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Programme de rétablissement de la platanthère blanchâtre de l’Ouest ) au Canada [Proposition]

Contexte

L’information ci‑dessous est tirée du rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (Collicutt, 1993), de la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC (Punter, sous presse), de données supplémentaires provenant de nouveaux relevés effectués entre 1999 et 2005 (C. Borkowsky, comm. pers.) et d’autres sources citées.

 

1.1    Description

La platanthère blanchâtre de l’Ouest (Platanthera praeclara) est une fleur sauvage vivace que l’on trouve dans des prairies calcaires et des prés humides.

La plante a d’épaisses racines charnues et un tubercule. Les plantes en floraison atteignent une hauteur de 40 à 88 cm, et portent de cinq à sept feuilles par tige. L’inflorescence est une grappe terminale de 5 à 15 cm de longueur et de 5 à 9 cm de largeur, formée de 4 à 33 fleurs blanc crème (figure 1). Celles-ci sont très voyantes, avec deux pétales supérieurs en forme d’éventail surmontant un grand pétale inférieur. Le pétale inférieur (labelle) est nettement découpé en trois segments, eux-mêmes divisés pour former une frange. Les fleurs sont odorantes la nuit pour attirer les insectes pollinisateurs. Le pic de floraison survient généralement de la fin de juin au milieu de juillet. Une description détaillée de l’espèce et de sa phénologie est présentée par Punter (sous presse).

L’historique connu de cette espèce au Canada est bref. Le premier rapport publié sur l’espèce a été rédigé par Catling et Brownell (1987), qui ont recueilli un spécimen que l’on croyait appartenir à l’espèce Platanthera leucophaea dans la région de Vita, au Manitoba, le 26 juillet 1984. Les résidants de la région affirment avoir observé l’espèce bien avant 1984; Bud Ewacha (comm. pers.), amateur d’orchidées, dit avoir vu l’espèce avant cette date, mais on ne dispose d’aucune autre

 

Text Box: 1. CONTEXTE L’information ci dessous est tirée du rapport de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (Collicutt, 1993), de la mise à jour du rapport de situation du COSEPAC (Punter, sous presse), de données supplémentaires provenant de nouveaux relevés effectués entre 1999 et 2005 (C. Borkowsky, comm. pers.) et d’autres sources citées. 1.1 Description La platanthère blanchâtre de l’Ouest (Platanthera praeclara) est une fleur sauvage vivace que l’on trouve dans des prairies calcaires et des prés humides. La plante a d’épaisses racines charnues et un tubercule. Les plantes en floraison atteignent une hauteur de 40 à 88 cm, et portent de cinq à sept feuilles par tige. L’inflorescence est une grappe terminale de 5 à 15 cm de longueur et de 5 à 9 cm de largeur, formée de 4 à 33 fleurs blanc crème (figure 1). Celles-ci sont très voyantes, avec deux pétales supérieurs en forme d’éventail surmontant un grand pétale inférieur. Le pétal

information antérieure. À la suite de cette découverte, Sheviak et Bowles (1986) ont divisé le P. leucophaea en deux espèces distinctes, toutes les occurrences à l’ouest de la rivière Missouri ayant été réattribuées à la nouvelle espèce, soit la platanthère blanchâtre de l’Ouest (Platanthera praeclara, Sheviak et Bowles).

 

1.2    Répartition et abondance

La platanthère blanchâtre de l’Ouest occupe une aire qui s’étend du nord au sud depuis le Manitoba jusqu’en Oklahoma et d’est en ouest depuis l’Iowa jusqu’au centre du Nebraska (figure 2). Sa cote mondiale est G2 (NatureServe, 2005) et l’espèce est rare dans l’ensemble de son aire de répartition dans le centre de l’Amérique du Nord (tableau 1).

Il n’existe au Canada qu’une seule métapopulation [définie par Punter (sous presse) comme une population d’au moins 3 000 individus] de platanthère blanchâtre de l’Ouest, qui se trouve à l’ouest de Vita, au Manitoba, dans la municipalité rurale de Stuartburn (figure 3). La métapopulation du Manitoba est la plus grande du monde et représente environ 50 % de la population mondiale.

