Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Couleuvre tachetée (Lampropeltis triangulum) au Canada

Importance de l'espèce

Selon Froom (1972), la couleuvre tachetée est l'un de nos serpents les plus utiles et les plus beaux. Bien qu'on n'ait jamais quantifié ses retombées économiques, l'espèce serait extrêmement bénéfique, en particulier pour les agriculteurs (Froom, 1972; Hunter et al., 1992; Logier, 1958; McCauley, 1945). En effet, en chassant les souris autour des vieux bâtiments agricoles et des habitations, cette couleuvre en diminue considérablement les populations (Ditmars, 1939). Elle capture aussi souvent les petites souris au nid, dans les murs et les fondations des bâtiments (Lazell, 1976), et les tue avant même qu'elles aient l'occasion de détruire les récoltes (Froom, 1972). Mais malheureusement, la couleuvre tachetée est souvent persécutée et abattue (Froom, 1972).

Comme elle n'est pas aussi attrayante que les autres sous-espèces de couleuvre tachetée (Bartlett, 1987), la sous-espèce triangulum n'est pas très recherchée comme animal de compagnie (Ernst et Barbour, 1989). On s'inquiète néanmoins de sa vulnérabilité face à une récolte massive dans les régions où elle est perçue comme un animal de compagnie désirable. Une couleuvre tachetée de taille moyenne peut rapporter entre 25 et 35 $US. Comme c'est le cas pour beaucoup d'autres gros serpents, la récolte excessive et la destruction des hibernacula pourraient entraîner la disparition locale de la couleuvre tachetée (Coffin et Pfannmuller, 1988).

La couleuvre tachetée a mauvaise réputation et fait l'objet de préjugés défavorables. Un mythe veut en effet que l'espèce tète le lait des vaches. Pourtant, plusieurs raisons démontrent clairement l'inanité d'une telle croyance. D'abord et avant tout, la bouche cette couleuvre, garnie de six rangs de dents coupantes comme des rasoirs, n'est pas conçue pour téter; les vaches s'opposeraient d'ailleurs fermement à se laisser téter par un animal pourvu d'une telle dentition. Deuxièmement, le volume stomacal d'une couleuvre tachetée à maturité peut atteindre 49 cm3, alors qu'une seule chopine de lait en fait près de 475 cm3 (Logier, 1958); par conséquent, même si elle pouvait téter, la couleuvre ne serait pas capable de soutirer une quantité de lait appréciable. Enfin, la couleuvre tachetée ne montre aucune attirance pour le lait (Ditmar, 1907); les individus en captivité refusent de boire du lait à moins d'être sérieusement assoiffées (Conant et Collins, 1991). Certains agriculteurs ont pourtant déjà réellement cru que les couleuvres tachetées leur causaient d'importantes pertes en faisant chuter la production laitière de leurs vaches (Cook, 1984). Et c'est à cause de ce genre de fausseté, qui vient s'ajouter à tous les préjugés qui ont déjà cours au sujet des serpents en général, qu'on a persécuté l'espèce (Ditmars, 1907)!

On confond souvent la couleuvre tachetée avec un certain nombre d’autres couleuvres, notamment la couleuvre obscure (Elaphe obsoleta), les couleuvres d'eau (Nerodia spp.), les couleuvres fauves de l'Est et de l'Ouest (Elaphe spp.), et les jeunes couleuvres agiles (Harding, 1997). Les erreurs d'identification peuvent fausser les renseignements sur la répartition et l'abondance, et donner ainsi une idée fausse du nombre de couleuvres tachetées présentes dans certaines régions.