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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette pédalée au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur la
violette pédalée
Viola pedata
au Canada

violette pédalée (Viola pedata)

Espéce en voie de disparition
2002



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la violette pédalée (Viola pedata) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 15 p. (Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Rapport précédent :

Kavanagh, D., L. Hutchison et S. Varga. 1990. COSEWIC status report on the bird’s-foot violet Viola pedata in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. 34 p.

 

Note de production :

Le COSEPAC aimerait se montrer reconnaissant envers David J. White pour avoir rédigé le rapport de situation sur la violette pédalée (Viola pedata) aux termes d’un contrat avec Environnement Canada.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Bird's-foot Violet Viola pedata in Canada.

Illustration de la couverture :
Violette pédalée - photo gracieusement fournie par Marty Lucas, de Bechnell and Lucas Media Ltd., à North Judson (Indiana).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
No de catalogue : CW69-14/218-2003F-IN
ISBN : 0-662-88960-6

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logo du COSEPAC

COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l'évaluation – Mai 2002

Nom commun :
Violette pédalée

Nom scientifique :
Viola pedata

Statut :
Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation :
Une espèce qui se trouve dans de rares habitats de savane de chênes, elle a une aire de répartition géographique très limitée comptant cinq occurrences seulement; la taille des populations a connu d'importantes diminutions.

Répartition :
Ontario

Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en avril 1990. La situation a été réexaminée, et l'espèce est passée à la catégorie de risque plus élevé « en voie de disparition » en mai 2002. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Violette pédalée
Viola pedata

Information sur l’espèce

La violette pédalée est une plante herbacée acaule. Les feuilles et les pédoncules floraux naissent directement d'un rhizome dressé non stolonifère. Les feuilles sont principalement découpées en trois parties, elles-mêmes divisées en trois à cinq segments linéaires. Les fleurs sont solitaires, portées à l'extrémité d’un long pédoncule généralement plus long que les feuilles. Les fleurs sont plus aplaties que celles de la plupart des autres violettes et sont de couleur violet lilas. Les cinq pétales peuvent être de la même couleur, ou les deux supérieurs peuvent être plus foncés que les trois inférieurs.

Répartition

La violette pédalée se rencontre dans l'Est de l'Amérique du Nord, depuis l'Ontario et l’État de New York jusqu'à la Géorgie et, vers l’ouest, jusqu'au Minnesota et au Texas. Au Canada, elle n'est présente que dans le Sud de l'Ontario.

Habitat

La violette pédalée pousse habituellement dans les sols acides, sableux et bien drainés des savanes à chêne noir, où des perturbations occasionnelles contribuent à empêcher les arbres et arbustes envahissants de lui faire trop d'ombre.

Biologie

La violette pédalée est une plante herbacée vivace. Elle fleurit de la mi-mai à la mi-juin, puis de la fin de septembre à la mi-octobre. Contrairement à de nombreuses autres violettes, le Viola pedata ne se reproduit que par les graines issues de la pollinisation croisée.

Taille et tendances des populations

Cinq populations existent au Canada. Trois d'entre elles se trouvent sur des terrains privés et se composent respectivement de 1, de 9 et de 100 individus. Elles sont dans une situation précaire, menacées par la construction résidentielle, la tonte, la fauche et la présence d’arbres et d’arbustes envahissants. La plus grande de ces populations comptait 3 300 individus en 1987, mais n’en compte plus que 100 aujourd’hui. Les deux plus grandes populations ontariennes se trouvent sur des terres appartenant à la province et comptent respectivement 185 et 6 500 individus. La plus petite des deux est menacée par les véhicules tout-terrain ainsi que les arbres et arbustes envahissants. La plus grande est moins menacée, puisqu’elle se trouve dans un parc provincial où un plan d’aménagement en assure la protection, mais son effectif a énormément diminué, passant de 10 300 individus en 1987 à 6 500 en 2001. Malgré ce déclin apparent, il se peut que le temps très sec de 2001 ait provoqué une sénescence prématurée de nombreux individus et que l'effectif réel ait ainsi été sous-estimé. On estime que l’effectif canadien de l’espèce aurait diminué de 25 à 50 p. 100 au cours de la dernière décennie.

