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Pluvier montagnard (Charadrius montanus)

Mise à jour

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur le 

Pluvier montagnard

Charadrius montanus

au Canada

Pluvier montagnard


texte:ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION 2000


COSEPAC logo

 
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pluvier montagnard (Charadrius montanus)au Canada -Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 25 p.

WERSHLER, C.R. 2000. Rapport du COSEPAC sur la situation du Pluvier montagnard (Charadrius montanus) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pluvier montagnard (Charadrius montanus) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . Pages 1-25.

Rapport précédent :

WERSHLER, C.R. 1987. COSEWIC status report on the Mountain Plover Charadrius montanus in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 40 p.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the the Mountain Plover Charadrius montanus
in Canada.

Illustration de la couverture :

Pluvier montagnard -- Judie Shore, Richmond Hill (Ontario).

©Ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 2002

No de catalogue CW69-14/117-2002F-IN

ISBN  0-662-86925-7

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2000

Nom commun : Pluvier montagnard

Nom scientifique :Charadrius montanus

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce se trouve en nombres très petits au Canada; elle dépend des habitats qui résultent du surpâturage, lesquels sont très rares au Canada.

Répartition : Alberta, Saskatchewan

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2000.


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COSEPAC Résumé

Pluvier montagnard

Charadrius montanus

Description

Le Pluvier montagnard a la forme du Pluvier kildir, mais il est plus petit, et son plumage est moins coloré. Il a le dessus du corps brun gris et le dessous, blanc teinté de chamois. Les adultes reproducteurs ont des marques noires et blanches sur le front. Le cri de l’espèce, un « krrip » grave et rauque, est distinctif.

Répartition

Le Pluvier montagnard niche dans les grandes plaines de l’Ouest, depuis le Sud du Canada jusqu’au Texas. La majorité de la population passe l’hiver en Californie, le reste, dans le Nord du Mexique, le Sud de l’Arizona et le Sud du Texas. La présence de l’espèce au Canada se limite à une étroite bande le long du 49e parallèle, allant de l’angle sud‑est de l’Alberta jusque dans le Sud‑Ouest de la Saskatchewan.

L’aire de nidification actuelle de cet oiseau est moins étendue qu’elle ne l’était autrefois. Elle s’est surtout rétrécie à la bordure orientale. L’espèce a abondonné ses sites de nidification dans le Nord du Montana, qui formait autrefois avec le Canada, une aire de nidification continue.

Deux sous‑populations de Pluviers montagnards nichent au Canada : l’une dans le Sud‑Est de l’Alberta, l’autre dans le Sud‑Ouest de la Saskatchewan. Depuis 1979, quatre sites de nidification ont été découverts en Alberta, et on croit que l’espèce niche dans un site en Saskatchewan. Elle a disparu d’un autre site en Alberta, où on croit qu’elle a niché en 1941.

Habitat

Le Pluvier montagnard recherche, pour nicher comme pour hiverner, des lieux plats dénudés ou recouverts de végétation courte. Les herbivores brouteurs et les chiens de prairie jouent un rôle important dans le maintien d’habitats propices à la nidification de l’espèce. Celle‑ci montre une préférence pour la prairie bien broutée, mais elle peut s’accommoder de surfaces moins bien broutées si elles sont par ailleurs perturbées par le fouissage des chiens de prairie ou le passage récent du feu.

L’espèce niche parfois dans des champs cultivés, en particulier dans la partie méridionale de son aire de répartition nord‑américaine.

Biologie générale

Le Pluvier montagnard arrive au Canada pour nicher en avril, et la période de nidification s’étend de mai à juillet. De la fin du mois de juillet à la fin du mois d’octobre, on peut apercevoir des oiseaux en famille ou en bandes postnicheuses un peu partout dans leur aire de nidification. La plupart des oiseaux regagnent leur aire d’hivernage au plus tard au début de novembre.

Le comportement de reproduction du Pluvier montagnard est unique parmi toutes les espèces d’oiseaux des prairies d’Amérique du Nord. La femelle pond trois œufs, plutôt que les quatre habituels, dans une dépression au sol. Souvent, l’incubation est laissée au mâle pendant que la femelle pond une deuxième couvée de trois œufs, qu’elle couve elle‑même. Les œufs éclosent au bout d’environ un mois, et les oisillons prennent leur envol quelque 35 jours plus tard.

Le Pluvier montagnard est porté à retourner au même site de nidification année après année, mais il semble capable de parcourir de vastes étendues à la recherche d’un nouveau site de nidification lorsque l’ancien ne répond plus à ses besoins.

Taille et tendances de la population

La population actuelle de Pluviers montagnards en Amérique du Nord compte vraisemblablement de 8 000 à 10 000 adultes. On pense qu’elle a diminué de 63 p. 100 entre 1966 et 1991. L’analyse des tendances du Relevé des oiseaux nicheurs pour la même période révèle un déclin d’environ 2,7 p. 100 par an, soit la baisse la plus importante de toutes les espèces d’oiseaux endémiques des prairies.

Vu l’absence de relevés systématiques de l’espèce au Canada, il est difficile d’estimer son effectif reproducteur. On croit cependant que le nombre d’adultes est probablement toujours demeuré inférieur à 50 au cours des vingt dernières années. On a dénombré un maximum de 11 adultes dans la sous‑population de l’Alberta en 1981. Le maximum depuis 1985 est de 2 adultes.

Facteurs limitatifs et menaces

Le déclin de la population nord‑américaine de Pluviers montagnards est attribué à la transformation de la prairie naturelle en cultures, aux pratiques culturales, à la gestion des pâturages, à la baisse des populations d’herbivores indigènes et éventuellement à l’usage de pesticides. Au Canada, la principale menace pour la population reproductrice de l’espèce réside dans les méthodes d’exploitation des pâturages, qui s’opposent au broutement intensif, donc limitent le maintien d’habitats propices à la nidification. Il en résulte de petites populations isolées d’oiseaux nicheurs plus vulnérables aux facteurs naturels, tels que les conditions climatiques extrêmes et la prédation.

Protection actuelle

Le Pluvier montagnard a été désigné espèce en voie de disparition en 1987 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada et a conservé ce statut jusqu’à ce jour. En Alberta, l’espèce est considérée à la limite de son aire de répartition et en voie de disparition. Exception faite des rapports, des plans de gestion et des relevés partiels des populations et des habitats, aucune mesure n’a encore été mise en œuvre pour assurer la conservation de l’espèce au Canada.

En 1999, le U.S. Fish and Wildlife Service a recommandé que le Pluvier montagnard soit inscrit sur la liste des espèces menacées aux États-Unis.

  

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 MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l’échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


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Information sur l’espèce

Nom, classification et taxinomie 

Charadrius montanus Townsend. Pluvier montagnard. Mountain Plover.

Description

Le Pluvier montagnard a à peu près la même forme que le Pluvier kildir, mais il est plus petit, et son plumage est moins coloré. En fait, son plumage est plus terne que celui de toutes les autres espèces nord‑américaines de pluviers. Le dessus du corps est de couleur brun gris et le dessous, blanc avec une teinte chamois. Les adultes reproducteurs ont le front blanc, la partie avant du dessus de la tête noire et des lignes noires fines autour des yeux, traits qui les distinguent de toutes les autres espèces. Chez les jeunes adultes non reproducteurs et les juvéniles, le dessous du corps est d’une teinte chamois plus foncée, et la tête ne porte pas de marques distinctives. Par l’aspect général de leur plumage, ces derniers peuvent, à première vue, être confondus avec le Pluvier bronzé, sauf qu’à la différence de ce dernier, ils n’ont pas de taches pâles sur le dessus du corps ni de traits foncés sur le dessous. Ils ont également des traits blancs très marqués sur les ailes (Farrand, J. Jr., 1983).

