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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette pédalée au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Violette pédalée
Viola pedata

Information sur l’espèce

La violette pédalée est une plante herbacée acaule. Les feuilles et les pédoncules floraux naissent directement d'un rhizome dressé non stolonifère. Les feuilles sont principalement découpées en trois parties, elles-mêmes divisées en trois à cinq segments linéaires. Les fleurs sont solitaires, portées à l'extrémité d’un long pédoncule généralement plus long que les feuilles. Les fleurs sont plus aplaties que celles de la plupart des autres violettes et sont de couleur violet lilas. Les cinq pétales peuvent être de la même couleur, ou les deux supérieurs peuvent être plus foncés que les trois inférieurs.

Répartition

La violette pédalée se rencontre dans l'Est de l'Amérique du Nord, depuis l'Ontario et l’État de New York jusqu'à la Géorgie et, vers l’ouest, jusqu'au Minnesota et au Texas. Au Canada, elle n'est présente que dans le Sud de l'Ontario.

Habitat

La violette pédalée pousse habituellement dans les sols acides, sableux et bien drainés des savanes à chêne noir, où des perturbations occasionnelles contribuent à empêcher les arbres et arbustes envahissants de lui faire trop d'ombre.

Biologie

La violette pédalée est une plante herbacée vivace. Elle fleurit de la mi-mai à la mi-juin, puis de la fin de septembre à la mi-octobre. Contrairement à de nombreuses autres violettes, le Viola pedata ne se reproduit que par les graines issues de la pollinisation croisée.

Taille et tendances des populations

Cinq populations existent au Canada. Trois d'entre elles se trouvent sur des terrains privés et se composent respectivement de 1, de 9 et de 100 individus. Elles sont dans une situation précaire, menacées par la construction résidentielle, la tonte, la fauche et la présence d’arbres et d’arbustes envahissants. La plus grande de ces populations comptait 3 300 individus en 1987, mais n’en compte plus que 100 aujourd’hui. Les deux plus grandes populations ontariennes se trouvent sur des terres appartenant à la province et comptent respectivement 185 et 6 500 individus. La plus petite des deux est menacée par les véhicules tout-terrain ainsi que les arbres et arbustes envahissants. La plus grande est moins menacée, puisqu’elle se trouve dans un parc provincial où un plan d’aménagement en assure la protection, mais son effectif a énormément diminué, passant de 10 300 individus en 1987 à 6 500 en 2001. Malgré ce déclin apparent, il se peut que le temps très sec de 2001 ait provoqué une sénescence prématurée de nombreux individus et que l'effectif réel ait ainsi été sous-estimé. On estime que l’effectif canadien de l’espèce aurait diminué de 25 à 50 p. 100 au cours de la dernière décennie.

Facteurs limitatifs et menaces

Le manque d'habitat potentiel semble être le principal facteur limitatif. La violette pédalée est présente dans une des régions les plus développées du pays et est tributaire des savanes à chêne, jugées rares à l'échelle provinciale. La population de la Pointe Turkey est probablement protégée, puisqu'elle est située dans un parc provincial, mais elle devra faire l'objet de mesures d’aménagement visant à préserver les clairières dont elle dépend. La St. Williams Forest Station est située sur des terres provinciales, mais la population de violette pédalée y déclinera, à moins que des mesures soient prises pour y perpétuer une partie de l'actuelle savane claire. Le site de Brantford se trouve sur un terrain privé susceptible d'être bâti, dont les propriétaires actuels ne manifestent aucun intérêt pour la préservation de l'espèce. Elle disparaîtra fort probablement. Les deux autres sites situés sur des terrains privés sont si petits et dans une situation si précaire qu'ils ne devraient pas survivre bien longtemps.

Importance de l'espèce

Au Canada, le Viola pedata est rare et se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Il constitue une importante source de nourriture pour plusieurs espèces de papillons, notamment un argynne, le Speyeria idalia. Cette espèce est en péril dans nombre d’États des États-Unis où elle est présente. Elle ne s'observe que sporadiquement en Ontario, où elle n'a probablement plus de populations permanentes, sans doute à cause la diminution historique de la violette pédalée, dont se nourrissent les chenilles de l’espèce.

Les violettes ont une riche histoire ethnobotanique, et la violette pédalée, qui était employée par les Premières nations, ne fait pas exception.