Facteurs limitatifs et menaces

Le manque d'habitat potentiel semble être le principal facteur limitatif. La violette pédalée est présente dans une des régions les plus développées du pays et est tributaire des savanes à chêne, jugées rares à l'échelle provinciale. La population de la Pointe Turkey est probablement protégée, puisqu'elle est située dans un parc provincial, mais elle devra faire l'objet de mesures d’aménagement visant à préserver les clairières dont elle dépend. La St. Williams Forest Station est située sur des terres provinciales, mais la population de violette pédalée y déclinera, à moins que des mesures soient prises pour y perpétuer une partie de l'actuelle savane claire. Le site de Brantford se trouve sur un terrain privé susceptible d'être bâti, dont les propriétaires actuels ne manifestent aucun intérêt pour la préservation de l'espèce. Elle disparaîtra fort probablement. Les deux autres sites situés sur des terrains privés sont si petits et dans une situation si précaire qu'ils ne devraient pas survivre bien longtemps.

Importance de l'espèce

Au Canada, le Viola pedata est rare et se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Il constitue une importante source de nourriture pour plusieurs espèces de papillons, notamment un argynne, le Speyeria idalia. Cette espèce est en péril dans nombre d’États des États-Unis où elle est présente. Elle ne s'observe que sporadiquement en Ontario, où elle n'a probablement plus de populations permanentes, sans doute à cause la diminution historique de la violette pédalée, dont se nourrissent les chenilles de l’espèce.

Les violettes ont une riche histoire ethnobotanique, et la violette pédalée, qui était employée par les Premières nations, ne fait pas exception. 

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Mandat, composition et définitions du COSEPAC

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Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page 2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur la
violette pédalée
Viola pedata
au Canada
2002

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Viola pedata L.


Nom commun :

Violette pédalée


Famille :

Violacées


Grand groupe végétal :

Dicotylédones



Description

La violette pédalée est une plante herbacée acaule. Les feuilles et les pédoncules floraux naissent directement d'un rhizome dressé non stolonifère (figure 1). Les feuilles sont principalement découpées en trois parties, elles-mêmes divisées en trois à cinq segments linéaires. Les fleurs sont solitaires, portées à l'extrémité d’un long pédoncule généralement plus long que les feuilles. Les fleurs sont plus aplaties que celles de la plupart des autres violettes et sont de couleur violet lilas (Ballard, 1987). Les cinq pétales peuvent être de la même couleur, ou les deux supérieurs peuvent être plus foncés que les trois inférieurs (Kavanagh et al., 1990).


Figure 1 : Le Viola pedata

Figure 1 : Le Viola pedata.

Photo gracieusement fournie par Marty Lucas, de Becknell and Lucas Media Ltd., North Judson IN.

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Répartition

Répartition mondiale

La violette pédalée se rencontre dans l'Est de l'Amérique du Nord, depuis l'Ontario et l’État de New York jusqu'à la Géorgie et, vers l’ouest, jusqu'au Minnesota et au Texas (figure 2).


Figure 2 : Répartition du Viola pedata en Amérique du Nord

Figure 2 : Répartition du Viola pedata en Amérique du Nord (d’après Kavanagh et al., 1990).

D’après Kavanagh et al., 1990.


Répartition canadienne

Au Canada, la violette pédalée n'est présente que dans trois comtés et deux municipalités régionales du Sud-Ouest de l'Ontario (figure 3). En 1987, elle était connue de trois localités, soit le parc provincial de la Pointe Turkey, la St. Williams Forest Station et Brantford. Entre la rédaction du premier rapport de situation (Kavanagh et al., 1990) et 2001, deux sites historiques qui semblaient disparus ont été retrouvés.

En 2001, cinq sites sont considérés comme toujours existans. Des populations historiques ont déjà été signalées dans les comtés de Lambton, de Middlesex et de Brant ainsi que dans les municipalités régionales d'Haldimand-Norfolk et Niagara. Aucune d'elles n'a pu être retrouvée, malgré les travaux intensifs menés sur le terrain pendant les années 1980 en vue du premier rapport de situation ainsi que dans le cadre d'autres projets (Kavanagh et al., 1990). L'aire de répartition actuelle (zone d'occurrence) de la violette pédalée en Ontario est d'environ 40 km2 et sa zone d'occupation, d’environ 1,5 km2. Les sites actuels sont considéres comme isolés, puisque l’espèce ne dispose d’aucun mécanise lui permettant de se propager plus qu’à de très courtes distances et que la pollinisation par les insectes ne peut sans doute assurer un transfert des gènes qu’à très faible distance.

