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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum) au Canada

Résumé

Couleuvre tachetée
Lampropeltis triangulum

Information sur l'espèce

La couleuvre tachetée, Lampropeltis triangulum, est l'une des six espèces de couleuvres royales (kingsnakes) que l'on trouve en Amérique du Nord. La sous-espècetriangulum est l'une des 25 sous-espèces recensées en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, dont neuf se trouvent en Amérique du Nord. Le complexe d'espèces affiche une énorme variation de couleurs et de motifs, et sa taxinomie, ses variations et sa répartition géographique demeurent incertaines. Le Lampropeltis triangulum triangulum est orné de grandes taches dorsales rouges et brunes qui se détachent sur un fond blanchâtre et pâlissent à mesure que la couleuvre avance en âge. La longueur totale maximale consignée pour cette sous-espèce est de 132 cm; la longueur normale varie entre 60 et 90 cm.

Répartition

La couleuvre tachetée fréquente toute la région des Grands Lacs, y compris le Sud de l'Ontario et du Québec. En Ontario, on la trouve au nord jusqu'au lac Nipissing et à Sault Ste. Marie. Au Québec, on la rencontre le long de la frontière avec l'Ontario et au sud du Saint-Laurent, à l'ouest de la rivière Saint-François. Aux États-Unis, elle est présente dans les États des Grands Lacs (Minnesota, Wisconsin, Illinois, Indiana, Michigan, Ohio, Pennsylvanie et New York) et dans ceux de la Nouvelle-Angleterre, ainsi qu’au sud jusqu'en Virginie, au Kentucky et en Caroline du Nord.

Habitat

La couleuvre tachetée occupe une grande variété d'habitats, dont des champs, des marais et des boisés ouverts. Elle a besoin d'un couvert végétal convenable pour pondre ses œufs, hiberner et assurer sa thermorégulation. En Ontario, cette couleuvre est plus commune dans les zones densément boisées (feuillus, conifères et forêts mixtes) que dans les zones à couvert clairsemé. Mais elle est aussi commune dans les pâturages et les prés de fauche, de même qu'autour des bâtiments agricoles, des hangars et des habitations.

Biologie

La période d'accouplement de la couleuvre tachetée s'étend sur plusieurs semaines, d'avril à mai, après que l'animal a émergé de son hibernaculum souterrain. La femelle pond en moyenne de 8 à 11 œufs dans des billes de bois en décomposition, dans le sable, dans le compost, sous des planches ou dans tout autre couvert ou substrat convenable. L'éclosion a généralement lieu entre août et septembre, mais parfois aussi en juillet, comme on l'a déjà vu dans la région d'Hamilton. Les principales proies de cette couleuvre sont les petits mammifères. Lorsqu'elle se sent menacée, la couleuvre tachetée fait vibrer sa queue rapidement; si elle se trouve alors sur un lit de feuilles mortes, le son produit ressemble beaucoup à celui que fait le crotale.

Taille et tendances des populations

On ne possède aucune estimation quantitative des populations provinciales de L. t. triangulum ni pour l'Ontario ni pour le Québec, et l'espèce n'a fait l'objet d'aucune étude démographique ou écologique au Canada. Certaines populations ont sans aucun doute disparu des grands centres urbains ou des régions soumises à une agriculture intensive, où leur habitat a été détruit. On sait toutefois que l'espèce survit dans les banlieues et les régions agricoles. On l'a observée de nombreuses fois en Ontario. Les cartes des mentions passées et présentes (en 1994) révèlent que les populations de couleuvres tachetées ont conservé la majeure partie de leur aire de répartition historique et n'ont été éliminées nulle part sur de grandes superficies. Au Québec, la répartition de cette couleuvre est très limitée, et c'est dans les régions du Sud de Gatineau et de Montréal qu'on l'observe le plus souvent. Les tendances démo­graphiques de l'espèce n'ont fait l'objet d'aucune évaluation quantitative ni au Québec ni en Ontario.

Facteurs limitatifs et menaces

Comme l'aire de répartition de la couleuvre tachetée concorde en majorité avec les régions agricoles et densément peuplées, l'espèce risque de voir son habitat envahi par les humains, puis détruit. Un grand nombre de couleuvres sont en effet tuées par des automobiles (mortalité routière) ou par des machines agricoles. La couleuvre tachetée a été et continue par ailleurs d'être persécutée pour plusieurs raisons. Premièrement, comme elle fréquente les granges, les hangars, les habitations et leurs environs, elle est souvent abattue par des gens qui n'aiment pas les serpents. Deuxièmement, abusés par le mythe populaire voulant qu'elle nuise à la production laitière en tétant le lait des vaches, certains producteurs la persécutent. Enfin, comme elle a tendance à faire vibrer sa queue comme un crotale (un serpent venimeux) et à frapper ses persécuteurs lorsqu'elle se sent menacée, bien des humains, ignorant qu'elle est inoffensive, la tuent souvent sous l'effet de la peur.

Importance de l'espèce

Le L. t. triangulum est la seule sous-espèce de couleuvre tachetée qu'on trouve au Canada. C'est aussi le seul serpent constricteur vivant au Québec. Sa présence dans les granges et les étables s'est avérée bénéfique, car elle aide à lutter contre les rongeurs (qui constituent sa principale proie).

Protection actuelle ou autres désignations

En Ontario comme au Québec, la couleuvre tachetée est protégée dans tous les parcs provinciaux et nationaux. En Ontario, elle est protégée en vertu de la Loi sur la protection du poisson et de la faune de la province, qui interdit de tuer ou de posséder l'espèce sans autorisation.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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