Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la troncille pied-de-faon au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Troncille pied-de-faon
Truncilla donaciformis
au Canada

Troncille pied-de-faon - Truncilla donaciformis

En voie de disparition 2008


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa.viii + 24 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Todd J. Morris, Ph.D., qui a rédigé le rapport de situation sur le troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis), en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Janice Smith, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Fawnsfoot Truncilla donaciformis in Canada.

Illustration de la couverture

Troncille pied-de-faon – Photo gracieusement fournie par l’institut national de recherche sur les eaux.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008.
Nº de catalogue CW69-14/551-2008F-PDF
ISBN 978-0-662-04167-2

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun : Troncille pied-de-faon

Nom scientifique : Truncilla donaciformis

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette moule d'eau douce est largement répandue dans le centre de l'Amérique du Nord, et la portion septentrionale de son aire de répartition s'étend dans les bassins versants du lac Érié, du lac Sainte-Claire et du lac Huron inférieur dans le sud-ouest de l'Ontario. Il semble que l'espèce ait toujours été rare au Canada, ne représentant que moins de 5 % des individus des communautés de moules d'eau douce, peu importe l'endroit. Environ 86 % des données historiques ainsi que la plus grande population existante ont été signalées dans des eaux qui sont maintenant infestées par la moule zébrée, et qui sont donc inhabitables pour l'espèce. La moule zébrée, qui a été introduite accidentellement dans les Grands Lacs, se fixe sur la coquille des moules d'eau douce indigènes, ce qui les asphyxie ou les fait mourir par manque de nourriture. L'espèce a connu un grave déclin. Elle a disparu de quatre localités historiques, ce qui a entraîné une réduction de 51 % de son aire de répartition. L'espèce n'est désormais présente qu'à cinq localités très éloignées, dont deux ne sont représentées que par un seul individu chacune. À deux endroits, la répartition de l'espèce est peut‑être limitée par la présence de barrages qui restreignent les déplacements du malachigan, le présumé poisson-hôte des moules juvéniles. La faible qualité de l'eau causée par des influences urbaines et rurales constitue une menace constante additionnelle.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Troncille pied-de-faon
Truncilla donaciformis

Information sur l’espèce

Le troncille pied-de-faon est une petite moule d’eau douce. En Ontario, les adultes mesurent généralement autour de 35 mm; on a rapporté une longueur maximale de 45 mm. La coquille est modérément épaisse, ovale à triangulaire, arrondie sur le bord antérieur et en pointe émoussée sur le bord postérieur. La crête postérieure proéminente est arrondie et aplatie dorsalement. Le sommet, ou umbo (partie la plus ancienne de la coquille), est complet, central et légèrement élevé au-dessus de la charnière. Il est composé de 3 à 8 fins bourrelets; le premier est concentrique, alors que les autres sont à faible boucle double. La coquille est lisse, jaune à verdâtre, arborant souvent de nombreux rayons vert foncé quelquefois brisés en V ou en chevrons.

Répartition

L’aire de répartition mondiale du troncille pied-de-faon se limite au centre de l’Amérique du Nord, où sa répartition est étendue. En effet, on rencontre l’espèce dans 23 États des États-Unis et dans une province canadienne. Au Canada, le troncille pied-de-faon est seulement observé dans la région des Grands Lacs, où elle aurait autrefois habité les lacs Huron, Sainte-Claire et Érié, de même que leurs voies interlacustres et les tronçons inférieurs de certains affluents. L’aire de répartition actuelle se limite à un seul site dans le delta de la rivière Sainte-Claire, à un seul site dans le ruisseau Muskrat (bassin versant de la rivière Saugeen), à un seul site dans le cours inférieur de la rivière Sydenham, au cours inférieur de la rivière Thames, en aval de London, et au cours inférieur de la rivière Grand, entre Dunnville et Port Maitland.

Habitat

Le troncille pied-de-faon vit dans des rivières moyennes et grandes à débit modéré à faible, à des profondeurs variant de moins de 1 m à plus de 5 m; il peut aussi s’adapter à des milieux à faible débit tels que les lacs et les réservoirs. L’espèce est généralement associée à des substrats sableux ou vaseux, mais on la trouve parfois sur des substrats plus grossiers. Les populations restantes du Canada vivent habituellement dans les tronçons inférieurs de grandes rivières, sur du sable fin ou du gravier.

Biologie

Les sexes sont séparés chez le troncille pied-de-faon, mais les mâles et les femelles ne sont pas différents en apparence. Les glochidies (juvéniles immatures) sont des parasites obligatoires sur un poisson-hôte. Bien que cela ne soit pas encore confirmé pour les populations canadiennes, les poissons hôtes sont réputés être le malachigan et le doré noir, le premier étant probablement l’hôte principal. La période de gravidité de l’espèce est longue. La reproduction a lieu au printemps, et les femelles gardent les glochidies dans une poche de leurs branchies avant de les relâcher le printemps suivant. Les moules juvéniles s’enfouissent dans le substrat pendant les 3 à 5 premières années de leur vie, se nourrissant de bactéries, de détritus et d’algues provenant de l’eau interstitielle. Les adultes se rencontrent sur la surface du substrat et se nourrissent principalement en filtrant des bactéries, du plancton et des algues dans la colonne d’eau.

Taille et tendances des populations

Le troncille pied-de-faon a toujours été un représentant mineur de la communauté de moules (< 5 p. 100), quel que soit le site, et des mentions récentes indiquent qu’il en est encore ainsi. Des 5 occurrences existantes, 2 sont représentées par des spécimens individuels (lac Sainte-Claire, ruisseau Muskrat), tandis que 2 autres (rivières Sydenham et Grand) sont représentées par plusieurs individus qui proviennent toutefois d’un seul site. Seule l’occurrence de la Thames correspond à plusieurs moules prélevées dans plus d’un site. Les populations des Grands Lacs et des voies connexes, sauf celle du delta de la Sainte-Claire, ont disparu. Les populations des rivières Sydenham et Grand occupent encore l’aire de répartition historique connue. Aucune évaluation des populations du ruisseau Muskrat et de la rivière Thames ne peut être réalisée, car il n’existe aucune donnée historique.

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs influant sur la répartition actuelle du troncille pied-de-faon au Canada sont l’établissement des moules zébrées, qui a rendu inadéquates de vastes portions de l’habitat historique, et l’accessibilité limitée à l’habitat riverain découlant de la répartition du malachigan, hôte présumé des glochidies. Les populations fluviales restantes se limitent à de petites sections des tronçons inférieurs de cours d’eau où elles font face à une qualité de l’eau à la baisse à cause des activités agricoles et urbaines dans les portions supérieures des bassins versants.

Importance de l’espèce

Les moules d’eau douce sont des indicateurs vulnérables de la santé globale des écosystèmes et jouent un rôle important dans la structuration des communautés aquatiques. Elles fournissent nourriture et habitat à d’autres espèces animales, depuis les bactéries et le plancton microscopiques aux gros vertébrés aquatiques et terrestres. Les moulières assurent la stabilité physique des substrats, et la capacité de filtration des moules peut grandement influer sur la qualité de l’eau. Le troncille pied-de-faon est l’un des deux membres du genre Truncilla vivant au Canada.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Loi sur les pêches du gouvernement fédéral représente le plus important document de loi qui protège à l’heure actuelle le troncille pied-de-faon au Canada. La récolte de moules d’eau douce nécessite un permis de récolte délivré par l’autorité de la Loi sur les pêches. La dernière population lacustre de troncilles pied-de-faon qui reste se trouve dans les eaux du territoire de la Première Nation de Walpole Island. Ces eaux sont situées dans des régions à incidence relativement faible et servent essentiellement à la chasse et à la pêche. L’accès à ces régions est réglementé par des permis d’utilisateurs délivrés par la Première Nation de Waldpole Island. Les régions qui abritent des troncilles pied-de-faon chevauchent les aires de répartition de plusieurs espèces de moules protégées par la Loi sur les espèces en péril du Canada. L’espèce bénéficie peut-être indirectement de la protection accordée à ces espèces ou des mesures mises en œuvre dans le cadre des programmes de rétablissement.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)

Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)

Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page a

Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)

Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page b

Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page c

Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page d, Note de bas de page e

Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Retournez à la table des matières

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :
Truncilla donaciformis (Lea, 1828)
Nom commun français :
Troncille pied-de-faon
Nom commun anglais :
Fawnsfoot

L’autorité reconnue en matière de classification des mollusques aquatiques au Canada est l’ouvrage Turgeonet al. (1998). La classification acceptée à l’heure actuelle pour le troncille pied-de-faon est la suivante :

Règne :
Animaux
Embranchement :
Mollusques
Classe :
Bivalves
Sous-classe :
Paléohétérodontes
Ordre
Unionoïdés
Superfamille :
Unionacés
Famille :
Unionidés
Sous-famille :
Lampsilinés
Genre :
Truncilla
Espèce :
Truncilla donaciformis

Description morphologique

La description qui suit a été adaptée de Metcalfe-Smithet al. (2005a), de Cicerello et Schuster (2003), de Parmalee et Bogan (1998) et de Clarke (1981). Le troncille pied-de-faon (figure 1) est une petite moule d’eau douce. En Ontario, les adultes mesurent généralement autour de 35 mm; on a rapporté une longueur maximale de 45 mm. La coquille est modérément épaisse, ovale à triangulaire, arrondie sur le bord antérieur et en pointe émoussée sur le bord postérieur. La crête postérieure proéminente est arrondie et aplatie dorsalement. Le sommet, ou umbo, est complet, central et légèrement élevé au-dessus de la charnière. La sculpture des sommets est composée de 3 à 8 fins bourrelets; le premier est concentrique, alors que les autres sont à faible boucle double. La coquille est lisse, jaune à verdâtre, arborant souvent de nombreux rayons vert foncé quelquefois brisés en V ou en chevrons. Les dents de la charnière sont bien développées, et la valve gauche porte 2 minces dents pseudocardinales comprimées, divergentes et tranchantes. La dent postérieure est située directement sous le sommet et s’élargit vers le haut. La valve droite a 1 dent pseudocardinale aplatie et triangulaire. Les dents latérales (2 dans la valve gauche et 1 dans la valve droite) sont étroites, droites et longues. Le troncille pied-de-faon se distingue facilement de toutes les autres espèces canadiennes de moules d’eau douce par les grandes marques en forme de chevrons sur sa coquille ainsi que par sa très petite taille. La coquille du troncille doigt-de-cerf (Truncilla truncata) peut aussi avoir des marques en forme de chevrons, mais celles-ci sont plus fines. De plus, le troncille doigt-de-cerf atteint environ le double de la taille du troncille pied-de-faon, et sa crête postérieure forme un angle prononcé au lieu d’être arrondie.

Figure 1. Troncilles pied-de-faon (Truncilla donaciformis) vivants prélevés dans la rivière Grand en 1997. Photo gracieusement fournie par l’Institut national de recherche sur les eaux.

Figure 1. Troncilles pied-de-faon (Truncilla donaciformis) vivants prélevés dans la rivière Grand en 1997. Photo gracieusement fournie par l’Institut national de recherche sur les eaux.

Description génétique

On ne dispose pas de renseignements sur la structure génétique des populations nord-américaines de troncilles pied-de-faon. Toutefois, les populations canadiennes restantes (voir la section « Aire de répartition canadienne ») sont séparées les unes des autres par de grandes distances (de 40 à 700 km). Zanatta et al. (2007) ont montré que l’isolement génétique parmi les populations canadiennes de moules d’eau douce est possible à ces échelles spatiales.

Unités désignables

Toutes les populations canadiennes se trouvent dans la zone biogéographique nationale d’eau douce des Grands Lacs et du Haut-Saint-Laurent. Aucune distinction parmiles populations ne justifie une désignation inférieure à l’espèce.

Retournez à la table des matières

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition mondiale du troncille pied-de-faon se limite au centre de l’Amérique du Nord, où sa répartition est étendue. En effet, on rencontre l’espèce dans 23 États des États-Unis et dans une province canadienne. Principalement présente dans les bassins hydrographiques des Grands Lacs et du fleuve Mississippi, l’espèce habite également le bassin de la rivière Mobile et la région côtière du Golfe (NatureServe, 2007). Aux États-Unis, le troncille pied-de-faon est observé dans les États suivants : Alabama, Arkansas, Géorgie, Iowa, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Michigan, Minnesota, Missouri, Massachusetts, Nebraska, New York, Ohio, Oklahoma, Pennsylvanie, Dakota du Sud, Tennessee, Texas, Wisconsin et Virginie-Occidentale (figure 2). La population de l’État de New York est considérée comme probablement disparue du pays (NatureServe, 2007). Malgré sa vaste aire de répartition, l’espèce est considérée comme apparemment stable ou stable dans seulement 6 États (Alabama, Illinois, Kentucky, Mississippi, Oklahoma et Tennessee), et la tendance mondiale globale à court terme semble être un déclin rapide à très rapide (NatureServe, 2007).

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis).

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le troncille pied-de-faon se rencontre seulement dans le bassin des Grands Lacs, dans le sud de l’Ontario, notamment dans la partie inférieure du lac Huron, le lac Sainte-Claire, le lac Érié et les rivières Detroit et Niagara. Il n’y a aucune mention du troncille pied-de-faon dans les autres provinces ou dans les territoires du Canada (Metcalfe-Smith et Cudmore-Vokey, 2004).

Le troncille pied-de-faon a toujours été une espèce rare selon les registres fauniques du Canada. Seulement 58 mentions de l’espèce sont répertoriées dans la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs (voir la section « Collections examinées » pour en savoir plus), et elles remontent à 1930, année où Wright (1955) a détecté l’espèce dans le bassin ouest du lac Érié. En 1966, l’espèce avait été observée à plusieurs emplacements du bassin ouest du lac Érié, dont l’île Pelée et les îles East et Middle Sister. J. P. Oughton et H. van der Schalie l’ont signalée dans le cours inférieur de la rivière Grand (spécimen nº ROM23 du Musée royal de l’Ontario), le lac Sainte-Claire (spécimen nº ROM43 du Musée royal de l’Ontario) et la rivière Niagara (spécimen nº MZUM444 du Museum of Zoology de l’University of Michigan) en 1934. Le premier prélèvement d’un spécimen vivant documenté a été réalisé en 1982 par D. W. Schloesser dans la rivière Detroit. L’espèce a pour la première fois été capturée dans les rivières Sydenham, Thames et Saugeen en 1991, 1997 et 2005, respectivement.