Le cri de l’espèce est un « krrip » grave et rauque distinctif.

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Répartition

En Amérique du Nord

Le Pluvier montagnard niche dans les grandes plaines situées à l’est des Rocheuses, depuis le Sud du Canada jusque dans le Sud-Ouest du Texas, et peut‑être plus loin au sud (figure 1). Il occupe au sein de cette grande région des sites de nidification plus ou moins discontinus. Son aire de nidification actuelle est moins étendue qu’elle ne l’était autrefois; elle s’est surtout rétrécie à la bordure orientale (Knopf, 1996; U.S. Fish & Wildlife Service, 1999).

Les relevés effectués depuis 1986 ont permis de mieux cerner les sites de nidification de cet oiseau dans plusieurs compétences. Ainsi, sept sites séparés ont été repérés dans le Montana (Knowles et Knowles, 1998), où on croyait que la présence de l’espèce pendant l’été n’était qu’occasionnelle (Watts, 1981).

L’aire d’hivernage de cet oiseau migrateur s’étend du Centre et du Sud de la côte californienne, ainsi que du Nord de la Basse‑Californie, vers le sud-est pour traverser le Nord du Mexique et des régions du Sud de l’Arizona et du Texas (figure 1). D’après les données récentes, l’espèce hiverne principalement en Californie, et en nombres beaucoup moindres au Texas, en Arizona et au Mexique (Knopf, 1996; U.S. Fish & Wildlife Service, 1999).

 Aire de répartition du Pluvier montagnard en Amérique du Nord


Figure 1. Aire de répartition du Pluvier montagnard en Amérique du Nord.

 

Au Canada

Au Canada, le Pluvier montagnard niche dans l’extrême Sud‑Est de l’Alberta et dans le Sud‑Ouest de la Saskatchewan. Les groupes qu’on trouve dans ces régions, plus précisément à Lost River-Wildhorse et à Val Marie, sont considérés comme deux sous‑populations (figure 2).

En Alberta, on a observé des oiseaux nicheurs près de Lost River (Wershler et Wallis, 1986) et de Wildhorse. L’étendue des échanges d’individus entre ces deux sites de nidification, qui sont séparés par une distance d’environ 19 km, demeure inconnue. Cependant, comme les habitats propices à l’espèce sont très peu nombreux et qu’ils varient en étendue et en qualité, il est concevable de penser que les oiseaux nicheurs passent de l’un à l’autre. C’est pourquoi les deux groupes sont considérés comme une seule sous‑population. La première mention de nidification de l’espèce au Canada remonte à 1979, à Lost River. Entre 1979 et 1988, deux sites de nidification ont été observés près de cet emplacement. À Wildhorse, des oiseaux nicheurs ont été observés de 1990 à 1999.

Quant à la Saskatchewan, on admet la possibilité que le Pluvier montagnard y niche sur la foi d’une demi‑douzaine de mentions non corroborées (Smith, 1996). Cependant, l’analyse de ces mentions permet de croire que l’espèce a déjà été présente dans la région. Pour Smith (1996), quatre observations dans trois sites différents au sud‑est de Val Marie (annexe 1), dont l’une (31 juillet 1987) mentionne 2 adultes et 3 oisillons encore inaptes au vol aperçus ensemble, constituent la preuve que l’espèce niche dans la région. Ce sont essentiellement ces quelques individus qui forment la sous‑population de Val Marie.

Le Pluvier montagnard était plus abondant et occupait une aire plus étendue dans la région du Sud‑Ouest de la Saskatchewan, du Sud‑Est de l’Alberta et du Nord du Montana, entre les rivières Frenchman et Milk, avant la colonisation des années 1870 (Wershler et Wallis, 1986; Knowles et Knowles, 1998). L’espèce a été prise près de la rivière Frenchman (depuis la frontière canado‑américaine jusqu’à une cinquantaine de kilomètres de l’emplacement actuel de Val Marie), où elle était le plus abondante, et à l’endroit où la rivière Milk traverse la frontière canado-américaine (environ 7 km au sud‑ouest de l’emplacement actuel de Lost River) (Coues, 1878).

Sur la seule base des mentions de l’espèce en Alberta depuis 1979, on pense que son aire de répartition au Canada serait inférieure à 20 km2 et l’aire qu’elle occupe, inférieure à 5 km2. Une bonne gestion permettrait peut‑être d’étendre l’aire de répartition de l’espèce dans cette province à 150 km2 tout au plus. Les données sur les sites fréquentés par l’espèce en Saskatchewan sont fragmentaires.

En raison du manque de mentions consignées d’oiseaux nicheurs dans le passé, on ne peut déterminer le nombre de sites d’où le Pluvier montagnard aurait disparu après la transformation de la prairie naturelle, la modification du chargement animal des pâturages ou la disparition des populations de chiens de prairie. On pense que l’espèce aurait déjà niché dans un site situé à moins de 7 km de l’emplacement actuel de Lost River (Soper, 1941), mais qu’elle aurait abandonné ce site parce qu’il n’est plus propice à la nidification (Wershler, 1986). Un certain nombre de secteurs de l’ancienne aire de répartition de l’espèce ont été mis en cultures, y compris une superficie de 5 à 8 km2 à Lost River (Wershler et Wallis, 1986) et de grandes régions du Sud‑Ouest de la Saskatchewan. On ne connaît pas la limite occidentale exacte de l’ancienne aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada; il n’est pas impossible que celle‑ci ait englobé des régions à l’ouest de Lost River qui sont aujourd’hui en grande partie cultivées.

Aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada

Figure 2. Aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada.

Outre les mentions de nidification, les registres contiennent deux mentions d’adultes seuls aperçus dans la zone séparant les deux sous‑populations actuelles, soit un adulte en 1939 près de Govenlock, en Saskatchewan, à environ 30 km du site de nidification de Wildhorse, et 2 autres vers 1949 près de Bracken, en Saskatchewan, à environ 30 km de Val Marie (Wershler et Wallis, 1986). On ne sait pas si la région autour de ces sites contient des habitats pouvant convenir à l’espèce.

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Habitat

Description

Le Pluvier montagnard recherche, pour nicher comme pour passer l’hiver, des lieux plats dénudés ou recouverts de végétation courte (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). En règle générale, les sites de nidification sont en partie dénudés ou couverts de lichen (de 30 à 50 p. 100) et en partie couverts d’une végétation de moins de 10 cm de hauteur, et comportent de grandes étendues (de 0,5 à 1 km de diamètre) de terrain pratiquement plat (pente inférieure à 5 p. 100) (Knowles et Knowles, 1998; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Au Colorado, on a déterminé que la superficie minimale pour nicher est d’environ 28 ha (Knopf et Rupert, 1996).