Tableau 1. Cotes de conservation nationales et infranationales de NatureServe pour la platanthère blanchâtre de l’Ouest (NatureServe, 2005) et nombre maximum de plantes en floraison observées à chaque endroit.

CompétenceCote NatureServeNombre maximum de plantes en floraison observées[1]
CanadaN1 
ManitobaS123 530
   
États-UnisN2 
IowaS21 100
KansasS154
MinnesotaS113 166
MissouriS1279
NebraskaS22 102
Dakota du NordS212 911
OklahomaS1Jamais observée depuis une date antérieure à 1979
Dakota du SudSHConsidérée comme disparue

 

Figure 2. Aire de répartition mondiale de la platanthère blanchâtre de l'Ouest (d'après Flora of North America Editorial Committee, 2003 )

 

La zone d’occupation canadienne de la platanthère blanchâtre de l’Ouest est d’environ 670 hectares, d’après une cartographie des colonies de l’espèce (Manitoba Conservation Data Centre, 2006). L’aire de répartition canadienne de la platanthère blanchâtre de l’Ouest représente environ 0,5 % de l’aire de répartition mondiale (figure 2), mais la majeure partie de l’aire de répartition mondiale a été altérée par des activités humaines et ne renferme plus d’habitat convenable.

Figure 3. Aire de répartition canadienne généralisée de la platanthère blanchâtre de l'Ouest (information fournie par le Manitoba Consevation Data Centre, 2006))

 

Des relevés visant à dénombrer les plantes en floraison sont menés au Manitoba depuis 1992 (figure 4). Le nombre de plantes en floraison fluctue considérablement d’une année à l’autre (Punter, sous presse), avec un minimum de 1 818 en 1995 et un maximum de 23 530 en 2003. Chaque année, une grande majorité de plantes demeurent à l’état végétatif, avec une à trois feuilles (Punter, sous presse). Compte tenu de la difficulté de détecter les individus végétatifs, le dénombrement des plantes en floraison est le moyen le plus simple de surveiller la situation de la population. Cependant, la grande variation interannuelle dans le nombre de plantes en floraison complique le discernement de toute tendance à la hausse ou à la baisse de la population canadienne.

Aux États-Unis, où l’information sur l’espèce remonte au 19e siècle, on dispose d’une longue liste de localités d’où l’espèce a disparu ou dans lesquelles elle n’a pas été observée depuis plus de 30 ans (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996). L’important déclin de l’espèce dans l’ensemble de son aire de répartition est attribuable à la transformation de l’habitat en terres agricoles, au surpâturage, à la fenaison intensive, au drainage et à la suppression des incendies (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996).

Au Canada, l’historique relativement court et documenté de la platanthère blanchâtre de l’Ouest ne permet pas de dégager une telle tendance au déclin de la zone d’occurrence ou de la taille de la population. L’espèce n’a jamais été observée à l’extérieur de son aire de répartition canadienne actuelle, et on recense les plantes en floraison depuis 1992 seulement. Bien qu’il existe des cas documentés de transformation de l’habitat ayant causé la disparition de la platanthère blanchâtre de l’Ouest et la destruction de son habitat (Collicutt, 1993; Punter, sous presse), ces événements se sont produits à l’intérieur de la région occupée encore aujourd’hui par l’espèce. La superficie de la région dans laquelle l’espèce est observée a légèrement augmenté au cours des dix dernières années : quelques nouvelles colonies de plantes ont été découvertes, mais cela est probablement dû à l’intensification des efforts de recherche plutôt qu’à une expansion de l’aire de répartition.

La platanthère blanchâtre de l’Ouest est classée espèce en voie de disparition par règlement en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. Elle est classée espèce menacée (threatened) en vertu de l’Endangered Species Act des États-Unis et est inscrite dans la loi sur les espèces en péril de trois États [en voie de disparition (endangered) au Minnesota, et menacée (threatened) en Iowa et au Nebraska].

