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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’épilobe de Torrey au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

L’Epilobium torreyi nécessite un climat sub-méditerranéen sec en été, qui existe au Canada seulement dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans certaines des îles Gulf voisines, ce qui constitue un facteur limitatif. En Colombie-Britannique, l’espèce a été trouvée dans des prairies humides et sur des pentes ouvertes. La faiblesse des mécanismes de dispersion des graines limite la capacité de l’espèce à s’étendre vers des habitats propices inoccupés. En outre, elle est restreinte par sa capacité compétitive réduite, tel que le montre son déclin dans les zones herbeuses.

La perte et la dégradation de l’habitat, principalement attribuables à l’aménagement résidentiel et agricole, représentent des menaces envers l’espèce. L’habitat est également modifié par la perturbation physique des sites par de l’équipement lourd, l’invasion par des plantes exotiques agressives envahissantes et l’empiètement naturel du Douglas taxifolié, un arbre indigène, dans les secteurs ouverts (en raison de l’extinction des incendies).

La disparition de l’Epilobium torreyi du Canada semble être imputable à son inhérente rareté (petites populations isolées à l’extrémité septentrionale de l’aire de répartition nord-américaine) ainsi qu’à la dégradation et à la perte des habitats où il était auparavant présent. L’invasion par les espèces végétales exotiques et la perturbation physique des sites par les humaines constituent les principales sources de dégradation de l’habitat.

La population du parc du Lac-Thetis occupait d’abord une petite zone du pré Craigflower. Avant la désignation de cette zone comme parc, la ville de Victoria y a planté des Abies grandis (sapin grandissime). De plus, le site a été envahi par le Crataegus monogyna (aubépine monogyne) et de nombreuses plantes herbacées non graminoïdes et herbes exotiques envahissantes, ce qui a eu de graves répercussions sur l’habitat et pourrait avoir entraîné la disparition de l’espèce.

À North Saanich, l’espèce était présente dans un pré herbeux ouvert le long de l’extrémité orientale de la route McTavish. La majeure partie de ce tronçon a été aménagé à des fins résidentielles et le reste est boisé, agricole, a fait l’objet de creusement de fossés ou a été envahi par des herbes exotiques très compétitives (par exemple, Agrostis capillaris) et des arbustes (notamment Rubus armeniacus). Ces espèces exotiques envahissantes ont directement affecté de nombreuses espèces végétales indigènes, en réduisant la luminosité et en les concurrençant afin d’obtenir de l’eau et des nutriments. Elles ont également eu des répercussions indirectes en faisant graduellement s’accroître les niveaux d’azote et de matières organiques du sol, ce qui peut faciliter l’invasion du site par d’autres concurrents, y compris des espèces indigènes (D’Antonio et Vitousek, 1992).