Les animaux en pâturage jouent un rôle important dans le maintien d’habitats convenant à l’espèce, et maintes études au Montana (Knowles et Knowles, 1998) ont montré qu’un site qui n’est pas brouté est abandonné en quelques années. Le Pluvier montagnard a une préférence marquée pour les prairies bien broutées, voire celles où la surface du sol est très remuée (Knopf et Miller, 1994; Knopf, 1996). Il semble que le broutement d’hiver ou de printemps soit particulièrement important pour façonner un habitat propice à la nidification de l’espèce en Alberta (Wershler et Wallis, 1986) et dans le Montana (Knowles et Knowles, 1998).

Cet oiseau est souvent associé à des animaux fouisseurs, aussi bien dans son aire d’hivernage que dans son aire de nidification (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Dans le Montana, par exemple, les principales populations de l’espèce nichent parmi des colonies de chiens de prairie, où la végétation est moyennement à intensément broutée par le bétail (Olson, 1984; Knowles et Knowles, 1998). Dans les prairies Pawnee au Colorado, après des pluies exceptionnellement abondantes qui ont donné lieu à une végétation trop haute et trop dense pour attirer les pluviers nicheurs, les lieux qui ont continué d’être fréquentés par ces derniers sont ceux où des colonies de chiens de prairie maintenaient des conditions favorables. En Californie, les milieux colonisés par le rat‑kangourou géant ou le spermophile de Californie sont prisés pour l’hivernage (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Les brûlis récents peuvent servir de sites de nidification là où le broutement est insuffisant (Wershler et Wallis, 1986; Knowles et Knowles, 1998). Dans les prairies Pawnee au Colorado, le brûlage dirigé pratiqué expressément pour créer des sites propices à la nidification de l’espèce a donné de bons résultats (Knopf, 1996).

Aux États-Unis, on a récemment observé que le Pluvier montagnard nichait régulièrement dans des champs cultivés, en particulier dans les régions du sud de son aire de nidification, et qu’il fréquentait régulièrement des cultures dans son aire d’hivernage en Californie (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). La présence d’oiseaux nicheurs sur des terres cultivées n’a pas été observée dans le Montana (Knowles et Knowles, 1998).

Au Canada, la plupart des nids de Pluviers montagnards ont été découverts à Lost River, en terrain très brouté ou brûlé depuis peu, au sein de vastes étendues de prairie mixte naturelle totalement exempte de végétation arbustive (Wershler et Wallis, 1986). D’autres nids ont ensuite été découverts à Wildhorse, dans des steppes ponctuées de prairie, dont deux dans un arène de Tétras des armoises. On avait déjà soupçonné que l’espèce pouvait nicher dans ces habitats restreints (Wershler et Wallis, 1986). Il faudrait faire une enquête plus approfondie pour savoir dans quelle mesure elle les fréquente.

Dans les quatre mentions de la région de Val Marie, l’espèce a été observée en association avec des colonies de chiens de prairie. Deux des observations, dont celle d’un nid, ont été faites sur le territoire d’une colonie de chiens de prairie, qui était modérément brouté par le bétail.

Un seul nid a été découvert dans un champ cultivé au Canada; soit à Lost River, près d’un habitat de nidification type. Le nid était construit dans un champ cultivé et ensemencé durant les années 1960 où croissait un mélange d’élyme de Russie et d’espèces indigènes.

La plupart des nids de Pluviers montagnards au Canada ont été observés dans deux étendues reliques de prairie mixte, à savoir le complexe formé par le ruisseau Sage, le canyon de la rivière Milk et le parcours Sud‑Ouest en Alberta-Saskatchewan, ainsi que le parc national des Prairies en Saskatchewan, deux sites considérés par la Northern Great Plains Steppe Ecoregional Conservation Team (1999) comme des sites représentant ensemble la biodiversité d’une région écologique.

Au Canada, l’aire de répartition du Pluvier montagnard abrite d’autres espèces dont le sort est incertain, notamment la Chevêche des terriers, la Buse rouilleuse, la Pie‑grièche migratrice, le Tétras des armoises, le Pipit de Sprague et le renard véloce (COSEPAC, 1999), de même que de nombreuses espèces d’invertébrés et de plantes rares. 

Tendances

La transformation des brousses et des prairies naturelles du centre et du sud de la Californie au cours du vingtième siècle a considérablement réduit et altéré les habitats d’hivernage du Pluvier montagnard. Dans une région type de la Vallée centrale, il reste moins de 4 p. 100 des habitats naturels qui lui conviennent (Knopf et Rupert, 1995). Dans la partie de l’aire de nidification de l’espèce située en territoire américain, la transformation de la prairie naturelle s’est poursuivie tout au long des deux dernières décennies (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Dans le Montana, trois sites de nidification ont été mis en cultures en 1995 (Knowles et Knowles, 1998).

Avant la colonisation, le Pluvier montagnard était une espèce commune dans la région frontalière entre le Canada et les États-Unis (Coues, 1874 et 1878). Mais depuis, l’agriculture n’a laissé que des zones isolées de prairie naturelle, des colonies entières de chiens de prairie ont disparu (Knowles et Knowles, 1998) et ce qu’il reste de prairie naturelle n’est plus brouté comme à l’époque où des hordes de bisons parcouraient la région. Les habitats propices à la nidification du Pluvier montagnard sont ainsi devenus très réduits et localisés au Canada, et l’espèce semble disparue du Montana (Knowles et Knowles, 1998).

L’habitat du Pluvier montagnard au Canada n’a probablement jamais présenté les caractéristiques de la prairie naturelle avant la colonisation, alors qu’elle était broutée par le bison. Par contre, il y a probablement eu une époque où le pâturage a été plus intensif qu’au cours des dernières décennies. Les habitants du Sud‑Est de l’Alberta se souviennent d’un temps où les spermophiles de Richardson, qui aiment les terrains bien broutés, étaient plus abondants. Leur témoignage est confirmé par l’observation dans cette région, au début des années 1970, de nombreux nids de Buses rouilleuses abandonnés (Wallis, 1976). Il est probable que les habitats convenant au Pluvier montagnard étaient alors plus nombreux.

L’habitat de nidification du Pluvier montagnard à Lost River s’est dégradé depuis 1986. La superficie de prairie très broutée s’est amoindrie, et l’activité humaine, l’expansion du territoire et les dérangements connexes se sont accrus dans le voisinage des principaux sites de nidification de l’espèce (Wershler, 1989; C. Wershler, notes de campagne inédites). Les pratiques de gestion des grands pâturages en usage dans la région privilégient généralement un chargement animal modéré et un broutement de léger à modéré. On trouve un pendant à cette vue dans certaines parties des États-Unis, où l’on privilégie une couverture d’herbe uniforme pour réduire le plus possible la perturbation de la prairie et du sol (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Bien qu’au cours des dernières années, seulement une faible partie de la prairie naturelle restante dans l’aire de nidification du Pluvier montagnard au Canada ait été cultivée, il n’existe aucun instrument juridique pour assurer la protection à long terme des habitats naturels de l’espèce à l’extérieur du parc national des Prairies. La conservation de la prairie naturelle dans la région dépendra de la politique du gouvernement en matière de gestion des terres publiques. 

