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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Chevêche des terriers au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Chevêche des terriers
Athene cunicularia

Information sur l’espèce

La Chevêche des terriers est un petit prédateur à longues pattes de la prairie ouverte, étroitement associée aux mammifères fouisseurs comme les écureuils terrestres (Spermophilus spp.), le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus) et les chiens de prairie (Cynomys spp.). La Chevêche adulte a un plumage terne, mélange de brun et de blanc tacheté de beige. La jeune Chevêche est plus colorée, dans les tons de brun foncé et de crème. Jeunes et adultes sont relativement faciles à observer, car ils sont en général actifs le jour et chassent leurs proies à partir de buttes ou de poteaux de clôture dans les habitats de prairie ouverte.

Répartition

Au Canada, les sites de nidification de la Chevêche des terriers sont disjoints. Quelques couples (réintroduits) se reproduisent dans la vallée de la Thompson-Nicola dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, mais la population principale des prairies niche entre le centre-sud de l’Alberta et le sud de la Saskatchewan à l’est. D’après les données disponibles, il semble que l’espèce ne niche plus aujourd’hui au Manitoba. Aux États-Unis, l’espèce (A. c. hypugaea) niche dans la région des grandes Plaines et plus à l’ouest; une sous-espèce disjointe (A. c. floridana) réside en Floride. La Chevêche des terriers hiverne surtout au Mexique, mais quelques oiseaux passent l’hiver dans le sud-ouest des États-Unis (p. ex. au Texas, au Nouveau-Mexique, en Arizona et en Californie). Au Canada, son aire de reproduction a rétréci ces dernières années et ne couvre plus que la moitié de la superficie qu’elle occupait dans les années 1970 et le tiers de celle qu’elle occupait au début du 20e siècle.

Habitat

L’habitat préféré de la Chevêche des terriers est la prairie ouverte à végétation clairsemée, où l’on trouve des terriers creusés par les blaireaux, les écureuils terrestres et autres mammifères. Le jour, la Chevêche s’alimente en général dans son aire de nidification et aux alentours; la nuit, elle peut étendre son champ d’action aux secteurs où les graminées et les herbacées dicotylédones sont plus denses. Dans l’aire d’hivernage, son habitat inclut les prairies, les champs cultivés et les arbustaies.

Biologie

Au Canada, la Chevêche des terriers revient dans ses aires de reproduction en avril et en mai, et niche dans des terriers abandonnés par les mammifères. La ponte commence en mai et les couvées comptent en moyenne 9 œufs (fourchette = de 5 à 14). Normalement, il n’y a qu’une seule couvée, mais en cas d’échec, le couple peut produire une nouvelle couvée (de plus petite taille). Les groupes familiaux demeurent ensemble jusqu’à la fin août, puis leurs membres se dispersent dans des terriers individuels avant de migrer vers le sud en septembre et octobre.

Taille et tendances des populations

Au Canada, l’effectif minimal (connu) de la population compte aujourd’hui (2004) 795 individus : 498 en Saskatchewan, 288 en Alberta et 9 en Colombie-Britannique; ces chiffres pourraient toutefois sous-estimer d’au moins 50 % l’effectif réel, qui compterait vraisemblablement de 800 à 1 600 individus. On n’a confirmé la présence que de un seul couple nicheur au Manitoba depuis 1999, et on n’y a trouvé aucun nid en 2004. Les relevés intensifs et extensifs de la Chevêche des terriers ainsi que le Relevé des oiseaux nicheurs mettent en évidence une nette diminution de la densité de l’espèce dans toutes les régions des prairies du Canada au cours des 30 dernières années, de même qu’un déclin de 90 % de la population entre 1990 et 2000, diminuant à 57 % entre 1994 et 2004. Les populations seraient stables au cœur de l’aire de répartition de l’espèce aux États-Unis (p. ex. au Colorado, en Idaho, au Nouveau-Mexique), mais elles déclineraient rapidement en Californie, dans les États bordant l’aire de répartition à l’est ainsi que dans ceux du nord, à la frontière canadienne. On ne connaît pas les tendances des populations au Mexique, mais les populations hivernantes ont diminué au Texas et en Californie, où certaines populations du Canada passent l’hiver.

Facteurs limitatifs et menaces

Historiquement, le principal facteur à l’origine de la réduction de la viabilité des populations de Chevêches des terriers au Canada aurait été la conversion des prairies en terres cultivées, de même que la fragmentation et la dégradation des prairies restantes. D’autres facteurs auraient aussi contribué au déclin récent des populations : 1) une émigration vers les États-Unis plus forte que l’immigration depuis les États-Unis; 2) la disparition des terriers (utilisés pour la nidification et le repos) due au déclin des populations des mammifères fouisseurs; 3) l’augmentation de la prédation dans les aires de nidification et d’hivernage due à la fragmentation accrue de l’habitat et aux changements survenus dans les communautés de prédateurs et dans les écosystèmes de prairies; 4) la diminution de l’abondance des proies à la suite des changements survenus dans l’habitat et peut-être aussi dans les régimes météorologiques; 5) les effets négatifs des toxines (provenant des pesticides et des herbicides); 6) la mortalité attribuable aux collisions avec des véhicules automobiles.

Importance de l’espèce

La Chevêche des terriers a déjà été une composante courante des paysages des prairies et de la région intérieure méridionale (C.-B.). Elle est aujourd’hui rare dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne, et en déclin partout sauf au cœur de son aire aux États-Unis.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Chevêche des terriers est cotée G4 (apparemment non en péril à l’échelle mondiale à cause de sa vaste répartition, mais quelques déclins préoccupants) par NatureServe. Les cotes provinciales attribuées par NatureServe sont S1B en Colombie-Britannique et au Manitoba, et S2B en Saskatchewan et en Alberta. La Chevêche des terriers est classée comme espèce en voie de disparition au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique, et comme espèce en voie de disparition, menacée ou préoccupante dans plusieurs États des États-Unis. La dernière désignation attribuée à l’espèce par le COSEPAC au Canada est celle d’espèce en voie de disparition.