L’aire de répartition historique (1930-1996) illustrée à la figure 3 est basée sur 43 mentions de l’espèce, dont 8 correspondent à 17 spécimens vivants. L’aire de répartition actuelle (1997-2007) montrée à la figure 4 est basée sur 15 mentions (11 mentions d’individus vivants) rapportant 56 animaux vivants. L’année 1997 a été choisie comme le point de départ des mentions actuelles, car elle marque le début d’activités de recherche continues plus intenses dans l’ensemble de l’aire de répartition du troncille pied-de-faon. L’analyse qui suit décrit en détail les aires de répartition historique et actuelle de l’espèce dans l’ensemble du bassin des Grands Lacs, en commençant par le bassin du lac Huron, puis en allant vers l’aval dans le réseau des Grands Lacs.

Figure 3. Aire de répartition historique (de 1930 à 1996) du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis) au Canada. Données tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs.

Figure 3. Aire de répartition historique (de 1930 à 1996) du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis) au Canada. Données tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs.

Figure 4.  Aire de répartition actuelle (de 1997 à 2007) du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis) au Canada. Données tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs.

Figure 4.  Aire de répartition actuelle (de 1997 à 2007) du troncille pied-de-faon (Truncilla donaciformis) au Canada. Données tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs.

On n’avait jamais observé de troncilles pied-de-faon dans le bassin du lac Huron avant la collecte d’un spécimen vivant en 2005. Au cours d’une évaluation visant des invertébrés benthiques, un seul animal vivant a été capturé au filet troubleau dans le ruisseau Muskrat, près de la rivière Teeswater, dans le bassin hydrographique de la rivière Saugeen (Logan, comm. pers., 2007; spécimen vérifié par le rédacteur du rapport). Les échantillonnages antérieurs de moules dans ce bassin, en 1993 et 1994 (5 sites; activité = 1 heure-personne par site), n’avaient pas permis de détecter la présence de troncilles pied-de-faon (Morris et Di Maio, 1998-1999). Huit autres sites ont fait l’objet de relevés dans le bassin de la Saugeen en 2006, dont 2 sites de la rivière Teeswater (1 de ces 2 sites se trouve juste en aval de la confluence de la rivière avec le ruisseau Muskrat) (Morris et al., 2007). Malgré les grands efforts déployés (4,5 heures-personnes par site), aucun spécimen n’a été trouvé. D’autres échantillonnages dans les rivières Bayfield (18 sites en 2007), Maitland (11 sites entre 1998 et 2003) et Ausable (6 sites en 1993-1994; 15 sites entre 1998 et 2002), du bassin du lac Huron, n’ont pas permis d’obtenir de spécimens. La mention de la rivière Saugeen est unique non seulement parce qu’elle représente la seule mention dans le bassin du lac Huron, mais aussi parce qu’elle se trouve très loin en amont, bien éloigné de l’embouchure de la rivière, à l’extérieur de l’aire de répartition de son ou de ses hôtes présumés (voir la section « Cycle vital et reproduction ») et en amont des 6 premiers barrages de la rivière (voir la figure 5). Toutes les autres mentions canadiennes du troncille pied-de-faon sont associées au lac proprement dit ou à des tronçons inférieurs des rivières, en aval du premier obstacle important; il en est probablement ainsi à cause de la capacité limitée de dispersion des hôtes (voir la section « Facteurs limitatifs et menaces »).

Figure 5.  Aire de répartition du troncille pied-de-faon et aires de répartition des deux hôtes potentiels (malachigan et doré noir), et emplacement des barrages. Les données de répartition dutroncille pied-de-faon sont tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacsinférieurs, et celles des poissons, de la base de données sur la répartition des poissons de Pêches et Océans Canada. Les données sur l’emplacement des barrages sont fournies par les offices de protection de la nature.

Figure 5.  Aire de répartition du troncille pied-de-faon et aires de répartition des deux hôtes potentiels (malachigan et doré noir), et emplacement des barrages. Les données de répartition dutroncille pied-de-faon sont tirées de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacsinférieurs, et celles des poissons, de la base de données sur la répartition des poissons de Pêches et Océans Canada. Les données sur l’emplacement des barrages sont fournies par les offices de protection de la nature.

Nalepa et Gauvin (1988) ont entrepris les premiers relevés extensifs d’Unionidés dans le lac Sainte-Claire, et Nalepa et al. (1996) en ont effectué en 1986, 1990 et 1992. Ces activités ont permis d’établir que le troncille pied-de-faon représentait une petite portion de la grande communauté de moules d’eau douce. Nalepa et Gauvin (1988) ont signalé 1 seul individu dans 1 des 29 sites qu’ils ont échantillonnés, alors que Nalepa et al. (1996) ont rapporté que le troncille pied-de-faon représentait entre 0,35 p. 100 et 2,4 p. 100 de la mytilifaune globale dans ces mêmes sites. Dans le cadre de leurs récents relevés, Zanatta et al. (2002) et Metcalfe-Smith et al. (2004) ont seulement trouvé un individu.

Le troncille pied-de-faon a pour la première fois été signalé dans la rivière Sydenham, dans le bassin du lac Sainte-Claire, en 1991, année où Clarke (1992) a rapporté avoir trouvé une coquille près de la ville de Croton. Des relevés ultérieurs, menés par Metcalfe-Smith et al. (2003) en 1997-1998 (17 sites), et des échantillonnages par quadrats avec excavation du substrat dans 15 sites en 1999-2003 (Metcalfe-Smith, et al. 2007) ont permis de confirmer la présence de l’espèce près de la ville de Dawn Mills, mais pas dans d’autres sites du bassin.

Il n’y a aucune mention historique du troncille pied-de-faon dans la rivière Thames, dans le bassin du lac Sainte-Claire (figure 3), probablement parce que la portion inférieure du bassin n’a pas fait systématiquement l’objet de relevés pendant la période historique. Toutefois, les récentes activités de recherche d’Environnement Canada en 1997 (Metcalfe-Smith et al., données inédites) et de Pêches et Océans Canada en 2004-2005 (48 sites) (Morris et Edwards, 2007) montrent que l’espèce est relativement répandue, bien qu’à de faibles densités, dans la portion inférieure de la Thames (voir la section « Abondance »). La population de la Thames représente probablement la plus grande population restante du Canada.

Le troncille pied-de-faon a pour la première fois été prélevé dans la rivière Detroit en 1982 : un seul animal avait été trouvé dans un des 13 sites échantillonnés par Schloesser et al. (1998). Il s’agit là de la dernière mention de l’espèce dans la portion canadienne de la rivière Detroit (Schloesser et aI. [1998] ont continué à trouver des individus dans les eaux états-uniennes de la rivière jusqu’en 1992). Aucun spécimen vivant n’a été observé dans la rivière Detroit depuis le relevé de 1992, et l’espèce ainsi que d’autres espèces de la famille des Unionidés sont maintenant considérées comme disparues de la rivière (Schloesser et al., 2006).

Lors de ses relevés de benthos dans le lac Érié en 1930, Wright (1955) a prélevé certains des premiers spécimens de troncille pied-de-faon dans les Grands Lacs. Nalepa et al. (1991) ont résumé le déclin des Unionidés dans le bassin ouest du lac Érié au cours de la période de 1951 à 1982 et montré que le troncille pied-de-faon, bien qu’il ait toujours été rare (de 2,4 à 2,6 p. 100 de la communauté de moules), était déjà apparemment disparu du bassin en 1961.

Metcalfe-Smith et al. (2000b) font un résumé des données historiques et actuelles sur la mytilifaune de la rivière Grand, dans le bassin du lac Érié. Ils fournissent des renseignements tirés de plus de 900 mentions faites dans la rivière Grand de 1885 à 1998. Seulement huit de ces mentions, qui datent de la période de 1934 à 1997, sont des troncilles pied-de-faon. Toutes les mentions de l’espèce proviennent d’une zone définie par Metcalfe-Smith et al. (2000) comme étant le cours inférieur de la rivière et concernent en fait la portion inférieure extrême se trouvant entre l’embouchure, à Port Maitland, et l’aire de conservation de l’île Byng à Dunnville, environ à 8 km en amont de l’embouchure. La plus récente mention du troncille pied-de-faon dans la rivière Grand est tirée de la collecte de 11 individus vivants et de nombreuses valves fraîchement mortes dans une zone juste en aval du barrage de Dunnville en 1997 (Metcalfe-Smith et al., 2000b). Cette zone a été revisitée en 2005 par le rédacteur du rapport, qui ne l’a toutefois pas échantillonné officiellement. Aucun spécimen n’a été trouvé, bien que des coquilles d’une dizaine d’autres espèces aient été observées.

Une des premières mentions de l’espèce au Canada a été faite dans la rivière Niagara en 1934. La seule autre mention de l’espèce dans le bassin de la Niagara date de 2002, année où une pêche au filet troubleau qui ne visait pas les Unionidés, a permis de recueillir un seul spécimen de troncille pied-de-faon vivant dans le ruisseau Lyons (Logan, comm. pers., 2007). Bien qu’un spécimen de référence semble avoir été recueilli, il n’a pas été vérifié et a été égaré depuis. Le rédacteur du rapport n’a pas été en mesure de confirmer cette mention. Par conséquent, cette occurrence doit être considérée comme suspecte jusqu’à ce qu’un autre spécimen puisse être adéquatement confirmé, et le présent rapport n’en tient pas compte. Un échantillonnage limité de moules a été effectué ces dernières années dans la rivière Niagara. Riveredge Associates a inventorié les moules de 15 sites de la région de l’île Grand en 2001 et 2002 et trouvé des spécimens vivants appartenant à 6 espèces autres que le troncille pied-de-faon (New York Power Authority, 2003).

La zone d’occurrence a été calculée dans ArcView GIS 3.3 au moyen d’un polygone convexe maximum construit autour des aires de répartition historique et actuelle représentées aux figures 3 et figure4. En présumant que la population du ruisseau Muskrat a toujours été présente même si elle n’a pas été détectée avant 2005, ce qui est possible étant donné les faibles densités et les faibles activités d’échantillonnage dans ce bassin, la zone d’occurrence historique est de 51 238 km². À titre de comparaison, la zone d’occurrence actuelle est de 24 952 km², ce qui représente une réduction de 51 p. 100. La zone d’occupation actuelle, quant à elle, est estimée à 128 km², mais elle a connu un déclin au cours des 20 dernières années, des populations ayant disparu des eaux du large du lac Sainte-Claire, de la rivière Detroit et du lac Érié. La zone d’occupation ne semble pas avoir changé dans les rivières Sydenham et Grand, mais de nouvelles populations ont été découvertes dans la Thames (1997) et la Saugeen (2005) (voir la section « Fluctuations et tendances »). Pour toutes les populations, sauf celles de la Thames, on a calculé la zone d’occupation en appliquant une grille de 2 x 2 km sur chaque occurrence. Dans le cas de la population de la rivière Thames, le calcul de la zone d’occupation a été fondé sur l’hypothèse voulant que la répartition soit continue entre la mention la plus en amont et la mention la plus en aval ainsi que sur l’application d’une grille de 1 km sur ce tronçon entier de la rivière (Filion, comm. pers., 2007). Pour chacune des cinq populations existances, la zone d’occupation a été calculée comme suit : 4 km² pour chacune des populations du delta de la Sainte-Claire, du ruisseau Muskrat, de la rivière Sydenham et de la rivière Grand et 112 km² pour la population de la rivière Thames.

Retournez à la table des matières

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le troncille pied-de-faon vit dans des rivières moyennes et grandes à débit modéré à faible, à des profondeurs variant de moins de 1 m à plus de 5 m; il peut aussi s’adapter à des milieux à faible débit tels que les lacs et les réservoirs (Clark, 1981; Parmalee et Bogan, 1998). L’espèce est généralement associée à des substrats sableux ou vaseux (Clark, 1981; Parmalee et Bogan, 1998), mais on la trouve parfois sur des substrats plus grossiers (Howells et al., 1996). Les populations restantes du Canada vivent habituellement dans les tronçons inférieurs de grandes rivières, sur du sable fin ou du gravier.

Tendances en matière d’habitat

Le plus important changement dans l’habitat du troncille pied-de-faon est dû à l’invasion par les moules du genre Dreissena (Dreissena polymorpha et D. bugensis) au milieu des années 1980. Les Dreissenidés entrent en compétition avec les Unionidés indigènes pour l’espace et la nourriture, et, en se fixant directement sur la coquille des moules indigènes, ils compromettent la capacité de ces dernières à s’alimenter, à respirer et à se déplacer normalement (voir la section « Facteurs limitatifs et menaces »). Dix ans environ après la première invasion, les Unionidés indigènes avaient pratiquement disparu des lacs Sainte-Claire et Érié et des rivières Detroit et Niagara (Schloesser et Nalepa, 1994; Nalepa et al., 1996; Schloesser et al., 2006). Plus de 80 p. 100 des mentions historiques du troncille pied-de-faon dans la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs proviennent d’endroits affectés par les Dreissenidés et représentent les endroits où les Unionidés sont maintenant considérés comme des espèces essentiellement disparues. Malgré ces effets catastrophiques, il existe encore des endroits, par exemple le delta de la rivière Sainte-Claire, où les Dreissenidés sont en densités suffisamment faibles pour permettre aux Unionidés de coexister (Zanatta et al., 2002). Selon les résultats des récents travaux de Strayer et Malcom (2007), il y aurait possibilité de coexistence continue dans ces endroits où l’incidence des Dreissenidés est plus liée à la compétition pour la nourriture (p. ex., la rivière Hudson dans l’État de New York) qu’au bioencrassement.

Les tendances de l’habitat des populations fluviales sont difficiles à évaluer, car l’on dispose de très peu de mentions historiques. L’analyse qui suit résume la situation générale des Unionidés dans les bassins hydrographiques.