Protection/Propriété

Diverses mesures de conservation adoptées depuis 1986 ont attiré l’attention sur la région du ruisseau Sage et de la rivière Milk. En effet, deux stratégies de gestion du Pluvier montagnard (Wershler, 1989; Wershler, 1990) et un plan provisoire de rétablissement de la population (Edwards, Brechtel et Hjertaas, 1993) ont été élaborés. En dépit de ces initiatives, le financement pour la protection de cette espèce demeure peu élevé, et aucune mesure de gestion ou d’amélioration de son habitat n’a été adoptée. Au contraire, le passage d’un important gazoduc directement dans l’aire de nidification de l’espèce a été autorisé vers la fin des années 1990, et ce, malgré les protestations de groupes écologistes qui demandaient la modification du tracé.

Les oiseaux et les nids observés en Alberta se trouvaient tous sur des terres publiques. En Saskatchewan, dans la région de Val Marie, les observations ont eu lieu sur des terres publiques et des terres privées, dans des parc nationaux ou encore dans des régions proposées comme futurs parc nationaux. La majeure partie de l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada fait partie de terres publiques. Un faible pourcentage de la prairie naturelle pouvant servir d’habitat de nidification à l’espèce se trouve sur des terres privées.

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Biologie générale

Généralités

Des études indiquent que le Pluvier montagnard est très porté à retourner au même site de nidification année après année (Knopf, 1996). La surveillance effectuée à des sites de relevés dans le Montana a permis de constater que cet oiseau faisait à la fois un usage régulier de certains sites et un usage opportuniste d’autres sites (Knowles et Knowles, 1998). 

Reproduction

Les conditions climatiques peuvent avoir une incidence sur l’abondance de nourriture, laquelle influe à son tour sur la productivité de la population. Un cas a été signalé au Wyoming où des conditions de sécheresse extrêmes auraient suscité le départ hâtif des oiseaux nicheurs, soit à la fin de juin (Leachman et Osmundson, 1990).

Survie

La productivité de la population de la prairie Pawnee au Colorado est très variable d’année en année. Le taux de prise d’envol varie de un petit par nid à un petit par trois nids. On pense que le taux est faible les années où la sécheresse sévit, le manque de ressources alimentaires menant alors à un accroissement de la prédation (Miller et Knopf, 1993; Knopf et Rupert, 1996). Le faible taux de recrutement est compensé dans une mesure indéterminée par la production de plusieurs couvées (initialement deux nids par couple, et un nombre inconnu de nouvelles tentatives lorsque les premières échouent) (Knopf, 1997).

Selon Knopf (1997), la prédation aurait été un facteur d’évolution du comportement reproducteur du Pluvier montagnard. En effet, plus de la moitié des œufs de chaque couvée sont dévorés par des prédateurs.

Physiologie

Les oisillons ont la peau foncée, ce qui leur permet peut‑être de se réchauffer en absorbant la chaleur du soleil (Graul, 1975).

Déplacements et migrations

Une étude menée dans le Colorado a révélé que les oisillons s’éloignaient de 1 à 2 km du nid durant les 2 ou 3 premiers suivant après l’éclosion (Knopf et Rupert, 1996).

Au Montana, on a vu des adultes et des jeunes aptes au vol quitter le nid dès la mi‑juillet (Knowles et Knowles, 1998). Knopf (1996) décrit une période de trois mois et demi après la reproduction, soit de la mi-juillet ou de la fin juillet au début novembre, où il semble que les pluviers parcourent les grandes plaines du Sud avant de gagner leur aire d’hivernage.

Le Pluvier montagnard est très mobile et peut se disperser facilement (Knowles et Knowles, 1998). Des chercheurs ont avancé l’hypothèse voulant que les individus de l’espèce nichant dans le Montana forment une seule et unique grande population reproductrice, et qu’ils parcourent au printemps une vaste étendue de territoire à la recherche d’un site propice à la nidification.

Alimentation et interactions interspécifiques

Les principaux prédateurs des oisillons sont des canidés sauvages, à savoir le coyote et le renard véloce. Les plus gros oisillons sont aussi la proie du Faucon des prairies (Knopf, 1997).

Comportement et adaptation

Les Pluviers montagnards peuvent abandonner un site de nidification à la suite d’un changement des pratiques de pâturage et de la transformation connexe de l’habitat (Knowles et Knowles, 1998).

Des inondations éclairs ont déjà emporté la totalité des oisillons dans des basses‑terres du Montana (Knowles et Knowles, 1998).

Les oisillons cherchent à se protéger du soleil en se réfugiant à l’ombre de la végétation haute et des constructions (Graul, 1975).

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Taille et tendances des populations

En Amérique du Nord, la population actuelle de Pluviers montagnards compte vraisemblablement de 8 000 à 10 000 individus (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999), alors qu’elle a déjà été située entre 214 200 et 319 220 individus (Graul et Webster, 1976). La présente estimation repose sur le nombre d’individus (3 346) dénombrés en Californie à l’hiver 1995, et sur les hypothèses qu’au moins la moitié du groupe en Californie n’a pas été comptée et qu’entre 1 000 et 3 000 individus hivernaient au Texas ou au Mexique (Knopf, 1996).

L’écart entre les chiffres de 1976 et ceux de 1995 s’explique en partie par une forte surestimation de la population en 1976, laquelle avait été obtenue par extrapolation de la densité d’occupation dans les différents territoires où l’espèce nichait. Ainsi, la population du Montana avait été estimée à 88 000 oiseaux (Graul et Webster, 1976), mais ce chiffre a été ramené à moins de 2 800 individus après plusieurs années d’observation des habitats et de relevés de la population dans ce territoire (Knowles et Knowles, 1996).

On pense que la population de Pluviers montagnards en Amérique du Nord a diminué de 63 p. 100 entre 1966 et 1991 (Knopf, 1994). L’analyse des tendances
du Relevé des oiseaux nicheurs pour la même période révèle un déclin d’environ
2,7 p. 100 par an, soit la plus importante baisse de toutes les espèces d’oiseaux endémiques des prairies (Sauer et al., 1997).

Au Canada, cet oiseau se reproduit en très petits nombres dans une zone située le long du 49e parallèle, où il était autrefois réputé commun et abondant (Coues, 1878). On le voyait alors nicher partout dans la prairie sèche et surtout parmi des colonies de chiens de prairie dans la région de la rivière Frenchman (Coues, 1874). Peut‑être y a‑t‑il eu au cours du vingtième siècle des périodes où, le pâturage étant plus intensif, la population de Pluviers montagnards était plus nombreuse que dans les dernières décennies.

Bien que des zones importantes de ce qu’on croit avoir été l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada avant la colonisation aient depuis été cultivées, on ne peut déterminer combien d’habitats ou de sous‑populations de cette espèce ont disparu. La majeure partie des zones cultivées se trouve entre le Sud‑Ouest de la Saskatchewan et Val Marie, et cette transformation de la prairie remonte essentiellement au début du siècle dernier. Il n’est pas non plus impossible que l’ancienne aire de répartition du Pluvier montagnard ait été plus étendue vers l’ouest que ce que l’on croit, et la prairie dans cette région est aujourd’hui en grande partie cultivée.