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Habitat

Besoins de l’espèce

La violette pédalée est présente dans la zone carolinienne, dont le climat est modéré par le lac Érié. Elle pousse habituellement dans les sols acides, sableux et bien drainés des savanes à chêne noir, où des perturbations occasionnelles contribuent à empêcher les arbres et arbustes envahissants de lui faire trop d'ombre (Kavanagh et al., 1990).

Les feux de forêt qui survenaient périodiquement dans cette zone constituaient autrefois le principal type de perturbation. Les perturbations sont maintenant d'origine humaine, étant liées à l'exploitation forestière, au déboisement des emprises des lignes de transport de l'électricité, au broutage ainsi qu’à la tonte ou au fauchage occasionnels, qui perpétuent le milieu dégagé dont la violette pédalée a besoin.

En Ontario, le Viola pedata est associé à 14 espèces végétales qu'Oldham (1999) juge importantes à l'échelle provinciale : Tephrosia virginiana, Polygonum tenue, Phlox subulata, Koeleria macrantha, Bouteloua curtipendula, Asclepias verticillata, Asclepias viridiflora, Disporum lanuginosum, Linum virginianum, Thalictrum revolutum, Myrica pensylvanica, Carya glabra, Hypoxis hirsuta et Dichanthelium villosissimum (Kavanagh et al., 1990).


Protection et propriété des terrains

La plus grande population canadienne de la violette pédalée se trouve dans le parc provincial de la Pointe Turkey. La deuxième en importance se trouve à la St. Williams Forest Station, qui appartient également à la province. Les trois populations plus petites sont situées sur des terrains privés.

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Biologie

La violette pédalée est une plante herbacée vivace. Elle fleurit de la mi-mai à la mi-juin, puis de la fin septembre à la mi-octobre. Les fleurs sont pollinisées par des insectes à longue trompe. Les graines mûres sont projetées jusqu'à un demi-mètre de la plante, puis sont souvent ramassées par des fourmis, qui ainsi contribuent à réduire la prédation des graines par d'autres insectes et facilitent la reproduction. Contrairement à de nombreuses autres violettes, le Viola pedata ne produit pas de fleurs cléistogames (fleurs qui ne s'ouvrent pas et sont autofécondées) ni de stolons (tiges permettant la multiplication végétative). Cette violette ne se reproduit donc que par des graines issues de la pollinisation croisée (Kavanagh et al., 1990). Pour de plus amples détails sur la biologie générale de l'espèce, consulter le rapport de situation de Kavanagh et al. (1990).

La violette pédalée est facile à cultiver à partir des graines, qui ont besoin d'obscurité pour germer (et doivent donc être recouvertes). Elle est populaire auprès des jardiniers, qui l'utilisent dans les rocailles exposées aux chauds rayons du soleil. Les individus parvenus à maturité peuvent être divisés. Il existe sur le marché plusieurs cultivars de l’espèce, dont le ‘Bicolor’. Les populations canadiennes peuvent avoir une grande importance pour les horticulteurs, car elles sont probablement plus tolérantes au froid que les populations du sud (D. Fraser, comm. pers.)

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Taille et tendances des populations

En 1990, lorsque le Viola pedata a été désigné « espèce menacée », on en connaissait la présence dans seulement trois localités canadiennes (Hutchison et Kavanagh, 1994; Kavanagh et al., 1990; Oldham, 1996; Oldham, 2001). Il existe en outre neuf mentions historiques dont on n'a trouvé aucune trace depuis 1950. Avant la préparation du rapport de situation de 1990, la plupart de ces populations avaient été recherchées, mais en vain. Deux autres mentions historiques remontent à la période de 1950 à 1965. Des recherches minutieuses ont été effectuées dans ces deux localités, mais aucun sujet du Viola pedata n'y a été découvert. De 1965 à 1990, année du premier rapport de situation, aucun nouveau site n'a été trouvé.