La rivière Sydenham coule dans une région agricole importante du sud-est de l’Ontario. Plus de 85 p. 100 des terres du bassin hydrographique sont cultivées, et 60 p. 100 sont drainées par tuyaux enterrés (Dextrase et al., 2003). De vastes portions de la rivière n’ont que très peu de végétation riveraine; il n’y reste que 12 p. 100 seulement du couvert forestier initial. Strayer et Fetterman (1999) ont désigné les charges élevées de sédiments et de nutriments ainsi que la présence de substances chimiques toxiques provenant de sources non ponctuelles, principalement les activités agricoles, comme les plus grandes menaces pour les moules dans les cours d’eau. Les terres agricoles, en particulier celles avec peu de végétation riveraine et de nombreux tuyaux enterrés, favorisent les apports considérables de sédiments dans les cours d’eau. Dans le cas des terres drainées par tuyaux enterrés, les sédiments sont souvent très fins et peuvent obstruer les branchies des moules, réduisant ainsi l’efficacité de l’alimentation, la respiration et la croissance. La rivière Sydenham présente de fortes teneurs en nutriments : les concentrations de phosphore total dépassent toujours les seuils assurant la qualité de l’eau ces 30 dernières années, tandis que les concentrations de chlorure ont affiché de récentes hausses dues à l’utilisation accrue de sels de voirie (Dextrase et al., 2003). Les pressions qu’exerce la population humaine dans le bassin versant sont faibles étant donné que la population est de moins de 90 000 et que la moitié vit en milieu urbain. Bien que le bassin ne soit pas très peuplé, la portion inférieure de la rivière est sujette aux activités de navigation commerciale qui tendent à fluctuer en fonction des conditions économiques.

Le bassin du cours inférieur de la Thames, dans la région où vit le troncille pied-de-faon, subit d’intenses pressions agricoles. Quatre-vingt-huit pour cent des terres dans le bassin inférieur sont cultivées, et il reste moins de 5 p. 100 du couvert forestier initial (Taylor et al., 2004). Malgré ces pressions exercées par l’utilisation des terres, le cours inférieur de la Thames demeure l’un des plus grands réseaux fluviaux non aménagés du sud de l’Ontario. Il n’y a aucun obstacle ou barrage sur environ 200 km, soit de l’embouchure de la rivière à la ville de London, centre urbain le plus grand dans le bassin, qui compte environ 330 000 habitants. La population de la ville de London a décuplé au cours du siècle dernier. Bien que la ville soit située en amont des aires de répartition historique et actuelle du troncille pied-de-faon, on verra probablement les répercussions d’un tel centre urbain (p. ex., rejets d’eaux usées des usines d’épuration) et de son expansion en aval, aux endroits où vit l’espèce.

Les communautés de moules dans la rivière Grand sont parmi les mieux étudiées du Canada, et de nombreuses données indiquent qu’elles ont subi un important déclin suivi d’un rétablissement au cours des 35 dernières années (Kidd, 1973; Mackie, 1996; Metcalfe-Smith et al., 2000b). Quand Kidd (1973) a échantillonné la rivière (115 sites entre 1970 et 1972), il a observé seulement 17 des 31 espèces connues dans la rivière. Il a attribué cette perte en grande partie à la perturbation de la qualité de l’eau due aux activités agricoles et à la fragmentation des habitats causée par l’aménagement des barrages. Mackie (1996) a indiqué que les stress anthropiques, particulièrement en aval des centres urbains, expliquaient probablement le déclin des espèces. Metcalfe-Smith et al. (2000b) ont inventorié 94 sites pendant une période de 4 ans et trouvé 25 espèces, ce qui représente une augmentation de 50 p. 100 de la richesse spécifique par rapport aux résultats que Kidd (1973) avait obtenus 25 années plus tôt. Morris (2006b) rapporte que la rivière Grand est maintenant réputée abriter l’une des deux populations canadiennes les plus grandes de lampsiles fasciolées (Lampsilis fasciola), espèce en voie de disparition. Quand Mackie (1996) a inventorié 70 sites il y a 10 ans, aucune lampsile fasciolée n’avait été répertoriée. Metcalfe-Smith et al. (2000b) explique la meilleure situation des communautés de moules de la Grand en grande partie par l’amélioration de la qualité de l’eau, l’ajout de passes migratoires favorisant le déplacement des poissons (qui permettent la dispersion des moules grâce à l’activité des hôtes) et la reconnexion de portions de l’habitat autrefois fragmenté.

Protection et propriété

La Loi sur les pêches constitue un outil important pour la protection de l’habitat des espèces aquatiques. Aux termes de cette loi fédérale, les moules sont considérées comme des mollusques et entrent donc dans la définition de « poissons », et leur habitat est donc protégé contre la détérioration, la destruction ou la perturbation, sauf dans des circonstances autorisées par le ministre des Pêches et des Océans ou par son délégué. La Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario interdit l’endiguement ou la dérivation d’un cours d’eau si l’envasement peut en découler, alors que le programme volontaire d’aménagement du territoire agricole II (Land Stewardship II) du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario vise à réduire l’érosion des terres agricoles. Le développement riverain en Ontario est régi par une réglementation sur les plaines inondables mise en œuvre par les offices de protection de la nature. Une majorité des terres adjacentes aux rivières abritant des troncilles pied-de-faon sont privées; toutefois, le fond des rivières appartient généralement à la Couronne. La portion la plus en amont de la population de la Thames est adjacente au territoire de la Première Nation Munsee-Delaware, tandis que la partie en amont de la population de la rivière Grand s’étend jusqu’à l’aire de conservation de l’île Byng, laquelle appartient à l’office de protection de la nature de la rivière Grand. La seule population lacustre qui reste se trouve dans le delta de la rivière Sainte-Claire, dans les eaux à la limite du territoire de la Première Nation de Walpole Island.

Retournez à la table des matières

Biologie

Les moules d’eau douce comme le troncille pied-de-faon sont des filtreurs longévifs (Heller [1991] rapporte une longévité d’environ 20 ans pour les Lampsilinés) relativement sédentaires. Leur cycle de reproduction est complexe et consiste en une période de parasitisme obligatoire sur un hôte vertébré. On croit que les moules juvéniles doivent s’enfouir complètement dans le substrat, où elles restent les 3 à 5 premières années de leur vie (Balfour et Smock, 1995; Schwalb et Pusch, 2007). Pendant cette période, elles se nourrissent probablement d’une combinaison de détritus, d’algues et de bactéries provenant de l’eau interstitielle; elles peuvent aussi s’alimenter à l’aide de leur pied (Gatenby et al., 1997). Les moules adultes vivent sur la surface du substrat pendant les mois estivaux, mais s’enfouissent sous la surface pendant l’hiver, probablement à cause des faibles températures ou des régimes d’écoulement variables (Schwalb et Pusch, 2007). Les adultes se nourrissent en siphonnant des algues dans la colonne d’eau, mais peuvent aussi se servir de leur pied (Nicholset al., 2005). L’analyse qui suit est fondée sur les résultats d’une revue de la littérature scientifique et sur des observations personnelles du rédacteur du rapport.

Cycle vital et reproduction

La biologie reproductive du troncille pied-de-faon correspondrait à la biologie reproductive générale de la plupart des moules. Au moment de la fraye, les mâles libèrent leur sperme dans l’eau, et les femelles se trouvant en aval le captent par filtration avec leurs branchies. Les femelles gardent leurs petits du stade de l’œuf au stade larvaire dans une région spécialisée de leurs branchies appelée marsupium. Les juvéniles immatures, appelés glochidies, se développent dans le marsupium, puis sont relâchés par leur mère dans la colonne d’eau. Ils commencent alors leur période de parasitisme sur une espèce de poisson hôte. Les juvéniles ne peuvent se développer davantage sans une période où ils s’enkystent sur un hôte vertébré. Pendant l’enkystement, les juvéniles immatures se nourrissent des liquides corporels de l’hôte et subissent une importante différenciation, mais ils ne croissent pratiquement pas pendant ce temps (Haag, comm. pers., 2007). La mortalité naturelle des glochidies est difficile à estimer, mais on la présume très élevée. La durée de l’enkystement est inconnue chez le troncille pied-de-faon. Après s’être détachés de l’hôte, les juvéniles s’établissent sur le fond de la rivière et commencent à vivre de façon autonome. Les moules juvéniles restent enfouies dans les sédiments plusieurs années avant d’atteindre la maturité sexuelle. À ce stade, ils migrent vers la surface du substrat, et le cycle vital recommence (Watters et al., 2001). On ne sait pas à quel l’âge le troncille pied-de-faon atteint la maturité sexuelle, mais l’âge moyen des Unionidés serait de 6 à 12 ans (McMahon, 1991).

Le troncille pied-de-faon est dioïque (c’est-à-dire que les sexes sont séparés), mais les mâles et les femelles ne présentent pas de dimorphisme sexuel. La saison de fraye de l’espèce n’est pas bien connue, mais, selon Parmalee et Bogan (1998), la période de gravidité est probablement longue(les glochidies passent l’hiver dans les femelles). Clarke (1981) a rapporté que les femelles sont gravides (portent leurs petits) du printemps à l’été, mais aucune étude n’a été menée au sein des populations canadiennes. Les glochidies sont très petites; elles mesurent environ 60 µm de longueur et de hauteur, et n’ont pas de crochets (Utterback, 1915-1916), ce qui semble indiquer qu’elles parasitent les branchies de l’hôte.

Clarke (1981) affirme que l’hôte le plus probable du troncille pied-de-faon au Canada est le malachigan (Aplodinotus grunniens), mais on a aussi signalé le doré noir (Sander canadensis) (Surber, 1913; Wilson, 1916). On n’a étudié aucune de ces espèces hôtes potentielles des populations canadiennes. Bien que les aires de répartition dans les Grands Lacs de ces deux espèces chevauchent les aires de répartition actuelle et historique du troncille pied-de-faon (figure 5), le malachigan est l’espèce la plus abondante en Ontario. Dans la région délimitée par l’aire de répartition du troncille pied-de-faon, la base de données sur la répartition des poissons de Pêches et Océans Canada contient 533 mentions du malachigan et seulement 29 mentions du doré noir, ce qui appuie l’affirmation de Clarke selon laquelle le malachigan est l’hôte le plus probable des populations canadiennes de troncilles pied-de-faon. Des malachigans ou des dorés noirs ont été prélevés dans tous les endroits du sud de l’Ontario où des troncilles pied-de-faon ont également été pris, sauf dans le ruisseau Muskrat, dans le bassin de la Saugeen (figure 5). Même si la base de données de Pêches et Océans Canada contient 4 681 mentions provenant du bassin de la Saugeen, il n’y a aucune mention du malachigan ou du doré noir dans l’ensemble du bassin.

De nombreuses espèces de moules d’eau douce ont élaboré des stratégies complexes pour attirer les hôtes afin d’augmenter la probabilité de rencontre avec des hôtes convenables (Zanatta et Murphy, 2006). Parmi ces stratégies figurent la formation et la libération de conglutinats (masses de glochidies liées par du mucus) et, dans les cas extrêmes, le développement de leurres complexes pour attirer des hôtes (genre Epioblasma). On en sait peu sur le comportement reproducteur du troncille pied-de-faon; toutefois, le troncille doigt-de-cerf (Truncilla truncata), espèce étroitement apparentée, utilise la technique de valves bâillantes en réponse à des manipulations physiques (Zanatta et Murphy, 2006). Quand elles sont stimulées, les femelles bâillent et exposent leur marsupium blanc vif qui contient les glochidies. Les malachigans adultes, surtout ceux qui habitent les rivières, sont reconnus pour être des molluscivores (Scott et Crossman, 1973). La prédation exercée sur des moules femelles gravides présente peut-être la seule voie facilitant la relation hôte-parasite. Pendant la consommation, les glochidies seront relâchées dans la bouche de l’hôte, puis se dirigeront vers ses branchies, où ils pourront se fixer et s’enkyster.

Prédateurs

La prédation par les mammifères terrestres tels que le rat musqué (Ondatra zibethicus) et le raton laveur (Procyon lotor) est un important facteur limitatif de certaines populations de moules d’eau douce (Neves et Odom, 1989). Les rats musqués sont des prédateurs qui recherchent des proies en fonction de la taille et de l’espèce. Ainsi, même s’ils se nourrissent de troncilles pied-de-faon, selon Tyrrell et Hornbach (1998), ces derniers ne sont pas des proies privilégiées dans la rivière Sainte-Claire, probablement parce qu’ils sont petits et ont un comportement fouisseur. Metcalfe-Smith et McGoldrick (2003) ont indiqué avoir observé un raton laveur en train de se nourrir de moules dans les eaux de l’Ontario. Les activités humaines, par exemple l’adoption de pratiques culturales de conservation, ont entraîné une explosion démographique des populations de prédateurs, ce qui peut augmenter l’importance des menaces liées à la prédation (Metcalfe-Smith et McGoldrick, 2003). Il faut vérifier cette observation anecdotique pour quantifier les effets des activités humaines sur les populations de prédateurs.

Comme il a été analysé dans la section précédente (« Cycle vital et reproduction »), la prédation par des poissons molluscivores comme le malachigan, peut faciliter le cycle vital complexe du troncille pied-de-faon.

Physiologie

Aucune étude spécifique sur la physiologie du troncille pied-de-faon n’a été trouvée. En général, les moules d’eau douce de la famille des Unionidés sont de bons indicateurs de la santé globale des écosystèmes. Elles sont particulièrement vulnérables aux métaux lourds (Keller et Zam, 1990), à l’hydroxyde d’ammonium (Goudreau et al., 1993; Mummert et al., 2003), à l’acidité (Huebner et Pynnonen, 1992) et à la salinité (Liquori et Insler, 1985, tels que cités dans USFWS, 1994).

Déplacements et dispersion

Aucune étude ne porte spécifiquement sur les déplacements des troncilles pied-de-faon. En général, la capacité de dispersion des moules adultes est très limitée. Même si les déplacements des adultes peuvent être dirigés vers l’amont ou vers l’aval, des études ont constaté des déplacements évidents vers l’aval avec le temps (Balfour et Smock, 1995; Villella et al., 2004). Amyot et Downing (1998) ont rapporté des déplacements à petite échelle de l’ordre de centimètres par semaine pour l’espèce Elliptio complanata; toutefois, le principal moyen de dispersion à grande échelle, de déplacement vers l’amont et de déplacement vers de nouveaux habitats se limite aux glochidies enkystées sur un poisson-hôte. Les deux hôtes présumés du troncille pied-de-faon, soit le malachigan et le dorée noir, sont capables de dispersion à grande échelle. Funk (1957) a observé des déplacements annuels de malachigans allant jusqu’à 300 km au Missouri, mais la plupart des poissons se dispersent sur des distances inférieures à 20 km. Pegget al. (1997) ont signalé que des dorés noirs munis d’un radioémetteur s’étaient déplacés sur 67 km en moyenne dans le cours inférieur du fleuve Tennessee, tandis que d’autres poissons ont parcouru jusqu’à 276 km sur une période d’environ 6 mois.