Figure 4. Nombre de platanthères blanchâtres de l’Ouest en floraison observées au Manitoba, de 1992 à 2005.

Figure 4. Nombre de platanthères blanchâtres de l’Ouest en floraison observées au Manitoba, de 1992 à 2005.

 


1.3    Besoins de l’espèce

1.3.1   Biologie

Deux espèces de pollinisateurs de la platanthère blanchâtre de l’Ouest ont été observées au Manitoba : le sphinx du cerisier (Sphinx drupiferarum) et le sphinx du gaillet (Hyles gallii) (Westwood et Borkowsky, 2004). Au Manitoba, le pic d’activité de vol de ces deux papillons nocturnes ne coïncide pas complètement avec le pic de floraison de la platanthère blanchâtre de l’Ouest. Cela pourrait expliquer en partie le faible taux de pollinisation et de production de graines (Westwood et Borkowsky, 2004). On a observé d’autres espèces de papillons nocturnes pollinisatrices aux États-Unis, mais il semble que la plupart de ces espèces soient incapables de survivre au Canada (C. Borkowsky, comm. pers.). On a rapporté récemment que le sphinx de l’euphorbe (Hyles euphorbiae) est un pollinisateur de la platanthère blanchâtre de l’Ouest dans le Dakota du Nord (Ralston et al., sous presse). Ce papillon nocturne est une espèce non indigène venue d’Europe, introduite pour lutter contre l’euphorbe ésule. Il a été observé dans le sud‑ouest et le centre-sud du Manitoba et pourrait étendre son aire de répartition jusque dans le sud‑est de la province.

Les besoins des espèces pollinisatrices à tous les stades de leur cycle vital devraient être pris en compte dans la gestion de la platanthère blanchâtre de l’Ouest ou d’autres espèces des prairies à herbes hautes. Les deux espèces de papillons nocturnes pollinisatrices ont besoin d’une tremblaie mélangée au stade larvaire; des cerisiers (Prunus spp.) sont les plantes hôtes du sphinx du cerisier, et des gaillets (Galium spp.), celles du sphinx du gaillet (C. Borkowsky, comm. pers.).

1.3.2   Habitat

La platanthère blanchâtre de l’Ouest occupe des prairies à herbes hautes, humides à mésiques, des prés de carex et des prairies broussailleuses humides. Punter (sous presse) présente une liste détaillée des espèces associées.

La région de Vita a un sous-sol de till hautement calcaire, avec une topographie en crêtes et creux (Punter, sous presse). Les sols sont des chernozems gris foncé extrêmement calcaires, à drainage imparfait, humides à mésiques, et de texture loameuse à loameuse-sableuse.Les terres occupées par la platanthère blanchâtre de l’Ouest sont généralement trop humides et rocheuses pour l’agriculture.

L’envahissement par des arbres et arbustes comme le Populus tremuloides (peuplier faux-tremble), sur les crêtes de terrain élevé, et le Betula pumila (bouleau nain), le Dasiphora fruticosa (potentille frutescente) et les Salix spp. (saules), dans les baissières, plus humides, est fréquent en l’absence de perturbations comme le feu (Punter, sous presse). Les propriétaires fonciers luttent contre l’envahissement des espèces ligneuses par le broutage, le fauchage et le brûlage printanier. Ces techniques de gestion de l’habitat peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur les taux de recrutement et de survie de la platanthère blanchâtre de l’Ouest, selon la fréquence, l’intensité et le moment d’exécution de ces activités (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996). Divers régimes de gestion ont été mis à l’essai aux États-Unis, avec des succès variables (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996). La grande variabilité interannuelle dans l’abondance de l’espèce, même en l’absence d’activités de gestion, complique l’évaluation du succès des diverses techniques de gestion. L’équipe de rétablissement de la platanthère blanchâtre de l’Ouest des États-Unis a recommandé des recherches additionnelles pour étudier les impacts des diverses techniques de gestion dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996).

