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Pluvier montagnard (Charadrius montanus)

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitant l’effectif et la répartition du Pluvier montagnard sont nombreux; ils comprennent, entre autres, la destruction de l’habitat, les pratiques d’exploitation des pâturages, la présence humaine, la prédation naturelle, les conditions climatiques et l’usage de pesticides. 

Destruction de l’habitat

Environ un tiers de la prairie mixte naturelle des grandes plaines a été mis en cultures. Bien que cette transformation se soit pour une large part produite au début du siècle dernier, elle se poursuit aujourd’hui, et on attribue à l’agriculture la disparition au cours des deux dernières décennies d’habitats historiques ou actuels de l’espèce dans 30 comtés des États-Unis, où la menace de l’agriculture continue de planer, en particulier sur les habitats de nidification situés sur des terres privées (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Une grande partie du Nord du Montana et certaines parties du Sud‑Est de l’Alberta et du Sud‑Ouest de la Saskatchewan ont été cultivées, de sorte que l’habitat du Pluvier montagnard dans la partie nord de son aire de nidification se trouve fragmenté. Bien que la mise en cultures de la prairie naturelle connaisse un ralentissement, une proportion importante de ce qu’il en reste dans ces régions ne bénéficie d’aucune mesure de conservation. Au Canada, si les parcelles publiques de prairie naturelle qui sont actuellement louées aux éleveurs pour le pâturage du bétail venaient à être vendues, elles seraient vraisemblablement mises en cultures. L’irrigation de nouveaux secteurs entraînerait aussi une perte de la prairie au profit de l’agriculture.

Une autre menace est indirectement liée à la transformation de la prairie naturelle en cultures, à savoir le risque que ces dernières contribuent à la disparition de l’espèce et de ses habitats naturels (Knopf, 1996). Lorsque la mortalité dépasse la reproduction chez les populations établies dans les champs cultivés, il se produit une migration des individus des habitats naturels, plus productifs, vers ces populations en déficit (Pulliam, 1988). La nidification dans des champs cultivés a été observée principalement dans la partie sud de l’aire de nidification de l’espèce. Les nids, les œufs et les oisillons risquent d’être détruits au passage des machines agricoles lors de l’ensemencement ou du désherbage. En règle générale, les tentatives de construction d’un deuxième nid dans les champs cultivés sont vaines, du fait que la végétation pousse trop haut (Knopf, 1996). En 1993 et en 1994, 48 p. 100 des nids construits dans des champs cultivés de trois États américains ont été détruits par les machines agricoles (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

L’expansion urbaine constitue une autre cause de la transformation de l’habitat du Pluvier montagnard. Au cours de la dernière décennie, on a pu constater au Colorado un important accroissement de l’expansion urbaine au sein de l’aire de nidification de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Dans l’aire d’hivernage de cet oiseau, une très grande partie de la prairie naturelle a disparu au profit de l’agriculture et de l’expansion urbaine, et il ne reste plus qu’une petite partie de l’habitat d’élection du Pluvier montagnard (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Pratiques de gestion des pâturages

Avant la venue des colons européens, la prairie des grandes plaines de l’Amérique du Nord se perpétuait grâce à l’interaction de facteurs dynamiques tels que la sécheresse, le feu et le broutement des hordes de bisons. La mosaïque d’habitats qu’elle offrait comportait des zones caractérisées par des conditions extrêmes (surpâturage, dénudation du sol, etc.) qu’on ne tolère plus aujourd’hui. Or, la disparition de ces dernières, considérées par les éleveurs comme incompatibles avec un bon rendement à long terme, pourrait avoir des conséquences néfastes sur la dynamique des populations et des communautés végétales et animales naturelles. Il suffit de penser, par exemple, à la tendance dans certains secteurs des grandes plaines à favoriser un chargement animal modéré et un pâturage uniforme, pratique à laquelle on attribue du moins en partie le récent déclin de la population de Pluviers montagnards (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Au Canada, il semble que les méthodes actuelles d’exploitation des pâturages constituent le principal facteur limitant la population reproductrice de Pluviers montagnards. On préconise le maintien d’un bon couvert d’herbe et on déconseille le broutement intensif, deux conditions qui s’opposent fortement à la formation d’habitats propices à la nidification de l’espèce. Dans le parc national des Prairies en Saskatchewan, l’absence de brouteurs depuis quelques temps sur le territoire des colonies de chiens de prairie et dans la prairie naturelle environnante retarde le moment où ces habitats pourront être fréquentés par le Pluvier montagnard et d’autres espèces d’animaux sauvages pour lesquelles les surfaces bien broutées constituent un habitat d’élection.