Relations interspécifiques

Les individus immatures sont des parasites obligatoires sur des hôtes vertébrés. Ces derniers semblent être le malachigan et le doré noir. Les moules d’eau douce de la région des Grands Lacs sont gravement perturbées par les relations néfastes avec les moules introduites du genre Dreissena :D. polymorpha et D. bugensis (voir les sections « Fluctuations et tendances » et « Facteurs limitatifs et menaces »).

Adaptabilité

On rapporte que le troncille pied-de-faon tolère une gamme passablement étendue de paramètres de l’habitat (voir la section « Besoins en matière d’habitat »), tant en matière de débits que de substrats privilégiés, ce qui semble indiquer qu’il tolère certains changements environnementaux. Toutefois, la nature sédentaire des moules d’eau douce adultes, leur sensibilité générale à la qualité de l’eau (voir la section « Facteurs limitatifs et menaces ») et leur dépendance d’un hôte peut contrebalancer ces tolérances. Jusqu’à présent, aucune étude n’aborde précisément l’adaptabilité du troncille pied-de-faon, et on n’a pas connaissance de tentatives d’élevage de l’espèce (Brady, comm. pers., 2007).

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations (1)

Activités de recherche

Relevés historiques

D’après les mentions de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs, le troncille pied-de-faon se rencontrait par le passé (de 1930 à 1996) dans les lacs Érié et Sainte-Claire et dans les rivières Detroit, Niagara, Sydenham et Grand. Environ deux tiers des 43 mentions historiques proviennent de spécimens de musées auxquels aucune information sur les activités de recherche n’est associée. Des renseignements sur les méthodes d’échantillonnage et les activités de recherche sont disponibles pour les autres mentions, qui sont tirées de relevés publiés dans la littérature. Le tableau 1 résume ces renseignements. Les relevés menés dans les rivières Saugeen et Thames sont inclus dans le tableau 1 parce que des troncilles pied-de-faon ont récemment été observés dans ces rivières. Diverses techniques quantitatives et semi-quantitatives d’échantillonnage ont été utilisées au dours des relevés historiques.

Tableau 1. Résumé de l’activité d’échantillonnage pendant la période de 1930 à 1996 (période historique) dans l’aire de répartition du troncille pied-de-faon
Plan d’eauNombre de sitesAnnéeActivitéNotesSource
Lac Sainte-Claire291986, 1990, 1992, 1994Quadrats 10 × 0,5 m² par site par année. Nalepa et al., 1996
Lac Sainte-Claire21990, 1992Quadrats 20 × 1 m².Comprend 2 des sites de Nalepa et al. (1996)Gillis et Mackie, 1994
Rivière Detroit131982-1983Recherches en plongée autonome sur 500 m² pendant 60 minutes. Période prolongée de 15 à 30 minutes si des Unionidés sont détectés. Schloesser et al., 1998
Rivière Detroit171992Recherches en plongée autonome sur 500 m² pendant 60 minutes. Période prolongée de 15 à 30 minutes si des Unionidés sont détectés. Schloesser et al., 1998
Rivière Detroit91994Recherches en plongée autonome sur 500 m² pendant 60 minutes. Période prolongée de 15 à 30 minutes si des Unionidés sont détectés. Schloesser et al., 1998
Lac Érié401930Drague? Wright, 1955
Lac Érié?1951-1952204 échantillons prélevés dans un nombre inconnu de sites avec une drague 42 × 16 cm. Wood, 1963
Lac Érié151973-197429 échantillons prélevés dans 15 sites avec une drague 42 × 16 cm. Wood et Fink, 1984
Lac Érié171961, 1972, 19823-5 échantillons par site avec une benne Ponar ou Peterson. Nalepa et al., 1991
Lac Érié1719913 × 0,05 m² avec benne Ponar et trait de 5 minutes avec une drague épibenthique 0,46 × 0,26 cm. Schloesser et Nalepa, 1994
Rivière Saugeen61993-19941 heure-personne (chercheurs avec cuissardes). Morris et Di Maio, 1998-1999
Rivière Sydenham1219710,7- > 4 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). Clarke, 1972
Rivière Sydenham221985Au moins 1 heure-personne (chercheurs avec cuissardes).Comprend 12 des sites de Clarke (1972)Mackie et Topping, 1988
Rivière Sydenham1619910,4-8,0 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes).Sites les plus productifs de Clarke (1972).Clarke, 1992
Rivière Thames11983Quadrats 240 × 0,5 m². Salmon et Green, 1983
Rivière Thames?19931 heure-personne Bowles, 1994
Rivière Thames1619941 heure-personne (chercheur avec cuissardes). Morris et Di Maio, 1998-1999
Rivière Thames1619951 heure-personne (chercheur avec cuissardes).Comprend des sites de Salmon et Green (1983); chevauche ceux de Bowles (1994)Morris, 1996
Rivière Grand1151970-1972Aucune activité précise rapportée par site, mais description des méthodes fournie. Kidd, 1973
Rivière Grand7019951,5 heure-personne (chercheurs avec cuissardes) et 1,5 heure-personne supplémentaire quand l’ordre du cours d’eau est supérieur à 4 (plongée autonome).Activité supplémentaire ciblée sur les relevés en zones profondesMackie, 1996

Relevés récents

La base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs contient 15 mentions récentes (de 1997 à 2007) du troncille pied-de-faon dans les rivières Grand, Thames et Sydenham, dans le ruisseau Muskrat (dans le bassin de la Saugeen) et dans le lac Sainte-Claire. Toutes les mentions, sauf une, sont accompagnées de renseignements sur les méthodes d’échantillonnage et les activités de recherche. La mention restante, qui provient du ruisseau Muskrat, est tirée d’un relevé qui ciblait d’autres invertébrés benthiques. Le sud-ouest de l’Ontario, qui englobe l’aire de répartition du troncille pied-de-faon, a fait l’objet de relevés extensifs de moules d’eau douce au cours des 10 dernières années. On a effectué des relevés dans environ 300 sites différents, dans 11 réseaux. Le tableau 2 résume les méthodes d’échantillonnage et les activités de recherche adoptées au cours de ces relevés. Il est à noter que les différentes techniques d’échantillonnage peuvent fournir des types de données différents. Les méthodes semi-quantitatives (relevé selon un temps déterminé par passage à gué avec cuissardes, plongée en apnée ou plongée autonome) fournissent des données sur la présence/l’absence d’espèces et sur leur abondance relative. Des méthodes quantitatives, par exemple des méthodes d’échantillonnage dans une zone définie de la surface du substrat au moyen de quadrats, de parcelles circulaires, de transects linéaires, ou des méthodes d’échantillonnage ponctuel, fournissent des données additionnelles sur les densités de moules. Les méthodes susmentionnées détectent seulement les moules visibles à la surface des sédiments, qui sont toutes des adultes. Les relevés par quadrats avec excavation du substrat, dans le cadre desquels le substrat dans chaque quadrat fait l’objet d’une recherche jusqu’à une profondeur de 10 cm, ont été utilisés à ~ 10 p. 100 des sites inventoriés jusqu’à maintenant. Cette technique très chronophage détecte à la fois les moules adultes se trouvant sur la surface des sédiments et les moules juvéniles qui tendent à s’enfouir profondément dans le substrat (voir la section « Biologie »). Cette dernière méthode peut par conséquent fournir des données additionnelles sur le recrutement.

Tableau 2. Résumé de l’activité d’échantillonnage pendant la période de 1997-2007 (période actuelle) dans l’aire de répartition du troncille pied-de-faon
Plan d’eauNombre de sitesAnnéeActivitéNotesSource
Lac Sainte-Claire3199810 transects à 3 profondeurs (1, 2,5 et 4 m) avec des quadrats 5 × 1 m² et 20 bennes Ekman dans chaque transect. Zanatta et al., 2002
Lac Sainte-Claire601999Sites < 2,0 m de profondeur avec activité de 0,75 heure-personne en plongée en apnée; si des moules étaient présentes, 0,75 heure-personne additionnelle. Sites > 2,0 m de profondeur avec activité de 0,5 heure-personne en plongée autonome.Comprend les 10 emplacements inventoriés en 1998Zanatta et al., 2002
Lac Sainte-Claire1020001,5 heure-personne en plongée en apnée.Comprend les 10 emplacements de l’année précédenteZanatta et al., 2002
Lac Sainte-Claire920015 parcelles circulaires 21 × 65 m² en plongée en apnée.Comprend 4 emplacements échantillonnés antérieurementZanatta et al., 2002
Lac Sainte-Claire182003Parcelles circulaires 10 × 195 m² en plongée en apnée.9 sites dans les eaux canadiennes du delta, 9 sites dans les eaux états-uniennesMetcalfe-Smith et al., 2004
Lac Sainte-Claire1020031 heure-personne en plongée en apnée2 dans les eaux canadiennes du delta, 8 dans les eaux états-uniennesMetcalfe-Smith et al., 2004
Lac Sainte-Claire420053-4 heures-personnes en plongée en apnée. Metcalfe-Smith et al., 2005c
Rivière Detroit11997Transects linéaires de 4 × 120 m² Schloesser et al., 2006
Rivière Detroit41998500 m² inventoriés pendant 60 minutes en plongée autonome; 500 m² supplémentaires inventoriés pendant 25 minutes.Sites d’observation d’Unionidés en 1992 et 1994Schloesser et al., 2006
Rivière Detroit11998Quadrats 10 × 1m² dans une grille 10 m × 10 m. Schloesser et al., 2006
Lac Érié62001Environ 2 heures-personnes en plongée en apnée. D. Zanatta et D. Woolnough, données inédites
Lac Érié1220051,5 heure-personne en plongée en apnée. D. McGoldrick, données inédites
Lac Érié52005Recherche de coquilles sur la plage. D. McGoldrick, données inédites
Rivière Niagara222001-20020,5 heure-personne en plongée en apnée plus 0,5 heure-personne si des moules étaient trouvées pendant la première activité.Eaux états-uniennes près de l’île GrandNew York Power Authority, 2003
Rivière Saugeen820064,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes).Technique d’échantillonnage selon un temps déterminé pour cette rivière et d’autres cours d’eau intérieurs décrite dans Metcalfe-Smith et al., 2000a.Morris et al., 2007
Rivière Maitland111998, 20034,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). McGoldrick et Metcalfe-Smith, 2004
Rivière Bayfield1820074,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). Morris, données inédites
Rivière Ausable211993-94, 1998-024,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes).  
Rivière Ausable7200669 quadrats 75 × 1 m² excavés. Staton, comm. pers., 2007
Rivière Sydenham171997-984,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). Metcalfe-Smith et al., 2003
Rivière Sydenham151999-0360 quadrats 80 × 1 m² excavés.Comprend 12 sites inventoriés en 1997-1998Metcalfe-Smith et al., 2007
Rivière Thames48 4,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). Morris et Edwards, 2007, données inédites
Rivière Thames52004-200560 quadrats 80 × 1 m² excavés.Sites inclus dans Morris et Edwards, 2007Morris, données inédites
Rivière Grand24 4,5 heures-personnes (chercheurs avec cuissardes). Metcalfe-Smith et al., 2000b
Rivière Grand4200748 quadrats 65 × 1 m² excavés.Tous les sites inclus dans Metcalfe-Smith et al., 2000bMorris, données inédites

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations (2)

Abondance

Au meilleur des connaissances, le troncille pied-de-faon a disparu de la rivière Detroit (Schloesser et al., 2006), du lac Érié (Schloesser et Nalepa, 1994; D. McGoldrick, Environnement Canada, données inédites) et de la rivière Niagara (New York Power Authority, 2003). Les occurrences actuelles se limitent à la région du delta de la rivière Sainte-Claire du lac Sainte-Claire, à la rivière Saugeen (ruisseau Muskrat), au cours inférieur de la Sydenham, au cours inférieur de la Thames et au cours inférieur de la Grand.

Lac Sainte-Claire

On peut estimer l’abondance relative du troncille pied-de-faon dans la région du delta de la rivière Sainte-Claire du lac Sainte-Claire à partir des travaux de Zanatta et al. (2002) et de Metcalfe-Smith et al. (2004). Il est évident, d’après ces études, que l’espèce représente à l’heure actuelle une très petite portion de la mytilifaune de la région du lac. Zanatta et al. (2002) ont trouvé 1 356 Unionidés vivants dans 33 sites différents entre 1998 et 2001, mais aucun troncille pied-de-faon. De même, Metcalfe-Smith et al. (2004) ont observé 1 778 Unionidés vivants dans 18 sites du delta, mais n’ont rapporté qu’un troncille pied-de-faon vivant (abondance relative totale de 0,00024 p. 100 de la communauté des Unionidés). Même en tenant compte seulement des eaux canadiennes du delta où le seul spécimen a été trouvé, on obtient une abondance relative de seulement 0,12 p. 100 de la communauté totale des Unionidés. Metcalfe-Smith et al. (2004) ont calculé une densité de 6,86 × 10-5/m² (un troncille pied-de-faon trouvé dans une superficie de 14 577 m² échantillonnée) pour le delta entier. Cet animal a été recueilli dans trois parcelles circulaires de 650 m² chacune, ce qui donne une densité propre au site de 0,000513/m² (écart-type = 0,000513). Il est impossible d’évaluer la taille de la population de troncille pied-de-faon du delta en se fondant sur les renseignements provenant d’un individu unique.

Cours d’eau intérieurs

Trente-six heures d’échantillonnage dans 8 stations du bassin de la Saugeen en 2006 ont permis de prélever 1 064 moules de 8 espèces, mais aucun troncille pied-de-faon vivant ou mort (Morris et al., 2007). La seule mention du troncille pied-de-faon dans le bassin ou dans la portion canadienne entière du bassin du lac Huron provient d’un échantillon benthique recueilli dans le ruisseau Muskrat, en amont de Teeswater. Il est impossible d’estimer l’abondance dans la Saugeen avec les données existantes.