L’hydrologie est un facteur important pour déterminer la convenance d'un habitat pour les orchidées. En général, la nappe phréatique est élevée au printemps et en été dans les régions occupées par la platanthère blanchâtre de l’Ouest. Wolken et al. (2001) ont observé des plantes poussant dans des baissières sans eau stagnante et dans des baissières avec jusqu’à 80 cm d’eau stagnante au cours d’une même année. Ils ont relevé en outre que l’humidité du sol superficiel et la profondeur de l’eau étaient plus élevées dans les baissières accueillant des orchidées que dans les baissières n’en abritant aucune.

1.3.3   Facteurs limitatifs

Le sud‑est du Manitoba constitue l’extrémité septentrionale de l’aire de répartition de la platanthère blanchâtre de l’Ouest. Les populations se trouvant en périphérie de l’aire de répartition d’une espèce occupent souvent des habitats de moindre qualité et sont plus fragmentées, moins denses et plus variables que les populations se trouvant au cœur de l’aire de répartition (Channell et Lomolino, 2000; Vucetich et Waite, 2003). Les populations périphériques sont donc plus susceptibles de disparaître à cause d’un faible taux d’immigration, de problèmes associés aux pollinisateurs et de facteurs liés à la densité. La diversité génétique est parfois, mais pas toujours, moindre dans les populations périphériques, mais certaines peuvent possèder des caractères génétiques uniques (Vucetich et Waite, 2003). La pollinisation est un facteur limitatif potentiel, en particulier en périphérie de l’aire de répartition où autant les populations de plantes que celles de pollinisateurs peuvent être fragmentées.

Le pic de floraison des orchidées ne coïncide pas complètement avec le pic d’activité de vol des deux espèces de sphinx pollinisateurs de la platanthère blanchâtre de l’Ouest au Manitoba (C. Borkowsky, comm. pers.). Les pollinisateurs des orchidées semblent également moins diversifiés au Manitoba que plus au sud dans l’aire de répartition de l’espèce. Cela peut entraîner des taux de production de graines plus faibles qu’ailleurs dans l’aire de répartition, bien qu’il soit possible que la production de graines soit faible dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce et qu’il s’agisse simplement d’une caractéristique de l’espèce.

Il ne fait presque aucun doute que le climat plus froid du Manitoba, relativement à d’autres parties de l’aire de répartition de l’espèce, est un facteur qui limite la production de graines certaines années. Punter (sous presse) relève que des fleurs ont été endommagées par le froid deux années au cours de la dernière décennie, et pense que si la température est basse au moment de la floraison, la réduction possible de l’activité de vol des insectes pollinisateurs entraînerait une diminution de la production de graines.

 

1.4 Protection

La platanthère blanchâtre de l’Ouest figure sur la liste des espèces en voie de disparition de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral depuis juin 2003. Elle a également été classée espèce en voie de disparition par règlement en 1996 en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba, qui interdit explicitement tout acte susceptible « de détruire ou de déranger l’habitat d’une espèce en voie de disparition ».

 

1.5 Menaces

La description des menaces qui pèsent sur la platanthère blanchâtre de l’Ouest présentée ci‑dessous est un résumé de ce qu’on trouve à ce sujet dans Punter (sous presse), sauf indication contraire; le rapport de Punter peut être consulté pour obtenir de l’information plus détaillée. Les stratégies générales visant à atténuer ces menaces sont résumées à la section 2.4 et au tableau 2 du présent programme de rétablissement.

1.5.1   Perte ou dégradation de l’habitat

Modification de l’habitat

Dans l’ensemble de l’aire de répartition de la platanthère blanchâtre de l’Ouest, on estime que les principales menaces auxquelles fait face l’espèce sont les activités humaines qui altèrent irréversiblement son habitat (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996; Punter, sous presse). La transformation de prairies indigènes en terres cultivées, en pâturages ou en champs de foin a causé une baisse considérable de l’abondance de la platanthère blanchâtre de l’Ouest aux États-Unis. Par contre, le rôle de cette modification de l’habitat dans le déclin de l’espèce au Canada est moins bien documenté, tel que mentionné à la section 1.2. Bien que quelques exemples de modification de l’habitat aient été décrits au cours des 10 à 15 dernières années (Collicutt, 1993; Punter, sous presse), la plupart des terres occupées aujourd’hui par la platanthère blanchâtre de l’Ouest font déjà partie de la Réserve de prairie d’herbes longues du Manitoba (annexe A), et la transformation des terres est désormais une menace improbable pour la plus grande partie de la population.