Dans la prairie naturelle, les changements dans de l’exploitation des pâturages s’accompagnent souvent de nouvelles installations, notamment des sentiers, des clôtures et des points d’eau. À Lost River, des bâtiments et des enclos ont été construits au cœur d’un des principaux habitats de nidification du Pluvier montagnard (fréquenté de 1980 à 1988). Par conséquent, la circulation automobile a augmenté au cœur de cet habitat et à la périphérie, de même que la quantité de plantes exotiques cultivées comme fourrage pour le bétail. Aucun pluvier nicheur n’a été observé à cet endroit depuis.

D’autres activités peuvent rendre l’habitat défavorable à la nidification du Pluvier montagnard par la hauteur de la végétation qu’elles favorisent. C’est le cas notamment de l’ensemencement en graminées exotiques pour améliorer les pâturages, de l’utilisation de bassins versants et de la protection contre les incendies (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). 

Déclin des populations de rongeurs fouisseurs

Les campagnes d’extermination des rongeurs fouisseurs ont un effet néfaste sur l’habitat du Pluvier montagnard aussi bien dans son aire d’hivernage que dans son aire de nidification. Les colonies de chiens de prairie sont extrêmement importantes pour le maintien des habitats de nidification de l’espèce, en particulier lorsque la prairie environnante invite moins à la nidification. Or, l’effectif et l’aire de répartition de ce mammifère aux États-Unis ont diminué, peut‑être de l’ordre de 98 p. 100. Les populations qui restent sont menacées par la peste selvatique, la transformation de la prairie naturelle et les programmes permanents d’extermination (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Le spermophile de Richardson partage l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada, mais on ne sait pas dans quelle mesure ce mammifère contribue au maintien de l’habitat de nidification des pluviers. Bien que les spermophiles aient moins d’incidences que les chiens de prairie sur la composition de la végétation et sa hauteur de croissance, leur activité de fouissage peut augmenter considérablement la proportion de sol dénudé, et ils peuvent de cette manière contribuer à l’amélioration de l’habitat des pluviers. Les populations de spermophiles de Richardson dans le Sud‑Est de l’Alberta ont connu un déclin considérable qui demeure inexpliqué (Wallis, 1976). On sait cependant que ce rongeur, comme le chien de prairie, fait régulièrement l’objet de campagnes d’extermination et qu’il est vulnérable à la peste.

En Californie, le recul de la prairie naturelle devant l’agriculture, l’urbanisation, l’activité humaine en général et la lutte contre le spermophile de Californie ont fait perdre au rat‑kangourou géant plus de 98 p. 100 de son aire de répartition originale. Or, le rat‑kangourou géant est particulièrement important pour l’entretien de l’habitat du Pluvier montagnard, et la toute nouvelle baisse de la population de ce rongeur nuirait à la conservation de l’oiseau (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). 

Activité humaine

Diverses activités humaines ont été observées au sein de l’aire du Pluvier montagnard, notamment la recherche et l’exploitation de gisements de pétrole, de gaz et de minerais, ainsi que la construction de routes.