L’espèce a été trouvée dans seulement un des 22 sites échantillonnés de la rivière Sydenham de 1997 à 2003 (Metcalfe-Smith et al., 2007). Sept individus ont été prélevés dans des quadrats de 78,1 m² excavés du site, ce qui donne une densité approximative de 0,089/m² (écart-type = 0,0348). Il est impossible d’estimer la taille de la population dans la Sydenham, car l’espèce y a été observée dans un seul site. Bien que la taille de l’échantillon soit petite (n = 20, ce qui comprend les individus recueillis pendant les échantillonnages selon un temps déterminé ainsi qui ceux prélevés pendant les échantillonnages par quadrats avec excavation du substrat), la distribution de la fréquence des tailles présentée pour la Sydenham (figure 6) révèle un recrutement et la représentation de plusieurs classes de tailles.

Figure 6. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Sydenham selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé en 1998 (n = 13) et par quadrats avec excavation du substrat en 1999 (n = 7) (J. Metcalfe-Smith, Environnement Canada, données inédites).

Figure 6. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Sydenham selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé en 1998 (n = 13) et par quadrats avec excavation du substrat en 1999 (n = 7) (J. Metcalfe-Smith, Environnement Canada, données inédites).

Un total de 23 spécimens vivants ont été prélevés dans 7 des 48 sites échantillonnés dans la Thames entre 1997 et 2005. Les 7 sites étaient contigus, sur un tronçon de 112 km du cours inférieur de la rivière, entre London et Chatham. Un site à l’intérieur de l’aire de répartition du troncille pied-de-faon a été ciblé par les travaux d’échantillonnage par quadrats avec excavation du substrat. Trois troncilles pied-de-faon ont été répertoriés pendant les excavations, ce qui donne pour la rivière Thames une densité estimative de 0,043/m² (écart-type = 0,0237). Dans les sites où l’espèce a été observée, cela représentait 0,55 à 4,0 p. 100 de la communauté totale de moules. La figure 6 représente la distribution de tailles des 23 animaux recueillis dans la Thames. Malgré la petite taille de l’échantillon, il y a encore une fois évidence de plusieurs classes de tailles, ce qui indique une reproduction sur plusieurs années (figure 7).

Figure 7. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Thames selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé (n = 20) et par quadrats avec excavation du substrat (n = 3) (T. Morris, Pêches et Océans Canada, données inédites).

Figure 7. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Thames selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé (n = 20) et par quadrats avec excavation du substrat (n = 3) (T. Morris, Pêches et Océans Canada, données inédites).

Metcalfe-Smith et al. (2000b) ont effectué des relevés de moules dans 24 sites de la rivière Grand en 1997-1998 et ont trouvé des troncilles pied-de-faon dans seulement un de ces sites. À ce site, qui se trouve immédiatement en aval du barrage de Dunnville, 11 individus ont été recueillis, ce qui équivaut à 21,1 p. 100 de toutes les moules vivantes du site. On n’a pas prélevé d’individus pendant l’échantillonnage par quadrats dans 4 sites de la Grand en 2007; il est donc impossible d’estimer l’abondance de la population. La distribution des tailles des spécimens de la Grand (figure 8) montre une fourchette beaucoup plus petite de tailles dans cette rivière comparativement à celles de la Sydenham et de la Thames. Il n’est pas clair si la distribution tronquée de tailles indique une reproduction limitée ou si elle est simplement la conséquence de la petite taille de l’échantillon.

Figure 8. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Grand selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé en 1997 (n = 11) (J. Metcalfe-Smith, Environnement Canada, données inédites).

Figure 8. Distribution des tailles des troncilles pied-de-faon prélevés dans la rivière Grand selon des méthodes d’échantillonnage à temps déterminé en 1997 (n = 11) (J. Metcalfe-Smith, Environnement Canada, données inédites).

Fluctuations et tendances

Il est très difficile d’évaluer les fluctuations ou les tendances démographiques des troncilles pied-de-faon dans le temps, car il existe très peu de mentions. Il y a seulement 58 mentions du troncille pied-de-faon dans la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs, et seuls 9 de ces mentions représentent des prélèvements de plus d’un animal vivant.

L’espèce semble avoir disparu des eaux du large des lacs Sainte-Claire et Érié et des rivières Detroit et Niagara à la suite de l’invasion par les moules du genre Dreissena. Même avant cette invasion, les troncilles pied-de-faon n’ont jamais été de grands représentants de la mytilifaune indigène. Dans le lac Sainte-Claire, Nalepa et al. (1996) rapportent que l’espèce constituait 0,35 p. 100 (1 animal sur 281), 2,4 p. 100 (6 animaux sur 248) et 1,0 p. 100 (1 animal sur 99) de la mytilifaune totale capturée en 1986, 1990 et 1992, respectivement. Quand Zanatta et al. (2002) ont échantillonné 95 sites entre 1998 et 2001, aucun troncille pied-de-faon n’a été trouvé parmi les 2 356 animaux vivants détectés. La seule mention du troncille pied-de-faon dans le lac Sainte-Claire au cours des 15 dernières années concerne un unique animal vivant prélevé par Metcalfe-Smith et al. (2004) dans la région du delta en 2003.

Pareillement, dans le bassin ouest du lac Érié, Nalepa et al. (1991) ont indiqué que l’espèce représentait 2,4 p. 100 de la faune en 1951-1952 et 2,6 p. 100 en 1961. Nalepa et al. (1991) n’ont pas donné les nombres précis d’Unionidés capturés, mais ils ont toutefois rapporté une densité totale moyenne de 10/m² en 1961. Le troncille pied-de-faon n’a pas été signalé dans le lac Érié depuis 1961.

Schloesser et al. (1998) ont résumé les activités de relevé de moules dans la rivière Detroit menées entre 1982 et 1994. Le long de la côte sud-est (canadienne), le troncille pied-de-faon représentait 0,23 p. 100 (1 animal sur 422) de la mytilifaune en 1982-1983, mais aucun individu vivant n’a été détecté depuis. Le long de la côte nord-ouest (états-unienne), l’espèce était plus abondante, mais représentait seulement 4,24 p. 100 (7 animaux sur 165) en 1982-1983 et 0,31 p. 100 (5 animaux sur 1 592) en 1992; aucun spécimen n’a été repéré en 1994. D’autres activités de relevé ont été déployés depuis 1994, mais n’ont pas permis d’obtenir de mentions, et toutes les moules d’eau douce sont maintenant réputées avoir disparu de la Detroit (Schloesser et al., 2006).

La seule mention historique du troncille pied-de-faon dans la Sydenham correspond à un spécimen unique recueilli par Clarke dans un site proche de Croton en 1991. Metcalfe-Smith et al. (2003) ont observé l’espèce presque au même endroit en 1998-1999. Ce site est le seul endroit de la Sydenham où l’espèce a été répertoriée, et ce, malgré des activités d’échantillonnage considérable récemment déployés. Cet endroit a été revisité chaque année depuis 2005 dans le cadre de l’atelier d’identification des moules d’eau douce de l’Ontario, et le rédacteur du rapport a pu observer l’espèce chaque fois. Aucune donnée ne permet d’estimer les tendances de l’abondance des populations fluviales; cependant, rien n’indique que l’aire de répartition du troncille pied-de-faon a changé dans la Sydenham.

L’espèce a pour la première fois été rapportée dans la Thames en 1997, alors qu’une valve fraîche provenant de la région de Big Bend (Metcalfe-Smith et al., données inédites) a été trouvée. Morris et Edwards (2007) ont revisité le site en 2005 et trouvé 1 coquille usée et 4 autres coquilles fraîches en 4,5 heures-personnes. De plus, 3 autres spécimens vivants ont été répertoriés pendant les excavations de quadrats dans le même site. Le troncille pied-de-faon a été enregistré dans 6 autres sites, sur un tronçon de 112 km du cours inférieur de la Thames. Ce dernier abrite donc probablement la plus grande et la plus saine des populations restantes du Canada. En l’absence de séries chronologiques, il est impossible d’évaluer les tendances ou les fluctuations de cette population.

Dans le passé, on avait déterminé la présence du troncille pied-de-faon dans le cours inférieur de la Grand à partir de 6 mentions, entre Dunnville et Port Maitland. De ces mentions, 5 provenaient de la région de Dunnville, où les récentes activités d’échantillonnage ont permis de détecter les seuls spécimens vivants dans le bassin hydrographique. Kidd a découvert 10 coquilles, mais aucun individu vivant dans la région en 1972, tandis que Metcalfe-Smith et al. (2000b) ont observé 11 spécimens vivants en 1997-1998. Aucune donnée ne permet d’estimer les tendances de l’abondance des populations fluviales; cependant, rien n’indique que l’aire de répartition du troncille pied-de-faon a changé dans la Grand.

Il est impossible d’évaluer les fluctuations ou les tendances des effectifs de troncilles pied-de-faon dans le ruisseau Muskrat, dans le bassin de la Saugeen, car on ne dispose que d’une mention correspondant à un seul individu prélevé à une seule occasion. Les populations de troncilles pied-de-faon dans le couloir lac Sainte-Claire-lac Érié ont subi un important déclin au cours des 20 à 40 dernières années. Un seul spécimen vivant a été trouvé dans le lac Sainte-Claire au cours des 15 dernières années et aucun n’a été trouvé dans la rivière Détroit. Les populations de troncille pied-de-faon semblent s’être effondrées avant dans le bassin ouest du lac Érié, aucun spécimen n’ayant été répertorié depuis 1961. Les données sont insuffisantes pour estimer les tendances de l’abondance dans les cours d’eau intérieurs, mais rien n’y indique une réduction de l’aire de répartition.

Immigration de source externe

Toutes les populations canadiennes de troncilles pied-de-faon sont isolées les unes des autres ainsi que des populations états-uniennes par de vastes étendues d’habitat non adéquat, ce qui réduit la probabilité de rétablissement des populations disparues par l’immigration. Les 2 hôtes potentiels du troncille pied-de-faon, soit le malachigan et le doré noir, peuvent se déplacer à grande échelle, ce qui pourrait relier les populations. Toutefois, chez ces poissons, les déplacements de cette ampleur sont généralement associés au comportement de fraye au printemps (Funk, 1957; Pegg et al., 1997) et surviendraient donc à une période où ils ne porteraient pas de glochidies. De plus, les populations de troncilles pied-de-faon dans les États adjacents qui pourraient servir de sources ne sont pas considérées stables. Les populations de 2 des 4 États du couloir lac Huron-lac Sainte-Claire-lac Érié sont considérées plus à risque du point de vue de la conservation que celles en Ontario (New York – SH, possiblement disparue du pays [possibly extirpated]; Pennsylvanie – S1, gravement en péril [critically imperiled]), alors que l’une d’entre elles est considérée comme au même risque (Ohio – S2, en péril [imperiled]). L’espèce n’a pas encore été cotée au Michigan.

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs qui expliquent le mieux le déclin récent des populations de troncilles pied-de-faon sont l’introduction à la fin des années 1980 de moules du genre Dreissena (Dbugensis et D. polymorpha) et leur prolifération subséquente. Les moules Dreissena se fixent sur la coquille des moules indigènes et interfèrent ainsi avec leurs fonctions métaboliques normales, ce qui nuit à l’alimentation, à la respiration, à la reproduction et à la locomotion (Mackie, 1991; Haag et al., 1993; Baker et Hornbach, 1997). Quatre-vingt-huit pour cent des mentions canadiennes historiques du troncille pied-de-faon dans la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs proviennent d’endroits lourdement perturbés par les Dreissenidés. Nombre de ces endroits sont maintenant marqués par l’absence des Unionidés (ouest du lac Érié – Schloesser et Nalepa, 1994; lac Sainte-Claire – Nalepa et al., 1996; rivière Detroit – Schloesser et al., 2006). À l’exception des rivières Saugeen (ruisseau Muskrat) et Sydenham, toutes les populations connues de troncilles pied-de-faon qui restent se trouvent dans des régions où les Dreissenidés sont bien établis. Morris et Edwards (2007) ont inventorié 37 sites de la Thames en 2004-2005 et trouvé des Dreissenidés vivants ou des Dreissenidés fixés sur des Unionidés (animaux vivants ou filaments de byssus fixés sur des coquilles d’Unionidés) dans pratiquement tous les sites se trouvant entre le réservoir Fanshawe, dans la ville de London, et l’embouchure de la rivière. Bien qu’aucune moule Dreissena n’ait été observée fixée sur un troncille pied-de-faon, cette région chevauche complètement l’aire de répartition connue dans la Thames. De même, on trouve des Dreissenidés dans le delta de la Sainte-Claire (Metcalfe-Smith et al., 2005b) et dans la Grand jusqu’au barrage de Dunnville (obs. pers., Morris, 2005).

Il a été démontré que l’endiguement des cours d’eau a nuit aux moules de nombreuses façons. Les réservoirs altèrent les patrons d’écoulement en aval, ce qui perturbe complètement l’hydrographie naturelle. De plus, ils changent les profils thermiques naturels des cours d’eau (Vaughn et Taylor, 1999). Les ouvrages de retenue agissent aussi comme des obstacles physiques au déplacement des hôtes; de vastes étendues d’habitat potentiel restent donc entièrement inaccessibles à certaines espèces de moules. Watters (1996) a observé que la répartition de deux espèces de moules (Leptodea fragilis et Potamilus alatus) en Indiana, en Ohio et en Virginie-Occidentale était limitée par la présence de petits barrages, qui nuisaient au déplacement de leur espèce-hôte, le malachigan. Tiemann et al. (2007) ont également montré que le troncille pied-de-faon fait partie des cinq espèces du réseau de la rivière Fox, en Illinois, dont la répartition en amont semble limitée par la présence d’un barrage à faible hauteur de chute. Le malachigan, l’un des hôtes des glochidies de troncilles pied-de-faon, est une espèce adaptée aux eaux lacustres peu profondes qui utilise les portions inférieures des cours d’eau pour frayer (Scott et Crossman, 1973). On ne sait pas ce qui limite la répartition des malachigans dans les parties amont des cours d’eau du sud de l’Ontario. Toutefois, Watters (1996) croit qu’un des facteurs limitatifs dans les cours d’eau états-uniens serait la présence de barrages. Il soutient cette hypothèse en soulignant que les malachigans étaient autrefois présents dans les tronçons non endigués de la rivière Ohio, mais ont disparu après l’aménagement des barrages.