Au Canada, on n’a jamais dénombré plus de 11 adultes dans l’ensemble de la population. Ce maximum a été enregistré en 1981, à Lost River, seul endroit où il y a eu un relevé cette année‑là. Il y a eu depuis 1979 plusieurs années où aucun oiseau de l’espèce n’a été mentionné au Canada. Il faut cependant préciser qu’il y a eu des années où aucun relevé, même partiel, n’a été fait. Depuis 1979, dans les années où les conditions lui étaient le plus favorables l’effectif total du Pluvier montagnard au Canada n’a probablement pas atteint les 50, voire les 30 individus. À l’heure actuelle, il est possible qu’il n’atteigne pas 10 individus, à cause du manque d’habitats favorables. Ce chiffre est toutefois avancé sous toute réserve, car il ne se fait aucun relevé méthodique de l’espèce au Canada qui permettrait de déterminer avec exactitude son effectif courant ou maximale.

La superficie approximative des sites occupés par les oiseaux nicheurs depuis 1979 est de 5 km2 à Lost River et de 2,5 km2 à Wildhorse. Celle de Val Marie est inconnue, mais est probablement inférieure à 2,5 km2. La superficie totale occupée par la population canadienne depuis 1979 est probablement inférieure à 10 km2.

Le nombre d’adultes dans les différents sites de nidification connus varie en fonction de la disponibilité d’habitats convenables. Il se situe entre 0 et 11+ à Lost River, entre 0 et 2+ à Wildhorse et entre 0 et 2+ à Val Marie.

Le site de nidification le plus productif et le plus étudié est celui de Lost River, où on a observé deux territoires de nidification à 3 km de distance l’un de l’autre. La construction d’un nid ou la parade nuptiale ont été observées à cet endroit une année sur deux, soit six fois entre 1979, date de la première mention de nidification, et 1990, année du dernier relevé de l’espèce  à cet endroit. La population de Lost River est passée de 4 adultes et 3 couvées en 1979 à un maximum de 11 adultes et 6 nids en 1981. En 1988, dernière année où la nidification a été observée, la population était à 2 adultes et 1 nid. Depuis, seulement 2 adultes ont été signalés en 1999.

La région de Lost River est un endroit habituel pour le Pluvier montagnard. La première mention de l’espèce à cet endroit remonte au 23 juillet 1874 (Coues, 1878), date où elle a été observée près de la frontière canado‑américaine, à environ 7 km au sud‑ouest de l’emplacement actuel de Lost River. Les registres contiennent une deuxième mention de 4 adultes (les 2 mâles ont été récoltés), apparemment nicheurs (Soper, 1941), observés à environ 7 km au nord‑est de l’emplacement actuel du même endroit. Peu d’études ornithologiques ont été faites dans cette région avant le début des années 1970.

Dans la région de Wildhorse, où on trouve deux sites de nidification à environ 5 km l’un de l’autre, on a observé au moins deux adultes et une couvée en 1990, en 1994 et en 1999 (annexe 1). Il n’y a eu aucune mention de l’espèce dans les années intermédiaires. Les estimations concernant l’effectif de l’espèce et les habitats qu’elle fréquente sont toutefois moins fiables pour cette région que pour celle de Lost River, en partie parce que les relevés y sont plus limités et moins réguliers, mais également parce que les habitats favorables y sont plus localisés, de sorte que les oiseaux sont moins susceptibles d’être aperçus. Au dire des éleveurs de la région, cet oiseau y niche depuis de nombreuses années.

Les deux sites de nidification de Lost River et de Wildhorse ont été découverts par hasard par des biologistes ou des naturalistes qui n’étaient pas à la recherche de l’espèce. Chacun des sites où cet oiseau a été observé était facile d’accès et parmi les sites les plus fréquentés de la région. Il faudra procéder à des relevés plus systématiques pour être en mesure d’évaluer la situation de cette espèce au Canada.

On ne connaît pas bien l’effectif, la structure et les tendances de la sous‑population de Val Marie. Le peu de données dont on dispose indiquent que l’espèce y est présente de façon plus sporadique qu’en Alberta. Elle est mentionnée quatre fois, soit une première fois en 1977 et trois autres années par la suite (annexe 1).

Pour Knowles et Knowles (1998), la présence d’une population permanente de Pluviers montagnards dans le Montana tiendrait à la disponibilité d’un certain nombre d’habitats convenables suffisamment espacés sur une superficie minimale d’environ 25 km2. Pour expliquer l’existence de petites populations isolées d’oiseaux nicheurs sur ce territoire, les auteurs formulent deux hypothèses : soit tous les pluviers sur ce territoire forment une seule grande population reproductrice, dont les individus parcourent de vastes étendues au printemps à la recherche d’un habitat de nidification, soit le nombre d’individus dans les populations isolées est plus élevé que ne l’indiquent les relevés. Dans un cas comme dans l’autre, la conservation de ces petites populations reproductrices est probablement très importante pour le maintien à long terme de l’effectif de l’espèce sur l’ensemble du territoire.

À l’exception d’une sous‑population vivant dans le sud‑ouest du territoire qui pourrait être en déclin, il semble que les sous‑populations du Montana aient été relativement stables au cours des années 1990 (Knowles et Knowles, 1998). On ne connaît pas l’étendue des interactions entre la population du Montana et celle du Canada, ni entre les sous‑populations du Canada.

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Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitant l’effectif et la répartition du Pluvier montagnard sont nombreux; ils comprennent, entre autres, la destruction de l’habitat, les pratiques d’exploitation des pâturages, la présence humaine, la prédation naturelle, les conditions climatiques et l’usage de pesticides. 

Destruction de l’habitat

Environ un tiers de la prairie mixte naturelle des grandes plaines a été mis en cultures. Bien que cette transformation se soit pour une large part produite au début du siècle dernier, elle se poursuit aujourd’hui, et on attribue à l’agriculture la disparition au cours des deux dernières décennies d’habitats historiques ou actuels de l’espèce dans 30 comtés des États-Unis, où la menace de l’agriculture continue de planer, en particulier sur les habitats de nidification situés sur des terres privées (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Une grande partie du Nord du Montana et certaines parties du Sud‑Est de l’Alberta et du Sud‑Ouest de la Saskatchewan ont été cultivées, de sorte que l’habitat du Pluvier montagnard dans la partie nord de son aire de nidification se trouve fragmenté. Bien que la mise en cultures de la prairie naturelle connaisse un ralentissement, une proportion importante de ce qu’il en reste dans ces régions ne bénéficie d’aucune mesure de conservation. Au Canada, si les parcelles publiques de prairie naturelle qui sont actuellement louées aux éleveurs pour le pâturage du bétail venaient à être vendues, elles seraient vraisemblablement mises en cultures. L’irrigation de nouveaux secteurs entraînerait aussi une perte de la prairie au profit de l’agriculture.