Deux sites historiques qui semblaient disparus ont été retrouvés entre la première désignation de l'espèce par le COSEPAC, en 1990, et les travaux menés sur le terrain en 2001. Les cinq localités suivantes sont donc considérées comme toujours existantes.

Brantford : En 1987, cette localité comptait environ 3 300 individus répartis en six sous-populations (localité 2 de la figure 3). Certaines des sous-populations semblaient menacées par la construction résidentielle (Kavanagh et al., 1990). Melinda Thompson et Don Kirk ont effectué des travaux sur le terrain le 21 septembre 2000 et ont constaté que la construction de nouvelles habitations avait fait disparaître deux des sous-populations et que l'effectif des quatre autres n'était plus que d'une centaine d’individus.

Forestville : En 1987, ce site était considéré comme disparu, car aucun individu n'y avait été observé depuis 1937 (Kavanagh et al., 1990), même dans le cadre des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987). Mary Gartshore a retrouvé une petite population en 1994 (localité 3 de la figure 3). Mary Gartshore et moi-même avons fouillé la localité le 10 juillet 2001, mais y avons retrouvé un seul individu, dans une toute petite clairière.

St. Williams Forest Station : Une petite population a été découverte en 1987 de l'autre côté de la route longeant le parc provincial de la Pointe Turkey (localité 12 de la figure 3). Des travaux effectués sur le terrain les 9 et 14 mai 2001 par Bill Draper, et le 10 juillet 2001 par Mary Gartshore et moi-même ont permis de découvrir quelque 183 individus répartis en six sous-populations voisines les unes des autres. Moins de 200 mètres séparaient ce site de celui du parc provincial de la Pointe Turkey, situé de l'autre côté du chemin de comté no 10.

Parc provincial de la Pointe Turkey : En 1987, quelque 10 300 individus avaient été dénombrés dans le parc (Kavanagh et al., 1990). Lors de travaux menés sur le terrain le 11 juillet 2001, j’ai estimé l'effectif à environ 6 500 individus, répartis en huit sous-populations (localité 12 de la figure 3). Une des sous-populations regroupe la plupart des individus (environ 6 000). Les sept autres en comptent chacune de 6 à 300. Comme un temps très sec a prévalu dans le Sud de l'Ontario en 2001, il se peut que de nombreux individus soient entrés prématurément en dormance, de sorte que l'effectif réel de la population pourrait ne pas avoir diminué depuis 1987.

Vittoria : En 1987, ce site était considéré comme disparu, puisqu'il n'avait pas été observé depuis 1936, même dans le cadre des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987). Mary Gartshore et Sam Brinker ont repéré une petite population en 2000 (localité 13 de la figure 3). Mary Gartshore et moi-même avons fouillé le site le 10 juillet 2001 et y avons retrouvé neuf individus, qui étaient dans une situation précaire puisqu'ils étaient établis près du sommet d'un talus rongé par l'érosion.


Les neuf localités suivantes ont probablement disparu. Aucune de ces mentions anciennes ne renfermait des détails sur la taille de la population.

Backus Woods : Cette mention est fondée sur une récolte faite en 1963 (localité 1 de la figure 3). Malgré les relevés intensifs effectués par Steve Varga en 1985 et les fouilles plus récentes, aucune violette pédalée n'a été observée depuis.

London : La dernière observation remonte à 1890 (localité 4 de la figure 3). Aucune nouvelle observation n'a été effectuée, même dans le cadre des relevés des zones écologiquement sensibles du comté de Middlesex.

Niagara-on-the-Lake : La dernière observation remonte à 1906 (localité 5 de la figure 3). L'habitat qui subsistait encore dans ce secteur a été fouillé en 1988 par Steve Varga et d'autres personnes, mais aucun individu n'y a été observé.

Au nord de Normandale : La dernière observation remonte à 1960 (localité 6 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert dans le cadre des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987).

Normandale : La dernière observation remonte à 1928 (localité 7 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert lors des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987).

Paris : La dernière observation remonte aux alentours de 1900 (localité 8 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert malgré les recherches minutieuses menées dans le secteur en 1989 (Kavanagh et al., 1990).

St. Williams : La dernière observation remonte à 1939 (localité 9 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert lors des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987).

