environ 7 km au sud‑ouest de l’emplacement actuel de Lost River. Les registres contiennent une deuxième mention de 4 adultes (les 2 mâles ont été récoltés), apparemment nicheurs (Soper, 1941), observés à environ 7 km au nord‑est de l’emplacement actuel du même endroit. Peu d’études ornithologiques ont été faites dans cette région avant le début des années 1970.

Dans la région de Wildhorse, où on trouve deux sites de nidification à environ 5 km l’un de l’autre, on a observé au moins deux adultes et une couvée en 1990, en 1994 et en 1999 (annexe 1). Il n’y a eu aucune mention de l’espèce dans les années intermédiaires. Les estimations concernant l’effectif de l’espèce et les habitats qu’elle fréquente sont toutefois moins fiables pour cette région que pour celle de Lost River, en partie parce que les relevés y sont plus limités et moins réguliers, mais également parce que les habitats favorables y sont plus localisés, de sorte que les oiseaux sont moins susceptibles d’être aperçus. Au dire des éleveurs de la région, cet oiseau y niche depuis de nombreuses années.

Les deux sites de nidification de Lost River et de Wildhorse ont été découverts par hasard par des biologistes ou des naturalistes qui n’étaient pas à la recherche de l’espèce. Chacun des sites où cet oiseau a été observé était facile d’accès et parmi les sites les plus fréquentés de la région. Il faudra procéder à des relevés plus systématiques pour être en mesure d’évaluer la situation de cette espèce au Canada.

On ne connaît pas bien l’effectif, la structure et les tendances de la sous‑population de Val Marie. Le peu de données dont on dispose indiquent que l’espèce y est présente de façon plus sporadique qu’en Alberta. Elle est mentionnée quatre fois, soit une première fois en 1977 et trois autres années par la suite (annexe 1).

Pour Knowles et Knowles (1998), la présence d’une population permanente de Pluviers montagnards dans le Montana tiendrait à la disponibilité d’un certain nombre d’habitats convenables suffisamment espacés sur une superficie minimale d’environ 25 km2. Pour expliquer l’existence de petites populations isolées d’oiseaux nicheurs sur ce territoire, les auteurs formulent deux hypothèses : soit tous les pluviers sur ce territoire forment une seule grande population reproductrice, dont les individus parcourent de vastes étendues au printemps à la recherche d’un habitat de nidification, soit le nombre d’individus dans les populations isolées est plus élevé que ne l’indiquent les relevés. Dans un cas comme dans l’autre, la conservation de ces petites populations reproductrices est probablement très importante pour le maintien à long terme de l’effectif de l’espèce sur l’ensemble du territoire.

À l’exception d’une sous‑population vivant dans le sud‑ouest du territoire qui pourrait être en déclin, il semble que les sous‑populations du Montana aient été relativement stables au cours des années 1990 (Knowles et Knowles, 1998). On ne connaît pas l’étendue des interactions entre la population du Montana et celle du Canada, ni entre les sous‑populations du Canada.