Une autre menace est indirectement liée à la transformation de la prairie naturelle en cultures, à savoir le risque que ces dernières contribuent à la disparition de l’espèce et de ses habitats naturels (Knopf, 1996). Lorsque la mortalité dépasse la reproduction chez les populations établies dans les champs cultivés, il se produit une migration des individus des habitats naturels, plus productifs, vers ces populations en déficit (Pulliam, 1988). La nidification dans des champs cultivés a été observée principalement dans la partie sud de l’aire de nidification de l’espèce. Les nids, les œufs et les oisillons risquent d’être détruits au passage des machines agricoles lors de l’ensemencement ou du désherbage. En règle générale, les tentatives de construction d’un deuxième nid dans les champs cultivés sont vaines, du fait que la végétation pousse trop haut (Knopf, 1996). En 1993 et en 1994, 48 p. 100 des nids construits dans des champs cultivés de trois États américains ont été détruits par les machines agricoles (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

L’expansion urbaine constitue une autre cause de la transformation de l’habitat du Pluvier montagnard. Au cours de la dernière décennie, on a pu constater au Colorado un important accroissement de l’expansion urbaine au sein de l’aire de nidification de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Dans l’aire d’hivernage de cet oiseau, une très grande partie de la prairie naturelle a disparu au profit de l’agriculture et de l’expansion urbaine, et il ne reste plus qu’une petite partie de l’habitat d’élection du Pluvier montagnard (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Pratiques de gestion des pâturages

Avant la venue des colons européens, la prairie des grandes plaines de l’Amérique du Nord se perpétuait grâce à l’interaction de facteurs dynamiques tels que la sécheresse, le feu et le broutement des hordes de bisons. La mosaïque d’habitats qu’elle offrait comportait des zones caractérisées par des conditions extrêmes (surpâturage, dénudation du sol, etc.) qu’on ne tolère plus aujourd’hui. Or, la disparition de ces dernières, considérées par les éleveurs comme incompatibles avec un bon rendement à long terme, pourrait avoir des conséquences néfastes sur la dynamique des populations et des communautés végétales et animales naturelles. Il suffit de penser, par exemple, à la tendance dans certains secteurs des grandes plaines à favoriser un chargement animal modéré et un pâturage uniforme, pratique à laquelle on attribue du moins en partie le récent déclin de la population de Pluviers montagnards (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Au Canada, il semble que les méthodes actuelles d’exploitation des pâturages constituent le principal facteur limitant la population reproductrice de Pluviers montagnards. On préconise le maintien d’un bon couvert d’herbe et on déconseille le broutement intensif, deux conditions qui s’opposent fortement à la formation d’habitats propices à la nidification de l’espèce. Dans le parc national des Prairies en Saskatchewan, l’absence de brouteurs depuis quelques temps sur le territoire des colonies de chiens de prairie et dans la prairie naturelle environnante retarde le moment où ces habitats pourront être fréquentés par le Pluvier montagnard et d’autres espèces d’animaux sauvages pour lesquelles les surfaces bien broutées constituent un habitat d’élection.

Dans la prairie naturelle, les changements dans de l’exploitation des pâturages s’accompagnent souvent de nouvelles installations, notamment des sentiers, des clôtures et des points d’eau. À Lost River, des bâtiments et des enclos ont été construits au cœur d’un des principaux habitats de nidification du Pluvier montagnard (fréquenté de 1980 à 1988). Par conséquent, la circulation automobile a augmenté au cœur de cet habitat et à la périphérie, de même que la quantité de plantes exotiques cultivées comme fourrage pour le bétail. Aucun pluvier nicheur n’a été observé à cet endroit depuis.

D’autres activités peuvent rendre l’habitat défavorable à la nidification du Pluvier montagnard par la hauteur de la végétation qu’elles favorisent. C’est le cas notamment de l’ensemencement en graminées exotiques pour améliorer les pâturages, de l’utilisation de bassins versants et de la protection contre les incendies (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). 

Déclin des populations de rongeurs fouisseurs

Les campagnes d’extermination des rongeurs fouisseurs ont un effet néfaste sur l’habitat du Pluvier montagnard aussi bien dans son aire d’hivernage que dans son aire de nidification. Les colonies de chiens de prairie sont extrêmement importantes pour le maintien des habitats de nidification de l’espèce, en particulier lorsque la prairie environnante invite moins à la nidification. Or, l’effectif et l’aire de répartition de ce mammifère aux États-Unis ont diminué, peut‑être de l’ordre de 98 p. 100. Les populations qui restent sont menacées par la peste selvatique, la transformation de la prairie naturelle et les programmes permanents d’extermination (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Le spermophile de Richardson partage l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada, mais on ne sait pas dans quelle mesure ce mammifère contribue au maintien de l’habitat de nidification des pluviers. Bien que les spermophiles aient moins d’incidences que les chiens de prairie sur la composition de la végétation et sa hauteur de croissance, leur activité de fouissage peut augmenter considérablement la proportion de sol dénudé, et ils peuvent de cette manière contribuer à l’amélioration de l’habitat des pluviers. Les populations de spermophiles de Richardson dans le Sud‑Est de l’Alberta ont connu un déclin considérable qui demeure inexpliqué (Wallis, 1976). On sait cependant que ce rongeur, comme le chien de prairie, fait régulièrement l’objet de campagnes d’extermination et qu’il est vulnérable à la peste.

En Californie, le recul de la prairie naturelle devant l’agriculture, l’urbanisation, l’activité humaine en général et la lutte contre le spermophile de Californie ont fait perdre au rat‑kangourou géant plus de 98 p. 100 de son aire de répartition originale. Or, le rat‑kangourou géant est particulièrement important pour l’entretien de l’habitat du Pluvier montagnard, et la toute nouvelle baisse de la population de ce rongeur nuirait à la conservation de l’oiseau (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). 

Activité humaine

Diverses activités humaines ont été observées au sein de l’aire du Pluvier montagnard, notamment la recherche et l’exploitation de gisements de pétrole, de gaz et de minerais, ainsi que la construction de routes.

Une des principales menaces que pose la présence humaine dans le domaine du Pluvier montagnard est la circulation automobile. Comme les adultes et les jeunes se nourrissent souvent en bordure des routes ou utilisent celles‑ci comme couloirs de déplacement, l’automobile est une cause directe de mortalité (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). Or, la circulation a augmenté au cours des deux dernières décennies dans les régions de Lost River et de Wildhorse en Alberta, en partie à cause de l’attrait que celles‑ci présentent pour les naturalistes, les ornithologues amateurs et les biologistes chercheurs.

Le Wyoming, qui fait partie de l’aire de nidification du Pluvier montagnard, est l’un des États américains où, selon les prévisions, l’industrie de l’extraction de gaz naturel connaîtra la plus forte expansion. Une importante mine de charbon à ciel ouvert a aussi été mise en opération dans cet État. Au Colorado, des puits de pétrole ont été mis en exploitation au sein d’habitats critiques de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Outre l’installation des puits et des mines, qui peut entraîner le sacrifice d’habitats de nidification du Pluvier montagnard, la construction des infrastructures nécessaires à leur exploitation, notamment les routes d’accès, les chemins de circulation et les pipelines, de même que toute l’activité humaine connexe, augmentent la menace pour l’habitat de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). En Alberta, le pipeline de la compagnie Express Pipeline, construit à la fin des années 1990, passe en plein cœur d’une zone de prairie d’importance nationale qui pourrait servir d’habitat au Pluvier montagnard.

On ne sait pas à quelle distance l’activité humaine peut se dérouler sans déranger les oiseaux nicheurs. Toute activité qui dérange les parents au nid constitue une menace pour la survie des oisillons, car ceux‑ci sont exposés au stress et à une chaleur excessive (Graul, 1975; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Conditions climatiques extrêmes

Des taux de précipitation extrêmes peuvent être défavorables au Pluvier montagnard. Des précipitations supérieures à la normale favorisant la croissance d’une végétation luxuriante peuvent contrarier la nidification si l’habitat n’est pas par ailleurs suffisamment brouté (Wershler et Wallis, 1986; U.S. Fish and Wildlife Service, 1999). À l’opposé, on pense que des conditions de sécheresse, auxquelles sont associées une plus grande rareté des ressources alimentaires et, par conséquent, une plus forte prédation, contribueraient à un faible taux de prise d’envol (Knopf, 1996).

