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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum) au Canada

Sommaire du rapport de situation

Au Québec, la couleuvre tachetée est actuellement classée S3, ce qui signifie qu'elle est considérée comme « largement répartie, abondante et apparemment hors de danger dans la province, mais qu'il reste des causes d'inquiétude à long terme » (P. Aquin, comm. pers.). Malgré le petit nombre de couleuvres tachetées consigné chaque année dans la province, il se pourrait que l'espèce soit plus abondante que ne le laisse croire la banque de données. En effet, cette couleuvre est plus difficile à repérer que bien d'autres espèces de couleuvres, et plusieurs des endroits qui constituent pour elle l'habitat idéal n'ont pas encore été prospectés (D. Rodrigue, comm. pers.). Il n'en reste pas moins que la couleuvre tachetée est l'une des espèces que l'on rencontre le moins souvent dans le cadre des relevés annuels intensifs de l'herpétofaune qui sont réalisés dans la région du Mont Saint-Hilaire (D.M. Green, L. Bol, comm. pers.). En Ontario, l'espèce serait largement répandue dans le Sud de la province selon la base de données du OHS. Certains ont avancé, mais sans apporter beaucoup de preuves à l’appui, que les populations hors de Toronto ne seraient pas en déclin. À Toronto, on espère que le programme de rétablissement de l'habitat en cours renversera les déclins observés chez la couleuvre tachetée (B. Johnson, comm. pers.).

À l'échelle mondiale, la couleuvre tachetée est classée G5 (très commune) (P. Aquin, comm. pers.). Toutefois, au Minnesota, où la demande est élevée sur le marché des animaux de compagnie, elle est considérée comme une espèce préoccupante (special concern) par le Department of Natural Resource (Oldfield et Moriarty, 1994). En Pennsylvanie, la disparition de l'habitat due à l'urbanisation et à la déforestation a mis en péril les formes intermédiaires de la couleuvre tachetée dans les basses terres (Mitchell, 1994).

Bien qu'il semble y avoir encore un grand nombre de couleuvres tachetées en Ontario et au Québec, on sait très peu de choses sur le cycle de vie de l’espèce ou sur la situation de ses populations au Canada. On ne possède par ailleurs aucune donnée qui permettrait de comparer l'habitat actuel à l'habitat historique et de déterminer s'il a changé ou non, et on n’a fait aucune étude démographique sur l’espèce. Enfin, un grand nombre des régions n'ont fait l'objet d'aucun relevé. Même certaines mentions du OHS sont suspectes. Ainsi, bien qu’il ne soit censé y avoir de couleuvres tachetées ni sur l'île Pelée (B. Porchuk, comm. pers., 2002) ni dans les parcs nationaux de la Pointe-Pelée ou Rondeau (S. Gillingwater, comm. pers., 2001), on a récemment signalé leur présence dans ces endroits au OHS. Sans doute s’agissait-il de jeunes couleuvres fauves de l'Est (Elaphe gloydi) qu'on a confondues avec des couleuvres tachetées (S. Gillingwater, R. Willson, comm. pers., 2002).

Un sondage informel réalisé en 2002 auprès de plusieurs naturalistes et herpétologistes renommés a montré que la plupart d’entre eux estimaient que la couleuvre tachetée était, au mieux, commune à l'échelle locale, et qu'elle avait plutôt diminué. Certains ont avancé que la rareté apparente de l'espèce pouvait être un artefact de ses habitudes nocturnes et « souterraines ». Il se pourrait certes que la rareté des observations faites récemment par ces observateurs soit due au comportement cryptique de l'espèce et que cette baisse soit largement imaginaire. Néanmoins, comme tous les autres gros serpents de l'Est du Canada ont baissé, il est raisonnable de présumer que c'est aussi le cas des couleuvres tachetées, d'autant plus qu'elles sont vulnérables à la mortalité routière, à la persécution et à la disparition de l'habitat, comme les autres serpents. Par conséquent, compte tenu de la rareté apparente de l'espèce, de l'existence de menaces connues et de l'absence de données confirmant que l'espèce serait hors de danger, nous recommandons de classer la couleuvre tachetée comme une espèce préoccupante tant que des relevés n’auront pas permis d’établir si elle est abondante ou non.