Sarnia : La dernière observation remonte à 1909 (localité 10 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert malgré les recherches minutieuses effectuées en 1959 et en 1961 par L. Gaiser et pendant les années 1970 et 1980 par Dorothy Tiedje (comm. pers., 2001).

Simcoe : La dernière observation remonte à 1905 (localité 11 de la figure 3). Aucun individu n'a été découvert lors des relevés des aires naturelles d'Haldimand-Norfolk (Gartshore et al., 1987).


Figure 3 : Répartition du Viola pedata dans le Sud de l'Ontario

Figure 3 : Répartition du Viola pedata dans le Sud de l'Ontario.

Les chiffres renvoient aux localités et aux populations traitées dans le présent rapport. Les populations des localités 2, 3, 12 (représentant 2 sites voisins) et 13 existent encore.

À l'époque du premier rapport de situation, l’effectif canadien total du Viola pedata était estimé à quelque 13 600 individus, répartis entre trois localités (Kavanagh et al., 1990). D'après les travaux sur le terrain menés en 2000 et en 2001, il serait maintenant d'environ 6 800 individus, répartis entre cinq localités. Environ 5 000 d'entre eux doivent être en âge de se reproduire. Les dénombrements et estimations, notamment dans le cas du parc de la Pointe Turkey, sont peut-être inférieurs aux effectifs réels, étant donné les conditions extrêmement sèches qui ont régné pendant l'été 2001. De plus, comme l’effectif de la grande population de la Pointe Turkey a été estimé par extrapolation à partir de secteurs-échantillons et qu'il était difficile de distinguer la violette pédalée des autres espèces agressées par la sécheresse, l’effectif de cette population peut avoir été sous-estimé. Dans les sites plus petits, le dénombrement a porté sur les individus réellement observés dans l'ensemble de la localité et constitue donc une meilleure estimation de l’effectif de la population. Si on tient compte de la difficulté d’estimer la taille d'une grande population comme celle du parc de la Pointe Turkey, on peut dire que l’effectif total de la violette pédalée en Ontario a diminué de quelque 25 à 50 p. 100 depuis le rapport de situation de 1990.

Les populations ontariennes du Viola pedata sont isolées par rapport à son aire de répartition principale, située aux États-Unis (voir la figure 2). Si elles venaient à disparaître, les populations situées aux États-Unis ne pourraient vraisemblablement pas recoloniser les localités canadiennes au moyen de mécanismes naturels, puisque la violette pédalée ne peut disperser ses graines que sur de courtes distances et que son habitat est discontinu.

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Facteurs limitiatifs et menaces

Le manque d'habitat potentiel semble être le principal facteur limitatif. La violette pédalée est présente dans une des régions les plus développées du pays. Les savanes à chêne dont elle est tributaire peuvent n'avoir jamais été très répandues et sont jugées rares à l'échelle provinciale (Bakowsky, 1996).

La population du parc de la Pointe Turkey est assez bien protégée, puisqu'elle est située dans un parc provincial, mais elle devra faire l'objet de mesures d’aménagement visant à préserver les clairières dont elle dépend. On a effectué dans le parc des brûlages dirigés visant à préserver les nombreuses espèces rares tributaires de milieux dégagés. Or, à cause de l’intensité du feu, une régénération dense s'est établie dans certains des secteurs brûlés, ce qui risque de faire disparaître certaines des sous-populations de violette pédalée. Des arbustes et de jeunes arbres, notamment d’une espèce exotique, le pin sylvestre (Pinus sylvestris), menacent d'envahir les principales sous-populations se trouvant le long de l’emprise d'une ligne de transport d'électricité et près d’une aire de pique-nique. La tonte endommage d’ailleurs certaines violettes poussant en bordure de l'aire de pique-nique.