Les inondations éclairs et les chutes de grêle peuvent détruire les nids et emporter les adultes comme les petits (Graul, 1975; Knowles et Knowles, 1998).

Bien que le Pluvier montagnard ne soit pas directement menacé par les conditions climatiques extrêmes, le fait que son effectif et son aire de répartition soient en déclin et que l’espèce soit très fidèle à son site de nidification rend cet oiseau plus vulnérable aux facteurs naturels (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Prédation

La prédation chez le Pluvier montagnard est relativement élevée (Knopf, 1996 et 1997), mais ne semble pas constituer un facteur dans le déclin à long terme de la population (Knopf et Rupert, 1996). On peut toutefois penser que la prédation joue un rôle dans la baisse de petites populations isolées d’oiseaux nicheurs, comme celles qui résident au Canada, surtout lorsque les nids sont plus accessibles aux prédateurs, notamment en périodes de sécheresse.

Pesticides

Les Pluviers montagnards qui habitent ou fréquentent les champs cultivés où ils hivernent en Californie sont exposés à une variété de pesticides. Les études biochimiques n’ont pas donné de résultats probants quant aux effets de l’exposition à certains produits chimiques, mais on sait que le DDE et le sélénium peuvent, à un niveau d’exposition donné, avoir des effets néfastes sur ces oiseaux (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

L’épandage d’insecticide pour prévenir les infestations de criquets peut aussi avoir une incidence sur les oiseaux nicheurs, en réduisant de façon très importante la quantité d’insectes disponibles pour l’oiseau, ce qui peut l’obliger à se tourner davantage vers la végétation pour se nourrir et l’expose alors à un plus grand risque d’ingestion de résidus de DDE (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

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Importance de l'espèce

Le Pluvier montagnard est l’une des neuf espèces d’oiseaux endémiques de la steppe nord‑américaine. De façon générale, l’effectif de ce groupe diminue plus rapidement que celui des autres espèces d’oiseaux des prairies. La population nord‑américaine de Pluviers montagnards est celle qui accuse le déclin le plus important de toutes les espèces d’oiseaux endémiques des prairies.

Le Pluvier montagnard est très étroitement associé à la prairie naturelle bien broutée, qui sert d’habitat à de nombreuses espèces animales et végétales, dont plusieurs espèces rares ou en voie de disparition. Malgré l’importance de la prairie broutée comme habitat de la flore et de la faune, le broutage intensif n’est pas considéré comme souhaitable par les exploitants de pâturages, les éleveurs et un grand nombre de biologistes de la faune. Même dans les régions où les pratiques de pâturage sont choisies pour favoriser la diversité des écosystèmes, le broutage intensif est en règle générale évité ou réduit à de petites superficies très localisées.

Comme l’aire de nidification canadienne du Pluvier montagnard constitue l’extrémité septentrionale de son aire de répartition nord‑américaine, on a tendance à considérer cette espèce comme « périphérique » au Canada et, par conséquent, à lui accorder un niveau de priorité moins élevé dans les programmes de conservation de la faune. C’est négliger l’importance des populations canadiennes pour la diversité de l’espèce, surtout que les populations voisines du Montana ont disparu.

L’aire de répartition canadienne du Pluvier montagnard abrite un grand nombre d’espèces végétales et animales rares au Canada, dont certaines ne se trouvent nulle part ailleurs au pays.

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Évaluation et statut proposé

The Nature Conservancy a attribué au Pluvier montagnard la cote G2 à l’échelle mondiale, et l’espèce est cotée par les centres de données sur la conservation, S1B en Alberta, S1 en Saskatchewan et S2B au Colorado, dans le Montana et dans le Wyoming.

Aux États‑Unis, cette espèce a été placée en 1982 dans la catégorie 2, c’est‑à‑dire la catégorie des espèces qu’il conviendrait peut‑être de protéger, mais dont on ne connaît ni la vulnérabilité, ni les menaces auxquelles elles sont exposées (Leachman et Osmundson, 1990). En février 1999, il a été officiellement proposé d’ajouter le Pluvier montagnard à la liste des espèces menacées et protégées en vertu de la Endangered Species Act (U.S. Fish and Wildlife Service, 1999).

Au Canada, le Pluvier montagnard a été ajouté à la liste des espèces en voie de disparition du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) à la suite du rapport de Wershler et Wallis (1986). En Alberta, l’espèce est considérée menacée et à la limite de son aire de répartition, et elle est inscrite sur la liste JAUNE-B (espèces sensibles qui ne sont pas actuellement en péril, mais qui risquent de le devenir faute d’une gestion appropriée). En Saskatchewan, on pense que l’espèce est peut‑être présente (d’après plusieurs observations), et peut‑être même nicheuse.

Le Pluvier montagnard fait partie des espèces protégées en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (Service canadien de la faune, 1980), laquelle n’assure pas forcément la protection de ses habitats.

En règle générale, les lois des différents États américains n’assurent pas la conservation de l’espèce ni la protection de ses habitats.

Une certaine superficie de prairie naturelle pouvant servir d’habitat de nidification au Pluvier montagnard est protégée en Saskatchewan du fait qu’elle se trouve au sein du parc national des Prairies. Mais en Alberta, la prairie naturelle ne jouit d’aucune protection juridique.

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Évaluation du statut et recommandation de l’auteur

On pense que l’effectif du Pluvier montagnard en Amérique du Nord a diminué de 63 p. 100 entre 1966 et 1991. L’analyse des tendances du Relevé des oiseaux nicheurs (1966-1996) révèle un déclin continu d’environ 2,7 p. 100 par an, soit la baisse la plus importante de toutes les espèces d’oiseaux endémiques des prairies. La population actuelle compte probablement entre 8 000 et 10 000 individus. La diminution de la population, ainsi que les menaces permanentes qui pèsent contre elle tant dans son aire d’hivernage que dans son aire de nidification ont mené à proposer qu’elle soit inscrite sur la liste des espèces menacées aux États‑Unis.

Les causes les plus probables du déclin de l’espèce, à l’oeuvre aussi bien dans son aire de nidification que son aire d’hivernage, sont les suivantes : transformation de la prairie naturelle lui servant d’habitat, principalement par l’agriculture; diminution des populations d’herbivores indigènes (bison, chien de prairie, rat‑kangourou géant, spermophile de Californie); pratiques d’exploitation des pâturages défavorisant le broutage intensif; pratiques culturales dans les secteurs où niche l’espèce; et, peut‑être, exposition aux pesticides.

Au Canada, les petites populations isolées de Pluviers montagnards, qui comptent au total moins de 50 individus, sont le reliquat d’une population autrefois plus nombreuse qui occupait une aire de répartition plus étendue dans le Sud du Canada et le Nord du Montana. Les registres des observations et les spécimens pris dans les années 1870 témoignent d’une époque où cette espèce était abondante le long du 49e parallèle. Depuis que la majeure partie de l’aire de répartition historique du Pluvier montagnard dans le Nord du Montana a été cultivée et que l’espèce a disparu de cette région, l’aire de nidification canadienne de l’espèce se trouve séparée de celle qui est la plus proche au Montana par quelque 140 km.

