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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'héliotin de Verna (Schinia verna) au Canada

COSEPAC Résumé

Héliotin de Verna
Schinia verna

Information sur l’espèce

L’héliotin de Verna est une petite noctuelle qui est active le jour. Ses ailes antérieures sont marquées de taches marron violacé et brun-olive contrastant avec leur fond blanc. Ses ailes postérieures sont noir et blanc, et l’ensemble de l’animal semble ainsi couvert d’un damier.

Les noctuelles sont répandues dans le monde entier et sont un des groupes de papillons de nuit qui comptent le plus d’espèces. La plupart des espèces sont de taille moyenne et ont un corps massif, et presque toutes sont phytophages. Le groupe comprend des espèces importantes du point de vue économique, comme les vers-gris et les légionnaires.

L’héliotin de Verna a été décrit comme espèce nouvelle assez récemment (1983). On n’a accumulé que peu d’informations sur sa biologie et sa répartition. La rareté des mentions de l’espèce pourrait s’expliquer par son aire de répartition apparemment restreinte et ses exigences en matière d’habitat.

Répartition

L’héliotin de Verna se rencontre au Canada, dans les provinces des Prairies, depuis le sud du Manitoba jusqu’au sud-est de l’Alberta. Il pourrait s’agir d’une espèce endémique du Canada.

Habitat

L’héliotin de Verna vit dans les prairies à végétation clairsemée comportant des colonies d’antennaires, qui servent d’hôtes aux chenilles de l’espèce.

Biologie

Contrairement à la plupart des papillons de nuit, l’héliotin de Verna n’est actif que le jour. Tout comme les papillons de jour, les papillons de nuit ont un cycle de vie caractérisé par une métamorphose complète, où se succèdent l’œuf, la chenille, la chrysalide et l’adulte. Ce cycle est accompli en un an. Des adultes ont été capturés depuis la troisième semaine de mai jusqu’à la mi-juin. La période de vol de l’espèce est étroitement synchronisée avec la floraison des antennaires. On sait que les chenilles ne se nourrissent que des graines et des fleurs de ces plantes. Les chrysalides hivernent dans des chambres souterraines peu profondes.

Taille et tendances des populations

Aucune donnée n’est actuellement disponible.

Facteurs limitatifs et menaces

La présence de l’héliotin de Verna est sans doute limitée par la disponibilité de prairies indigènes adéquates abritant des plantes hôtes. On manque de données précises sur les espèces hôtes et sur les besoins de l’héliotin de Verna en matière d’habitat. Un broutage léger à modéré pourrait être nécessaire au maintien de colonies de plantes hôtes de taille et de qualité suffisantes.

Importance de l’espèce

L’aire de répartition mondiale connue de l’héliotin de Verna se limite à la région des prairies et des prairies-parcs du Canada. À ce jour, l’espèce a été repérée dans quatre localités.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Aucune désignation ni protection particulière n’a encore été attribuée à l’espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004))

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.