La population de Brantford se trouve sur un terrain privé susceptible d'être bâti (Kavanagh et al., 1990), et les propriétaires actuels ne sont pas intéressés à prendre des mesures pour perpétuer l'espèce (M. Thompson, comm. pers., 2001). Cette population disparaîtra donc probablement. La St. Williams Forest Station est située sur des terres provinciales, mais il est possible que la population de violette pédalée y diminue à moins que des mesures d’aménagement ne soient prises pour préserver une certaine partie de la savane claire, qui ne s'y trouve plus qu’à l’état de petites clairières éparpillées. Le site de Forestville compte un seul individu, établi dans une petite clairière voisine d’un sentier, sur un terrain privé. Elle disparaîtra probablement. Le site de Vittoria se trouve dans une petite clairière, coincée entre le sommet d'un talus routier de sable soumis à l’érosion et la ligne d’avancée des arbres et arbustes envahissants. Elle disparaîtra probablement.

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Importance de l'espèce

Au Canada, le Viola pedata est rare et se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Il constitue une importante source de nourriture pour plusieurs espèces de papillons, notamment un argynne, le Speyeria idalia. Cette espèce est en péril dans nombre d’États où elle est présente (jugée préoccupante par le U.S. Fish and Wildlife et disparue dans cinq États). Le S. idalia figure sur la liste des espèces disparues d’Ontario établie par le Centre d'information sur le patrimoine naturel et ne s'observe que sporadiquement dans la province, où il n'a probablement plus de populations permanentes (Layberry et al., 1998; D. Fraser, comm. pers.), sans doute à cause de la diminution historique de la violette pédalée, dont se nourrissent les chenilles de l’espèce.

Les violettes ont une riche histoire ethnobotanique, et la violette pédalée, qui était employée par les Premières nations, n'y fait pas exception. On trouvera un article décrivant l'emploi que les Autochtones faisaient du Viola pedata (D. Fraser, comm. pers, 2002) à The Ethnobotanical Uses of the Genus Viola by Native Americans (en anglais seulement).

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Résumé technique

Viola pedata L.

Violette pédalée
Bird’s-foot violet

Uniquement présente en Ontario


Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km2)

40 km2


Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)

stable


Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1 )?

non


Zone d’occupation (km2)

1,5 km2


Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue)

en déclin


Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

non


Nombre d’emplacements existants

5


Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnu)

stable


Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

non


Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)

en déclin



Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en  jours, etc.)

plusieurs années avant la floraison?


Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)

peut-être 5 000


Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)

en déclin


S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte)

25-50 %


Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

non


La population totale est-elle fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d., migration réussie de ≤ 1 d’individu/année)?

oui


Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune


Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnu)

en déclin (y compris les mentions historiques)


Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

non



Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Piétinement par les visiteurs, succession et ombrage, construction résidentielle.


Effet d’une immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

oui


Statut ou situation des populations de l’extérieur?

non en péril


Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

peu probable


Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

peut-être


Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

assez peu



Analyse quantitative

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Remerciements

Mike Oldham, du Centre d'information sur le patrimoine naturel, à Peterborough), a fourni une liste des sites connus du Viola pedata en Ontario et des détails sur les confirmations récentes. Mike Postma, directeur du parc provincial de la Pointe Turkey, a fourni des renseignements sur les populations du parc. Mary Gartshore, d'Haldimand-Norfolk, a fourni des données sur la plupart des sites et nous a montré les populations de la St. Williams Forest Station, de Vittoria et de Forestville. Melinda Thompson, du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, à Guelph, nous a fourni des renseignements sur les populations de Brantford et de Vittoria. Donald Kirk, du ministère des Richesses naturelles, à Guelph, et Bill Draper, de Toronto, nous ont donné des renseignements sur la population de la St. Williams Forest Station. Dorothy Tiedje, de Sarnia, nous a décrit les efforts déployés pour retrouver le site historique de Sarnia. Nous remercions également Marty Lucas, de Becknell and Lucas Media Ltd., qui nous a permis d’utiliser sa photo de la violette pédalée. Nous avons beaucoup apprécié les commentaires formulés dans le cadre de l’examen du présent rapport par Dave Fraser, spécialiste des espèces en voie de disparition au gouvernement de la Colombie-Britannique. Le rapport a été financé par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.


Ouvrages cités

Bakowsky, W.D. 1996. Natural heritage resources of Ontario: vegetation communities of southern Ontario. Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough.

Ballard, H.E., Jr. 1987. Viola pedata.Page non numérotée dans K.M. Pryer et G.W. Argus (éd.). Atlas des plantes vasculaires rares de l’Ontario. Quatre parties. Musée national des sciences naturelles, Ottawa (feuilles mobiles).