Impacts de l’agriculture

Le piétinement et l’herbivorie associés au pâturage intensif à long terme peuvent affecter les plantes. L’« amélioration » des pâturages par l’introduction de graminées fourragères cultivées peut en outre accroître la compétition.

La fenaison au milieu ou à la fin de l’été, avant l’apparition des graines, peut détruire les fleurs et le tissu photosynthétique, ce qui affaiblit les plantes et réduit la production de graines.

Une menace potentielle relativement nouvelle pour la platanthère blanchâtre de l’Ouest est l’épandage de purin de porc sur des terres abritant des populations de l’espèce ou sur des terres adjacentes. L’épandage excessif ou inapproprié de purin peut aboutir au transport de nutriments dans les eaux souterraines par lessivage ou par ruissellement de surface (Saskatchewan Soil Conservation Council, sans date). Les changements dans la composition en espèces résultant de l’apport de nutriments sont bien décrits dans les ouvrages scientifiques. Wedin et Tilman (1996) ont observé une diminution de la diversité d’espèces de plus de 50 % après douze ans d’apport en azote dans les prairies du Minnesota, les graminées indigènes de type C4 (saison chaude) subissant un déclin au profit des graminées envahissantes de type C3 (saison fraîche). Toutefois, les effets spécifiques éventuels de la charge en éléments nutritifs résultant de l’épandage de purin sur la platanthère blanchâtre de l’Ouest sont peu connus. Parmi les effets négatifs possibles, il se pourrait que l’espèce ne tolère tout simplement pas une concentration élevée de nutriments et/ou qu’elle soit délogée par d’autres espèces à cause de la compétition pour les nutriments, la lumière ou l’eau au fur et à mesure que la concentration des nutriments et la composition en espèces changent. Aucune recherche n’a été menée à ce jour pour répondre à ces interrogations sur cette menace potentielle.

Altérations du régime hydrologique

Le creusage des fossés routiers et l’installation de drains pour l’écoulement de l’eau de surface des terres agricoles peuvent abaisser la nappe phréatique dans la région au détriment de la platanthère blanchâtre de l’Ouest et de son habitat. La présence de la platanthère blanchâtre de l’Ouest peut dépendre du taux d’humidité dans les 10 premiers centimètres de sol dans les baissières (Wolken et al., 2001). Constatant une baisse de la floraison et une hausse de la mortalité aux États-Unis durant une sécheresse extrême, l’équipe de rétablissement de la platanthère blanchâtre de l’Ouest de ce pays a conclu que les altérations du régime hydrologique causant un abaissement de la nappe phréatique près de la zone des racines de l’orchidée peuvent avoir des impacts négatifs sérieux (U.S. Fish and Wildlife Service, 1996).

Entretien des routes

Les emprises routières et les fossés non entretenus jouxtant les routes accueillent un certain nombre de plantes dans la plupart des années. Les activités d’entretien des routes, comme le fauchage, l’épandage d’herbicides et le nettoyage et le creusage des fossés ont détruit certaines plantes.

1.5.2   Exclusion par d’autres plantes

Envahissement par des espèces ligneuses

L’envahissement par la végétation ligneuse est une menace pour la platanthère blanchâtre de l’Ouest et d’autres espèces de prairie intolérantes à l’ombre.