Malgré qu’il subsiste des zones continues ou semi‑continues de prairie naturelle dans l’aire de répartition du Pluvier montagnard au Canada, les habitats favorables à la nidification de l’espèce semblent très limités en raison des pratiques d’exploitation des pâturages, qui s’opposent au broutage intensif de la prairie. Le manque d’habitats de nidification, la vulnérabilité des petites populations isolées face au déclin de l’ensemble de la population du continent, ainsi que les facteurs limitatifs, tels que les conditions climatiques extrêmes dans l’aire de nidification, pourraient mener à la disparition d’une population reproductrice au Canada.

Pour les raisons susmentionnées, il est recommandé que le statut d’espèce en voie de disparition soit maintenu pour le Pluvier montagnard au Canada.

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Remerciements

L’auteur désire remercier Colleen Hyslop, chef du secrétariat du COSEPAC, pour son précieux soutien administratif. Ce rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

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Pulliam, H.R. 1988. Sources, sinks, and population regulation. The American Naturalist 132:652-661.

Sauer, J.R., J.E. Hines, G. Gough, I. Thomas et B.G. Peterjohn.1997. The North American Breeding Bird Survey results and analysis. Ver. 96.4. Patuxent Wildlife Research Center, Laurel (Maryland).

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Watts, C.R. 1981. Changes in the birds in central Montana. Compte rendu de la Montana Academy of Sciences 40:31-40.

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L’auteur

Cleve Wershler est diplômé de la University of Calgary, qui lui a décerné en 1973 un baccalauréat en zoologie et en botanique. De 1973 à 1976, il a travaillé pour Alberta Parks à titre d’expert en gestion des ressources. Depuis 1978, il dirige Sweetgrass Consultants Ltd., une société de conseil en matière de protection d’espèces, d’habitats et de sites naturels rares ou en péril.

Au cours des trente dernières années, Cleve Wershler a participé à de nombreux projets concernant la faune de la prairie mixte naturelle du Sud‑Est de l’Alberta, qui lui ont permis d’acquérir une vaste connaissance de la situation et de la dynamique des espèces sauvages des prairies et de leurs habitats.

Il a étudié la situation et les mesures de conservation de diverses espèces préoccupantes, dont le Bruant de Baird, la Pie‑grièche migratrice, le Pluvier siffleur et le Pluvier montagnard. Ses travaux sur le Pluvier montagnard comprennent, entre autres, des rapports sur la situation de l’espèce préparés pour le compte du gouvernement du Canada et du gouvernement de l’Alberta, des plans ou des lignes directrices pour la gestion de l’espèce préparés également pour les gouvernements du Canada et de l’Alberta, ainsi que des relevés de populations et d’habitats effectués dans des régions précises de l’Alberta.

L’auteur s’intéresse de près à la situation du Pluvier montagnard au Canada. Il y a consacré des travaux personnels et il tient un registre des observations de l’espèce. Il a participé à la rédaction d’un article sur les premières observations de Pluviers montagnards nicheurs au Canada.

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Personne consultée

Robert E. Leachman

Biologiste principal, U.S. Fish and Wildlife Service

Ecological Services

Western Colorado Field Office

764 Horizon Drive, Building B

Grand Junction, CO 81506-3946

Tél. :  (970) 245-3920, poste 18

Adresse électronique :  Robert_Leachman@FWS.GOV

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Résumé technique

RÉPARTITION

Zone d’occurrence :  moins de 20 km2

Zone d’occupation :  moins de 5 km2

 

INFORMATION SUR LES POPULATIONS

Nombre total d’individus au Canada :  moins de 50; à l’heure actuelle, peut‑être moins de 10

Nombre d’individus matures au Canada (effectif réel) : moins de 50; à l’heure actuelle, peut‑être moins de 10

Durée d’une génération :  inconnue

Tendance de la population : inconnue pour les 10 dernières années; en déclin depuis 1979

Taux de déclin de la population :  50 p. 100 de 1979 à 1999

Nombre de sous‑populations :  deux

La population est‑elle fragmentée?  OUI

Nombre d’individus dans chaque sous‑population (donner une plage de valeurs) : Lost River-Wildhorse : de 0 à 11 adultes; Val Marie : de 0 à 2 adultes

Nombre de sites existants : quatre depuis 1979; un dans les 10 dernières années

Nombre de sites historiques d’où l’espèce a disparu : probablement un site de nidification

L’espèce connaît-elle des fluctuations d’effectif?  OUI

MENACES

Pratiques d’exploitation des pâturages; activité humaine; destruction de l’habitat; conditions climatiques extrêmes; déclin de l’ensemble de la population nord‑américaine (attribuée à la diminution des populations de rongeurs fouisseurs, aux pratiques de gestion des pâturages, à la destruction de l’habitat et peut‑être à une exposition aux pesticides).

POTENTIEL DE SAUVETAGE

L’espèce existe‑t‑elle à l’extérieur du Canada?  OUI

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?  OUI

Les individus des populations étrangères les plus proches seraient‑ils adaptés aux conditions canadiennes?  OUI

Y aurait‑t‑il suffisamment d’habitat disponible pour les sujets immigrants?  NON

 

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Annexe 1

Sommaire des mentions du Pluvier montagnard au Canada depuis 1986

1.        Le 14 mai 1987, 1 adulte, au sud-est de Val Marie (Sask.), Wayne Harris (comm. pers.) à proximité d’une colonie de chiens de prairie, terrain modérément brouté par le bétail.

2.        Le 31 juillet 1987, 5 individus (famille : 2 adultes, 3 jeunes inaptes au vol), au sud-est de Val Marie (Sask.) (environ 16 km au nord de la frontière canado-américaine), sur le territoire de la colonie de chiens de prairie de la mention 1, Wayne Harris (comm. pers.).

3.        Le 14 juin 1990, 1 adulte + nid (3 oeufs), au nord-est de Wildhorse (Alberta), personnel du Alberta Fish and Wildlife.

4.        Entre le 19 juin et le 1er juillet 1990, (nombre non précisé), au nord-est de Wildhorse (Alberta), Hue Mackenzie et Mary Collins (dans R.F. Koes, et P. Taylor. 1990. American Birds 44: 1148-1149).

5.        Le 13 juin 1991, au sud-est de Val Marie (Sask.), 1 adulte sur le territoire d’une colonie de chiens de prairie non brouté (lieu différent de ceux des mentions 1 et 2), Wayne Harris (comm. pers.).

6.        Le 7 mai 1994, 1 adulte, au nord-est de Wildhorse (Alberta), Peter Roxburgh (comm. pers.)

7.        Le 12 mai 1994, 1 adulte+ nid (3 oeufs), au nord-est de Wildhorse (Alberta), Tom Sadler (comm. pers.)

8.        Le 24 juillet 1995, Lumsden (Sask.) 1 oiseau, C. et M. Pollack (dans R.F. Koes, et P. Taylor. 1995. Notes de campagne 49:  941-943). Nota :  la date qui paraît dans le Birders Journal est le 24 juin. Cet individu, observé au nord de Regina, se trouvait en dehors de l’aire de nidification de l’espèce.

Début mai 1999, 1 nid, au nord-est de Wildhorse, éleveur de la région, information transmise par Joan et Malcolm MacDonald.

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