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Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la martre d’Amérique (population de Terre Neuve) au Canada - Mise à jour

Biologie

Cycle vital et reproduction

Des essais d’élevage en captivité de martres de Terre-Neuve ont été effectués dans le Salmonier Nature Park et ont produit des portées en 1999 et en 2002 (Heath et al., 2001). L’élevage en captivité n’est plus pratiqué.

Prédation

Le renard roux (Vulpes vulpes) est le principal prédateur de la martre à Terre-Neuve. L’ours noir (Ursus americanus), le lynx du Canada (Lynx canadensis) et le coyote (Canis latrans) sont d’autres prédateurs et compétiteurs mammaliens potentiels. Le coyote s’est étendu à l’île durant les années 1980. Le loup gris (Canis lupus) a disparu de Terre-Neuve au début du XXe siècle. Le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) est le seul prédateur aviaire potentiel.

Drew et Bissonette (1997) ont décrit le comportement nocturne de la martre en hiver; celle-ci chasse peut-être des écureuils roux au repos dans des tertres subnivaux, ou des lièvres d’Amérique. Il est aussi possible que par ce comportement nocturne la martre tente de réduire le risque d’être capturée par des prédateurs moins efficaces la nuit, comme le renard roux. Sous des climats plus froids, les contraintes thermiques favorisent l’activité diurne et l’utilisation nocturne de sites de repos subnivaux. Selon Hearn et al. (2005), comme le risque de prédation est relativement faible à Terre-Neuve par rapport au continent, les martres peuvent occuper une niche comportant une plus grande proportion d’habitats ouverts au couvert moins fermé.

Relations interspécifiques

Le bassin de proies des martres serait plus restreint à Terre-Neuve que dans d’autres parties de l’aire de répartition nord-américaine de l’espèce. Avant 1864, la seule proie importante était le campagnol des champs (Microtus pennsylvanicus). L’importance qu’avait le lièvre arctique (Lepus arcticus), une ancienne proie de la martre, est inconnue. Les lièvres arctiques ont déjà occupé toute l’île de Terre-Neuve en densités assez élevées (Dodds, 1983). L’introduction du lièvre d’Amérique a indirectement entraîné une diminution importante de l’aire de répartition du lièvre arctique, probablement à cause de l’augmentation du nombre de lynx (Bergurud, 1967). De la charogne de caribou (Rangifer tarandus) était également disponible à cette époque.

Plusieurs importantes espèces de proies de la martre ont été introduites. Le lièvre d’Amérique (Lepus americanus) a été introduit dans les années 1860 et l’orignal (Alces alces, disponible comme charogne) en 1878. Au nombre des espèces récemment introduites, on compte la musaraigne cendrée (Sorex cinereus; en 1958), l’écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus; en 1964), le tamia rayé (Tamias striatus, en 1962), la souris sylvestre (Peromyscus maniculatus, en 1968; Gould et Pruitt, 1969), le campagnol à dos roux de Gapper (Clethrionomys gapperi, en 1999; Hearn et al., 2006 et sous presse), le Tétras du Canada (Falcipennis canadensis; années 1960) et la Gélinotte huppée (Bonasa umbellus; années 1960).

Même si la martre se nourrit de manière opportuniste et consomme des espèces introduites, le campagnol des champs demeure la proie la plus fréquente dans l’année (Gosse et Hearn, 2005). En règle générale, le campagnol des champs est associé à un habitat ouvert. À Terre-Neuve, il occupe plutôt des forêts conifériennes surannées ou anciennes (Sturtevant et Bissonette, 1997). Les lièvres d’Amérique sont les proies les plus importantes en hiver. D’autres proies – la musaraigne cendrée, l’écureuil roux et les oiseaux, par exemple – ainsi que la charogne sont aussi consommées plus fréquemment en hiver. Les Clethrionomys spp. et les Microtus spp. sont les proies les plus fréquentes de la martre dans l’ensemble de l’Amérique du Nord (Stickland et Douglas, 1987). On s’attend à ce que la consommation des campagnols à dos roux de Gapper augmente puisque cette espèce étend son aire de répartition (Gosse et Hearn, 2005). On ignore les conséquences de la compétition entre les campagnols de champs et les campagnols à dos roux de Gapper sur leurs effectifs et leur utilisation de l’habitat, deux variables qui ont un effet sur la biomasse des proies disponibles pour les martres (B. Hearn et J. Gosse, comm. pers., 2007).