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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la martre d’Amérique (population de Terre Neuve) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Martre d'Amérique
Martes americana atrata
population de Terre-Neuve

Information sur l’espèce

La sous-espèce Martes americana atrata de la martre d’Amérique est indigène à l’île de Terre-Neuve et au Labrador. Les sous-espèces de martres d’Amérique n’ont pas été réexaminées à la lumière d’études récentes révélant des différences génétiques avec les populations continentales. La population de martres d’Amérique de Terre-Neuve se distingue par sa génétique et son écologie.

Répartition

On présume que l’aire de répartition de la martre de Terre-Neuve s’étendait autrefois à la plupart des régions boisées. Au XXesiècle, l’aire de répartition a diminué et se compose aujourd’hui d’îlots d’habitat forestier situées dans la portion ouest de l’île (lac Little Grand/lac Red Indian et rivière Main) et sur la côte est (parc national Terra-Nova). Il existe également des populations de plus petite taille près de St. Georges et de Lobster House.

Habitat

Dans l’ensemble de leur aire de répartition nord-américaine  les martres sont généralement associées aux forêts conifériennes et mixtes matures et surannées. Toutefois, une récente étude donne à penser que les martres de Terre-Neuve occupent un éventail plus large de types d’habitats, comprenant des forêts conifériennes en régénération et en milieu de succession en plus des forêts anciennes. La martre continentale a besoin d’un couvert dense, de débris ligneux grossiers, de branches basses et d’un sous-étage arbustif. Ces exigences sont moins strictes à Terre-Neuve, où le paysage est très fragmenté. De tout le territoire occupé par la martre, 14 p. 100 est protégé contre la pose de collets et le piégeage et contre l’exploitation forestière, 10 p. 100 est protégé contre l’exploitation forestière seulement et 21 p. 100 est protégé contre la pose de collets et le piégeage seulement. L’habitat essentiel compte pour 51 p. 100 de la zone d’occupation.

Biologie

La martre se nourrit de manière opportuniste, mais le campagnol des champs est sa source de nourriture la plus importante pendant toute l’année. En règle générale, le campagnol des champs est associé à l’habitat ouvert. À Terre-Neuve, en revanche, il occupe les forêts conifériennes surannées et anciennes. Les lièvres d’Amérique, qui privilégient les forêts de début ou de milieu de succession, sont des proies importantes, surtout en hiver.  La chasse aux campagnols à dos roux de Gapper, documentée pour la première fois en 1999, pourrait augmenter puisque l’aire de répartition de ce rongeur est en expansion.

Taille et tendances des populations

L’aire de répartition et la taille de la population de la martre de Terre-Neuve ont diminué au cours du XXesiècle, principalement à cause de la modification de l’habitat, du piégeage excessif et de la mortalité accidentelle. En 1985, on estimait que la population se composait de 630 à 875 individus (estimation fondée sur des études par capture d’animaux vivants, la distribution établie à partir d’un questionnaire destiné aux trappeurs et l’emplacement des observations et des mortalités accidentelles). En 1995, on estimait que la population comptait moins de 300 individus (estimation fondée sur les densités connues, la disponibilité de l’habitat et la distribution connue). Aujourd’hui, on évalue que la population se compose de 438 à 852 individus, desquels 320 à 622 sont matures (estimation fondée sur les données de distribution de 1990 à 2006, des estimations de la densité établies à partir d’études par piégeage d’animaux vivants et une analyse de la disponibilité de l’habitat). L’aire de répartition s’est étendue depuis 1985, passant de 13 356 km² à 23 383 km². Comme ces estimations de la taille de la population n’ont pas été calculées par les mêmes méthodes, on ne peut les comparer directement.

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs sont la capture accessoire dans des pièges et des collets et la perte d’habitat causée par la foresterie. Les facteurs secondaires sont la perte d’habitat causée par les feux et les dommages causés par des insectes ainsi que le bassin limité de proies. La capture accessoire dans des pièges et des collets constitue une menace importante pour les martres qui recolonisent les habitats situés hors des aires protégées.

Importance de la population

La martre est l’un des 14 mammifères indigènes de Terre-Neuve. Elle est unique de par sa génétique et son écologie.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelon fédéral, la population de martres d’Amérique de Terre-Neuve est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. La population a été désignée « espèce en voie de disparition » en mai 2000 et est inscrite à l’Annexe 1.

À l’échelon provincial, l’Endangered Species Act désigne également la martre comme « espèce en voie de disparition » et comporte une série d’interdictions similaires à celles prévues par la loi fédérale. Une certaine partie de l’habitat, située dans des réserves et des parcs, est protégée. Seize pour cent de la superficie de la zone d’occupation est protégée à la fois contre la récolte du bois et le piégeage (par collet ou autres types de pièges), 16 p. 100 contre la récolte du bois seulement et 29 p. 100 contre le piégeage seulement. Une superficie additionnelle équivalant à 28 p. 100 de la zone d’occupation est constituée de zones dans lesquelles seule la pose de collets et de pièges modifiés est permise. Par ailleurs, l’habitat essentiel a été désigné dans le cadre du processus de planification du rétablissement. Le piégeage commercial est interdit depuis 1934. Le gouvernement de Terre-Neuve a créé une zone d’étude de la martre d’Amérique en 1973 où tout piégeage et pose de collets sont interdits. Les martres sont également protégées dans 2 parcs nationaux et dans 3 réserves de la région du lac Little Grand. L’utilisation de collets modifiés est obligatoire dans les régions du lac Northwest Grand, du lac Red Indian, de Terra-Nova et de l’enclave de Charlottetown. On préconise la remise en liberté de toutes les martres vivantes capturées de façon involontaire. Soixante-seize pour cent des territoires constituant l’habitat essentiel de la martre sont protégés contre la mortalité par piégeage accidentel au moyen de mesures comme l’interdiction du piégeage et de la pose de collets ou l’obligation de piéger au moyen de collets modifiés.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
EspèceEspèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
EspèceEspèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
EspèceEspèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
EspèceEspèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
EspèceEspèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
EspèceEspèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
EspèceEspèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
EspèceUne catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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