Envahissement par des plantes non indigènes

Les plantes non indigènes peuvent déloger la platanthère blanchâtre de l’Ouest et d’autres espèces indigènes par compétition. Des plantes envahissantes comme l’euphorbe ésule (Euphorbia esula), le millepertuis commun (Hypericum perforatum), le brome inerme (Bromus inermis), le pâturin des prés (Poa pratensis) et des trèfles (Trifolium spp.) sont présentes dans la Réserve de prairie d’herbes longues et peuvent nuire à la platanthère blanchâtre de l’Ouest. Wolken et al. (2001) considèrent le pâturin des prés et l’euphorbe ésule comme des menaces pour l’habitat des orchidées, ces deux espèces ayant été observées dans des baissières abritant également des platanthères blanchâtres de l’Ouest.

1.5.3   Isolement génétique

La métapopulation canadienne de platanthère blanchâtre de l’Ouest se trouve à 45 km environ de la population la plus proche, sise au Minnesota. Cette distance semble excéder le rayon de vol des pollinisateurs en quête de nourriture. Cet isolement génétique s’accompagne de risques de dérive génétique et d’endogamie.

1.5.4   Cueillette illégale

Compte tenu de sa nature très voyante, la platanthère blanchâtre de l’Ouest est menacée par le déracinement ou la cueillette, en particulier près des routes. Des signes de cueillette illégale de plantes (p. ex. trou laissé là où une plante a été déracinée) ont été observés.

 

1.6    Mesures achevées ou en cours

En 1995, le programme des plantes et invertébrés en péril au Canada (Endangered Plants and Invertebrates in Canada - EPIC) de la Fédération canadienne de la nature a produit un plan national de rétablissement de la platanthère blanchâtre de l’Ouest (Davis, 1995). Le plan portait largement sur les mesures requises pour le rétablissement. Bien qu’elles n’aient jamais été adoptées officiellement par les gouvernements du Manitoba et du Canada, bon nombre de ces mesures ont été entreprises dans la Réserve de prairie d’herbes longues (annexe A) :

  • Plus de 3 000 hectares (5 000 acres) de terres abritant de la prairie à herbes hautes et d’autres communautés végétales indigènes ont été acquis et protégés par les partenaires de la Réserve. Bon nombre des plus grandes colonies de l’espèce se trouvent dans la Réserve; plus de 80 % des plantes en floraison ont été observées sur ces terres en 2005.
  • Les terres de la Réserve sont gérées de manière à conserver la flore et la faune indigènes au moyen de diverses techniques comme le brûlage, le fauchage, le pâturage en rotation et la lutte contre les espèces exotiques.
  • Un suivi à long terme a été instauré.
  • Des projets de recherche ont été entrepris afin de mieux comprendre la relation entre la platanthère blanchâtre de l’Ouest et ses insectes pollinisateurs.
  • Des activités d'éducation ont été entreprises pour informer les résidants de la région et les écotouristes, notamment un programme scolaire, des sentiers d’interprétation avec panneaux, des visites guidées et un « Prairie Day » annuel.


1.7    Lacunes dans les connaissances

Les connaissances qui, si elles étaient acquises, aideraient au rétablissement de la platanthère blanchâtre de l’Ouest se répartissent dans les domaines suivants :

  • Capacité à déterminer (ou à estimer) avec exactitude la taille de la population totale, et par conséquent, à établir des objectifs quantitatifs en matière de population pour le rétablissement.
  • Lignes directrices standardisées pour l’inventaire et le suivi des populations existantes.
  • Connaissance de la pleine étendue de la population et de sa répartition (p. ex. découverte de population inconnues, en particulier sur les terres privées).
  • Impacts de l’isolement et de la taille de la population sur la viabilité de la population.
  • Importance des facteurs affectant les taux de survie et de reproduction (p. ex. habitat, climat, pathogènes, brouteurs, espèces envahissantes, envahissement par des espèces ligneuses, pollinisateurs, régimes de broutage, régimes de brûlage, régimes hydrologiques et charge en nutriments).
  •  Modèle de l’impact potentiel des changements climatiques.

[1]Au Manitoba, le nombre maximum de plantes en floraison correspond au nombre observé lors d’une seule saison (2003) (C. Borkowsky, comm. pers.). Les données des populations aux États-Unis sont le nombre maximum de plantes en floraison observées à chaque site entre 1979 et aujourd’hui (P. Delphey, comm. pers.).