Gartshore, M.E., D.A. Sutherland et J.D. McCracken. 1987. The natural areas inventory of the Regional Municipality of Haldimand-Norfolk. Volume II: Annotated checklists. Norfolk Field Naturalists, Simcoe (Ontario). 250 p.

Hutchison, L.J., et K. Kavanagh. 1994. The bird’s-foot violet (Viola pedata L.) in Canada: population biology and ecology of a threatened species. Michigan Botanist 33:3-16.

Kavanagh, K., L. Hutchison et S. Varga. 1990. Status report on the bird’s-foot violet (Viola pedata) in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Service canadien de la faune, Ottawa. Rapport inédit. 25 p.

Layberry, R.A., P.W. Hall et J.D. Lafontaine. 1998. The Butterflies of Canada. University of Toronto Press. 276 p. 32 planches en couleurs.

Oldham, M.J. 1996. COSSARO Candidate V,T,E Species Evaluation Form for bird’s-foot violet (Viola pedata). Centre d'information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles, Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO). Rapport inédit. 5 p.

Oldham, M.J. 1999. Natural heritage resources of Ontario: rare vascular plants. Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. 53 p.

Oldham, M.J. 2001. Element Occurrence records of bird’s-foot violet (Viola pedata). Extrait de la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough.

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Sommaire biographique du contractuel

David J. White détient un B.Sc. en biologie et travaille depuis plus de 25 ans à répertorier les zones naturelles ainsi qu’à évaluer la situation et l’importance des plantes rares. Il a effectué ses premiers relevés en 1972, dans le cadre du Programme biologique international. De 1973 à 1983, M. White a occupé le poste de technicien de recherche au Musée canadien de la nature. Durant cette période, il a corédigé plusieurs publications sur les plantes rares, dont l’Atlas des plantes vasculaires rares de l’Ontario. À partir de 1983, il a travaillé à son propre compte à titre de consultant en sciences biologiques dans divers domaines, ayant notamment réalisé des inventaires et des évaluations de zones naturelles et rédigé des rapports sur les espèces envahissantes. M. White a déjà rédigé pour le COSEPAC des rapports de situation sur trois espèces ainsi que rédigé ou corédigé des rapports de mise à jour sur 18 autres espèces.


Experts consultés

Bowman, I. Mai 2001. Biologiste principale, spécialiste des espèces rares, menacées et en voie de disparition, ministère des Richesses naturelles, C.P. 7000, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5. Tél. : (705) 755-1208, téléc. : (705) 755-1259, courriel : Irene.Bowman@mnr.gov.on.ca.

Fowler, T. Mai 2001. Conseillère scientifique, Évaluation et inscription, Espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario)  K1A 0H3. Tél. : (819) 953-6402, téléc : (819) 994-3684, courriel : Theresa.Aniskowicz@ec.gc.ca.

Gillespie, L. Chercheuse scientifique, Musée canadien de la nature, C.P. 3443, Succursale D, Ottawa (Ontario)  K1P 6P4. Tél. : (613) 364-4075, téléc. : (613) 364-4027, courriel : lgillespie@mus-nature.ca.

Goulet, S. Mai 2001. Coordonnateur, Connaissances traditionnelles autochtones, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Ottawa (Ontario)  K1A 0H3. [n'est plus à l'emploi d'Environnement Canada]

Oldham, M. Mars 2001. Botaniste et herpétologiste, Centre d'information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles, 300, rue Water, 2e étage, Tour Nord, Peterborough (Ontario)  K9J 8M5. Tél. : (705) 755-2160, téléc. : (705) 755-2168, courriel :michael.oldham@mnr.gov.on.ca.

Parker, L. Mai 2001. Sweet Grass Gardens, Réserve des Six-Nations, R.R. nº 6, Hagersville (Ontario)  N0A 1H0. Tél. : (519) 445-4828, téléc. : (519) 445-4826, courriel : info@sweetgrassgardens.com.

Pratt, R. Mai 2001. Service canadien de la faune, Environnement Canada, 49 promenade Camelot, Nepean (Ontario)  K1A 0H3. Tél. : (613) 952-0932, téléc. : (613) 952-9027, courriel : richard.pratt@ec.gc.ca.

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