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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'héliotin de Verna (Schinia verna) au Canada

Information sur l’espèce

Nom et classification

Bien que l’espèce ait d’abord été capturée par F.S. Carr en 1929, elle a été décrite par David Hardwick en 1983, quatre ans après que celui-ci l’ait découverte près de Glenboro, au Manitoba (Hardwick, 1983). Les spécimens types font partie de la Collection nationale canadienne d’insectes, arachnides et nématodes, à Ottawa (Hardwick, 1983; D. Lafontaine, comm. pers.). Il semble que Hooper (1996) a été le premier à utiliser le nom anglais« Verna Flower Moth » [dont l’équivalent français serait « héliotin Verna » (n.d.t.)]. Or, le Schinia verna a été ainsi nommé par Hardwick (1983) en hommage à sa femme, dont le prénom était Verna. Conformément à l’usage actuel concernant les noms communs honorant une personne, nous avons donc plutôt adopté comme nom anglais « Verna’s Flower Moth » [et comme nom français « héliotin de Verna » (n.d.t.)].

Le Schinia verna est une des quelque 150 espèces nord-américaines d’héliotins (Héliothinés), une des sous-familles de la famille des noctuelles (Noctuidés) (Hardwick, 1996). À l’échelle mondiale, le genre Schinia compte environ 120 espèces; la plupart se rencontrent dans les régions tempérées d’Amérique du Nord (Hardwick, 1970; idem, 1996). Le genre Schinia atteint sa diversité maximale dans les prairies arides et les déserts de l’ouest des États-Unis.

Le Schinia verna est étroitement apparenté au Schinia honesta, espèce un peu plus grande et plus foncée dont l’aire de répartition s’étend depuis le sud-ouest de l’Alberta et le sud de la Colombie-Britannique jusqu’à la Californie et au Colorado (Hardwick, 1996; Anweiler, 2003). Un spécimen apparenté à la fois au S. verna et au S. honesta a été capturé dans un milieu de dunes de sable du centre-sud du Washington (annexe 1). Il a la coloration typique du S. verna, mais il est plus grand, comme le S. honesta (Hardwick, 1996). Il faudrait donc des recherches plus approfondies pour clarifier la relation existant entre les espèces S. verna et S. honesta ainsi que la population représentée par le spécimen du Washington. Celle-ci est très éloignée des populations de S. verna des Prairies canadiennes et pourrait être une population isolée de cette espèce, vivant dans les prairies intermontagnardes du bassin du Columbia. Il est toutefois trop tôt pour établir que la population du Washington appartient à l’espèce S. verna, étant donné les différences d’aspect et d’habitat entre les deux populations et l’absence de populations de l’espèce dans la zone les séparant.

Description

L’héliotin de Verna est relativement petit, et ses ailes ont une envergure d’environ 20 mm. Le mâle et la femelle sont d’aspect semblable. Le dessus des ailes antérieures est brun-olive lavé de brun-rouge ou de marron violacé terne, avec des taches blanchâtres (figure 1) et avec des lignes blanches et grises sur la marge. Le dessus des ailes postérieures est orné d’un motif noir et blanc contrastant, et sa marge présente une large bande noire et plusieurs taches blanches peu marquées, avec un point noir médian contigu à la marge noire interne. Le dessous des ailes postérieures est presque entièrement blanc, avec des marques noires beaucoup moins prononcées que celles du dessus. Le dessous des ailes antérieures est blanc avec des marques noires se limitant aux zones basale et médiane.

Au moment de la ponte, l’œuf est gros, blanc et translucide. Au cours des deux jours suivants, il devient lavé de rose (Hardwick, 1996). À maturité, la chenille est d’un blanc verdâtre pâle avec une bande transversale vert-jaune sur chaque segment. Des rangées de points noirs bien visibles sont disposées le long du dos et des côtés. La chrysalide est de couleur orange pâle (Hardwick, 1996).

Figure 1. Héliotin de Verna (Schinia verna), récolté dans la vallée de la Red Deer, au nord de Jenner, en Alberta, le 19 mai 2000. Photographie de G. Anweiler.

Figure 1.  Héliotin de Verna (Schinia verna), récolté dans la vallée de la Red Deer, au nord de Jenner, en Alberta, le 19 mai 2000

On trouvera des illustrations en couleurs de chenilles et d’adultes dans Hardwick (1983, 1996). On trouvera également des illustrations de spécimens adultes sur le site Web du Strickland Entomological Museum de la University of Alberta (en anglais seulement) ainsi que sur le site Les papillons nocturnes du Canada d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (http://www.cbif.gc.ca/spp_pages/noctuoidea/imagelibrary/wnoct3l_f.php).

Le Schinia verna vole avec l’Eutricopis nexilis (Morr.), auquel il ressemble à première vue. Ce dernier est toutefois plus petit et présente seulement deux taches blanches sur chacune de ses ailes postérieures, plutôt que trois. Le Schinia persimilis (Grote) ressemble également au S. verna, et il est possible qu’ils volent ensemble dans les collines du Cyprès d’Alberta et de Saskatchewan, là où l’habitat montagnard du S. persimilis rencontre l’habitat prairial du S. verna. Le S. persimilis se distingue par les bords uniformément arrondis de la bande postmédiane des ailes antérieures (ces bords sont irréguliers chez le S. verna) et par la marge noire de ses ailes postérieures. Comme aucune clé d’identification n’a encore été publiée pour les espèces du genre Schinia, il faut faire vérifier l’identification par un lépidoptériste expérimenté, qui comparera le spécimen aux images et aux spécimens de référence dont il dispose.