Une des principales menaces que pose la présence humaine dans le domaine du Pluvier montagnard est la circulation automobile. Comme les adultes et les jeunes se nourrissent souvent en bordure des routes ou utilisent celles‑ci comme couloirs de déplacement, l’automobile est une cause directe de mortalité (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Or, la circulation a augmenté au cours des deux dernières décennies dans les régions de Lost River et de Wildhorse en Alberta, en partie à cause de l’attrait que celles‑ci présentent pour les naturalistes, les ornithologues amateurs et les biologistes chercheurs.

Le Wyoming, qui fait partie de l’aire de nidification du Pluvier montagnard, est l’un des États américains où, selon les prévisions, l’industrie de l’extraction de gaz naturel connaîtra la plus forte expansion. Une importante mine de charbon à ciel ouvert a aussi été mise en opération dans cet État. Au Colorado, des puits de pétrole ont été mis en exploitation au sein d’habitats critiques de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Outre l’installation des puits et des mines, qui peut entraîner le sacrifice d’habitats de nidification du Pluvier montagnard, la construction des infrastructures nécessaires à leur exploitation, notamment les routes d’accès, les chemins de circulation et les pipelines, de même que toute l’activité humaine connexe, augmentent la menace pour l’habitat de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). En Alberta, le pipeline de la compagnie Express Pipeline, construit à la fin des années 1990, passe en plein cœur d’une zone de prairie d’importance nationale qui pourrait servir d’habitat au Pluvier montagnard.

On ne sait pas à quelle distance l’activité humaine peut se dérouler sans déranger les oiseaux nicheurs. Toute activité qui dérange les parents au nid constitue une menace pour la survie des oisillons, car ceux‑ci sont exposés au stress et à une chaleur excessive (Graul, 1975; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Conditions climatiques extrêmes

Des taux de précipitation extrêmes peuvent être défavorables au Pluvier montagnard. Des précipitations supérieures à la normale favorisant la croissance d’une végétation luxuriante peuvent contrarier la nidification si l’habitat n’est pas par ailleurs suffisamment brouté (Wershler et Wallis, 1986; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). À l’opposé, on pense que des conditions de sécheresse, auxquelles sont associées une plus grande rareté des ressources alimentaires et, par conséquent, une plus forte prédation, contribueraient à un faible taux de prise d’envol (Knopf, 1996).

Les inondations éclairs et les chutes de grêle peuvent détruire les nids et emporter les adultes comme les petits (Graul, 1975; Knowles et Knowles, 1998).

Bien que le Pluvier montagnard ne soit pas directement menacé par les conditions climatiques extrêmes, le fait que son effectif et son aire de répartition soient en déclin et que l’espèce soit très fidèle à son site de nidification rend cet oiseau plus vulnérable aux facteurs naturels (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Prédation

La prédation chez le Pluvier montagnard est relativement élevée (Knopf, 1996 et 1997), mais ne semble pas constituer un facteur dans le déclin à long terme de la population (Knopf et Rupert, 1996). On peut toutefois penser que la prédation joue un rôle dans la baisse de petites populations isolées d’oiseaux nicheurs, comme celles qui résident au Canada, surtout lorsque les nids sont plus accessibles aux prédateurs, notamment en périodes de sécheresse.

Pesticides

Les Pluviers montagnards qui habitent ou fréquentent les champs cultivés où ils hivernent en Californie sont exposés à une variété de pesticides. Les études biochimiques n’ont pas donné de résultats probants quant aux effets de l’exposition à certains produits chimiques, mais on sait que le DDE et le sélénium peuvent, à un niveau d’exposition donné, avoir des effets néfastes sur ces oiseaux (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

L’épandage d’insecticide pour prévenir les infestations de criquets peut aussi avoir une incidence sur les oiseaux nicheurs, en réduisant de façon très importante la quantité d’insectes disponibles pour l’oiseau, ce qui peut l’obliger à se tourner davantage vers la végétation pour se nourrir et l’expose alors à un plus grand risque d’ingestion de résidus de DDE (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).