Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Héliotin blanc satiné (Schinia bimatris) au Canada

Taille et tendances des populations

Tant qu’on ne possédera pas un portrait plus clair de la répartition du S. bimatris et de son utilisation de l’habitat et de la plante hôte, il sera difficile, voire impossible, d’obtenir une estimation significative de la taille de la population. La taille de la population est vraisemblablement limitée par le nombre de fleurs et de graines disponibles pour les chenilles et les sources de nectar disponibles pour les adultes, et peut-être aussi par le type de substrat (sable lâche dans le cas présent) ainsi que par des caractéristiques du microhabitat telles que l’humidité. Même dans son habitat, le S. bimatris semble rare ou peu commun, comme l’indique le faible nombre d’individus observés en 2003. Les recherches menées aux dunes Spirit en 2004 ont échoué (annexe 2), mais il convient de noter que le sud du Manitoba a connu une année particulièrement froide et pluvieuse en 2004. En conséquence, les effectifs du S. bimatris étaient peut-être anormalement faibles cette année-là. Compte tenu de l’étendue limitée de l’habitat adéquat et de la relative rareté de l’espèce en 2003, il y a tout lieu de croire que la population compte actuellement entre 100 et 5 000 individus. La probabilité que des migrateurs puissent contribuer au rétablissement de la population canadienne n’a pas été calculée, mais elle est considérée comme très faible, puisqu’aucune population de S. bimatris n’est connue des régions voisines aux États-Unis. La présence du Schinia bimatris n’a jamais été observée ni au Dakota du Nord ni au Dakota du Sud (G. Fauske, comm. pers.), mais le champ de dunes Minot, au Dakota du Nord, se trouve à 200 km au sud-ouest des dunes Spirit (Forman et al., 2001) et pourrait représenter un habitat adéquat. La population connue la plus près se trouve à proximité d’Omaha (Nebraska) à environ 1000 km.

La densité des populations du S. bimatris dans le sud des États-Unis est également faible. Par exemple, en Louisiane, seulement 43 individus ont été récupérés sur une période de 33 ans dans une série de pièges lumineux allumés presque quotidiennement (V. Brou, comm. pers.). La présence de conditions environnementales favorables pourrait toutefois donner lieu à des pics de population et à de fortes fluctuations de densité de population d’une année à l’autre. Ainsi, durant une année donnée, des douzaines d’individus ont été observés chez une population du Mississippi alors qu’aucun n’avait été aperçu au cours des années précédentes (R. Brown, comm. pers.). Des fluctuations stochastiques de la taille des populations ont également été observées chez le Schinia indiana (Swengel et Swengel, 1999). Puisque des populations aux États-Unis de S. bimatris ainsi que des population de certaines espèces étroitement apparentées se trouvent en faible densité et connaissent de grandes fluctuations de populations, il est possible que la population canadienne de S. bimatris ait une dynamique de population semblable.