Aucune donnée historique sur le sud de l’Ontario ne permet d’évaluer directement les répercussions des barrages sur les populations de poissons et de moules, mais les aires de répartition du malachigan, du doré noir et du troncille pied-de-faon présentées à la figure 5 montrent un certain lien avec l’aménagement des barrages. Dans la Grand, on n’a prélevé des troncilles pied-de-faon que jusqu’au niveau du barrage de Dunnsville, et ce, même si les malachigans peuvent traverser ce barrage (on en a trouvé jusqu’à proximité du barrage de Caledonia), lequel ils ne peuvent pas passer (MacDougall, comm. pers., 2007) (figure 5). La Thames est une rivière unique dans le sud de l’Ontario, car elle n’est pas régularisée sur près de 200 km, soit à partir de son embouchure jusqu’au premier barrage, dans le parc Springbank, dans la ville de London. Ce barrage est un obstacle au passage des poissons de la mi-mai au début novembre (Reid et Mandrak, 2006). Les aires de répartition du troncille pied-de-faon et du malachigan s’étendent toutes deux jusqu’au barrage. Aucune mention ne provient de sites au-delà du barrage (figure 5). Un second barrage en amont de London constitue un obstacle permanent au passage des poissons. Le premier obstacle important sur la Sydenham se trouve bien en amont de l’aire de répartition des deux espèces. Dans la Saugeen, on ne voit pas de malachigans au-delà du barrage de Denny; toutefois, le seul troncille pied-de-faon recueilli dans le bassin hydrographique provenait d’un site bien en amont du barrage. Au moins cinq autres obstacles bloquent le passage des poissons entre le barrage de Denny et le ruisseau Muskrat (Nichols, comm. pers., 2007) (figure 5). Il est donc très peu probable que l’individu prélevé dans le ruisseau Muskrat y soit parvenu en étant enkysté sur un malachigan ou un doré noir.

Des données indiquent que les moules d’eau douce sont vulnérables aux PCB, au DDT, au malathion et au roténone, substances qui inhibent toute la respiration et s’accumulent dans les tissus des moules (USFWS, 1994). Les glochidies semblent être particulièrement vulnérables aux métaux lourds (Keller et Zam, 1990), à l’acidité (Huebner et Pynnonen, 1992) et à la salinité (Liquori et Insler, tels que cités dans USFWS, 1994). On a récemment rapporté que les moules d’eau douce juvéniles sont parmi les organismes aquatiques les plus vulnérables à la toxicité de l’ammoniac non ionisé, affichant des réactions négatives à des teneurs bien en deçà des recommandations visant la sécurité aquatique des cours d’eau états-uniens (Newton, 2003; Newton et al., 2003). Des apports élevés de limon provenant des terres agricoles peuvent nuire aux moules en obstruant leurs branchies et en nuisant à l’alimentation, à la respiration et à la reproduction (Strayer et Fetterman, 1996). Les terres du bassin de la Sydenham sont principalement utilisées à des fins agricoles. Dextrase et al. (2003) rapportent des concentrations de solides en suspension aussi élevées que 900 mg/L, ce qui permet de conclure que l’envasement et la turbidité sont les menaces dominantes pour les espèces en péril dans ce bassin versant. Dans la rivière Grand, le fauchage de la végétation riveraine et l’accès du bétail à la rivière ont abaissé la qualité de l’eau et augmenté les charges de sédiments (WQB, 1989a). Les activités agricoles devraient s’intensifier dans le bassin de la Grand au cours des 25 années à venir et feront donc augmenter le ruissellement des sédiments, des pesticides, des engrais et du fumier. La qualité de l’eau dans le bassin hydrographique de la Thames a par le passé souffert grandement des activités agricoles. Le drainage par tuyaux enterrés, la présence de conduites d’eaux usées, le stockage et l’épandage du fumier et la conservation du sol insuffisante ont tous contribué à la piètre qualité de l’eau dans le bassin de la Thames (Taylor et al., 2004). Les charges de phosphore et d’azote ont augmenté de manière stable, et certains des apports les plus élevés de déchets d’élevage du bétail de l’ensemble du bassin des Grands proviennent du bassin de la Thames (WQB, 1989b). Les concentrations moyennes d’hydroxyde d’ammonium dans tous les sous-bassins de la Thames dépassent les recommandations fédérales visant la protection des organismes d’eau douce (Taylor et al., 2004). Étant donné la vulnérabilité générale des moules d’eau douce, en particulier des glochidies et des juvéniles, aux polluants aquatiques, les degrés de pollution observés dans ces bassins hydrographiques peuvent influer sur les populations fluviales de troncilles pied-de-faon restantes.

Il est peu probable que le niveau naturel de prédation par les espèces susmentionnées (voir la section « Prédateurs  ») nuise aux populations de troncilles pied-de-faon bien portantes, mais, si l’aire de répartition de l’espèce continue de diminuer, alors l’incidence de ces prédateurs pourrait augmenter de manière disproportionnée.

En résumé, les principaux facteurs influant sur l’aire de répartition actuelle du troncille pied-de-faon au Canada sont l’établissement des moules du genre Dreissena, qui ont rendu inutilisables de grandes portions de l’habitat originel, et la disponibilité limitée de l’habitat fluvial, lequel est surtout restreint par la répartition du poisson-hôte des glochidies, le malachigan. À l’exception d’une petite population dans le delta de la rivière Sainte-Claire, les populations restantes de troncilles pied-de-faon sont limitées à des sections relativement petites de tronçons inférieurs de cours d’eau, où l’espèce fait face à une qualité de l’eau à la baisse à cause des activités agricoles et urbaines dans les portions supérieures des bassins versants.

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

Les moules d’eau douce jouent en général un rôle intégral dans le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. Vaughn et Hakenkamp (2001) ont résumé la majorité des documents portant sur le rôle des Unionidés et décrit de nombreux processus dans la colonne d’eau (alimentation par filtration en fonction de la taille; sélection du phytoplancton en fonction de l’espèce; cycle des nutriments; contrôle de l’abondance du phosphore) et dans les sédiments (consommation de dépôts qui abaisse les quantités de matière organique dans les sédiments; biodépôt de matières fécales ou pseudofécales; colonisation des coquilles par des invertébrés épizoïques et des algues épiphytes; corrélation positive entre la densité d’invertébrés benthiques et la densité des moules) régis par la présence de moulières. Welker et Walz (1998) ont montré que les moules d’eau douce sont capables de limiter le plancton dans les rivières d’Europe, tandis que Neves et Odom (1989) ont rapporté que les moules jouent aussi un rôle dans le transfert de l’énergie vers le milieu terrestre par l’intermédiaire de la prédation par les rats musqués et les ratons laveurs. Toutefois, puisque le troncille pied-de-faon a toujours été une composante mineure de la communauté de moules d’eau douce au Canada, sa contribution relative à ces processus est probablement faible.

Le troncille pied-de-faon est l’une des quatre espèces du genre Truncilla, et seulement deux de ces espèces vivent au Canada.

Retournez à la table des matières

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le troncille pied-de-faon est considéré comme non en péril à l’échelle mondiale (globally secure) (G5) et comme non en péril à l’échelle nationale (nationally secure) (N5) aux États-Unis, mais il est désigné en péril à l’échelle nationale (nationally imperiled) (N2) au Canada (NatureServe, 2007). L’espèce ne figure pas à l’heure actuelle sur les listes de la Loi sur les espèces en péril du Canada et de l’Endangered Species Act des États-Unis. Elle n’est pas non plus inscrite sur la Liste rouge de l’UICN. L’évaluation nationale de la situation générale des moules d’eau douce au Canada (Metcalfe-Smith et Cudmore-Vokey, 2004) attribue une cote nationale de 2 (possiblement en péril) au troncille pied-de-faon, qui correspond à la cote subnationale S2 (en péril) en Ontario (Natural Heritage Information Centre (NHIC), 2007). L’espèce est considérée comme vulnérable (vulnerable) à possiblement disparue (possibly extirpated) dans 12 États des États-Unis, non en péril (secure) ou apparemment non en péril (apparently secure) dans 6 autres États; elle n’est pas classée dans 5 autres États (tableau 3).

Tableau 3. Cotes subnationales de conservation du troncille pied-de-faon dans des États des États-Unis. Quand des cotes arrivaient à égalité, c’est la cote de conservation la plus prudente qui a été retenue. Tous les renseignements sont tirés de NatureServe (2007).
Cote de conservationDescriptionÉtat
SHPossiblement disparue du pays (Possibly extirpated)New York
S1Gravement en péril (Critically imperiled)Géorgie, Pennsylvanie, Texas, Virginie-Occidentale, Wisconsin
S2En péril (Imperiled)Kansas, Ohio, Dakota du Sud
S3Vulnérable (Vulnerable)Arkansas, Indiana, Louisiane
S4Apparemment non en péril (Apparently secure)Alabama, Illinois, Kentucky, Mississippi
S5Non en péril (Secure)Oklahoma, Tennessee
SNRNon cotée (Not ranked)Iowa, Michigan, Minnesota, Missouri, Nebraska

La Loi sur les pêches du gouvernement fédéral représente le plus important document de loi qui protège à l’heure actuelle le troncille pied-de-faon au Canada. Étant des mollusques, les moules d’eau douce entrent dans la définition de « poissons » de la Loi et sont protégés de la même façon que les poissons vertébrés. La récolte de moules d’eau douce nécessite un permis de récolte délivré par l’autorité de la Loi sur les pêches. En Ontario, ce permis est délivré par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. D’autres protections indirectes sont assurées par l’intermédiaire de la protection de l’habitat décrite ci-dessus (voir la section « Protection de l’habitat et propriété »).

La dernière population lacustre de troncilles pied-de-faon qui reste se trouve dans les eaux du territoire de la Première Nation de Walpole Island. Ces eaux sont situées dans des régions à incidence relativement faible et servent essentiellement à la chasse et à la pêche. L’accès à ces régions est réglementé par des permis d’utilisateurs délivrés par la Première Nation de Waldpole Island.

Les régions qui abritent des troncilles pied-de-faon chevauchent les aires de répartition de plusieurs espèces de moules protégées par la Loi sur les espèces en péril du Canada. L’espèce bénéficie peut-être indirectement de la protection accordée aux espèces figurant dans cette loi ou des mesures mises en œuvre (p. ex., recherche, intendance et sensibilisation) dans le cadre des programmes de rétablissement visant l’obovarie ronde et le ptychobranche réniforme (Morris, 2006a), la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du necturus, et la villeuse haricot (Morris et Burridge, 2006) ainsi que la lampsile fasciolée (Morris, 2006b).

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Truncilla donaciformis

Troncille pied-de faon – Fawnsfoot

Répartition au Canada :

Ontario

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)
Estimée à entre 6 et 12 ans
Tendance et dynamique de la population
Pourcentage estimé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des trois dernières générations
Inconnu
Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années
Inconnu
Pourcentage observé de la réduction du nombe total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Non
Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
Oui
Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?
Non
Tendance observée du nombre de populations
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non

Nombre d’individus matures dans chaque population

  • Lac Sainte-Claire : Inconnu
  • Ruisseau Muskrat : Inconnu
  • Rivière Sydenham : Inconnu
  • Rivière Thames : Inconnu
  • Rivière Grand : Inconnu

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence (km²)
Historique – 51 238 km²; Actuelle – 24 952 km². Zone comprise à l'intérieur d'un polygone convexe dessiné pour y inclure toutes les occurrences confirmées
Tendance observée dans la zone d’occurrence
En déclin. Déclin de 51 %
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?
Non
Superficie estimée de la zone d’occupation (km²)
128 km²: Delta de la Sainte-Claire – 4 km²; ruisseau Muskrat – 4 km²; rivière Sydenham – 4 km²; rivière Thames – 112 km²; rivière Grand – 4km²
Tendance observée dans la zone d’occupation
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation?
Non
La population totale est-elle très fragmentée?
Oui. Présente dans 5 emplacements très éloignées
Nombre d’emplacements actuels
5. 2 des 5 emplacements ne sont représentés que par un seul spécimen
Tendance du nombre d’emplacements
En déclin
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?
Non
Tendances observées de l’habitat
En déclin. L’aire, l’étendue et la qualité de l’habitat sont en déclin

Analyse quantitative

Non disponible

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  1. Les moules du genre Dreissena ont rendu inaccessible une grande partie de l'habitat historique du lac Sainte-Claire, de la rivière Detroit et du lac Érié et constituent une menace constante pour les populations restantes du delta de la Sainte-Claire, de la rivière Thames et de la rivière Grand.
  2. La fragmentation de la rivière, causée par des obstacles en aval et des barrages, peut restreindre les déplacements en amont de l'espèce hôte (qui semble être le malachigan), limitant ainsi l'habitat disponible.
  3. La faible qualité de l'eau, causée par des activités rurales et urbaines dans les bassins versants, constitue une menace étant donné la vulnérabilité des moules en général à bons nombres de polluants aquatiques.

Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?
États-Unis : aucune désignation fédérale ou par les États n’a été faite même si le troncille pied-de-faon est considéré comme étant en déclin partout dans son aire de répartition en Amérique du Nord et est classé S3 ou plus dans 11 États.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Non
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Non

Statut existant

COSEPAC : En voie de disparition (avril 2008)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : A2ce; B2ab(i,ii,iii,iv,v)

Justification de la désignation : Cette moule d’eau douce est largement répandue dans le centre de l’Amérique du Nord, et la portion septentrionale de son aire de répartition s’étend dans les bassins versants du lac Érié, du lac Sainte-Claire et du lac Huron inférieur dans le sud-ouest de l’Ontario. Il semble que l’espèce ait toujours été rare au Canada, ne représentant que moins de 5 % des individus des communautés de moules d’eau douce, peu importe l’endroit. Environ 86 % des données historiques ainsi que la plus grande population existante ont été signalées dans des eaux qui sont maintenant infestées par la moule zébrée, et qui sont donc inhabitables pour l’espèce. La moule zébrée, qui a été introduite accidentellement dans les Grands Lacs, se fixe sur la coquille des moules d’eau douce indigènes, ce qui les asphyxie ou les fait mourir par manque de nourriture. L’espèce a connu un grave déclin. Elle a disparu de quatre localités historiques, ce qui a entraîné une réduction de 51 % de son aire de répartition. L’espèce n’est désormais présente qu’à cinq localités très éloignées, dont deux ne sont représentées que par un seul individu chacune. À deux endroits, la répartition de l’espèce est peut‑être limitée par la présence de barrages qui restreignent les déplacements du malachigan, le présumé poisson-hôte des moules juvéniles. La faible qualité de l’eau causée par des influences urbaines et rurales constitue une menace constante additionnelle.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », A2ce : A(2) réduction de plus de 50 % de la taille estimée de la population au cours des 3 dernières générations (~ 30 ans, étant donné que l'âge moyen des unionidés matures est de 6 à 12 ans), pour laquelle la cause principale (l'incidence des moules zébrées, qui a débuté en 1986) pourrait ne pas être arrêtée et ne pas être réversible selon :
    • (c) une réduction de la zone d'occupation d'environ 51 %, passant de 51 238 km² (historiquement) à 24 952 km² (actuellement), et une réduction de la qualité et de la disponibilité de l'habitat;
    • (e) les effets de taxons introduits (les moules zébrées).
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B2ab(i,ii,iii,iv, v) : B(2) zone d'occupation inférieure à 500 km² (zone d'occupation d'environ 128 km²) et :
    • (a) est gravement fragmentée et l'espèce présente dans < ou = 5 emplacements (présente dans 5 emplacements très éloignées;
    • (b) (i,ii,iii,iv,v) un déclin continu est projeté dans la zone d'occurrence, la zone d'occupation, la superficie, l'étendue et la qualité de l'habitat, le nombre d'emplacements ou de populations et le nombre d'individus matures (2 emplacements ne sont représentés que par un seul spécimen; 3 emplacements, comprenant la plus importante population restante, sont situés dans des endroits où les moules zébrées sont introduites et représentent une menace continuelle).
  • Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) : Ne s’applique pas, car le nombre d’individus matures est inconnu.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond au critère de la catégorie « espèce menacée », D2 : présente dans 5 emplacements seulement desquels 2 ne sont représentés que par un seul spécimen, et 3 (comprenant la plus importante population restante) sont situés dans des endroits où les moules zébrées sont introduites et représentent une menace continuelle, et dont 2 pourraient avoir une répartition limitée par la présence de barrages qui restreignent les déplacements du présumé poisson-hôte.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Ne s’applique pas (aucune donné disponible).

Retournez à la table des matières

Remerciements et experts consultés

  • Achuff, P. L. Species Assessment Biologist, Parcs Canada, Parc national du Canada des Lacs-Waterton, Waterton (Alberta) T0K 2M0
  • Backlund, D. South Dakota Department of Game Fish and Parks, S.D. Natural Heritage Program Pierre, S.D. 57501
  • Badra, P. Aquatic Ecologist, Michigan Natural Features Inventory, Lansing (Michigan)
  • Christian, A. Assistant Professor, Arkansas State University, Department of Biological Sciences, (Arkansas) 72467
  • Cooper, L. Secrétariat canadien de consultation scientifique, Pêches et Océans Canada, St. Andrews (Nouveau-Brunswick)
  • Davis, M. Minnesota Department of Natural Resources- River Ecology/Malacology Lake City (Minnesota) 55041
  • Dextrase, A. Biologiste principal des espèces en péril, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Place Robinson, 4e étage sud, 300, rue Water, B.P. 7 000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5
  • Downing, J. Professeur, Department of Ecology, Evolution and Organismal Biology, Iowa State University, Ames (Iowa) 50011-1020, États-Unis
  • Filion, A. Agent de projet scientifique et géomatique, Section de l’évaluation des espèces, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Ottawa (Ontario)
  • Goulet, G. Agent de projet scientifique, Connaissances traditionnelles autochtones, COSEPAC, Environnement Canada, Ottawa (Ontario)
  • Howell, D. Iowa Department of Natural Resources, Des Moines (Iowa) 50319-0034, tél. : 515-281-8524
  • Hubbs, D. Mussel Program Coordinator, Tennessee Wildlife Resources Agency Camden (Tennessee) 38320
  • Johnson, P. Program Supervisor, Alabama Aquatic Biodiversity Center, Alabama Department of Conservation and Natural Resources
  • Marangelo, P. Conservation Ecologist, The Nature Conservancy, West Haven (Vermont)
  •  McConnell, A. Biologiste des espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement Canada, Toronto (Ontario)
  • McGoldrick, D. Écologiste des espèces aquatiques, Environnement Canada, Burlington (Ontario)
  • Schueler, F.W. Bishops Mills Natural History Centre RR#2 Bishops Mills (Ontario) K0G 1T0.
  • Strayer, D.L. Aquatic Ecologist, Institute of Ecosystem Studies, Cornell University, Millbrook (État de New-York) 12545-0129, États-Unis
  • Sutherland, D. Natural Heritage Zoologist, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, 300, rue Water, 2e étage, Tour nord, C.P. 7 000, Peterborough (Ontario) K9J 8M5
  • Watters, G.T. Curator. Museum of Biological Diversity, Department of Evolution, Ecology & Organismal Biology, The Ohio State University, Columbus (Ohio) 43212, États-Unis
  • Zanatta, D. Candidat au doctorat, Musé royal de l’Ontario, University of Toronto, Toronto (Ontario)

Retournez à la table des matières

Sources d'information

Amyot, J., et J.A. Downing. 1998. Locomotion in Elliptio complanata (Mollusca: Unionidae): a reproductive function? Freshwater Biology 39:151-358.

Baker, S.M., et D.J. Hornbach. 1997. Acute physiological effects of zebra mussel (Dreissena polymorpha) infestation on two unionid mussels, Actinonaias ligamentina and Amblema plicata, Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 54:512-519.

Balfour, D.L., et L.A. Smock. 1995. Distribution, age structure, and movements of the freshwater mussel Elliptio complanata (Mollusca: Unionidae) in a headwater stream, Journal of Freshwater Ecology 10:255-268.

Bowles, J.M. 1994. Dingman Creek between Lambeth and Delaware, Life Science Inventory, McIlwraith Field Naturalists of London Inc., ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, The Richard Ivey Foundation, Upper Thames River Conservation Authority, iv + 86 p.

Brady, T. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à T.J. Morris, Freshwater Mollusk Conservation Society Propagation Subcommittee chair, septembre 2007.

Cicerello, R.R., et G.A. Schuster. 2003. A guide to the freshwater mussels of Kentucky, Kentucky State Nature Preserves Commission Scientific and Technical Series Number 7:1-62.

Clarke, A.H. 1972. On the distribution of Unionidae in the Sydenham River, southern Ontario, Malacological Review 6:63-64.

Clarke, A.H. 1981. The Freshwater Molluscs of Canada, Musées nationaux du Canada, Ottawa, 446 p.

Clarke, A.H. 1992. Ontario’s Sydenham River, an important refugium for native freshwater mussels against competition from the zebra mussel Dreissena polymorpha, Malacology Data Net 3:43-55.

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la mulette feuille d’érable (Quadrula quadrula), population de la Saskatchewan – Nelson et population des Grands Lacs – Ouest du Saint-Laurent, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 66 p.

Dextrase, A.J., S.K. Staton et J.L. Metcalfe-Smith. 2003. Programme national de rétablissement pour les espèces en péril de la rivière Sydenham : une approche écosystémique, Plan national de rétablissement nº 25, Rétablissement des espèces canadiennes en péril (RESCAPÉ), Ottawa (Ontario), 78 p.

Filion, A. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à T.J. Morris, agent de projet scientifique et géomatique, Section de l’évaluation des espèces, Secrétariat du COSEPAC, Ottawa (Ontario), juin 2007.

Funk, J.L. 1957. Movement of stream fishes, Transactions of the American Fisheries Society 85:39-57.

Gatenby, C.M., B.C. Parker et R.J. Neves. 1997. Growth and survival of juvenile rainbow mussels, Villosa iris (Lea, 1829) (Bivalvia: Unionidae), reared on algal diets and sediment, American Malacological Bulletin 14:57-66.

Gillis, P.L., et G.L. Mackie. 1994. Impact of the zebra mussel, Dreissena polymorpha, on populations of Unionidae (Bivalvia) in Lake St. Clair, Canadian Journal of Zoology 72:1260-1271.

Goudreau, S. E., R. J. Neves et R. J. Sheehan. 1993. Effects of wastewater treatment plant effluents on freshwater molluscs in the upper Clinch River, Virginia, USA, Hydrobiologia 252:211-230.

Haag, W.R., D.J. Berg, D.W. Garton et J.L. Farris. 1993. Reduced survival and fitness in native bivalves in response to fouling by the introduced zebra mussel (Dreissena polymorpha) in western Lake Erie, Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Science 50:13-19.

Haag, W.R. Comm. pers. 2007. Conversation avec T.J. Morris, mars 2007, United States Department of Agriculture, Oxford (Mississippi).

Heller, J. 1991. Longevity in Molluscs, Malacologia 31:259-295.

Howells, R.G., R.W. Neck et H.D. Murray. 1996. Freshwater mussels of Texas, Texas Parks and Wildlife Department, Inland Fisheries Division, Austin (Texas), États-Unis, 218 p.

Huebner, J.D., et K.S. Pynnonen.1992. Viability of glochidia of two species of Anodonta exposed to low pH and selected metals, Canadian Journal of Zoology 70:2348-2355.

Keller, A.E., et S.G. Zam. 1990. Simplification of in vitro culture techniques for freshwater mussels, Environmental Toxicology and Chemistry 9:291-1296.

Kidd, B.T. 1973. Unionidae of the Grand River drainage, Ontario, Canada, thèse de maîtrise ès sciences, Carleton University, Ottawa, Canada.

Logan, C. Comm. pers. 2007. Conversation avec T.J. Morris, mai 2007, biologiste, Environnement Canada, Burlington (Ontario).

MacDougall, T. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à T.J. Morris, septembre 2007, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Guelph (Ontario).

Mackie, G.L. 1991. Biology of the exotic zebra mussel, Dreissena polymorpha, in relation to native bivalves and its potential impact in Lake St. Clair, Hydrobiologia 219:251-268.

Mackie, G.L. 1996. Diversity and status of Unionidae (Bivalvia) in the Grand River, a tributary of Lake Erie, and its drainage basin, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).

Mackie, G.L., et J. M. Topping. 1988. Historical changes in the unionid fauna of the Sydenham River watershed and downstream changes in shell morphometrics of three common species, Canadian Field-Naturalist 102(4):617-626.

McMahon, R.F. 1991. Mollusca: Bivalvia, pages 315-399, in J.H. Thorpe et A.P. Covich (éd.), Ecology and Classification of North American Freshwater Invertebrates, Academic Press, San Diego.

Metcalfe-Smith, J.L., et B. Cudmore-Vokey.2004. Situation générale des moules d’eau douce au Canada (Unionacea), Environnement Canada, Institut national de recherche sur les eaux, Burlington (Ontario), NWRI Contribution No. 04-027, 27 p. + annexes.

Metcalfe-Smith, J.L., et D.J. McGoldrick. 2003. Update on the status of the Wavyrayed Lampmussel (Lampsilis fasciola) in Ontario waters, Environnement Canada, Institut national de recherche sur les eaux, Burlington (Ontario), NWRI Contribution No. 03-003.

Metcalfe-Smith, J.L., J. Di Maio, S.K. Staton et S.R. de Solla. 2003. Status of the freshwater mussel communities of the Sydenham River, Ontario, Canada, American Midland Naturalist 150:37-50.

Metcalfe-Smith, J.L., J. Di Maio, S.K. Staton et G.L. Mackie. 2000a. Effect of sampling effort on the efficiency of the timed search method for sampling freshwater mussel communities, Journal of the North American Benthological Society 19(4):725-732.

Metcalfe-Smith, J.L., G. L. Mackie, J. Di Maio et S.K. Staton. 2000b. Changes over time in the diversity and distribution of freshwater mussels (Unionidae) in the Grand River, Southwestern Ontario, Journal of Great lakes Research 26(4):445-459.

Metcalfe-Smith, J., A. MacKenzie, I. Carmichael et D. McGoldrick. 2005a. Photo Field Guide to the Freshwater Mussels of Ontario, publié par le St Thomas Field Naturalist Club Inc., St. Thomas (Ontario), 60 p.

Metcalfe-Smith, J.L., D.J. McGoldrick, C.R. Jacobs, J. Biberhofer, M.T. Arts, G.L. Mackie, V.S. Jackson, D.W. Schloesser, T.J. Newton, E.M. Monroe et M.D. Drebenstedt. 2005b. Creation of managed refuge sites for native freshwater mussels to mitigate impacts of the exotic zebra mussel in the delta area of Lake St. Clair, rapport définitif au Fonds de rétablissement des espèces en péril et à Environnement Canada – Région de l’Ontario, 48 p.

Metcalfe-Smith, J.L., D.J. McGoldrick, C.R. Jacobs et B.L. Upsdell. 2005c. Monitoring and assessment of managed refuge sites for native freshwater mussels on Walpole Island First Nation, rapport au Fonds de rétablissement des espèces en péril et à Environnement Canada – Région de l’Ontario, 35 p.

Metcalfe-Smith, J.L., D.J. McGoldrick, M. Williams, D.W. Schloesser, J. Biberhofer, G.L. Mackie, M.T. Arts, D.T. Zanatta, K. Johnson, P. Marangelo et T.D. Spencer.2004. Status of a refuge for native freshwater mussels (Unionidae) from the impacts of the exotic zebra mussel (Dreissena polymorpha) in the delta area of Lake St. Clair, Environnement Canada, Institut national de recherche sur les eaux, Burlington (Ontario), note technique nº AEI-TN-04-001, 47 p. + annexes.

Metcalfe-Smith, J.L., D.J. McGoldrick, D.T. Zanatta et L. C. Grapentine. 2007. Development of a monitoring program for tracking the recovery of endangered freshwater mussels in the Sydenham River, Ontario, Environnement Canada, Direction générale des Sciences et de la technologie de l'eau, Burlington (Ontario), WSTD Contribution No. 07-510, 40 p. + annexes.

Morris, T.J. 1996. The unionid fauna of the Thames River drainage, Southwestern Ontario, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario), 38 p.

Morris, T.J. 2006a. Stratégie de rétablissement de l'obovarie ronde (Obovaria subrotunda) et du ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) au Canada, in Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Ottawa, Pêches et Océans Canada, x + 54 p.

Morris, T.J. 2006b. Stratégie de rétablissement de la lampsile fasciolée (Lampsilis fasciola) au Canada, in Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Ottawa, Pêches et Océans Canada, vii + 47 p.

Morris, T.J., et M. Burridge. 2006. Programme de rétablissement de la dysnomie ventrue jaune, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette du Necturus et la villeuse haricot au Canada, in Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Ottawa, Pêches et Océans Canada, x + 85 p.

Morris, T.J., et J. Di Maio. 1998-1999. Current distributions of freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae) in rivers of southwestern Ontario, Malacological Review 31/32:9-17.

Morris, T.J., et A. Edwards. 2007. Freshwater mussel communities of the Thames River, Ontario: 2004-2005, Canadian Manuscript Report of Fisheries and aquatic Sciences 2810, 30 p.

Morris, T.J., M. Granados et A. Edwards.2007. A preliminary survey of the freshwater mussels of the Saugeen River watershed, Ontario, Canadian Manuscript Report of Fisheries and aquatic Sciences 2809, 30 p.

Mummert, A.K., R.J. Neves, T.J. Newcomb et D.S. Cherry. 2003. Sensitivity of juvenile freshwater mussels (Lampsilis fasciola, Villosa iris) to total and un-ionized ammonia, Environmental Toxicology and Chemistry 22:2545-2553.

Nalepa, T.F., et J.M. Gauvin. 1988. Distribution, abundance, and biomass of freshwater mussels (Bivalvia:Unionidae) in Lake St. Clair, Journal of Great Lakes Research 14:411-419.

Nalepa, T.F., D.J. Hartson, G.W. Gostenik, D.L. Fanslow et G.A. Lang. 1996. Changes in the freshwater mussel community of Lake St. Clair: from Unionidae to Dreissena polymorpha in eight years, Journal of Great Lakes Research 22:354-369.

Nalepa, T.F., B.A. Manny, J.C. Roth, S.C. Mozley et D.W. Schloesser. 1991. Long-term decline in freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae) of the western basin of Lake Erie, Journal of Great Lakes Research 17(2):214-219.

NatureServe. 2007. Natureserve : Un Réseau pour la Science et la Conservation (consulté en septembre 2007).

Neves, R.J., et M.C. Odom. 1989. Muskrat predation on endangered freshwater mussels in Virginia, Journal of Wildlife Management 53:934-941.

Newton, T.J. 2003. The effects of ammonia on freshwater unionid mussels, Environmental Toxicology and Chemistry 22:2543-2544.

Newton, T.J., et J.W. Allran, J.A. O’Donnell, M.R. Bartsch et W.B. Richardson. 2003. Effects of ammonia on juvenile unionid mussels (Lampsilis cardium) in laboratory toxicity tests, Environmental Toxicology and Chemistry 22:2554-2560.

New York Power Authority. 2003. Occurrences of rare, threatened, and endangered mussel species in the vicinity of the Niagara Power Project, Niagara Power Project (FERC No. 2216), Iii + 11 p.

N.H.I.C. 2007. Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. (consulté en septembre 2007).

Nichols, S.J., H. Silverman, T.H. Dietz, J.W. Lynn et D.L. Garling. 2005. Pathways of food uptake in native (Unionidae) and introduced (Corbiculidae and Dreissenidae) freshwater bivalves, Journal of Great Lakes Research 31:87-96.

Nichols, M. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à T.J. Morris, juin 2007, Saugeen Valley Conservation Authority, Hanover (Ontario).

Parmalee, P.W., et A. E. Bogan. 1998. The freshwater mussels of Tennessee, The University of Tennessee Press, Knoxville, 328 p.

Pegg, M.A., P.W. Bertolli et J.B. Layzer.1997. Movement of sauger in the Lower Tennessee River determined by radio-telemetry and implications for management, North American Journal of Fisheries Management 17:763-768.

Reid, S.M., et N.E. Mandrak. 2006. Evaluation of potential impact of Springbank Dam restoration on Black Redhorse (Moxostoma duquesnei) and other sucker species in the Thames River, Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2670, 32 p.

Salmon, A., et R.H. Green. 1983. Environmental determinants of unionid clam distribution in the Middle Thames River, Ontario, Canadian Journal of Zoology 61:832-838.

Schloesser, D.W., et T. F. Nalepa.1994. Dramatic decline of unionid bivalves in offshore waters of western Lake Erie after infestation by the zebra mussel, Dreissena polymorpha, Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences 51:2234-2242.

Schloesser, D.W., W.P. Kovalak, G.D. Longton, K.L. Ohnesorg et R.D. Smithee. 1998. Impact of zebra and quagga mussels (Dreissena spp.) on freshwater mussels in the Detroit River of the Great Lakes, American Midland Naturalist 140:299-313.

Schloesser, D.W., J.L. Metcalfe-Smith, W.P. Kovalak, G.D. Longton et R.D. Smithee. 2006. Extirpation of freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae) following the invasion of dreissenid mussels in an interconnecting river of the Laurentian Great Lakes, The American Midland Naturalist 155:295-308.

Schwalb, Astrid N., et Martin Pusch. 2007. Horizontal and vertical movement of unionid mussels in a lowland river, Journal of the North American Benthological Society 26:261-272.

Scott, W.B., et E.J. Crossman. 1973. Freshwater Fishes of Canada, bulletin 184 du Conseil consultatif de recherches sur les pêcheries et les océans du Canada, Ottawa, Canada : 966 p

Staton, S.K. Comm. pers. 2007. Correspondance par courriel adressée à T.J. Morris, Pêches et Océans Canada, Burlington (Ontario), septembre 2007.

Strayer, D.L., et A.R. Fetterman. 1996. Changes in the Distribution of Freshwater Mussels (Unionidae) in the Upper Susquehanna River Basin, 1955-1965 to 1996-1997, American Midland Naturalist, vol. 142:328-339

Strayer, D.L., et H.M. Malcom. 2007. Effects of zebra mussels (Dreissena polymorpha) on native bivalves: the beginning of the end or the end of the beginning?Journal of the North American Benthological Society 26(1):111-122.

Surber, T. 1913. Notes on the natural hosts of freshwater mussels, bulletin du Bureau of Fisheries des États-Unis (Document 778) 32:110-116.

Taylor, I., B. Cudmore, C. MacKinnon, S. Madzia et S. Hohn. 2004. Rapport de synthèse : identification of the physical and chemical attributes and aquatic species at risk of the Thames River watershed, Upper Thames River Conservation Authority Report, 70 p.

Tiemann, J.S., H.R. Dodd, N. Owens et D.H. Wahl. 2007. Effects of lowhead dams on unionids in the Fox River, Illinois, Northeastern Naturalist 14(1):125-138.

Turgeon, D.D., J.F. Quinn, Jr., A.E. Bogan, E.V. Coan, F.G. Hochberg, W.G. Lyons, P.M. Mikkelsen, R.J. Neves, C.F.E. Roper, G. Rosenberg, B. Roth, A. Scheltema, F.G. Thompson, M. Vecchione et J.D. Williams. 1998. Common and scientific names of aquatic invertebrates from the United States and Canada: Mollusks, 2e édition, American Fisheries Society Special Publication 26:ix-526.

Tyrrell, M., et D.J. Hornbach. 1998. Selective predation by muskrats on freshwater mussels in two Minnesota rivers, Journal of the North American Benthological Society 17:301-310.

USFWS (United States Fish and Wildlife Service). 1994. Clubshell (Pleurobema clava) and Northern Riffleshell (Epioblasma torulosa rangiana) Recovery Plan, Hadley (Massachusetts), 68 p.

Utterback, W. I. 1915-1916. The naiads of Missouri, American Midland Naturalist 4:432-464.

Vaughn, C.C., et C.C. Hakenkamp. 2001. The functional role of burrowing bivalves in freshwater ecosystems, Freshwater Biology 46:1431-1446.

Vaughn, C. C., et C. M. Taylor. 1999. Impoundments and the decline of freshwater mussels: a case study of an extinction gradient, Conservation Biology 13:912-920.

Villella, R.F., D.R. Smith et D.P. Lemarie.2004. Estimating survival and recruitment in a freshwater mussel population using mark-recapture techniques, American Midland Naturalist 151:114-133.

WQB (Water Quality Branch). 1989a. The application of an interdisciplinary approach to the selection of potential water quality sampling sites in the Grand River basin, Environnement Canada, Direction de la qualité de l’eau, Région de l’Ontario,111 p.

WQB (Water Quality Branch). 1989b. The application of an interdisciplinary approach to the selection of potential water quality sampling sites in the Thames River basin, Environnement Canada, Direction de la qualité de l’eau, Région de l’Ontario, 122 p.

Watters, G.T. 1996. Small dams as barriers to freshwater mussels (Bivalvia: Unionoida) and their hosts, Biological Conservation 75:79-85.

Watters, G.T., S.H. O’Dee et S. Chordas III. 2001. Patterns of vertical migration in freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae), Journal of Freshwater Ecology 16(4):541-549.

Welker, M., et N. Walz. 1998. Can mussels control the plankton in rivers? A Plantological approach applying Lagrangian sampling strategy, Limnology and Oceanogarphy 43:753-762.

Wilson, C.B. 1916. Copepod parasites of freshwater fishes and their economic relations to mussel glochidia, bulletin du Bureau of Fisheries des États-Unis 34:333-374.

Wood, K.G. 1963. The bottom fauna of western Lake Erie. In University of Michigan Great Lakes Research Division, Publication nº 10, Ann Arbour Michigan : 258-265

Wood, K.G., et T.J. Fink. 1984. Ecological succession of macrobenthos in deep- and shallow-water environments of western Lake Erie: 1930-1974, pages 263-279, in V. Landa, T. Soldán et M. Tonner (éd.), Proceedings of the Fourth International Conference on Ephemeroptera, Institute of Entomology, Czechoslovak Academy of Sciences, Ceské Budejovice.

Wright, S. 1955. Limnological survey of western Lake Erie. Untied States Fish and Wildlife Service Special Report on Fisheries No. 139, Waskington D.C.

Zanatta, D.T., et R.W. Murphy. 2006. Evolution of active host-attraction strategies in the freshwater mussel tribe Lampsilini (Bivalvia: Unionidae), Molecular Phylogenetics and Evolution: Molecular Phylogenetics and Evolution 41:195-208.

Zanatta, D.T., S.J. Fraley et R.W. Murphy. 2007. Population structure and mantle display polymorphisms in the wavy-rayed lampmussel, Lampsilis fasciola (Bivalvia: Unionidae), Canadian Journal of Zoology (en impression)

Zanatta, D.T., G.L. Mackie, J.L. Metcalfe-Smith et D.A. Woolnough. 2002. A refuge for native freshwater mussels (Bivalvia: Unionidae) from the impacts of the exotic zebra mussel (Dreissena polymorpha) in Lake St. Clair, Journal of Great Lakes Research 28(3):479-489.

Retournez à la table des matières

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Todd J. Morris (Ph.D.) est un biologiste en recherche sur les espèces en péril du Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques de Pêches et Océans Canada, à Burlington, en Ontario, au Canada. Il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences spécialisé en zoologie de l’University of Western Ontario (1993), d’un diplôme (avec mention « distinction ») en écologie et en évolution de l’University of Western Ontario (1994), d’une maîtrise ès sciences en écologie aquatique de l’University of Windsor (1996) et d’un doctorat en zoologie de l’University of Toronto (2002). Les préférences de recherche de M. Morris sont concentrées sur les facteurs biotiques et abiotiques qui structurent les écosystèmes aquatiques. M. Morris a mené des travaux sur un vaste éventail de taxons aquatiques, allant du zooplancton aux poissons prédateurs. Il étudie la faune de moules d’eau douce de l’Ontario depuis 1993, est l’auteur de trois programmes de rétablissement visant huit espèces de moules d’eau douce désignées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), préside l’équipe de rétablissement des moules d’eau douce de l’Ontario et est membre du Sous-comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.

Retournez à la table des matières

Collections examinées

La description de la création de la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs a été modifiée de COSEPAC (2006).

En 1996, toutes les données récentes et historiques sur les occurrences de mulettes dans le bassin versant des Grands Lacs inférieurs ont été compilées dans une base de données informatisée associée au système d'information géographique, la base de données sur les Unionidés des Grands Lacs inférieurs. Cette base de données est hébergée par le Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques de Pêches et Océans Canada, à Burlington, en Ontario. Les sources de données initiales comprenaient les publications scientifiques primaires, les musées d’histoire naturelle, les organismes fédéraux, provinciaux et municipaux (ainsi que certains organismes américains), les offices de protection de la nature, les plans d’assainissement pour les secteurs préoccupants des Grands Lacs, les thèses et les mémoires universitaires et les cabinets d’experts-conseils dans le domaine de l’environnement. Les collections de mulettes de six musées d’histoire naturelle de la région des Grands Lacs (Musée canadien de la nature, Ohio State University Museum of Zoology, Musée royal de l’Ontario, University of Michigan Museum of Zoology, Rochester Museum and Science Center et Buffalo Museum of Science) ont été les principales sources d’information, ayant fourni plus des deux tiers des données. Janice Metcalfe-Smith a examiné sur place les collections du Musée royal de l’Ontario, de l’University of Michigan Museum of Zoology et du Buffalo Museum of Science ainsi que les collections plus modestes du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. La base de données, régulièrement mise à jour avec de nouvelles données de terrain, comporte aujourd’hui quelque 8 200 mentions d’Unionidés provenant des lacs Ontario, Érié et Sainte-Claire ainsi que de leur bassin versant, de même que de plusieurs des principaux affluents du lac Huron. La majorité des mentions dans la base de données proviennent maintenant de spécimens récemment (après 1996) prélevés sur le terrain par Pêches et Océans Canada, Environnement Canada, des organismes provinciaux, des universités et des offices de protection de la nature. La base de données est la source de tous les renseignements sur les populations canadiennes de troncilles pied-de-faon décrites dans le présent rapport.

Le rédacteur du rapport a personnellement vérifié les spécimens vivants (rivières Sydenham et Thames), les coquilles de référence (ruisseau Muskrat, rivière Grand) et les spécimens de référence numériques (lac Sainte-Claire) de toutes les populations décrites dans ce rapport.

Retournez à la table des matières